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Êtes-vous un ou une boulimique du travail ?
par Barbara Reinhold

Les gens qui vont travailler sous l'influence de l'alcool ou des drogues deviennent inévitablement des parias, entraînant ainsi la perte de leur emploi ‹ et la leur, par le fait même. Par contre, de trop nombreux boulimiques du travail sont mis sur un piédestal, même si la maladie dont ils souffrent, à long terme, aura de lourdes conséquences sur les plans physique, affectif et économique.

À quoi reconnaît-on un boulimique du travail ?
Comment savoir si votre patron, avec ses demandes incessantes, votre conjoint, dont la présence au souper se fait rarissime, votre collègue de travail, ou peut-être même vous, êtes des boulimiques du travail ? Ce questionnaire vous aidera à déterminer si vous ou votre entourage vous reconnaissez dans les caractéristiques souvent associées à la boulotmanie. Cliquez « Oui » à côté de chaque énoncé correspondant à une situation vécue:

Oui   Non

1. Le fait d'arriver tôt, de travailler tard, d'en faire plus qu'il n'en faut pour obtenir de bons résultats

Oui   Non

2. Incapacité à déléguer les tâches

Oui   Non

3. Perfectionnisme

Oui   Non

4. Acharnement au travail, irritabilité envers ceux « qui ne travaillent pas assez fort »

Oui   Non

5. Difficulté à prendre congé en cas de maladie; jours de vacances non utilisés

Oui   Non

6. Limites inexistantes; travail envahissant tous les secteurs de la vie quotidienne

Oui   Non

7. Difficulté à faire la part des choses; incapacité à déterminer ce qui est important

Oui   Non

8. Réseau social restreint; mécontentement ou distanciation de la part de la famille et des proches

Oui   Non

9. Manque de loisirs ou de vie sociale

Oui   Non

10. Incapacité à relaxer

Oui   Non

11. Pensées constamment dirigées vers le travail

Oui   Non

12. Sens de l'humour quasi inexistant

Oui   Non

13. Impatience, tendance à la critique ou hostilité difficilement contenues dans les relations avec les subalternes

Oui   Non

14. Désir excessif de plaire à ses supérieurs

Oui   Non

15. Profonde conviction que travailler dur est amusant, mais que vous pourriez cesser de mettre les bouchées doubles n'importe quand, alors que votre entourage sait très bien qu'il s'agit chez vous d'une attitude compulsive

 

Quel est votre résultat ? Celui de votre patron ? De votre conjoint ?
Et maintenant, le test ultime : faites remplir ce questionnaire par un de vos proches (ami, collègue ou conjoint) en lui demandant de répondre pour vous, et comparez ce résultat au vôtre. Vous devez alors tenir pour acquis que le résultat obtenu par votre proche est plus conforme à la réalité que le vôtre.

Si vous avez de 10 à 15 « Oui », faites un profond examen de conscience pour savoir à quel point votre travail régit tous les aspects de votre vie. À moins que vous n'ayez moins de trois « Oui », ne vous considérez pas à l'abri de ce fléau. Vous aussi avez tendance à laisser votre travail gruger votre existence.

Oui, et puis après ?
Attention ! La boulotmanie comporte les mêmes effets nocifs à long terme que toute autre dépendance. Pour maintenir un bon jugement dans des situations complexes, il faut réunir les conditions suivantes :

Bien peu de boulimiques du travail trouvent suffisamment de temps ou s'arrêtent d'eux-mêmes pour réfléchir à ces choses. Le malheur c'est que dans de nombreuses entreprises, ces gens sont bien rémunérés et obtiennent des promotions, ce qui les amène à imposer par leur attitude des attentes déraisonnables aux autres, entraînant souvent des personnes saines dans leur sillon ou les forçant à déserter le navire. Bref, ils causent de sérieux ravages dans les entreprises où ils sont en position d'autorité.

Y a-t-il des antidotes à ce poison ?
Oui, mais pour commencer, il faut une forte dose de retour d'information (feedback). Lorsque la personne atteinte est votre patron, il est difficile d'engager un tel processus; en aucun cas, vous devez vous lancer seul dans une telle aventure. C'est déjà très délicat avec un collègue ou un ami, mais quand même plus facile. Avec un subalterne, cela fait partie de votre travail. Et si c'est vous ? Voilà la tâche la plus ardue de toutes.

Vous pouvez néanmoins compter sur de nombreuses ressources.
Tout d'abord, il y a la bibliothérapie. Voici deux excellents livres :

1) ROBINSON, Bryan, Overdoing It: How to Slow Down and Take Care of Yourself, Health Communications, 1992.
2) FASSEL, Diane, Working Ourselves to Death: The High Cost of Workaholism and the Rewards of Recovery, Harper, 1990.

Le cyberespace peut aussi vous venir en aide.
Il existe partout des programmes d'aide de type AA (d'ailleurs, un nombre impressionnant de boulimiques du travail sont les enfants adultes de parents alcooliques). Vous trouverez une liste complète de ces programmes à www.12steps.org. En explorant cette liste, vous tomberez sur de nombreux liens vers d'autres sites, répartis par région, type de dépendance, etc.

Il ne faut pas sous-estimer ce problème ‹ c'est souvent une question de vie ou de mort, tant pour l'employé que pour le service où il travaille. Il est grand temps de cesser de valoriser cette dépendance hautement prisée, qui érode la vitalité et la résistance de toutes sortes d'entreprises.

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