#19   MIKE BRAULT    -    attaquant

    Grandeur : 6'       Poids : 200 lbs

    Fiche en carrière
    Saison Équipe Ligue PJ B A Pts Pem
    1994-95 Pont-Rouge Grand Portneuf Senior 22 1 2 3 261
    1995-96 Pont-Rouge Grand Portneuf QSPHL 36 1 10 11 380
    1996-97 El-Paso Buzzards WPHL 5 0 0 0 10
    1996-97 Pont Rouge Grand Portneuf QSPHL 21 0 5 5 208
    1997-98 Pont Rouge Grand Portneuf QSPHL 35 3 6 9 440
    1998-99 Pont Rouge Grand Portneuf QSPHL 31 3 2 5 267
    1999-00 Pont Rouge Grand Portneuf QSPHL 37 2 2 4 279
    2000-01 Pont Rouge Grand Portneuf QSPHL 36 0 6 6 310
    2001-02 Pont Rouge Caron & Guay QSPHL 29 1 0 1 164
    2002-03 Pont Rouge Caron & Guay QSPHL 27 3 0 3 269
    source : www.hockeydb.com



    «Je suis celui qui frappe dedans la vie»

    par Sylvain Neveu et Michel Lacas

    Octobre 2003- Le début de saison de la Ligue de hockey senior majeur du Québec était tout récemment le théâtre d’un exploit qui mérite largement d’être souligné. Le 11 septembre dernier, lorsqu’il a posé les patins sur la glace du centre récréatif Joé-Juneau, l’homme de fer, Mike « Iron man » Brault, comptant à sa fiche de combats plus de 500 confrontations depuis qu’il a joint dans les rangs du hockey senior majeur, endossait officiellement l’uniforme des représentants de Pont-Rouge pour une dixième année consécutive.

    Comme plusieurs milliers de hockeyeurs, le nom de Mike Brault ne franchira pas la porte du prestigieux Temple de la Renommée du Hockey, mais force est d’admettre qu’éventuellement, au terme de sa carrière active, il entrera dans la légende du hockey senior québécois. Issu de la première cuvée des bagarreurs de la décennie 90, celui qui représenta, pendant plusieurs saisons, l’homme à vaincre, continue allègrement de se présenter au combat, joute après joute, contre ces armoires à glace qui nous arrivent maintenant d’un peu partout.

    UN LASALLOIS D’ORIGINE.

    Mike naquit à Ville LaSalle, au cours de l’année 1969. Il habita ce secteur, situé au Sud de Montréal, que très peu de temps car, dès l’âge de 4 ans, la famille Brault déménagea à Québec dans le quartier d’ Ancienne-Lorette. Ce fut d’ailleurs dans cette banlieue de la Vieille Capitale, qu’il s’agrippa au dossier d’une chaise de bois et qu’il donna ses premiers coups de patins lors d’une école de hockey, à l’aréna du quartier. Il évolua ensuite au sein de l’organisation du hockey mineur de la ville de St-Foy.

    À ce sujet, l’homme, sourire en coin, me mentionna qu’il gravit les échelons dans les catégories CC, avant d’atteindre le niveau senior majeur. Ce dernier commentaire nous décrit bien le profil d’homme dont il est doté : déterminé et persévérant.

    LA LIGUE DE HOCKEY SENIOR DE LA MAURICIE.

    Ce fut en endossant l’uniforme des Sphynx de St-Marc-des-Carrières, de la défunte Ligue de hockey senior de la Mauricie, l’alma mater de la concession de Pont-Rouge, que le célèbre # 19 fit ses débuts dans cette catégorie. Le nom de Brault, un solide redresseur de torts fraîchement arrivé, qui ne reculait devant personne, circula très rapidement dans la hiérarchie des « bulldozers » sur patins.

    « Lorsque j’évoluais dans cette ligue, on avait le droit de participer à trois combats avant d’être expulsé. Je me souviens particulièrement de ces nombreuses confrontations m’opposant à Martin Roux. Ce n’est pas mêlant, s’exclama-t-il! On se battait trois fois l’un contre l’autre en chacune des occasions que nos équipes s’affrontaient. A l’époque, Denis Paul était la vedette incontestée de la Ligue et son nom tapissait les feuilles de pointages. Par la suite l’équipe fut vendue en fin de saison 1993-94 et, peu de temps après, transférée à Pont-Rouge. Dès la saison 1994-95 j’ai commencé à évoluer au centre récréatif Joé-Juneau. » poursuivit-il.

