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Paul Schilder
Portraits de
la psychanalyse américaine
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La psychanalyse
-- Les grands personnages -- de la psychanalyse
américaine
orsque
Freud s'est exprimé à propos des Américains, c'était
généralement pour dire sa grande méfiance quant à ce qu'ils
pourraient faire de la psychanalyse. Certains exégètes freudiens ont
apporté des nuances à ces affirmations de Freud en faisant aussi
valoir la fascination qu'il avait pour l'Amérique. Quoiqu'il en soit,
la psychanalyse s'est essentiellement développée aux États-Unis
grâce à l'afflux des immigrants européens fuyant la montée du
nazisme et l'approche de la deuxième guerre mondiale. Ces immigrants,
parmi lesquels se trouvaient certains des psychanalystes les plus
brillants de leur époque, ont entraîné un déplacement du centre de
gravité du monde psychanalytique du vieux continent vers la riche et
puissante Amérique. Si aujourd'hui la psychanalyse américaine semble
avoir perdu du terrain au profit de la pharmacologie et des sciences
cognitives, c'est après avoir connu une période de gloire comme on
en a rarement vu.
Paul Schilder
iennois d'origine, Paul Ferdinand Schilder (1886-1940)
fut l'un des grands inspirateurs des courants de la psychanalyse moderne qui mettent
l'accent sur le self et qui tentent d'introduire le concept d'image du corps qu'il a
élaboré. Passionné de neurologie autant que de psychiatrie, époux de Lauretta
Bender,
Schilder a produit une oeuvre qui reste souvent à mi-chemin entre ces deux domaines et
qui, malgré l'intérêt qu'elle suscite, sera l'objet de nombreuses critiques.
Schilder avait déjà amorcé une brillante carrière
de chercheur lorsque Freud l'invita à se joindre à son
groupe. Il fut toutefois assez mal accepté au sein de la Société viennoise et s'attira
les foudres de plusieurs des collègues de Freud. Aussi, lorsque vers la fin de années
vingt il fut invité par Adolf Meyer à venir
s'installer aux États-Unis, il accepta le poste offert et déménagea à New-York. C'est là qu'il élabora sa pensée concernant
l'image du corps, un concept se situant en marge de la psychanalyse, plus près de la
psychologie.
Schilder refusa toujours de se soumettre à une analyse
personnelle et lorsqu'il fit l'objet d'une contestation par les jeunes analystes
new-yorkais concernant ce point, il sollicita l'appuie de Freud qui le lui refusa. Il
démissionna alors pour fonder son propre mouvement. Il mourut en 1940 dans un accident de
la circulation.

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