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Françoise Dolto
Portraits de
la psychanalyse française
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La psychanalyse
-- Les grands personnages -- de la psychanalyse
française
a
psychanalyse française se démarque de l'ensemble du monde
psychanalytique par certains traits particuliers. En effet, nulle part
ailleurs l'étude et l'exégèse de l'oeuvre de Freud n'occupent
autant de place. C'est un peu paradoxal pour ce pays où, à ses
débuts, la "science allemande" de Freud était mise en
opposition à la "science française" d'auteurs comme Janet.
C'est peut-être l'apport le plus généralement admis de Jacques
Lacan que d'avoir initié ce "retour à Freud", incitant
tant ses disciples que ses contradicteurs à parcourir les textes
freudiens avec rigueur et érudition. La véritable passion vouée à
la métapsychologie et à certains textes qui, ailleurs sont
considérés comme mineurs ou même fantaisistes, ne manque pas de
surprendre les analystes qui n'ont pas baigné dans cette culture
psychanalytique si riche.
Les
auteurs dont il est ici question sont le fruit d'un choix qui a
parfois ses aspects aléatoires. Les liens personnels, la
disponibilité du matériel, les affinités ou même le hasard
expliquent que certains noms figurent actuellement sur ce site alors
que d'autres en sont absents. Le lecteur ne doit pas y voir un
jugement de valeur ou une quelconque machination institutionnelle.
Françoise Dolto
rançoise Marette Dolto (1908-1988) a été
l'une des plus grandes têtes d'affiche de la psychanalyse française, dans le sillage de
Jacques Lacan. Originaire de la grande bourgeoisie
parisienne, elle a reçu une éducation stricte, imprégnée d'un catholicisme rigoureux.
Elle sera fortement marquée par le décès de sa sur aînée au début de
l'adolescence et par les drames de la première guerre mondiale. Dès son jeune âge, elle
décide de devenir médecin d'éducation.
S'opposant aux exigences de son milieu,
Françoise Dolto entreprend des études pour devenir infirmière puis bifurque vers la
médecine. Sur le conseil de Marc Schlumberger, elle
s'intéresse à l'oeuvre de Freud et débute une analyse avec René Laforgue qui durera trois ans et fera d'elle une
chrétienne convaincue, selon ses propres dires, ce qui n'est pas banal. En fait, Dolto
s'insérera fort bien dans le petit groupe des analysés de Laforgue dont elle partagera
souvent les prises de position.
Rapidement, Françoise Dolto s'oriente vers la
pratique auprès des enfants. Elle participera aux séminaires de Spitz,
Nacht et
Loewenstein et fera ses contrôles auprès de
Hartmann, Garma et
Loewenstein. Elle partagera dès lors son temps entre son
travail en milieu hospitalier, sa pratique privée et son enseignement. Elle s'illustrera
par sa tendance à accorder au langage une importance primordiale et développera peu à
peu une technique très personnelle axée sur les mots et faisant place à une grande
liberté.
Lors de la rupture de 1953 à la Société Psychanalytique de Paris, Françoise Dolto sera du
camps de Lagache et Lacan
et participera à l'aventure de la Société Française de Psychanalyse. Il
s'avérera toutefois par la suite que la reconnaissance du groupe par les instances
internationales se heurtera non seulement aux pratiques de Lacan mais aussi à la
présence de Dolto dans le groupe des didacticiens. Elle suivra donc Lacan en 1964 dans la
création de l'École Freudienne de Paris.

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