|
|
Bertha Pappenheim (Anna O. )
Les personnages en
marge de la psychanalyse
|
La psychanalyse
-- Les grands personnages -- En marge
a
psychanalyse a profondément marqué la culture du vingtième siècle.
Peu de domaines de l'activité humaine ont pu rester insensibles aux
découvertes de Freud, soit pour en intégrer des éléments, soit
pour se définir en opposition à elles. De la même façon, la
psychanalyse a été fécondée dès ses origines par tout un ensemble
de données provenant de champs tant connexes qu'éloignés de sa
pratique. J'ai tenté de dégager le rôle de certains auteurs qui
m'ont semblé avoir marqué la pensée de Freud et de ses successeurs
de même que ceux qui ont élaboré des oeuvres qui tirent une part de
leur pensée dans la théorie freudienne sans pouvoir être définis
en tant que psychanalystes.
Bertha Pappenheim (Anna O. )
ertha Pappenheim (1859-1936) peut
revendiquer la célébrité à double titre. Sous son nom propre, elle s'est valu une
certaine renommée par ses actions militantes et son implication communautaire. Par
exemple, elle dirigera un orphelinat à Francfort, militera dans des mouvements
féministes, fondera la Ligue des Femmes Juives, effectuera une vaste enquête sur
la prostitution dans les Balkans, la Russie et le Proche-Orient, publiera des études
sociologiques et des nouvelles et s'affirmera comme une figure marquante des luttes
sociales du début du siècle, au point où la République Fédérale d'Allemagne émettra
un timbre à son effigie en 1954.
Bertha Pappenheim est toutefois bien plus
célèbre dans nos milieux lorsque nous l'évoquons sous son pseudonyme de Anna O., la
célèbre patiente souvent considérée comme étant à la source de la pensée analytique
puisqu'elle est le premier cas exposé dans les études sur l'hystérie. En fait,
cette patiente, que connaissait la fiancée de Freud, a été suivie par Josef Breuer durant une période de deux ans au début des
années 1880. Elle présentait une condition hystérique grave marquée par une forte
symptomatologie qui s'est déclarée en relation à la maladie puis au décès de son
père.
Breuer avait été impressionné de constater que
les symptômes disparaissaient lorsque cette jeune et brillante patiente arrivait à
retrouver le souvenir des circonstances de leur apparition. La patiente n'en allait
toutefois pas nécessairement mieux. Elle dut être internée par période, reçut des
doses importantes de morphine et consulta aussi Krafft-Ebing.
Le traitement fut dans le fond plutôt un échec et s'interrompit lorsque Breuer se
retrouva face à un violent transfert amoureux dont il ne sut que faire.
L'importance du cas vient du fait
que Breuer racontait régulièrement les particularités de cette thérapie à son jeune
collègue et ami Sigmund Freud qui y puisera plusieurs notions qu'il développera par la
suite et qui constitueront le cur de la pensée psychanalytique freudienne. Nous
savons que Freud a même tenté sans succès d'intéresser Charcot
à ce cas lors de son séjour en France. Curieusement, c'est Freud, qui ne vit jamais la
patiente en consultation, qui osera en tirer les conclusions les plus riches concernant
les racines sexuelles des symptômes et l'importance de la remémoration d'événements
maintenus hors du champs de la conscience.
Carte du site |