#21   RÉJEAN DUFOUR    -    attaquant

    Grandeur : 5'8       Poids : 170 lbs

    Fiche en carrière
    Saison Équipe Ligue PJ B A Pts Pem
    1994-95 Beauport Harfangs QMJHL 34 1 3 4 17
    1995-96 Moncton Alpines QMJHL 22 5 10 15 10
    1996-97 Moncton Wildcats QMJHL 62 9 14 23 50
    1999-00 Beaupre Caron & Guay QSPHL 36 24 25 49 14
    2000-01 Beaupre Aces QSPHL 44 24 46 70 30
    2001-02 Pont Rouge Caron & Guay QSPHL 43 18 26 44 51
    source : www.hockeydb.com



    Réjean Dufour : L'exil à 13 ans

    par Réal Labbé

    Résidant de l'Isle-aux-Coudres et bon joueur de hockey, voilà une association qui demande un gros sens de l'organisation. Pour évoluer dans des calibres supérieurs ou doubles lettres de compétition, le jeune hockeyeur de la région de Charlevoix, à l'image de Réjean Dufour, doit s'exiler.

    Dufour a dû partir de chez lui à l'âge de 13 ans. Il s'est retrouvé en appartement, dans la région de Québec, avec son frère aîné qui étudiait au cégep. Pas évident pour un jeune de cet âge, mais c'est un peu le lot des insulaires qui veulent jouer à un niveau plus élevé. « Heureusement que nos parents pouvaient se partager pour nous aider. Une semaine c'était l'un, la semaine suivante c'était l'autre. Et les fins de semaine, c'était le hockey. Disons que leur horaire permettait cet arrangement parce qu'ils tenaient une boutique d'artisanat, un mini-golf et un bar laitier, des activités estivales. Ça faisait donc notre affaire pour l'hiver. »

    Le joueur du Caron et Guay de Pont-Rouge (Ligue de hockey semi-professionnel de hockey) a travaillé pendant les étés dans l'entreprise familiale et il a développé un talent certain pour le travail du bois. « Quand j'étais jeune, j'aimais beaucoup m'amuser à faire toutes sortes de choses en bois. Quand je suis revenu d'une saison de hockey en Europe, j'ai suivi des cours d'ébénisterie et j'ai travaillé pour une petite industrie dans ma région. Par la suite, j'ai eu l'offre d'Alain Guay pour travailler dans son entreprise. »

    L'installation de portes et fenêtres reste dans les cordes du joueur de hockey. « En janvier, je veux suivre des cours de menuiserie-charpenterie dans le but d'obtenir mes cartes de compétence. » En même temps, il peut continuer à pratiquer son sport préféré à un haut niveau. « Le hockey semi-pro est très intéressant et c'est effrayant de voir comment le calibre s'améliore à chaque saison. Personne ne peut relaxer si on veut continuer à performer. »

    Repêché dernier !

    Dufour a fait son hockey pee-wee et bantam avec les Harfangs de Beauport. « Puis je suis passé aux Gouverneurs de Sainte-Foy dans le midget AAA. Nous avions perdu en demi-finale contre Magog. » Arrive la séance de repêchage du hockey junior majeur. « J'ai été le dernier choix des Harfangs et de la ligue au complet, dit-il en riant. Il était temps. » Le malheur est qu'il soit arrivé à une époque où les Éric Dazé et Jean-Yves Leroux étaient les gros canons des Harfangs. « Je n'avais pas beaucoup de temps de jeu. »

    Il est ensuite passé aux Alpines de Moncton, qui sont devenus peu après les Wildcats. « Avec l'organisation des Alpines, c'était la grosse misère. Il n'y avait personne dans les estrades. Ce fut beaucoup mieux quand les Irving ont acheté l'équipe. » La LNH n'étant pas une priorité pour Dufour, c'est surtout l'Europe qu'il avait dans sa mire.

    « Je suis sauté sur la première offre que j'ai eue, car j'avais peur de ne plus en avoir. Je suis tombé sur une organisation en France qui était loin d'être solide et qui avait trop d'étrangers, dont cinq Suédois qui ont vite dominé l'équipe, avec le résultat que je ne jouais pas trop souvent. Pour la saison suivante, comme je ne m'étais pas fait beaucoup voir, c'était difficile de me dénicher un contrat avec une autre équipe européenne. »

    C'est là qu'il est revenu au Québec pour y suivre des cours d'ébénisterie et qu'il a commencé dans le hockey semi-professionnel avec les As de Beaupré. « J'y ai joué pendant deux saisons et quand j'ai été échangé au Caron et Guay, ça m'a fait quelque chose parce que je perdais un bon groupe d'amis. Par contre, je suis bien content de me retrouver avec Pont-Rouge, une organisation solide. Et il y a un bon groupe de gars ici aussi. »

    Source : Le Soleil