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LE MONDE SCOLAIRE 25 ANS PLUS TARD À L’ISLET (1976-2001)

 

 

Le 29 août 2001, c’est la rentrée scolaire. Au primaire, sous la direction de M. Mario Guimont, 189 élèves fréquentent l’école St-François-Xavier, 108, l’école Jeanne-de-Chantal. À l'école secondaire Bon-Pasteur, 474 élèves relèvent de Mme Jacqueline Dubé directrice. Mme Claudette Poitras est la commissaire de notre quartier à la commission scolaire de la Côte-du-Sud.

Le 8 septembre 1976, c’est la rentrée scolaire. Nous comptons 206 élèves à St-François-Xavier, 169 à Ste-Marie, 20 à l’école Maternelle de Ville de L'Islet, 118 au Couvent de St-Eugène, 54 à Chanoine Martel et 800 à Bon- Pasteur. S. Pauline Crépault dirige les écoles primaires de L’Islet-sur-Mer et de Ville de L’Islet alors que M. Roger Pelletier est à la tête de celles de St-Eugène. MM. Jean-Thomas Pelletier, Hilaire Bélanger et Claude Caron sont les commissaires de notre territoire à la commission scolaire primaire Trois-Saumons. M. Alphonse Caron est le directeur général. S. Lucille Demers dirige Bon-Pasteur de 1ère à 3e secondaire qui relève de la commission scolaire Régionale Pascal-Taché laquelle gère le secondaire.

Deux rentrées scolaires à vingt-cinq ans d’intervalle, deux rentrées scolaires où les structures, la clientèle, le personnel et le milieu ont changé entre les deux dates cibles 1976 et 2001.

Peut-on faire le portrait de 1976 à nos jours, sans revoir les grands changements qui sont survenus une dizaine d’années auparavant et qui ont amené beaucoup de renouveau? D’autres étapes surviendront également avant d’arriver à aujourd’hui 2001. Au niveau pédagogique, il sera surtout question du primaire.

Avec le Rapport Parent en 64 qui prône l’accessibilité à l’école pour tous, avec la création du Ministère de l’Éducation la même année, nous assistons à la fermeture graduelle des écoles de rangs, fermeture commencée depuis quelques années parfois. C'est la régionalisation. Le primaire sera transporté par autobus scolaire à l’école du village tandis que le secondaire aura son école régionale regroupant la population étudiante de plusieurs municipalités. En 1965, nous voyons naître la commission scolaire Régionale Pascal-Taché qui gère le secondaire sur le territoire des comtés de L’Islet, Montmagny et La Pocatière avec 5 bâtisses attitrées à cet ordre d’enseignement (St-Paul, Montmagny, L’Islet, St-Pamphile et La Pocatière).

C’est la fermeture du Couvent de L’Islet en 1967 fondé par les sœurs du Bon-Pasteur, c’est le départ des Frères des Écoles Chrétiennes fondateurs du Collège. Tout le primaire sera rassemblé à l’école St-François-Xavier ancienne institution des Frères. C’est également la conversion de l’École Normale en école secondaire en 1968, qu’on nommera école Bon-Pasteur

C’est la fin des inspecteurs d’écoles, de la distribution des prix de fin d’année, la fin des messes hebdomadaires et des confessions mensuelles. La nouvelle catéchèse remplace le petit catéchisme gris. Le Sablier et la méthode globale de Simone Bussières remplacent celle de Forest-Ouimet, comme méthode de lecture au premier cycle. On parle de gratuité scolaire. Les laïques provenant de la fermeture des écoles de rangs, deviennent de plus en plus nombreux à enseigner dans les écoles du village. C’est la fin des Écoles de Métiers, c’est la création de la formation professionnelle et de l’éducation des adultes. Quant à la représentation des parents, les associations Parents-Maîtres sont en fonction et tiennent des réunions dans les écoles. La forte natalité oblige l’ouverture, la construction ou le réaménagement de nouvelles écoles pour loger la nombreuse clientèle. A titre d’exemple, St-Eugène dénombre 318 élèves en 1965-1966 sur son territoire, St-François-Xavier a 399 inscriptions en 1968-1969 tandis que Ste-Marie en compte 225 la même année. Bon-Pasteur a établi un record avec 800 étudiants peu de temps après. On doit gérer la croissance et rapidement.

