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Adieu l’Italie
Didier Tremblay a ramené sa famille dans son coin de pays

par Réal Labbé

Les Chiefs le voyait à Laval. C’était un peu logique pour Didier Tremblay, lui qui est né et a passé son enfance à Terrebonne, dans la région de Montréal. C’était sans compter sur la famille et les origines de celui qui évolue présentement à la ligne bleue du Caron et Guay de Pont-Rouge, dans la Ligue de hockey senior majeur du Québec.

Il est en effet revenu dans son coin de pays, à Notre-Dame-des-Monts, là où son épouse Caroline a donné naissance à la petite Megan, il y a à peine un an. « Mon père est originaire de la région de Charlevoix, la famille de mon épouse y vit et c’est ici que l’on voulait qu’elle accouche.»

En 2002-2003, il a passé la saison en Italie. Caroline l’y a accompagné du mois d’août jusqu’au 18 janvier. « Nous préférions qu’elle ait le bébé au Québec, entourée de sa famille. Il y avait un autre canadien dans l’équipe, en Italie et sa femme avait donné naissance au bébé dans ce pays. Nous avons pu constater que les soins n’étaient pas aussi bons que chez nous et c’est pourquoi il était préférable que tout se déroule en sol québécois. Seule ombre au tableau : je n’ai pu voir naître ma petite.»

Le défenseur de 6’1 a bien aimé son expérience dans le nord de l’Italie, où il a évolué pour l’équipe d’Alleghe. « C’était à une heure et demie de Venise. Nous étions en division 1 de la Ligue italienne. Cependant, j’ai raté deux mois de la saison à cause d’une blessure à l’aine. J’étais bien parti, mais cette blessure m’a ralenti.

« Et si tu es un joueur étranger en Europe, tu dois performer au plus haut niveau. À cause de ma blessure, ce n’était pas mon cas et j’ai passé bien proche de revenir au Canada. Mais ils ont décidé de me garder. Malheureusement, nous n’avons pas fait les séries.»

Il a joué son hockey mineur avec les Élites de la Rive-Nord et il a évolué pour les Régents de Laval-Laurentides-Lanaudière ( midget AAA ). « Nous avions perdu 4-0 contre les Gouverneurs de Saint-Foy en finale.» Cette saison lui a permis d’être le premier choix du Moosehead de Halifax dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.

« Ça me faisait un peu peur au début, car c’était vraiment au bout du monde pour un jeune. Ce fut toutefois la plus belle chose qui me soit arrivé. J’ai pu connaître une parcelle de la vie de professionnel à cause de notre entourage, des voyages en avion, et surtout parce que j’ai pu apprendre l’anglais. Ce sont toutes de petites choses qui te permettent d’être plus à l’aise quand tu arrives à ton premier camp d’entraînement chez les pros.»

Troisième choix de la quatrième ronde ( 86e au total ) des Blues de St. Louis en 1997, le défenseur de 24 ans était reconnu pour son style plutôt offensif. « Je n’étais tout simplement pas prêt physiquement, à 20 ans, pour prendre la chance qui m’était offerte dans la Ligue national. Et quand tu as cette chance, il faut que tu la saisisses, car elle ne se présente généralement pas une seconde fois. Je n’avais pas cette coche qui manquait pour me rendre au plus haut niveau.»

Décision difficile

On l’a fait évoluer à Worcester, dans la Ligue américaine, et à Peoria, dans la Ligue East Coast, où il a remporté le championnat des séries. « Je pensais que cette performance allait me donner un break pour la saison suivante, mais ce ne fut pas le cas. St. Louis était allé chercher deux joueurs en première ronde et ils ont passé avant moi. Quand mon contrat de deux ans a été terminé, on ne m’en a pas offert un autre.

« Ce ne fut pas une décision facile à accepter, mais je suis certain que je ne suis pas le seul à qui une telle situation soit arrivée. Il y a toujours un concours de circonstances qui dicte une partie de ta carrière.»

Échangé à Pont-Rouge, Tremblay voulait se retrouver avec une formation compétitive. « Surpris par le calibre ? Oui et non, car il y a tellement de bons joueurs professionnels qui s’y retrouvent.» En même temps, il se prépare à faire son entrée dans le monde du travail. « Je n’ai jamais travaillé, au sens où tout le monde l’entend, et c’est en avril que je vais faire mes débuts. Je me suis trouvé un boulot pour la compagnie Fairmout Manoir Richelieu. J’ai bien hâte de voir ça.»

Il se construit actuellement une maison à Notre-Dame-des Monts, une municipalité qui se trouve à deux heures de voiture de Pont-Rouge. « Une bonne distance, mais ce n’est si pire. Par contre, j’aime beaucoup quand l’équipe dispute ses matchs deux jours d’affilée. Ça m’évite un voyage. Il y a des semaines où avec l’entraînement, je peux descendre à Pont-Rouge trois fois.»

Toutefois, il aime bien sa situation et il ne retournerait pas dans la Ligue East Coast. « J’ai fais mon choix. Je suis très à l’aise avec ma décision et maintenant, je m’occupe de ma famille et de mon avenir.»

Source : Le Soleil