par Réal Labbé
Gabriel Montreuil aime bien que papa l’emmène à la patinoire pour jouer au hockey. Et Éric ne se fait pas prier pour acquiescer à la demande de son fils de trois ans. C’est qu’il est joueur de hockey lui aussi. Il porte les couleurs du Caron et Guay de Pont-Rouge, de la Ligue de hockey senior majeur.
Éric ne refusera pas une invitation du fiston pour aller s’amuser sur une patinoire. D’ailleurs, il n’est pas dans un milieu inconnu quand il s’occupe d’un enfant, puisque sa belle-famille possède une garderie d’envergure et que son épouse Annie suit aussi les traces de ses parents.
Comme sa carrière au hockey, la vie personnelle d’Éric Montreuil a passé par plusieurs étapes à cause des nombreux déménagements exigés par son métier. Les époux ont souvent changé d’endroit, tout comme Éric a dû s’adapter aux changements apportés à son style de jeu par ses entraîneurs.
Originaire de Ville Lasalle, il y a fait son hockey mineur jusqu’au niveau midget, alors qu’il a participé au camp des Lions de Lac-Saint-Louis dans la Ligue de développement midget AAA. « J’ai été coupé lors de la dernière journée. Ça m’a comme insulté et j’avais choisi de faire du midget AA. Mais voilà qu’à la journée d’ouverture on me demande de remplacer et de participer au match. J’ai refusé, encore sous le coup de la frustration.»
L’attaquant de 28 ans prenait alors un risque important. « Il fallait que j’ai une saison du tonnerre dans le midget AA si je voulais avoir des chances d’être repêché par une équipe du junior majeure. Je savais que ma décision pouvait me coûter cher pour mon avenir dans le hockey.»
Pari gagné
Le pari a tourné à son avantage quand il été choisi au cinquième rang par les Saguenéens de Chicoutimi ( LHJMQ ). Seulement quatre joueurs des Lions avaient trouvé preneurs avant lui. Puis, il est passé aux Harfangs de Beauport au milieu de la saison 1993-1994. C’est à cette époque qu’il a fait la rencontre d’Annie.
« J’étais plutôt considéré comme un bon marqueur et j’ai eu des bonnes saison avec les Harfangs. Les Panthers de la Floride ont fait de moi leurs 11e choix en 1993 et ils m’ont assigné à leur club-école de la Ligue américaine, les Monarchs de la Caroline. On m’a alors transformé en joueur défensif, comme le Canadien l’avait fait avec Guy Carbonneau. Je n’avais pas le choix, mais je me sentais bien à l’aise dans ce rôle parce que chez les juniors, je pouvais me débrouiller fort bien dans le style défensif.»
Il a joué deux saisons avec les Monarchs et quand la fusion des clubs-écoles des Panthers et des Whalers de Hartford est arrivée, les postes disponibles ont été coupés de moitié dans chaque organisation et Montreuil a écopé. Il s’est trouvé une place dans la Ligue East Coast en Louisiane. « Un bel endroit, nous y avons passé deux ans.» Par la suite, il a joué un an dans la Ligue United à Knoxville, puis une autre saison à El Paso, dans la Ligue de l’Ouest. » Gabriel est né là-bas, ce qui lui donne sa citoyenneté américaine. Au niveau hockey, j’étais devenu un marqueur.»
Pas facile
Après huit années passées un peu partout aux Etats-Unis, Annie et Éric songent à revenir. » Ma famille me manquait beaucoup, car j’étais très proche d’elle. J’ai perdu mon père quand j’avais 20 ans et j’ai toujours voulu rester le plus en contact possible avec les autres membres de ma famille. C’était la même chose pour Annie, qui n’avait pas l’occasion de voir trop souvent ses parents, car on demeurait à Montréal quand nous revenions pour l’été.»
Le couple a décidé de s’installer dans la région de Québec, donnant l’occasion à Annie de se rapprocher de sa famille et de se lancer aussi dans l’organisation d’une garderie. « J’ai eu l’offre du Caron et Guay de Pont-Rouge ( en 2001 ) dans le hockey senior. Pendant les premières semaines, nous restions encore à Montréal et je voyageais à chaque match. J’en profitais pour chercher une maison qui conviendrait à nos projets. Ce n’était pas évident.»
Ils emménagent finalement à Neufchatêl et Éric se trouve un travail, pour le groupe Tanguay. « Ce n’était pas vraiment facile. Je n’avais pas véritablement travaillé de ma vie. Tu arrives à 26 ou 27 ans et tu ne sais pas ce que c’est que de travailler comme tout le monde. Comme déménageur, je commençais tôt pour finir en fin d’après-midi. C’était vraiment différent des deux heures d’entraînement quotidiennes que l’on faisait au hockey. En plus, pendant cette période mon fils ne faisait pas toutes ses nuits. On se relayait Annie et moi, sauf que j’étais épuisé. C’est pourquoi j’ai laissé tomber mon travail et je m’en cherche un autre.»
Quand il est arrivé chez le Caron et Guay, on lui a donné une mission axée particulièrement sur la défensive. « Ça me va très bien ainsi.» Tout comme il se plaît bien dans son environnement québécois.
Source : Le Soleil