par Réal Labbé
À défaut d'être réunis sur la glace, les trois frères Tremblay; Jean-François, Simon et Philippe, sont au moins regroupés autour de la table familiale à l'occasion du temps des Fêtes.
Simon et Philippe étant jumeaux, ils ont pu évoluer pendant quelques années dans la même équipe de hockey jusqu'à ce que leur chemin bifurque au niveau midget AAA. Par la suite, ils sont revenus ensemble, puis ont été séparés de nouveau, puis réunis et encore séparés. C'est finalement au début de l'automne que les deux joueurs de Beauport se sont retrouvés, dans le hockey senior majeur, avec le Radio X de Québec.
Dans ce circuit, ils ont rejoint leur aîné, Jean-François, qui porte les couleurs du Caron et Guay de Pont-Rouge. Lui, parce que plus vieux, n'a jamais eu l'occasion de jouer avec ses deux frères pour la même équipe.
«C'est sûr que ce serait plaisant d'avoir les trois frères ensemble au sein de la même formation, précise Philippe, mais ce n'est pas possible pour le moment.»
Par contre, ils sont ensemble pendant les Fêtes. C'est le premier Noël, depuis quatre ans, que les frangins ont pu être réunis. «C'est notre sœur Marie-Josée qui va être contente, lance Simon. Nous avons toujours beaucoup de plaisir et c'est une très bonne période pour nous tous. »
Il y a toujours eu au moins un des trois frères, parfois deux, qui passaient Noël à la maison. «J'ai eu quelques congés à l'occasion de Noël, continue Simon, qui jouait dans la Ligue East Coast au cours des dernières saisons, mais je n'en avais jamais assez long pour être capable de revenir cnez mes parents. Une autre année, c'était Philippe qui évoluait en France qui n'a pu revenir. Une autre fois encore, c'était au tour de Jean-François de jouer en Europe. » .
La famille Tremblay a toujours été très unie grâce aux valeurs inculquées par le père Jean-Yves et la mère Armande. «Nous sommes une famille très proche et la période des Fêtes est une bonne occasion pour avoir beaucoup de plaisir ensemble. »
TAQUINERIES CIVILISÉES
Évidemment on ne manquera pas de se taquiner au sujet de la rivalité qui existe entre les deux clans, Jean-François d'un bord, puis Simon et Philippe de l'autre côté. «Tout va rester civilisé, précise Philippe, ce sera juste pour avoir du plaisir, surtout que les deux formations ne jouent pas l'une contre l'autre avant le 2 janvier alors que le gros des partys sera passé. » Ça va permettre également aux parents de souffler un peu, eux qui se font un plaisir d'encourager leurs enfants.
« C'est plaisant cette saison, mentionne Jean-François, parce que les matchs locaux des deux équipes ne sont pas présentés en même temps, donc notre père peut assister à toutes les rencontres. Ça lui fait beaucoup de hockey dans une saison, en plus des matchs des Remparts qu'il va voir parce qu'il est aussi conseiller pédagogique de l'équipe.»
N'empêche qu'il doit se produire des situations spéciales quand les deux clubs se rencontrent. « il y a des fois où ça fait drôle, dit Simon, mais dans mon cas, comme je suis un défenseur et que Jéan-François aussi joue à cette position, nous ne nous affrontons pas directement comme ça peut l'être entre Philippe, un attaquant, et Jean-François.»
« Nous faisons ce que nous avons à faire, avance Philippe, mais nous n'y ajoutons pas d'extra. Si Jean-François m'amène le long de la bande, je sais qu'il va me donner une mise en échec, mais ce sera tout. Et je vais lui dire que c'était un beau jeu. Le plus difficile, compte tenu de la rivalité entre les équipes, c'est d'entendre ce que tes coéquipiers disent de ton frère ou lui font. Ça vaut dans les deux sens. Tu es un peu ambivalent, car d'un côté il y a tes coéquipiers et l'équipe, mais de l'autre il y a les liens fraternels.»