Une partie des élèves de la paroisse poursuivent leurs études. M. le Chanoine Raymond donne des statistiques pour 1964-1965, à titre d'information à ses paroissiens, concernant les élèves qui fréquentent des institutions en dehors de la paroisse, excluant L'Isletville. En tout, 124 élèves sont aux grandes études, 95 garçons et 29 filles. Un fait qui retient notre attention, il y a 3 fois plus de garçons que de filles aux grandes études. Les cours suivis par les filles sont surtout orientés vers les enfants et la maison.

Par contre, si on regarde du côté secondaire, 16 classes sont opérationnelles à Bon-Pasteur en 70-71, 12 classes pour les filles et 4 classes pour les garçons. 304 filles et 94 garçons. Ces élèves ne sont pas tous de la place, puisque l'école est régionalisée et que le transport scolaire existe. Cette fois, il y a trois fois plus de filles que de garçons mais au secondaire.

Un autre pas est franchi en 1970. C’est le regroupement volontaire des commissions scolaires locales. Ainsi sur notre territoire la commission scolaire Trois-Saumons regroupe au primaire les commissions scolaires de L’Islet-Nord c’est à dire L’Islet, ( L’Islet-sur-Mer et Ville de L’Islet), St-Eugène, St-Cyrille, St-Jean-Port-Joli, St-Aubert. Quant à St-Damase, elle s’est jointe obligatoirement en 1972, suite à la loi 27. St-Rock et Ste-Louise ont préféré se regrouper avec La Pocatière.

C’est la fin de la petite commission scolaire locale avec son président et ses commissaires ainsi que de son secrétaire-trésorier qui exerçait dans sa résidence.

Tout le personnel attitré au siège social travaillera maintenant sous le même toit, à Montmagny pour Pascal-Taché secondaire et au premier étage de l’école St-François-Xavier pour Trois-Saumons primaire. Désormais le commissaire élu par quartier siégera à la commission scolaire Trois-Saumons et également à la table de la commission scolaire Régionale Pascal-Taché à Montmagny. Ainsi, à l’ouverture , on retrouve M. Albert Bernier pour St-Eugène, M. Hilaire Bélanger pour Ville de L’Islet et M. Jean-Thomas Pelletier pour L’Islet-sur-Mer, à la table de la commission scolaire Trois-Saumons avec le représentant de chacun des autres quartiers sous la présidence de M. Raymond Giasson de St-Jean-Port-Joli. Dans la liste jointe, nous pouvons voir que plusieurs présidents proviennent de notre milieu, jusqu’à la formation de la commission scolaire de la Côte-du-Sud en 1989 et même après.

Dans les années qui suivent, c’est la généralisation des écoles maternelles 5 ans à demi-temps, le début des services pour les élèves en difficultés d’apprentissage et d’adaptation, le début des bibliothèques scolaires organisées, l’introduction des techniques audio-visuelles dans l’apprentissage, la venue du service Passe-Partout pour les élèves de quatre ans et leurs parents. Les mathématiques dites modernes s’implantent. C’est l’arrivée des conseillers pédagogiques et du secrétariat dans les écoles. On amorce l'enseignement actif où l’élève s’implique davantage en étant placé en situation réelle d’apprentissage. Les premiers carnavals étudiants s'organisent. C’est le début du régime pédagogique qui introduit le calendrier scolaire de 180 jours de classe pour les élèves avec 20 jours de planification pour les enseignants. La loi oblige la formation de comités d’écoles. C’est le début des directions d’écoles laïques, du jumelage des écoles primaires sous l’autorité d’une seule direction. Nous pouvons voir la liste des directions d’écoles ci-après.

 

Ce qui nous amène en 1976, à la situation décrite au début du texte. Nous avons, à ce moment, sur notre territoire quatre écoles primaires, le Couvent de St-Eugène, l’école Chanoine Martel, l’école Ste-Marie et l’école St-François-Xavier. La petite école Maternelle de la 5e avenue est également en opération. Au secondaire, l’école Bon- Pasteur accueille la clientèle de 1ère à 3e secondaire de L'Islet-Nord. Les 4e et 5e fréquentent l’école Casault à Montmagny. Fait important à noter, nous retrouvons cette même année 800 étudiants à Bon-Pasteur. Un tour de force pour une école de cette taille.

