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Joyce McDougall
Portraits de
la psychanalyse française
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La psychanalyse
-- Les grands personnages -- de la psychanalyse
française
a
psychanalyse française se démarque de l'ensemble du monde
psychanalytique par certains traits particuliers. En effet, nulle part
ailleurs l'étude et l'exégèse de l'oeuvre de Freud n'occupent
autant de place. C'est un peu paradoxal pour ce pays où, à ses
débuts, la "science allemande" de Freud était mise en
opposition à la "science française" d'auteurs comme Janet.
C'est peut-être l'apport le plus généralement admis de Jacques
Lacan que d'avoir initié ce "retour à Freud", incitant
tant ses disciples que ses contradicteurs à parcourir les textes
freudiens avec rigueur et érudition. La véritable passion vouée à
la métapsychologie et à certains textes qui, ailleurs sont
considérés comme mineurs ou même fantaisistes, ne manque pas de
surprendre les analystes qui n'ont pas baigné dans cette culture
psychanalytique si riche.
Les
auteurs dont il est ici question sont le fruit d'un choix qui a
parfois ses aspects aléatoires. Les liens personnels, la
disponibilité du matériel, les affinités ou même le hasard
expliquent que certains noms figurent actuellement sur ce site alors
que d'autres en sont absents. Le lecteur ne doit pas y voir un
jugement de valeur ou une quelconque machination institutionnelle.
Joyce McDougall
oyce McDougall a élaboré une uvre qui se
situe au confluent des pensées britannique et française. Cette néo-zélandaise
d'origine a d'abord fait une partie de sa formation en Angleterre à la Hampstead Clinic auprès d'Anna Freud avant de s'établir en France où elle est
devenue une des grandes figures de la psychanalyse française. Analysée sur le divan de
Schlumberger, contrôlée par Bouvet et Bénassy puis par
René Diatkine (pour les adolescents), Joyce McDougall
est membre de la Société Psychanalytique de Paris au
sein de laquelle elle a occupé diverses fonctions. Elle est généralement associée à
l'aile la plus libérale de la SPP.
Son
uvre fait certains emprunts à la pensée kleinienne
et néo-kleinienne, tout en conservant une vision
très personnelle incluant des influences venant de Winnicott,
Bion et Lacan dont elle
a un temps suivi les enseignements. Au fil de ses travaux se dégage une conception du
psychisme axée sur les relations objectales où se retrouve une vision du monde interne
représenté comme une scène de théâtre. Elle y décrit le drame dipien et aussi
celui de Narcisse. Elle s'est également penchée sur la problématique psychosomatique
où elle distingue nettement l'hystérie névrotique (construite par la parole) de ce
qu'elle nomme l'hystérie archaïque (avant la parole, encodée dans la mémoire du corps
et dont les signifiants sont préverbaux).
Peu portée vers la réflexion métapsychologique
poussée, elle se verra parfois suspectée de manquer de rigueur. Son souci de rendre ses
livres compréhensibles à tous lui a fait adopter une langue simple et claire et une
démarche où, plus que la théorie pure, les vignettes cliniques, plus vivantes, lui
semblent davantage aptes à transmettre les concepts.
Elle a d'abord publié Dialogues
avec Sammy (1960), un cas présenté dans un séminaire de Serge Lebovici, Plaidoyer pour une certaine
anormalité (1978), Théâtres du Je (1982), Théâtres du corps (1989)
et Éros aux mille visages: la sexualité en quête de solutions (1996).
***Une excellente photographie
de ce psychanalyste est disponible sur le site de la photographe
Melanie Gribinski.

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