Jean-François raconte une anecdote que les trois ont vécue lors d'un affrontement Pont-Rouge-Québec. « Comme c'est l'habitude quand on joue à Beauport, tous les joueurs apportent avec eux leur équipement de hockey et j'avais entreposé le mien au sous-sol de la maison familiale. Simon et Philippe font aussi la même chose. Quand je suis passé prendre mes affaires, j'ai croisé Philippe qui partait pour l'aréna. On s'est parlé un peu et on s'est souhaité bon match. Puis ce fut au tour de Simon, dans le sous-sol. La conversation a été brève et on a convenu de discuter après le match plutôt. De temps en temps, ça donne des situations un peu spéciales. »
Pendant quelques jours, chez les Tremblay, le hockey fait place à la famille et les trois frères ont beaucoup de temps à rattraper, surtout s'ils écoutent ce que la petite sœur MarieJosée a à raconter sur sa carrière avec une troupe de danse qui s'est produite au Casino de Montréal. R.L.
Un appui indéfectible des parents... à condition d'étudier
Ils auraient choisi le basketball, ou la boxe, ou encore le vélo, que ç'aurait été la même chose. Jean-François, Simon, Philippe et Marie-Josée ont toujours bénéficié de l'encouragement inconditionnel de leurs parents, peu importe la voie choisie. Toutefois, il y a toujours eu un prérequis dans la famille Tremblay: les études.
«Nos parents nous ont toujours encouragés à apprendre le plus qu'on pouvait, souligne Simon. C'était une ligne de conduite pour nous. Et ils nous ont toujours aussi encouragés, peu importe le projet que l'on entreprenait.»
Le trio Tremblay a choisi le hockey et l'appui des parents ne s'est jamais démenti, même s'il fallait faire des prouesses pour satisfaire les passions des jeunes. Simon a joué au niveau professionnel après son passage chez les Remparts de Québec, avec les Citadelles d'abord, puis dans la Ligue East Coast. Mais jamais les études ne lui sont sorties de la tête.
«J'ai réussi à garder le contact avec les livres, dit-il. Même pendant mon séjour dans le hockey professionnel, j'ai suivi des cours par correspondance. Actuellement, je fais des études en génie mécanique. Et dans exactement un an, il me reste deux sessions, j'aurai mon diplôme.»
À l'Université
Simon avait choisi l'Université du Vermont plutôt que le junior majeur quand il est sorti des rangs midget AAA. «J'ai joué un très bon calibre de hockey et j'étais le coéquipier de Martin StLouis (Lightning de Tampa Bay). Je suis arrivé là à 17 ans et à 19 ans, j'avais encore l'espoir de monter et comme je voulais me donner un break, j'ai décidé de faire une saison et demie avec les Remparts. C'est là que j'ai retrouvé Philippe. Le hockey n'a jamais dérangé mes études. Le contraire est aussi vrai. Et je n'ai jamais songé à arrêter l'un ou l'autre.»
Philippe a fait partie des Patriotes de l'Université du Québec à Trois-Rivières, après trois saisons chez les Harfangs et les Remparts et une à CapBreton, comme joueur de 20 ans. «Je n'ai jamais pensé que j'avais le talent pour faire la Ligue nationale et j'ai pris un congé d'une saison dans mes études pour aller tenter l'expérience en Europe. Ce fut extraordinaire comme expérience de vie, mais le hockey n'était pas en bonne santé à Besançon (France), à cause des problèmes d'argent de l'équipe. Je termine cette année mon bac en administration et marketing et avec l'offre du Radio X, c'était une belle possibilité de compléter à l'Université Laval. »
Jean-François a évolué pour l'Université d'Ottawa, où il se rappelle les matchs épiques qu'il livrait contre les formations du Québec. «Ce n'était pas facile quand on jouait contre le Québec, ça brassait pas mal plus que lors des matchs contre l'Ontario. Même si j'ai complété mon bac en administration des affaires à Ottawa, je me suis rembarqué dans les études, à temps partiel cependant, en gestion des opérations. En allant àl'université, c'était comme un prétexte pour moi de faire des études tout en profitant d'un calibre de hockey de haut niveau. »
Le même principe s'applique aussi à Marie-Josée, qui performe avec sa troupe de danse mais qui n'oublie pas les études. Elle fréquente l'université tout en s'adonnant à sa passion.
Les trois frères Tremblay adorent aussi l'atmosphère des vestiaires dans la Ligue de hockey senior majeur du Québec. « D'abord, le calibre est vraiment élevé et les grosses équipes du circuit.pourraient rivaliser facilement avec celles de la East Coast. La seule différence, c'est qu'on ne s'entraîne pas tous les jours. Par contre, dans l'entourage de l'équipe c'est la même chose, les gars sont dédiés et ils veulent gagner. Ce qui est différent, ce sont les conversations dans la chambre, les gars parlent plus de leur travail. »
Source : Le Soleil