|
|
Le
projet d'Antigone
Parcours vers
la mort d'une fille d'Oedipe
sous la
direction de Louise Grenier et Suzanne Tremblay
|
La psychanalyse
-- Le bouquineur
Grenier, L. et Tremblay,
S. (2005) Le projet d'Antigone. Parcours vers la mort d'une fille
d'Oedipe.
Montréal, Liber. 169 pages.
Couverture et endos du livre:
Vaut-il la peine de mourir pour une cause? Vaut-il la peine de mourir pour défendre son désir? Ce recueil interroge l'énigme suscité par cette figure de l'extrême au féminin qui met la mort au service d'un idéal absolu. Antigone, fille d'Oedipe, veut donner une sépulture à son frère Polynice malgré l'interdiction du roi Créon. Il faut enterrer le cadavre, accomplir les rites funéraires, quitte à en mourir. Jamais elle ne renonce à son projet. Rien ne la détourne de ce qu'elle considère comme un devoir sacré. Est-elle folle? Est-elle monstrueuse? Est-elle sublime? Héroïne tragique par excellence, elle incarne dans l'imaginaire occidental la part exclue de la communauté, celle «qui ne cède pas sur son désir» (Lacan).
Depuis l'Antiquité, la pièce de Sophocle ne cesse de fasciner et d'interroger mythologues et philosophes, anthropologues et historiens, dramaturges et poètes, psychologues et psychanalystes. D'aristote à Kant, de Kierkegaard à Hegel, de Freud à Lacan, Antigone a été considérée non seulement comme la plus grande des tragédies grecques, mais aussi comme l'une des oeuvres les plus achevées que l'esprit humain ait jamais produites. Ce recueil s'inscrit dans le sillage de ces lectures plurielles. Provenant de divers champs théoriques et pratiques, les collaborateurs qu'il réunit s'interrogent à leur tour sur la figure complexe de l'héroïne tragique. À travers eux, le lecteur pourra sans doute rencontrer sa propre Antigone.
Commentaire:
Il arrive assez fréquemment
que des livres regroupant des auteurs provenant de champs divers soient
plutôt décousus. Pas celui-ci toutefois. Cet état de fait tient pour une
part à la qualité des différents collaborateurs qui, tout en provenant de
domaines d'étude différents, partagent une même érudition. Mais c'est
peut-être le sujet du livre qui assure le mieux la cohésion des propos.
Que l'on soit historien, philosophe, sociologue, psychanalyste ou femme de
théâtre, la pièce de Sophocle est troublante et fascinante.
Cette pièce, qui tout en
ayant été écrite en premier clos la trilogie consacrée aux malheurs des
Labdacides qui comprend aussi Oedipe roi et Oedipe à Colone,
est probablement le moment le plus fort de l'oeuvre de Sophocle. Souvent
commentée (Aristote, Kant, Hegel, Kierkegaard...) cette oeuvre demeure
intrigante, on n'arrive pas à en épuiser le sens. D'ailleurs, les
collaborateurs au livre développent chacun une vision (et parfois même
plusieurs) de ce texte si riche. Il est très intéressant de pouvoir
comparer les lectures proposées et de chercher à adopter, le temps de la
lecture de chaque chapitre, le point de vue mis en évidence par l'auteur.
Ce livre intéressera
tout lecteur qui se questionne sur l'être humain, ses passions, son
devoir, sa folie. L'énigme du féminin est en filigrane de plusieurs des
textes proposés.

Retour au Coin du
bouquineur
Carte du site |