L’année 1976, est marquée par une grande nouveauté, l’arrivée des spécialistes au primaire. Désormais, la musique, l’éducation physique et l’anglais seront dispensés par des enseignants spécialistes, une ou deux périodes sur un cycle de cinq ou six jours. Le régime pédagogique accorde plus d’importance aux sciences, aux arts plastiques afin de favoriser le développement global du jeune. La notion de projet éducatif vient renforcer la mission de l’école et les projets spéciaux de chacune. On assiste aux premières classes neige, classes vertes ou rouges, aux premières journées olympiques inter-écoles. L’abolition graduelle de la 7e année devient effective pour tous. En 1977-1978, un programme de nutrition parrainé par le CLSC entre dans nos écoles et mobilise la participation des parents. Peu après cette date, c’est la venue des nouveaux programmes qu’on appellera «  la marée bleue », à cause de la couleur de leur page couverture. Ces nouveaux programmes visent le développement d’habiletés chez l’élève, non seulement l’acquisition de connaissances comme le voulait davantage l’ancien programme cadre. On assiste à une formation massive des enseignants. Les bulletins descriptifs font leur apparition, on compare l’élève à lui-même et non aux autres de sa classe. L’enseignement moral est offert comme option à l’enseignement moral et religieux catholique. Arrivent également les services offerts par le CLSC, infirmière scolaire, travailleuse sociale, nutritionniste, hygiéniste dentaire. Tous les élèves de l’école bénéficient de l’animation pastorale par un agent compétent. Le conseil étudiant prend son essor. La semaine de relâche s'introduit dans le calendrier scolaire. En 1981, dans le cadre d'une animatrice de parents, on ouvre pour les 4 et 5 ans à Jeanne-de-Chantal une ludothèque qui sera en fonction jusqu’à la rénovation majeure de l’intérieur de l’école en 1990.

Après 1976, il faut déjà gérer la diminution de clientèle, gérer la décroissance. En 1981, c’est la fermeture de l’école Chanoine Martel de St-Eugène. En 1984, c’est la fin de la petite école Maternelle de Ville de L'Islet. Les élèves du préscolaire de cet arrondissement sont alors relocalisés à St-François-Xavier. En 1994, c’est au tour de l’école Ste-Marie de fermer ses portes. Désormais, tous les élèves du primaire et du préscolaire de Ville de L’Islet, des Belles-Amours et du chemin des Morin, seront transportés à l’école St-François-Xavier.

Quant à l’école Bon-Pasteur, elle est devenue école secondaire dans la bâtisse de l’École Normale bâtie en 1944 et fermée en mai 1968 par le Ministère pour les normaliennes. Ouverte en septembre de la même année pour l’enseignement secondaire de L’Islet-Nord, elle porte fièrement le nom des fondatrices, les sœurs du Bon-Pasteur. On y reçoit alors les élèves de 1èreà 3e secondaire. Un agrandissement donne en 1972, une image de marque à l’école. En 1983, on accueille aussi les élèves de 4e secondaire, tandis que ceux de 5e s’ajoutent en 85.

A partir de 1984-1985, la préparation des jeunes au pardon, à l’eucharistie et à la confirmation est faite par les parents en dehors des heures de l’enseignement religieux régulier. En 1985, les premiers ordinateurs font leur apparition dans les écoles. Ces outils sont utilisés comme moyen d’apprentissage. La gestion des écoles se fait aussi graduellement par informatique.

La Régionale créée en 1965 et les commissions scolaires formées en 1972 restent en fonction jusqu’en 1989. Durant cette période, les commissions scolaires sont confessionnelles et sont par ordre d’enseignement, soit le primaire et le secondaire qui gère également la formation professionnelle et l’éducation des adultes. La forte dénatalité, l’augmentation des services et leurs coûts sans cesse grandissants, vont amener un autre regroupement en 1989. On parlera de fusion, des commissions scolaires qui se réunissent, et on parlera d’intégration, c'est-à-dire d’ordres d’enseignement qui seront administrés ensemble soit le primaire, le secondaire, la formation professionnelle et l’éducation des adultes. C’est à toute fin pratique, la disparition de la Régionale Pascal-Taché qui se scinde en trois commissions scolaires intégrées. Au 1er juillet 1989, commence donc la commission scolaire de la Côte-du-Sud regroupant le primaire de Trois-Saumons et de Montmagny et le secondaire, le professionnel et l’éducation des adultes du comté de Montmagny et de L’Islet-Nord, à l’exception de St-Rock et de Ste-Louise qui suite à des pressions de parents auprès du Ministère, sont demeurés avec La Pocatière. Les deux autres commissions scolaires intégrées qui faisaient partie de Pascal-Taché sont La Pocatière et L’Islet-Sud qui confient par entente, leur formation professionnelle et leur éducation des adultes à la commission scolaire de la Côte-du-Sud.

