LHSPQ

    Que les demi-finales débutent!

    par Martin Lavoie
    En mal de hockey depuis samedi, les amateurs de la LHSPQ auront de quoi se rassasier avec le début, vendredi, des demi-finales de division. Quatre séries qui promettent déjà d'être âprement disputées, quatre batailles qui engendreront plus tard bien des débats à savoir laquelle aura été la plus spectaculaire, et où même le perdant en sortira gagnant. Dans l'Ouest, les deux ennemis de toujours, Laval et Verdun, s'affrontent tandis que Saint-Hyacinthe, champion de la division, croisera le fer avec Saint-Jean, deux adversaires qui ont appris à se détester en saison. Dans l'Est, Saint-Georges et Pont-Rouge reprendront là où ils ont laissé l'année dernière, une série gravée pour longtemps dans la mémoire de ceux qui en ont été témoin. Après avoir réécrit une grande partie du livre des records de la ligue, Thetford Mines se mesurera à Windsor, une équipe qui joue maintenant dans la cours des grands.

    Demi-finales de l'Est

    Le Garaga de Saint-Georges contre le Caron et Guay de Pont-Rouge

    Il s'agira du troisième affrontement direct entre Saint-Georges et Pont-Rouge en séries éliminatoires. Et lors des deux précédantes, le négligé, le Caron et Guay, est reparti avec les honneurs. Le Garaga est encore le candidat logique, puisqu'il a devancé de huit points son adversaire au classement général, mais il a certainement retenu sa leçon et ne voudra pas que l'adage «jamais deux sans trois» se concrétise.

    La demi-finale de l'année dernière rappelaient par son incroyable intensité les meilleurs moments de la rivalité Canadiens-Nordiques, avec comme verdict une victoire des Bleus sur les Rouges. Cinq des sept joutes se sont terminées par la marque de 3-2. En 2000, Pont-Rouge était venu à bout de Saint-Georges en six joutes en finale de l'Est. L'année suivante, Pont-Rouge avait été éliminé du tournoi à la ronde, dans lequel était aussi impliqué Asbestos et Thetford Mines, à la suite d'un revers crève-coeur de 4-3 en deuxième prolongation contre Saint-Georges.

    Cette saison, le Garaga a remporté trois victoires sur le Caron et Guay, dont une en prolongation, et encaissé deux revers. Le Caron et Guay a cependant marqué trois buts de plus, soit 19. Chaque formation a été en mesure de gagner sur la glace adverse. Les deux clubs ont connu d'excellentes fins de saison. Saint-Georges a gagné 19 de ses 21 derniers matchs. Pont-Rouge a terminé sur une séquence de cinq victoires. À ses 11 dernières joutes, l'équipe n'a connu que deux revers, chaque fois contre Thetford Mines.

    Par rapport à la dernière série chez le Garaga, il faut souligner la présence d'André Racicot, qui a protégé la cage du Canadien de Montréal durant 68 rencontres. Les Beaucerons compte aussi sur un jour bâti pour les éliminatoires en Jean-Yves Leroux, qui a porté l'uniforme des Black Hawks de Chicago pendant 220 joutes, même s'il n'est âgé que de 26 ans. Les Dominic Maltais et Jean-François Grégoire ajoutent au redoutable pouvoir offensif de l'équipe qui compte déjà sur le meilleur marqueur du circuit, Claude Morin, sur le vétéran Frédéric Vermette ainsi que sur l'attaquant de puissance Carl Fleury. Avec Louis Bédard et le fougueux Martin Pouliot pour appuyer Steve Tardif, le Garaga a aussi une formation plus dérangeante. Steve Gosselin est toujours le pivot de la défensive, qui mise aussi sur Jason Groleau et Raymond Delarosbil. Dans la dernière moitié de la saison, le Garaga a aussi mis la main sur un autre arrière à caractère offensif en François Bourdeau. Maurice Lemay, un entraîneur qui connaît bien la ligue, était derrière le banc de Joliette lorsque cette équipe a remporté la coupe Futura en 1999 en battant le Garaga!