    Sous le régime du nouveau propriétaire, Michel Godin, la concession implanta de nouvelles structures en mettant sur pied un organisme à but non-lucratif afin d’assurer la gestion de l’équipe. Le club de golf, le Grand Portneuf, devint alors le commanditaire majeur et ce, pour les six premières années de vie. À Pont-Rouge, « Iron man » évolua dans la Ligue senior de la Mauricie lors de sa première saison. Dans un amphithéâtre d’une capacité de 1,500 personnes, contenant 1,005 sièges, notre invité continua d’attirer les foules et il se bâtit une solide renommée à une plus grande échelle à partir de la saison 1995-96, lors de l’entrée en scène de la nouvelle LHSPQ. Formée d’une association des deux ligues majeures: la Ligue senior majeure du Québec (Montréal et Cantons de l’Est) et la Ligue senior de la Mauricie, cette fusion permit ultérieurement aux amateurs de hockey de plus de 30 villes du Québec d’observer le phénomène Brault à l’œuvre au cours des huit saisons subséquentes.

    Bon an mal an, celui qui réside maintenant à St-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, poursuivit son ascension parmi les bagarreurs les plus intimidants du hockey senior. Il atteignit même le niveau d’homme à battre, en établissant un standard de respectabilité pour ses pairs. Ne reculant devant personne, Brault, blessé ou non, se présenterait à chacune des rencontres de sa formation afin de remplir le rôle que l’on attendait de lui. Au fil du temps on lui a attribué les qualificatifs suivants qui sont de posséder un excellent système cardiovasculaire, une bonne mâchoire et d’être le premier belligérant à foncer sur son opposant. Mike Brault c’est le synonyme d’une bonne génétique! La nature en a voulu ainsi car il ne se défile pas pour mentionner que l’entraînement et le gymnase ne font pas vraiment partie de son mode de vie, sauf dans ses préludes d’un valeureux combat sur le ring.

    EL PASO, LA WPHL ET LA COUPE BOLTON.

    En fin de saison 1996-97, dans des circonstances dignes d’un scénario hollywoodien, les Buzzards de El Paso, une équipe d’expansion du Texas affiliée à la Western Professionnal Hockey League, se tourna vers le réputé enforcer du Québec afin de remédier aux stratégies d’intimidation dont le club était victime à chacune des rencontres disputée au cours du calendrier régulier.

    Par ailleurs, « Iron Mike » participa, en une occasion, au tournoi de la coupe Bolton. La présentation de cet événement d’envergure, symbolisant la suprématie du hockey senior canadien, eut lieu en Ontario. L’équipe représentative avait pour nom : les Chiefs de Laval. Ainsi, M. Bob Berger, l’architecte de cette édition nouvellement arrivée à Ville Laval, lança quelques SOS à certains joueurs dont un en particulier à M. Mike Brault. L’histoire nous raconte que Brault, ainsi que son équipe d’adoption, les Chiefs, préconisèrent un style intimidant, à un point tel qu’ils se firent disqualifier par le comité organisateur lors de la ronde demi-finale. Brault, comédien à ses heures, flanqua la trouille à plusieurs de ses opposants en personnifiant un des frères Hanson, personnage vedette du film culte "Lancer frappé-Slap shot" enfilant une monture de lunettes ornées de ruban adhésif. Il campa ainsi le rôle d’intimidateur tout au long de la période de d’échauffement. Il eut également le temps de jeter les gants, et de livrer un furieux combat, face à un réputé matamore de 220 livres.

    Tout en conversant avec l’ individu coopératif et accessible qu’est Mike Brault, un homme qui assista à la naissance du hockey senior provincial version 90, la conversation coulait à flot et les souvenirs ressassés ne manquèrent pas. Nous lui avons demandé qui furent les opposants, issus de ce long registre, qui lui ont procurés des moments inoubliables. Après un court moment d’hésitation, voyons ce qu’il nous livra comme confidences :

    « Écoute, il y en a plusieurs c’est certain. Par contre, pour un joueur comme moi, le fait d’avoir eu à affronter les frères Roberge demeure quelque chose de bien particulier. Moi je n’ai jamais joué dans les rangs junior majeur, eux l’ont fait! Ils ont même évolué dans la Ligue nationale! Il y a à peine quelques années je surveillais, avec intérêt, Mario Roberge, à la télévision. Par la suite, lorsqu’il s’est joint à la ligue, nous avons jeté les gants souvent l’un contre l’autre. Je dois dire qu’à force de me battre contre lui, j’ai appris quelques trucs. Il en demeure un joueur de mon gabarit et j’ai toujours trouvé que tu en apprenais davantage en observant un gars de ta grandeur, comparativement à un autre qui mesure six pouces de plus par exemple. Au début c’était un peu plus difficile de l’affronter. On n’y allait pas toujours de gaieté de cœur! Mais le public paye pour voir cela, alors il faut bien leur en donner. Par contre, dans nos derniers combats, je m’en sortais assez bien. » ajouta-t-il candidement.

