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États
d'âme de la psychanalyse.
Adresse
aux États Généraux de la Psychanalyse.
par Jacques
Derrida |
La psychanalyse
-- Le bouquineur
Jacques Derrida (2000).
États d'âme de la psychanalyse.
Adresse aux États Généraux de la Psychanalyse.
Paris, Galilée. 90 pages.
Couverture et endos du livre:
Faufilage ou filature, l'étrange expression «sans alibi» revient avec
insistance en plus d'un lieu de cette conférence prononcée devant les
États Généraux de la Psychanalyse en juillet 2000. Elle scande tout,
jusqu'à la conclusion: «On parle rarement d'alibi, d'ailleurs, sans
quelque présomption de crime. Ni de crime sans un soupçon de cruauté.»
Elle passe partout, depuis la définition de la psychanalyse : «Mais
"psychanalyse" serait le nom de ce qui, sans alibi théologique
ou autre, se tournerait vers ce que la cruauté psychique aurait de plus
propre. La psychanalyse, pour moi, si vous me permettez cette autre
confidence, ce serait l'autre nom du "sans alibi". L'aveu d'un
"sans alibi". Si c'était possible.»
... Et quant à
la crise, ce savoir serait le savoir de ce qui met la psychanalyse en
crise, certes, mais tout aussi bien, de ce que la révolution
psychanalytique met elle-même en crise. Les deux choses paraissent
d'ailleurs aussi indissociables que deux forces de résistance:
résistance à la psychanalyse, résistance auto-immunitaire de
la psychanalyse à son dehors comme à elle-même. C'est dans son pouvoir
de mettre en crise que la psychanalyse est menacée et entre donc dans sa
propre crise. ...
...Ce que j'ai cherché
à penser, sinon à connaître, tout au long de ce chemin, c'est la
possibilité d'un im-possible au-delà de la pulsion de mort,
au-delà de la pulsion de pouvoir, au-delà de la cruauté et de la
souveraineté, et un au-delà inconditionnel. Non pas souverain
mais inconditionnel.
Cet au-delà (au-delà
de l'au-delà du principe de plaisir, donc), serait-ce encore un alibi?
Le sans alibi,
le «nulle part ailleurs», est-ce encore possible? Une fois pour toutes
ou plus d'une fois?
Commentaire:
Jacques Derrida nous a quitté
récemment. Cet "ami de la psychanalyse", comme il aimait à se
définir, a contribué à sa façon très originale à enrichir la pensée
psychanalytique en jouant comme souvent le rôle d'empêcheur de penser en
rond. Lui qui fut le principal animateur des États généraux de la
philosophie, a contribué de façon remarquable aux États généraux
de la psychanalyse avec un texte présenté en ouverture de cette
rencontre qui marquera l'histoire. C'est ce texte qui est publiée ici
sous la forme d'un petit livre très dense.
Dans cette Adresse aux
États Généraux de la Psychanalyse, Jacques Derrida développe un
certain nombre d'idées parmi lesquels les notions de «crise», de «sans
alibi» et de «cruauté» jouent un rôle central. Pour Derrida, la
propre de la psychanalyse est de rendre compte, de chercher à penser la
cruauté psychique sans recourir à des dieux ou des démons, sans se
réfugier derrière des alibis, en resituant la cruauté au coeur même de
l'humain.
On lira aussi avec
intérêt le livre de René Major "La
Démocratie en Cruauté" qui développe certaines des idées
esquissées par Derrida.
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