    L'équilibre du Caron et Guay et le travail acharné de ses porte-couleurs, sous la gouverne d'un entraîneur, Serge Beausoleil, qui s'est mérité sa part d'éloges, expliquent ses succès. Avec l'addition de Frédéric Henry, pour épauler Claude Fernet, le Caron et Guay dispose d'un des meilleurs duos de gardiens du circuit. Jean-François Lacasse, Patrick Genest, Luc Fournier, Réjean Dufour et Sylvain Rodier étourdissent par leur vitesse. Louis-Philippe Charbonneau et le géant Jeff Ewasko entrent dans la catégorie de ceux qui ne se font pas d'amis dans le camp adverse. Sans oublier non plus Bruno Guay et Jimmy Grondin, qui ont l'habitude d'être à leur mieux dans les éliminatoires. À l'arrière, Jean-Marc Richard et Sylvain Thibault, qui n'étaient pas là à l'occasion des séries 2002, supportent constamment l'attaque. La brigade défensive mise aussi sur Frédéric Barbeau, Jean-François Tremblay, Benoît Cotnoir et Hervé Lapointe.

    En première ronde des présentes séries, le Garaga a disposé relativement facilement des As de Québec en trois joutes. De son côté, le Caron et Guay a eu besoin de tout son petit change pour l'emporter en quatre parties sur le coriace Promutuel de Rivière-du-Loup. Ces «difficultés» du Caron et Guay motiveront-elles le Garaga, ou auront-elles davantage préparer la formation pontrougeoise à la véritable guerre de tranchées qui s'annonce?

    Le Prolab de Thetford Mines contre le Lacroix de Windsor

    Après une saison tout simplement extraordinaire, le Prolab de Thetford Mines n'a plus qu'un seul objectif en tête, devenir la première formation de la section Est à s'emparer de la coupe Futura. Le Prolab a remporté 46 victoires en saison, mais ce sont les 12 qui lui manquent encore qui comptent le plus. Le Prolab a présenté la deuxième meilleure attaque tout en conservant, et de loin, la défensive la plus étanche du circuit. Le champion de la saison a marqué 130 buts de plus qu'ils n'en a accordé. Le Prolab a ensuite balayé en trois matchs les Aztèques d'Asbestos.

    De son côté, le Lacroix vient de connaître la meilleure saison de son histoire. En battant le Paramédic de Saguenay en quatre parties en quarts-de-finales, le Lacroix a du coup remporté sa première série éliminatoire à vie. Cinquième dans l'Est avec 47 points, le Lacroix concède 46 points au Prolab. Le Prolab a perdu son dernier match de la campagne, mais il avait remporté ses neuf précédents. Le Lacroix a quant à lui gagné quatre de ses sept dernières joutes. Les affrontements entre les deux formations ont toujours favorisé le Prolab, qui a remporté six victoires, dont une en fusillade.

    Luc Bélanger, qu'il était un gardien de haut calibre, devra être à son meilleur si le Lacroix veut espérer causer une surprise dans cette série. Il a notamment limité Thetford Mines à un but le 5 février. Mais dans cette joute son vis-à-vis Frédéric Deschênes a encore fait mieux en obtenant un de ses quatre blanchissages de la saison. Deschênes a dominé tous les autres gardiens du circuit au chapitre des victoires et des moyennes de buts alloués et d'efficacité. Denis Desbiens, qui complète la paire de gardiens du Prolab, arrive au second rang dans la ligue pour les moyennes de buts et d'efficacité.

    Le Prolab a toujours présenté des équipes solides en défensive, mais cette saison il s'est aussi montré très redoutable à l'attaque. David Thibeault, à 87 points, a terminé au second rang des meilleurs marqueurs de la LHSPQ. Patrice Tardif, qui totalise 65 matchs dans la LNH, et Claude Savoie ont passé le cap des 75 points. Jean Roberge, Daniel Payette, André Martineau, Jean-François Brunelle et Christian Caron donnent de la profondeur à l'attaque. Daniel Poudrier, qui excellence dans l'appui de l'offensive, est le meneur d'une brigade défensive des plus étanches. Les Louis Bernard, Éric Drouin et Marc-André Gaudet ont aussi profité de l'arrivée, en fin de saison, d'Éric Lavigne, qui s'est rapidement hissé parmi la crème des défenseurs de la ligue. Le Prolab est dirigé par un vieux routier de la Ligue junior majeure du Québec, Alain Rajotte.

