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Du bon usage de la haine et du pardon
par Gabrielle
Rubin |
La psychanalyse
-- Le bouquineur
Gabrielle Rubin (2007). Du bon usage de la haine et du pardon.
Paris, Payot. 240 pages.
Couverture et endos du livre:
Parfois, il faut savoir haïr, ne pas toujours tout pardonner. Simplement pour ne plus souffrir à la place des autres !
Gabrielle Rubin le rappelle avec force : rester passif, ne pas se révolter, c’est demeurer une victime ; or, le plus souvent, les bourreaux se portent bien, tandis que ce sont les innocents qui dorment mal, s’angoissent et prennent sur eux la culpabilité que devraient plutôt ressentir leurs agresseurs. Les choses se compliquent encore lorsque la souffrance a été involontairement causée par un proche, une personne aimée.
Dès lors, comment se débarrasser de la rancoeur ? Et à qui pardonner ?
Commentaire:
La haine a
traditionnellement mauvaise presse. Comment la défendre? Même dans les
milieux analytiques pourtant habitués à voir les choses sous un autre
jour, la haine est souvent repoussée du côté de la pulsion de mort et
certains auteurs (et pas les moins respectables) donnent même
l'impression que le but de l'analyse est de la combattre. Klein, par
exemple, donne parfois l'impression de mettre tout ensemble haine, pulsion
de mort et mauvais objet.
C'est une toute autre
route qui suit Gabrielle Rubin dans ce livre tout récent et qui s'adresse
au grand nombre puisque tout en avançant des idées parfois complexe,
l'auteur parvient à le faire avec une économie de mots techniques. Pas
de savantes discussions sur la pulsion de mort ou d'exposés
métapsychologiques. Gabrielle Rubin cherche visiblement à rejoindre ces
gens qui s'empoisonnent la vie avec des haines qu'ils n'osent s'avouer.
L'auteur porte d'ailleurs une attention toute particulière à la
nécessaire haine de ceux qui nous ont blessés, même lorsque c'était
malgré eux, par ignorance ou incapacité de faire mieux. Ces haines qui
se muent en culpabilité viennent paralyser des vies entières de victimes
qui n'arrivent pas à en vouloir à leurs bourreaux.
Évidemment, l'auteur ne
prône pas le passage à l'acte haineux mais la nécessité d'assumer sa
haine avant de pouvoir peut-être penser pardonner à ceux qui nous ont
fait souffrir. Il en va d'une reprise en main de leur vie, de leur
identité et de leur propre dynamique psychique.
Le livre de Gabrielle
Rubin pourra, nous l'espérons, aider bien des gens à se sortir du refus
trop radical de la haine.
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