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Otto Gross
Les principaux
dissidents
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La psychanalyse
-- Les grands personnages -- Les dissidents
'histoire de la psychanalyse est parsemée de débats concernant la théorie
et la pratique clinique. Plus souvent qu'autrement, ces querelles sont aussi des guerres
de pouvoir et des rivalités personnelles. C'est là probablement le lot de bien des
mouvements semblables où foisonnent les personnalités fortes et les idées originales.
Dans son ensemble, le mouvement analytique a pu assez bien composer avec la diversité.
Toutefois, certains individus ont élaboré des points de vue théoriques ou cliniques à
tel point éloignés des conceptions centrales de la psychanalyse freudienne qu'ils ont
senti le besoin de rompre avec le mouvement ou en ont été exclus. Nous abordons ici
surtout les
dissidents qui ont côtoyé Freud, ceux qui l'ont amené à créer le comité secret voué à la sauvegarde de la psychanalyse.
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Otto Gross
tto Gross (1877-1920) est une figure méconnue de la
dissidence freudienne. Lui-même se désignait comme un disciple de Freud et
se percevait comme appartenant à la gauche freudienne, alors que Freud le
considérait comme "perdu" pour la cause. Son histoire est
tragique.
La vie de Otto Gross est
parsemée de rencontres avec des grands hommes et de manifestations graves
de maladie mentale. Originaire d'Autriche, Otto Gross est le fils de l'un
des fondateurs de la criminologie. Son père qui manifestait un
autoritarisme radical le poussa vers la carrière psychiatrique. Jeune homme
brillant, esprit doué d'originalité, Otto Gross était aussi un grand
toxicomane.
Entre deux cures de
désintoxication, ce jeune homme brillant mais tourmenté trouve la force de
se marier, être nommé Privatdozent et devenir l'assistant du grand
Kraepelin à Munich. C'est alors qu'il découvre l'oeuvre de Freud et
décide de s'orienter vers cette jeune science à laquelle il mêlera ses
convictions philosophiques pour prôner une liberté sexuelle frôlant la
débauche.
Mêlé à de sombres
histoires de suicide, Otto Gross a éprouvé par période des ennuis avec la
justice. Vers 1907 il est interné au Burghölzli sous les soins de Jung
qui entreprend une analyse dont il discute régulièrement avec Freud dans
leur correspondance. La démarche échoue lamentablement, Gross prend la
fuite et s'adresse à Stekel qui le prend en
traitement sans obtenir un plus grand succès.
Otto Gross continua pendant
encore quelques années à pratiquer la psychanalyse selon ses conceptions
personnelles. Mêlé à nouveau à une histoire de suicide et en raison de
ses idées gauchistes, Otto Gross fut poursuivi par la police et termina sa
vie errant. Il mourut gelé, complètement abandonné sur un trottoir de
Berlin.
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