    À l'attaque, le Lacroix a formé un trio des plus explosifs en regroupant Charles Poulin, Yannick Tremblay, qui ont totalisé respectivement 83 et 78 points, et Patrick Groleau. Michael Côté est aussi un avant de grande qualité. Stéphane Dugal s'est imposé à la défense, qui table également sur François Paquette. L'entraîneur Serge Dubois peut se targuer d'être le premier à avoir conduit la formation de Windsor en deuxième ronde des séries en sept ans.

    La logique favorise grandement le Prolab qui, pour l'emporter, devra cependant payer le prix. Le Lacroix forme une équipe agressive qui sait exploiter à fond les petites dimensions de sa patinoire.

    Demi-finales de l'Ouest

    Le Cousin de Saint-Hyacinthe contre le Mission de Saint-Jean

    Le Cousin a joué tout un tour l'année dernière aux champions de l'Ouest en éliminant Verdun en demi-finale de section. Les rôles sont en quelque sorte inversés cette saison puisque le Cousin occupe le siège du champion et qu'il affrontera le détenteur du quatrième rang, le Mission de Saint-Jean. Malgré leur différence dans le classement, seulement 11 points séparent les deux formations.

    Mais l'équipe de Saint-Jean a eu le meilleur lorsqu'elle a croisé celle de Saint-Hyacinthe cette saison. En six joutes, le Mission a remporté cinq victoires, dont une en prolongation et une autre en fusillade. Il semble que l'entraîneur Michel Croteau, arrivé en cours de saison, a réussi à mettre l'équipe à sa main, le Mission ayant gagné neuf de ses 11 derniers matchs. Daniel Vincelette a fait ses preuves à la barre du Cousin. L'équipe venait de remporter sept victoires lorsqu'elle s'est inclinée à Saint-Jean dans le dernier rendez-vous du calendrier régulier.

    Lors des dernières séries, le Mission n'a pas traversé le tournoi à la ronde qui l'opposait au Cousin et aux Royaux. Le Mission avait toutefois éliminé en cinq parties le Beaulieu d'Acton Vale, qui a donné naissance au Cousin, en cinq rencontres lors des demi-finales de 2001.

    La défensive et le concept d'équipe sont des éléments très importants chez le Cousin. C'est pourquoi cette formation a terminé en tête de la section même si elle ne compte que deux joueurs ayant maintenu une moyenne supérieure à un point par match, Martin Duval et Hugues Laliberté, deux vétérans qui n'ont pas besoin d'aucune motivation supplémentaire dans les séries. Les Marco Lemay, Mario Therrien et Simon Laliberté contribuent aussi régulièrement à l'offensive. Le solide Stan Melanson, Hugo Bertrand, Joey Letendre et David Bahl sont des arrières très fiables. Le gardien Martin Hébert a prouvé encore cette saison qu'il pouvait gagné des matchs pratiquement à lui seul. On espère chez le Cousin qu'il fera aussi bien que Frédéric Beaubien l'an passé. Son adjoint Jean-François Nogues a été à la hauteur lorsqu'on lui a fait appel.

    Pierre Gendron, le pivot de l'attaque du Mission, est entouré de Christian Sbrocca, Sébastien Roger, Patrick Deraspe, François Drainville, Jonathan Nantel et Olivier Morin. Charles Paquette et Daniel Archambault stabilisent la défensive tandis qu'Aaron Boh adore se porté en attaque, un aspect du jeu où Luc Bilodeau excelle aussi. Le gardien Francis Gourdeau a conservé des statistiques supérieures à Marc Delorme en saison.