Le siège social de la Côte-du-Sud se situe dans les bureaux de l’ancienne commission scolaire de Montmagny et de la Régionale sur la rue St-Louis à Montmagny. M. Jean-Pierre Després est le directeur général et M. Alphonse Caron, directeur général adjoint. La fusion et l’intégration ne sont pas toujours faciles. Il faut composer avec des mentalités, des cultures différentes. Le primaire, le secondaire, la formation professionnelle et l’éducation des adultes deviennent autant de domaines à harmoniser, avec du personnel et une clientèle à rassembler, à mobiliser pour une mission commune. Tout ceci constitue un défi de taille pour les années subséquentes.

En 1989, c’est la création des conseils d’orientation qui visent à donner plus de pouvoir aux parents. Au niveau pédagogique, on articule la participation des élèves par la gestion de classe, qui demande entre autres que les règles soient établies et que les conséquences positives et négatives soient connues d’avance. En 1997-98, c’est la rentrée organisée des ordinateurs dans les écoles, après avoir établi un plan spécifique d’utilisation pédagogique. Ainsi chaque classe peut profiter de plusieurs appareils « branchés » comme outil d'apprentissage. On lance de nouveaux programmes d'études. On aborde les nouvelles approches pédagogiques dont l'enseignement stratégique et la porte est grande ouverte pour la réforme qui s’annonce comme un remède au décrochage scolaire qui fait de plus en plus de ravage. La maternelle à temps plein est instaurée en 1997. Les services de psychologie, d’orthophonie, d’aide sociale sont sauvegardés malgré les coupures budgétaires. Les grands changements seront désormais dans la classe, chez l’élève lui-même à l’intérieur de l’acte d’apprendre.

En 1998, en marche vers la grande réforme, un autre changement arrive, le regroupement notre commission scolaire avec celles de Bellechasse et de L’Islet-Sud. La nouvelle commission scolaire portera elle aussi le nom de commission scolaire de la Côte-du-Sud. M. Robert Laforest prendra la direction générale. Le territoire est maintenant immense, le défi encore plus grand. On s’attaque résolument à la tâche, les deux entités qui se joignent sont ouvertes et articulées. La loi oblige chaque école à se doter d’un conseil d’établissement où les parents sont majoritaires. La loi reconnaît les commissions scolaires linguistiques et les écoles confessionnelles. Le Ministère va de l’avant avec sa réforme pédagogique et l’impose dans toutes les écoles de la province par étape. En 2000-2001, le 1er cycle du primaire (1ère et 2e) l’implante, et cette année 2001-2002, c’est au tour de la 3e et 4e. On amorce un chantier qui sera en construction plusieurs années, un chantier qui englobe plus qu’une façon de faire, plus qu’une façon de penser, c’est une voie dont on ne peut manquer ni les moyens ni la finalité, car l’enjeu est de taille.

Le regroupement de 1998 a également modifié notre représentation au conseil des commissaires, une seule commissaire y siège, Mme Claudette Poitras, en poste depuis cette date.

Nous voici maintenant en 2001. Sur notre territoire, nous retrouvons deux écoles primaires, St-François-Xavier et Jeanne-de-Chantal ainsi qu'une école secondaire, Bon-Pasteur. Nous remarquons une diminution incroyable de clientèle de 66% au primaire depuis 1976. Trois écoles ont fermé leurs portes, 3 regroupements de commissions scolaires ont eu lieu incluant celui de 1970.

L’étendue géographique de la Côte-du-Sud, notre commission scolaire qui regroupe Bellechasse, Montmagny et L’Islet est immense. On y gère quatre ordres d’enseignement. La RÉFORME qui s’annonce longue, difficile mais prometteuse retient l’attention. Espérons qu’elle portera les fruits attendus.

Source: Entre fleuve et montagne 2002 L'Islet (325e)

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