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Stanley Hall
Portraits de
la psychanalyse américaine
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La psychanalyse
-- Les grands personnages -- de la psychanalyse
américaine
orsque
Freud s'est exprimé à propos des Américains, c'était
généralement pour dire sa grande méfiance quant à ce qu'ils
pourraient faire de la psychanalyse. Certains exégètes freudiens ont
apporté des nuances à ces affirmations de Freud en faisant aussi
valoir la fascination qu'il avait pour l'Amérique. Quoiqu'il en soit,
la psychanalyse s'est essentiellement développée aux États-Unis
grâce à l'afflux des immigrants européens fuyant la montée du
nazisme et l'approche de la deuxième guerre mondiale. Ces immigrants,
parmi lesquels se trouvaient certains des psychanalystes les plus
brillants de leur époque, ont entraîné un déplacement du centre de
gravité du monde psychanalytique du vieux continent vers la riche et
puissante Amérique. Si aujourd'hui la psychanalyse américaine semble
avoir perdu du terrain au profit de la pharmacologie et des sciences
cognitives, c'est après avoir connu une période de gloire comme on
en a rarement vu.
Stanley Hall
orsque Freud, en 1909, prend le bateau pour aller
donner une série de conférences sur la psychanalyse aux États-Unis, il répond à une
invitation que lui a adressé le président de l'Université Clark, Stanley Hall, à
l'occasion du vingtième anniversaire de cette institution. Avec la complicité de James Jackson Putnam, professeur de neurologie, Stanley
Hall a réussi à organiser ces rencontres qui réuniront (de gauche à droite sur la
photo) Freud, Brill venu l'accueillir, Jones, venu de Toronto,
Ferenczi
et Jung, ayant fait le voyage avec Freud, autour de
Hall.
Originaire du Massachussets, Stanley Hall
(1844-1924) s'était d'abord voué à la prêtrise avant de changer d'orientation et
d'aller étudier la philosophie et la théologie en Allemagne. De retour, il enseigne la
philosophie et la littérature tout en préparant une thèse de doctorat de philosophie à
Harvard. Il retourne en Allemagne en 1878 pour étudier la psychologie auprès du
célèbre Wundt, ce qui lui vaudra à son retour un poste à Harvard puis à l'université
Johns Hopkins. Lors de la fondation de l'université Clark, en 1889, on lui propose le
poste prestigieux de président, fonction qu'il occupera encore lors de la venue de Freud
en 1909.
D'un esprit ouvert et audacieux,
Hall était entré en contact dès 1895 avec les travaux de Freud (sur l'hystérie) et
avait suivi l'évolution de sa pensée au fil des ans. Dans ses propres travaux, il se
montrait plutôt favorable à la psychanalyse et, en invitant Freud en Amérique, il
cherchait à faire connaître cette jeune discipline.

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