    « Nathan Morin en est un autre qui allait à la guerre et avec qui je me suis battu chaque fois que l’on se croisait sur la patinoire. Il n’était pas le plus grand, mais il y mettait du cœur. Nous avons fait de bons combats « open » ensemble, lui et moi. » enchaîna-t-il.

    LA BOXE AMATEUR.

    Si les adeptes de hockey senior ont pu assister à ces populaires gala de boxe amateur, qui n’ont rien à voir avec la direction de la LHSMQ, soit dit en passant, mais qui mettent aux prises des joueurs ayant évolués au sein de leur ligue, ils le doivent en grande partie à l’innovateur qu’est Mike Brault.

    « C’était il y a 5 ans, au Centre Lacroix-Dutil à St-Georges-de-Beauce. J’avais affronté Christian Leblanc et je l’avais emporté par knock out devant près de 3,300 spectateurs. La formule a plu aux amateurs et c’est à partir de là que ça s’est poursuivi. Par la suite, j’ai remis les gants 2 à 3 fois par été afin de participer à ces cartes de boxe. Par contre, j’ai vécu une amère déception à Laval, au cours de l’été 2002, lorsque l’on a accordé la victoire à Jimmy Burns. Je l’avais atteint solidement à quelques reprises et j’avais marqué suffisemment de points pour mériter la victoire. Sur le coup, j’étais très déçu, mais j’ai tourné la page depuis car, dans mon cœur, je sais que c’est moi qui a gagné!» nous dira celui qui compte 12 combats en banque jusqu’à présent à titre de boxeur amateur et qui, selon l’auteur de ces lignes, ne fermerait pas la porte à un éventuel combat revanche contre Jimmy Burns. Alors, avis aux intéressés!

    TOUJOURS DEBOUT, JE SUIS CELUI QUI…

    D’autre part, plus on apprend à connaître ce légendaire joueur senior; plus il projette l’image d’un individu franc et direct dans ses propos. Nous en avons profité pour lui demander de nous livrer ses impressions sur l’évolution du hockey senior majeur au Québec. Il nous livra alors une réponse spontanée, à l’image des célèbres hockeyeurs québécois tel que les Guy Lafleur, Guy Carbonneau et Stéphane Richer :

    « Je pense qu’il y suffisamment de talents québécois afin de donner la chance aux joueurs de chez-nous de pouvoir évoluer dans un niveau compétitif , et cela, devant leurs parents et amis. Selon moi, on dépasse les bornes et cela n’a plus de bon sens! La ligue devrait tout simplement mettre une limite! » précisa-t-il, sur ton qui ne laissait aucune équivoque.

    Au moment d’écrire ces lignes, Mike « Iron man » Brault travaille pour l’entreprise familiale, le bar salon Le Satellite, à St-Catherine–de-la-Jacques-Cartier. C’est le rendez-vous du coin où l’on y présente des événements d’envergure sportive. Mike est âgé actuellement de 34 ans et il continue de remplir son rôle, comme il le fait si bien depuis 10 ans déjà au sein d’une même organisation; Le Caron et Guay de Pont-Rouge. Depuis qu’il a joint les rangs senior à St-Marc-des-Carrières, « Iron Mike » ne s’est jamais éloigné de son but légitime, soit de remporter la victoire aux points et aux poings, mais toujours avec la même conviction profonde de soulever les émotions de son public et cela, il le fait tellement de conviction depuis maintenant 10 ans.

    Persévérant vous dites? Eh comment donc!

    Comme le disait si bien l’immortel chanteur rocker au cœur tendre, Gerry Boulet : Toujours vivant, je suis celui qui regarde en avant!… Toujours debout, je suis celui qui va jusqu’au bout!

    Mike Brault, lâches pas ça! Tu en as fait déplacer des foules et tu demeures toujours, plus de 10 années plus tard, une grande attraction pour les adeptes du hockey senior majeur!

    Salut.



    Source : L'ÉDITORIAL DE LA LHSMQ 2003-04