Jeff le géant
À 6’7, Ewasko ne passe pas inaperçu
par Réal Labbé
Difficile de passer inaperçu quand on mesure 6’7. Que ce soit sur la patinoire ou dans la vie de tous les jours, c’est le lot de Jeff Ewasko, du Caron et Guay de Pont-Rouge de la Ligue de hockey semi-professionnelle du Québec ( LHSPQ ). De plus, il doit répondre régulièrement à la même question : pourquoi n’a -t-il pas fait un joueur de basketball ?
« Je songe à me faire confectionner un t-shirt sur lequel j’inscrirais que je ne suis pas un joueur de basket, dit-il en riant. Une chose est certaine, partout où je passe je suis le plus grand. » Le choix entre le basket et le hockey n’a pas été tellement difficile à faire. « J’ai commencé à jouer au hockey dès mon plus jeune âge et c’était définitivement mon sport numéro un, même si j’aimais bien le basketball. De plus, quand j’ai fait le choix, je ne savais pas que j’allais grandir autant. »
C’est de mon grand père paternel que je tiens cette stature. « Mes parents sont grands, mais pas tant que ça. Par contre, mon grand père était un géant. Moi, à un moment donné, je me suis développé à la vitesse de l’éclair. Entre le début de ma 10e année scolaire et la fin de ma 11e, j’ai grandi d’un pied. Une période difficile puisque je devais changer de vêtements à chaque mois, car ils devenaient vite trop petits. »
Sans compter que la coordination des mouvements se faisait plus difficilement. « C’est sûr que, plus jeune, mes possibilités sportives étaient limitées justement à cause de ça. Quand je patine, par exemple, c’est difficile de plier les genoux. » Ses mouvements semblent toujours amplifiés, à cause justement de son gabarit.
Pas un bagarreur
Ewasko est originaire de Sherwood Park, en banlieue d’Edmonton. Il n’a pas joué dans le junior majeur parce que les dépisteurs n’étaient pas assez sûrs qu’il développerait une bonne coordination. « J’ai joué dans le junior Tiers II. L’équipe m’avait choisi à cause de ma grandeur, parce que les dirigeants pensaient que tout le monde aurait peur de nous. Ce n’était pas nécessairement le cas, mais l’équipe a continué de me faire confiance et j’ai beaucoup appris sur le plan technique les deux saisons suivantes. »
La première impression qu’on se fait d’un gars de 6’7 et de 235 livres, c’est qu’il est un dur à cuire. « C’est un peu l’impression que me donnent les joueurs adverses : ils pensent tous que je joue au hockey pour me battre. Ce n’est absolument pas le cas. Je joue d’abord au hockey, mais s’il y a une bataille, je ne la refuserai pas. »
De toute façon, il sera toujours perdant. « Si je réplique lorsqu’un joueur plus petit me nargue, je passe pour quelqu’un qui ne s’en prend qu’aux petits. Et si jamais on se bat, il peut me donner un coup qui me fait mal. D’un côté ou de l’autre, je ne gagne jamais. »
Il gagne toutefois plus souvent qu’à son tour en dehors de la patinoire. Il a complété ses études à l’Université d’Alberta, où il a fait partie des fameux Golden Bears. « J’ai été invité au camp des Capitals de Washington à l’automne 1997, mais je me suis blessé à l’épaule dès la première journée. C’est ainsi que je me suis retrouvé avec les Admirals de Hamton Roads, dans la East Coast. À Noël, j’ai été échangé aux Riverfrogs de Louisville. Je n’ai pas aimé cette ambiance et j’ai pris la décision de retourner à l’université. »
Il avoue avoir pris la bonne décision. « J’ai appris beaucoup avec les Golden Bears et j’ai pu développer mes habiletés de hockey. Je n’étais pas là juste pour me batailler. Nous avons gagné deux titres nationaux. C’était une équipe formidable et nous continuons d’entretenir une bonne relation entre tous les coéquipiers de l’époque. »
Il a été diplômé avec son idole Gretzky
Jeff Ewasko a été diplômé de l’Université d’Alberta en même temps que…Wayne Gretzky. Une occasion donnée à seulement un petit groupe.
« Quand j’ai été diplômé, on a profité de la cérémonie pour remettre un doctorat honorifique à Wayne Gretzky. Nous ne sommes que quelques-uns à avoir vécu cette expérience, c’était vraiment spécial.
« Surtout que Gretzky était une de mes idoles, car il évoluait pour l’équipe de ma ville, précise Ewasko. Au même titre que Mark messier d’ailleurs. » Et de Bobby Clarke.
« Mon père avait beaucoup d’admiration pour le joueur des Flyers de Philadelphie et il m’en parlait tellement que ce fut ma première idole. Il était un vrai guerrier. C’est un gars que je respecte encore énormément. »
Le prof Ewasko
Le grand joueur de hockey a beaucoup voyagé : Rochester (LAH), Tampa Bay (LNH), à Edmonton, en Utah (LAH) et enfin à Long Beach (WCHL), pour un dernier arrêt avant Pont-Rouge, PQ. Tout ça au cours des deux dernières années.
À Long Beach, l’équipe n’allait pas trop bien. Et en plus, je n’étais pas capable de me trouver un travail d’enseignement à cause des visas de travail. Une semaine après mon arrivée à Pont-Rouge, j’avais plein d’offres pour enseigner. Je travaille maintenant au collège St.Pat’s et on m’a confier plusieurs tâches d’enseignement en biologie, en mathématiques ainsi qu’en morale et éthique. »
Le gentil géant adore travailler avec les enfants
Ewasko se sent autant dans son élément à l’école que sur la patinoire. « J’adore travailler avec les enfants, leur apprendre certaines connaissances. Il y a tellement de choses à leur montrer. »
Le gentil géant n’a pas eu trop de difficulté à s’adapter à son nouvel environnement. « Québec est une ville fantastique et j’aime bien me promener dans la vielle ville. Les gens sont en plus très sympathiques Je trouve que ça ressemble un peu à Los Angeles, le froid en moins. Tu as le fleuve d’un côté et à moins d’une heure et demie, tu peux faire du ski. »
Ewasko a été bien adopté par ses nouveaux coéquipiers, qu’il ne manque pas de taquiner à l’occasion. « Je m’adapte présentement au calibre de la Ligue et je serai pas mal mieux quand les séries commenceront. »
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