    En vertu de son laissez-passer pour la demi-finale, le Cousin n'a pas joué depuis son revers de 2-1 en prolongation à Saint-Jean le 9 mars. Entre-temps, le Mission a éliminé les Royaux de Sorel en quatre matchs. Une équipe championne de sa division et bien reposée face à un club qui a déjà démarré son programme «séries éliminatoires» et qui a connu du succès face à son opposant en saison, bien malin celui qui pourra prétendre de l'issu de la série.

    Les Chiefs de Laval contre Les Dragons de Verdun

    Les Chiefs sont bien reposés après 11 jours de congés obtenus grâce à leur seconde position au classement général, qui leur a permis de passer outre la première ronde des séries. Mais cela ne devrait pas constituer un avantage marqué sur les Dragons, qui auront bénéficié de six jours de repos après avoir expédié promptement en vacances les Prédateurs de Granby en seulement trois joutes.

    Les Chiefs tenteront de devenir la première équipe à remporter la coupe Futura deux années de suite. En ayant tout d'abord disposé de leur ennemi naturel pour y arriver, cela ajouterait certainement à la satisfaction du devoir accompli. Les Dragons voudront quant à eux faire oublier leur défaite surprise en six parties lors des demi-finales de 2002 contre Saint-Hyacinthe.

    Si les Chiefs ont terminé devant les Dragons au classement, par un maigre point, ils le doivent à leur excellente fin de saison, ayant remporté sept de leurs huit derniers matchs. Au contraire, les Dragons ont connu une séquence de six défaites consécutives avant de récolter cinq points à leurs trois derniers matchs. Mais lorsque opposée l'une à l'autre cette saison, les deux équipes n'ont pu faire de maître, signant chacune quatre victoires sur un total de huit affrontements. Plus encore, chacune a battu son adversaire à deux reprises sur la route, ce qui relativise l'avantage de la glace dont bénéficieront les Chiefs. Dans la lignée de leurs fins de saison respectives, les Chiefs ont battu les Dragons lors des deux derniers affrontements, les 15 et 28 février.

    Dans le passé, ces équipes se sont affrontées à quelques reprises en demi-finales de division. En 1999, les Chiefs avaient eu le meilleur en six matchs. En 2000, les Dragons étaient tombés au combat lors d'un tournoi à la ronde impliquant aussi les Rapides de LaSalle. En 2001, les Dragons ont finalement eu le dessus sur les Chiefs en six joutes.

    Les Michel Mongeau, qui a dominé la ligue en février et mars avec 26 points, Bobby Cunningham, deuxième meilleur buteur du circuit avec 40 buts, et Denis Paul ont carburé à fond de train durant la dernière portion du calendrier. Dominic Perna et Denis Chalifoux, avec respectivement 69 et 66 points, sont d'autres piliers de cette redoutable offensive. Le gardien Pierre-Luc Therrien s'est démarqué en fin de saison. L'expérimenté Bobby Dollas, qui a disputé plus de 600 matchs dans la LNH, est le chef de file de la lourde brigade défensive qui mise aussi sur Mathieu Raby, Shane Kenny et Dan Kopec. L'entraîneur Pierre Pelletier est à la recherche d'une troisième coupe consécutive, lui qui avait conduit Joliette à la victoire en 2001.

    Chez les Dragons, Mathieu Benoît, qui a établi un record avec 48 buts, a connu une baisse de régime en fin de campagne. Mario Debenedictis, auteur d'une saison de 79 points, Dominic Beaudin et Éric Bellerose complètent le coeur offensif de l'équipe dirigée par Michel Laurendeau, qui misent aussi sur des vétérans tels Ed Courtenay, Jean Bourgeois et Dany Leblond. Christian Larivière et Éric Lavigne sont les leaders de la brigade défensive. Les Dragons ont sacrifié un élément important de leur attaque en Jean-François Bouchard pour acquérir Carl Benoît, un des hommes masqués les mieux considérés du circuit.

    Une série qui promet d'être haute en couleurs entre deux formations qui adorent se détester et qui n'hésitent pas à laisser tomber les gants pour le démontrer.



Source : LHSPQ