Le chemin béni de Benoît Cotnoir
par Réal Labbé
Des bénédictions, Benoit Cotnoir en a eu quelques-unes dans sa vie. C'est comme ca que le défenseur du Caron & Guay explique les heureux événements qui lui arrivent. Un mot très bien choisi pour celui qui a fréquenté pendant 4 ans la célèbre université catholique de Notre Dame, aux États-Unis.
De l'Abitibi à South Bend, le cheminement a été intéressant pour Cotnoir, avec comme apogée son arrivée sur le vénérable campus de Notre Dame. " C'est impressionnant et en même temps décevant. Impressionnant parce que tu te fais toujours une idée. La première fois que l'on te dit que tu vas au Forum, t'avais déjà une idée derrière la tête. Même chose pour Notre Dame. Quand tu arrives sur les lieux, tu es encore très impressionné parce que tu te retrouves dans un endroit vraiement spécial. Une fois les premiers instants passés, tu te dis: c'est juste ça."
N'empêche que la magie de se retrouver dans une telle institution ne peut laisser indifférent. " Il y a à Notre Dame un cachet particulier, que j'arrive difficilement à expliquer, C'est sûr que le campus est impressionnant quand tu y poses les pieds pour la première fois et tu sens tout de suite comme une sorte de richesse, au sens littéral du terme, qui y flotte."
OFFRE DE MICHEL THERRIEN
Quelle voir prend-on pour se rendre dans cette université de haut-savoir? " J'ai fait mon hockey mineur dans ma région natale en Abitibi, puis j'ai joué pour les Forestiers (Midget AAA) à leur deuxième saison. J'avais 16 ans. Je n'ai pas été repêché et j'avais été coupé peu après avoir été invité au camp de Drummondville. Une bénédiction dans un certain sens."
Parce que dans le hockey junior majeur, il jugeait qu'il n'aurait pas suffisamment de temps pour les études. " C'étais très important pour moi et mes parents ont toujours insisté pour que j'aie une bonne formation scolaire. Remarquez qu'ils n'ont jamais vraiment poussé, mais j'ai bien compris. "
À 17 ans, il évolue dans le Tier II en Ontario, et, surtout, avec les Citadelles de Rouyn (Midget AA). Puis à 18 ans, c'est le départ vers le sud, à Joliette avec l'équipe de calibre Junior AAA. Michel Therrien fait la première moitié de saison avant de monter avec le Titan de Laval. C'est Jacques Laporte qui le remplace à Joliette. " Michel voulait que j'aille le rejoindre à Laval. Je l'avais rencontré et il m'assurait d'un poste régulier. J'avais finalement refusé, car je pensais à une bourse d'études dans une université américaine. Ce refus fut une autre bénédiction. "
On retrouve le défenseur à Weyburn, en Saskatchewan, où il évolue dans le Tier II, C'est là qu'il recoit l'offre de bourses d'études de Notre Dame. " C'est arrivé au printemps de 1996, au moment où l'équipe de hockey était sans entraineur, Encore là ce fut une bénédiction pour moi, car on a nommé Dave Poulin comme entraineur des Fighting Irish pendant l'été. Un gars avec l'allure d'un gagnant, qui commandait le respect. Un très bon entraineur qui de surcroît est originaire de Timmins. "
BAC EN ÉCONOMIE
Les 4 saisons de Cotnoir à Notre Dame lui ont permis de compléter un bacc en économie et d'avoir de bons résultats sur la patinoire. " À ma dernière année (1999), j'ai été nommé sur la 2ème équipe all-american. Le plus grand honneur individuel que j'ai eu. J'ai aussi participé avec les étoiles américaines au match annuel contre les étoiles universitaires canadiennes à Toronto."
Après sa graduation, il aprticipe au camp des recrues du Canadien à Hull et on l'invite ensuite à celui des Citadelles (LAH). " Après 1 semaine, on m'a offert un poste à Tallahassee. J'ai préféré Grand Rapids et de là, on m'a envoyé à Mobile en Alabama. " Une autre bénédiction puisqu'il y est resté 3 ans.
" Je suis très heureux d'avoir séjourné à Mobile où je me suis impliqué dans la communauté. "
Le contrat avec les Mysticks terminé, Cotnoir se retrouve en Angleterre, à Basingstoke. C'était au début de la présente saison.
" J'ai comme été tassé là-bas et c'est à ce moment que j'ai décidé d'accepter l'offre de Michel Godin et du Caron & Guay. Michel m'avait déjà contacté bien avant et j'ai respecté l'intérêt que l'équipe avait envers moi. J'en suis très heureux. En plus de me retrouver au sein d'une bonne organisation, je découvre en Québec une ville extraordinaire. "
TRADITION ET MESSE OBLIGATOIRE
Knute Rockne, Ara Parseghian, Lou Holtz, John Huarte... Cette énumérations de quelques noms associés au football démontre que la tradition à Notre Dame est bien implantée.
« C'est ce qui m'a le plus impressionné, mentionne Benoît Cotnoir. La tradition qui se dégage à l'Université Notre Dame et qui donne un cachet particulier. C'est aussi la coopération entre les anciens et les étudiants présents qui m'a beaucoup marqué. C'est d'ailleurs ainsi que les traditions se perpétuent à Notre Dame. »
Dirigée par des prêtres, l'université est d'allégeance catholique. « Il y a un curé assigné à chaque formation sportive et l'équipe de hockey avait une messe obligatoire le jeudi. Sur le plan académique, nous pouvons compter sur des tuteurs dans les matières où nous avons plus de difficulté. »
Choix éclairé
Évidemment l'équipe de football attire toute l'attention avec celle de basketball. L'autre sport le plus populaire l'hiver est le hockey et l'été, c'est le baseball. « Je n'ai pas connu personnellement le légendaire entraîneur de football Lou Holtz. Par contre, j'ai assisté à deux de ses conférences sur le leadership. L'impression qu'il m'a donnée est celle d'un personnage attachant et sympathique. Il a un charisme évident. »
Cotnoir n'hésite pas à faire profiter les autres de ces rencontres et depuis quelques années, à chaque été, il donne une conférence aux joueurs des Forestiers d'Amos (midget AAA). « Je trouve qu'il y a très peu d'information pour les jeunes joueurs de hockey et je leur parle de mon cheminement. Il n'y a pas juste le hockey junior majeur comme débouché. Je veux qu'ils le sachent et qu'ils puissent faire un choix mieux éclairé. »
Source : Le Soleil
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