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A la croisée des chemins
La LHSMQ songe à devenir une ligue professionnelle

SAINT-GEORGES, Beauce - Huit après sa création, la Ligue de hockey senior majeur du Québec est prête à passer à une étape supérieure et elle doit le faire. On parle beaucoup qu'elle devienne une ligue professionnelle et il y a beaucoup de discussions qui se feront à ce sujet lors de son assemblée, demain, à Saint-Georges. Un prélude en quelque sorte à l'assemblée générale annuelle tenue à la fin du mois de mai.

Le président du circuit, Michel Gaudette, et quelques dirigeants d'équipes comme Michel Laurendeau (Dragons), MartinGiguère (Garaga de Saint-Georges) et Bob Berger (Chiefs de Laval) croient que la LHSMQ doit faire un bon ména ge du printemps et repartir à un meilleur niveau encore avec des bases plus solides. Est-ce que la solution se trouve dans les rangs professionnels mineurs ou est-ce plutôt en demeurant au niveau amateur, comme elle l'est actuellement, mais avec des améliorations marquantes?

Laurendeau a toujours dévoilé le fond de sa pensée et il l'a encore fait pour l'étape qui s'en vient. «II y a de très bons gars de hockey dans cette ligue, des gens qui ont la passion, et nous avons un excellent noyau d'équipes solides, mais il y a des canards boiteux et il faut s'en débarrasser. Peu importe que ce soit comme une ligue pro ou que l'on garde notre statut amateur. Ça prend des directeurs généraux qui connaissent le hockey, dont la principale tâche sera de chercher à améliorer son équipe au niveau de la patinoire. Ceux qui ne connaissent pas ça doivent partir.»

Une grosse affaire

Le hockey semi-pro actuel est rendu une grosse affaire. «Nos budgets tournent autour de 750 000 $ par année, explique le président Michel Gaudette, ce qui équivaut à celui que j'avais dans les années 1993-1994 quand j'avais une équipe dans la Ligue de hockey junior majeur. Ça prend beaucoup d'organisation et il faut songer à doter notre circuit d'une structure encore plus efficace. »

Les foules sont encore très bonnes pour le hockey senior. Verdun aura attiré près de 100 000 spectateurs « sans que les médias montréalais n'en parlent », ajoute Laurendeau. Les personnes qui fréquentent les arénas du hockey senior y vont pour le spectacle. «Pour voir du jeu ouvert, même si le match se termine 8-7 ou 6-4, pour voir de la robustesse aussi avec quelques bagarres entre hommes forts. Et tout ça à un prix vraiment modique. Cet aspect, il faut le garder. »

Gaudette et ses propriétaires vont peser le pour et le contre d'un transfert chez les professionnels. «Ce que je veux préserver, c'est la double chance qu'ont nos joueurs de pouvoir occuper un emploi ou de compléter des études tout en bénéficiant d'un bon calibre. Èst-ce que je peux faire ça si on devient une ligue professionnelle? Pour moi, il est très important que notre ligue ait son identité propre, qu'on ne soit pas obligé de copier sur la Ligue East Coast, ou la United, il faut que ce soit une ligue façonnée selon le modèle québécois. »

Giguère, le directeur gérant du Garaga, abonde dans le même sens. «Ça va faire mal, mais il faut que la Ligue se restructure. II y a plusieurs points à discuter et il faudra bien analyser toutes les conséquences. J'espère que tout le monde sera bien préparé pour cette réunion. »

Source : Le Soleil