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Ronald David
Laing
Les principaux
dissidents
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La psychanalyse
-- Les grands personnages -- Les dissidents
'histoire de la psychanalyse est parsemée de débats concernant la théorie
et la pratique clinique. Plus souvent qu'autrement, ces querelles sont aussi des guerres
de pouvoir et des rivalités personnelles. C'est là probablement le lot de bien des
mouvements semblables où foisonnent les personnalités fortes et les idées originales.
Dans son ensemble, le mouvement analytique a pu assez bien composer avec la diversité.
Toutefois, certains individus ont élaboré des points de vue théoriques ou cliniques à
tel point éloignés des conceptions centrales de la psychanalyse freudienne qu'ils ont
senti le besoin de rompre avec le mouvement ou en ont été exclus. Nous abordons ici
surtout les
dissidents qui ont côtoyé Freud, ceux qui l'ont amené à créer le comité secret voué à la sauvegarde de la psychanalyse.
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Ronald David Laing
onald David Laing a été l'un des plus importants apôtres du mouvement connu sous
l'appellation partiellement fausse de "antipsychiatrie", une dénomination qu'il contestait lui-même puisque sa démarche ne visait pas l'abolition de la pratique psychiatrique mais un changement radical dans la conception de la maladie mentale et dans la pratique clinique.
Né à Glasgow le 7 octobre 1927, Ronald D. Laing fit de brillantes études en médecine avant de se spécialiser en psychiatrie. Il entreprit sa carrière comme psychiatre au sein des forces armées britanniques. Revenu à la vie civile, il travailla d'abord à Glasgow puis se joignit à la formidable équipe de la Tavistock Clinic de Londres. Il entra en analyse chez Charles Rycroft, s'intéressa aux travaux de Winnicott qu'il
côtoyait, et se joignit, au sein de la Société britannique de psychanalyse au "middle group".
Esprit contestataire, révolté et résolument anticonformiste, Ronald D. Laing se passionnait au cours des années 1950-1970 pour la pensée de Marx et pour la critique sociale. Cette réflexion l'amena à fonder avec Cooper et Easterson le mouvement antipsychiatrique qui se fondait sur une contestation radicale de la pratique psychiatrique, de l'institution et de la notion même de maladie. Immigré aux États-Unis, Laing participa à la création de la Philadelphia Association and Mental Health Charity qui mit sur pied diverses ressources dont Kingsley Hall est assurément la plus connue.
Idéaliste, Laing était un homme de contradictions et de désenchantements. Profondément déçu des échecs des mouvements révolutionnaires de la fin des années soixante, Laing s'est graduellement retiré, abandonnant non seulement la psychanalyse dont il s'était déjà considérablement éloigné, mais aussi l'antipsychiatrie dont il était un grand prêtre. Il se tourna alors vers la pensée orientale et les théories de la réincarnation.
Laing a connu une triste fin de vie, payant le prix fort d'avoir plongé sans protection dans l'univers de la folie. Dans son écrit autobiographique de 1985 (Sagesse, déraison et folie. La fabrication d'un psychiatre), Laing avoue son échec et remet en question l'ensemble de son oeuvre. Les beaux principes n'avaient pas permis de traiter la folie de ses patients schizophrènes ni d'ailleurs de changer la société.
Ronald David Laing est décédé le 23 août 1989 à l'âge de soixante et un ans à Saint-Tropez dans le sud de la France.
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