par Réal Labbé
S'il fallait que Christian Gosselin porte d'un seul coup toutes les orthèses qui ont servi à soigner et guérir ses nombreuses blessures, il n'y a personne qui le reconnaîtrait. Clavicule, genou, poignet, pouce, main, il y a peu d'endroits de son corps qui n'ont pas été atteints. Sans compter les nombreux « bleus » qui ne l'ont pas empêché de retourner sur la patinoire. Ce qui n'empêche pas le défenseur du Caron et Guay de Pont-Rouge de jouer avec encore beaucoup de fougue et beaucoup d'agressivité.
Le grand 6'5”, qui fait osciller la balance à 235 livres, a peut-être raté une belle occasion d'avoir une carrière dans la Ligue nationale, mais les blessures ne sont pas une excuse qu'il veut se donner. « Je ne veux pas penser de cette façon. C'est sûr que j'aurais peut-être pu avoir ma chance, mais on dirait que chaque fois qu'il se produisait quelque chose d'intéressant pour faire avancer ma carrière, j'étais victime d'une blessure. »
N'empêche qu'il a pu évoluer dans des niveaux élevés, dont quatre ans dans la Ligue américaine. « C'était un rêve d'enfance que de faire une carrière dans le hockey et je me dis que j'ai passé proche de le réaliser pleinement. Je ne regrette rien de ma carrière, j'ai vécu de belles choses et j'ai eu de belles expériences. Maintenant, c'est le temps de passer à une autre carrière. »
Actuellement, le défenseur de 27 ans est en formation comme pompier. « J'ai plusieurs modules à suivre pour compléter mes cours et je souhaite devenir permanent dans trois ans. Je pense qu'il est temps de faire la transition maintenant plutôt qu'à 32 ans. Je me dis que tant qu'à ne pas faire des 100,000$ en salaire, aussi bien revenir à la maison pour aborder une autre carrière et aussi pour ma vie familiale.»
Même si l'on inscrit dans sa fiche de joueur qu'il est originaire de Laval, ce n'est absolument pas le cas. « Je suis né à Saint-Nicolas et j'ai fait tout mon hockey mineur à Lévis. J'ai évolué avec le batam AA de la Rive-Sud, puis à 16 ans, j'ai été repêché par Hull ( rebaptisé Gatineau cette saison ) dans le junior majeur et j'ai joué tout de suite, sans passer par le midjet AAA. Si on mentionne Laval comme mon lieu de naissance, c'est qu'à mon année comme joueur de 20 ans, j'ai déménagé à Laval chez mon père et c'est cette ville qui était inscrite sur mon permis de conduire.»
Encore des blessures
Repêché pas les Devils du New Jersey à 17 ans, Gosselin n'a pas signé de contrat avec cette formation, de sorte qu'il était libre comme l'air à 19 ans. À son année comme joueur de 20 ans, il a aussi fait partie de l'équipe nationale du Canada pendant un mois et demi avant d'avoir un essai avec les Canadiens de Frédéricton. « J'ai ensuite signé une entente avec les Sharks de San Jose pour trois ans et, après j'ai été échangé aux Rangers de New York dans la transaction impliquant Adam Graves.»
Encore une fois, ce sont les blessures qui ont ralenti sa progression. J'ai eu deux belles saisons sur trois avec la formation de Kentucky dans la Ligue américaine. La première, je me suis blessé et j'ai été obligé de me faire reconstruire un genou. À Hartford, je me suis cassé un poignet et ensuite, j'ai subi une blessure à une main. Au moment où on faisait les dernières coupures, lors d'un match hous-concours, j'ai été implique dans une bagarre avec le résultat que j'ai eu un pouce fracturé.»
La saison dernière, il voulait vivre une nouvelle expérience avec le hockey international. Il a évolué pour les Bees de Bracknell, dans la Ligue anglaise de hockey. « Les blessures m'ont empêché de jouer pendant la moitié de la saison. Mais j'ai bien aimé l'expérience là-bas.»
Maintenant c'est le Caron et Guay et la Ligue de hockey senior majeur du Québec.« C'est intéressant et le calibre est plus fort. Il faut se présenter à tous les matchs, il y a pas de place pour les demi-efforts. Nous avons une bonne équipe, un bon groupe de joueurs et je ne suis pas inquiet pour notre rendement.»
Source : Le Soleil