La bonne étoile de Beausoleil
par Réal Labbé
Il y a un an, le Caron et Guay de Pont-Rouge annonçait l'arrivée de Serge Beausoleil au poste d'entraîneur-chef. Comment un entraîneur provenant du midget AAA pouvait-il accepter l'offre d'une formation semi-professionnelle ?
Celui qui avait remporté la coupe Air Canada avec les Gouverneurs de Sainte-Foy le printemps précédent s'amenait avec une équipe d'adultes qui traversait des moments difficiles. Sans compter tous les préjugés que certains vouaient et vouent au calibre de hockey semi-professionnel.
« Je dois avouer que j'avais des réticences quand j'ai été approché par l'organisation de Pont-Rouge. Pas à cause de la crainte de diriger des adultes, mais bien à cause du calibre. La seule fois où j'avais eu l'occasion de voir un match du semi-pro, c'était quand les As évoluaient à Val-Bélair et c'était justement Pont-Rouge qui les affrontait.
« Ce qui m'avait frappé, c'était le très grand écart qu'il y avait entre les bons joueurs et ceux qui étaient là pour jouer les hommes forts. Ça ne m'avait pas laissé une bonne impression. Puis le 6 décembre 2001, je suis allé voir l'affrontement Thetford Mines contre Pont-Rouge. Toute une différence. J'ai été surpris de l'amélioration du calibre dans la ligue. »
Ce match a réussi à convaincre Beausoleil d'accepter l'offre de Michel Godin et du Caron et Guay. Trois mois plus tard, il menait sa troupe en finale de la division Est après avoir éliminé le Garaga de Saint-Georges, les champions défendants. Cette saison, Pont-Rouge se maintient parmi le trio de tête de sa division.
« Une expérience super enrichissante, lance sans hésitation l'entraîneur de 35 ans. Je n'ai jamais travaillé dans un calibre aussi élevé. Je suis avec des gars qui ont évolué pour la plupart dans le hockey junior majeur et pour certains autres chez les universitaires et les professionnels. Nous sommes avec des adultes et il y a une communication intéressante avec les joueurs. Ils apportent des suggestions, on discute, c'est vraiment enrichissant. »
Un vide comblé
Beausoleil ne ferme pas les portes à un retour avec des plus jeunes dans le junior majeur. « Je ne mets pas une croix sur le hockey junior. Je n'ai pas eu d'offre intéressante cet été et c'est pourquoi je me suis réinvesti avec le Caron et Guay et c'est pour toute la saison. Ça me permet d'abord de passer plus de temps avec mes deux jeunes enfants, de continuer mon travail d'enseignant et de travailler dans un calibre de hockey très élevé.
« Un jour, je vivrai cette expérience du hockey junior où c'est un travail à temps plein. Tu te lèves en pensant au hockey et tu te couches en pensant au hockey. Mais en attendant, je suis très à l'aise dans le semi-pro et je continue de me fier à ma bonne étoile. »
Beausoleil ne crachera pas sur le hockey semi-pro. « Je crois que ce calibre comble un vide laissé par le départ des Nordiques. Les détracteurs du semi-pro ont tendance à mettre l'emphase sur les débordements, mais il y a de belles choses dans ce hockey, particulièrement dans l'Est. C'est du hockey pour adultes, il y a des gens qui aiment la bataille. Et même si on dit que les batailles sur des arrêts de jeu ça ne fait pas sérieux, il faudrait regarder ce qui se passe dans des ligues super organisées. Pour moi, être devenu entraîneur dans le semi-pro, c'est une promotion. »
Source : Le Soleil
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