Eliane
Pons
Résumé
A
partir des propos tenus par Lacan sur lui même, l'auteur propose un
autoportrait de l'homme qui s'est considéré comme le continuateur de
Freud. Les facettes de cet autoportrait le font apparaître comme ce qu'il a
été, à savoir un maître, mais aussi sous les traits de personnages qu'il
aurait aimé être, un poète, ou qu'il se serait efforcé d'être... une
femme ! Ce qu'il a dit de lui
confirme en grande partie les légendes tissées autour de sa personne.
L'auteur met les propos de ce psychanalyste en rapport avec les deux
diagnostics qu'il a posé à son sujet, le premier évoquant la psychose et
le second l'hystérie.
oilà
maintenant vingt cinq ans que Lacan est mort (13 avril 1901-9 septembre
1981). Les ouvrages et articles de vulgarisation ne manquent pas où la vie publique et privée du continuateur de
Freud ont été commentées par le menu. L'historienne E Roudinesco (1993)1
nous laisse entrevoir dans son analyse du parcours personnel et théorique
de Lacan un homme brillant, qui
aimait les femmes, les soirées mondaines où l'on danse et se déguise, la
vitesse, le modernisme, le changement. François Roustang (1986)2 a dit de lui qu'il ne pouvait "dans
sa façon de s'habiller et jusqu'aux formes que prenait son discours être
comparé à nul autre". Il est apparu comme un "chaman" voire un "martyr" aux yeux de Catherine
Clément (1981)3. Il a été un
"clown magnifique" pour L. Althusser (1981)4, un
"gourou" pour P. Guyomard (1989)5 un " pitre " selon F. Weyergans
(1973)6. On peut aussi le voir avec les yeux de ses filles Judith
(1991)7 et
Sybille (1994)8 ou bien à travers le regard de celui qui se dit avoir été
adopté par lui (G. Haddad 2002)9. Qu'a dit Lacan qui puisse accréditer ces
jugements, ces points de vue, ces légendes ? Nous disposons pour cela de la partie publiée de son œuvre,
notamment du Séminaire, où Lacan s'est mis en scène pendant vingt huit
ans, qui fut le lieu par excellence des constructions lacaniennes au titre
desquelles figure Lacan lui-même. Nous
savons que l'emploi du " je " ne suffit pas " a faire être
" 10 comme il dit et qu'il parle aussi bien de lui et de ses goûts
dans des énoncés indirects comme par exemple : "ce monstre de
l'accoutumance ce démon de l'habitude" 11. C'est donc les mécanismes
identificatoires qui concernent les formations du moi et qui impliquent le
narcissisme qui vont occuper le devant de la scène de cet autoportrait.
Lacan nous a légué une œuvre particulière que l'on peut considérer
aussi d'un point de vue littéraire. Littéraire parce qu'elle a, hormis les
formules, graphes et schémas
qui émaillent certains de ses textes, une structure de fiction. Littéraire
aussi car Lacan a fait appel aux poètes et romanciers pour élaborer sa théorie
: que l'on songe ici aux seuls Poe, Claudel, Shakespeare, Joyce. Les
quelques centaines d'écrivains, philosophes, essayistes, recensés par
Lecuru (1994) 12 dans son index des noms propres cités par Lacan,
l'inventaire que fait E. Roudinesco (2005) 13 dans son article " La
liste de Lacan, inventaire des choses disparues ", des noms d'auteurs
des quelques centaines de milliers d'ouvrages des six bibliothèques que
Lacan possédait dans ses différents lieux de travail nous donnent une idée
de l'ampleur de sa culture. A
eux seuls, ces chiffres montrent
l'importance de sa pulsion épistémophilique, son goût pour la possession
et le fait de collectionner. Sa passion du livre était manifeste : Lacan
exhortait ses élèves à lire plus qu'à suivre son Séminaire. Il lui
arrivait de gémir lorsqu'il n'avait pas le livre désiré en temps voulu.
Dans son Séminaire " Le désir et son interprétation "
(1958-1958) il dit qu'un ami lui a procuré le livre de Jones après lequel
il "gémissait dans son perfectionnisme" 14 Il leur faisait subir un sort tout à fait spécial : il les
triturait par le menu, en extrayait le suc pour en nourrir son Séminaire ou
ses textes. Il se décrit ainsi face au bouquin de Litton Strakey sur la
reine Victoria paru sous la forme d'un Pinguin book : " pour en faire
quelque chose qui entre dans mon discours, il faudrait que je le triture,
que je l'essore, que j'en sorte un jus, et je n'en ai pas le temps " 15. Lacan était très ambivalent par rapport à ses propres textes. Il ne
se retournait jamais sur ce qu'il avait proféré " sans tremblement
" 16. Il avait peur de se relire mais il adorait être lu. Ainsi aux
journées d'études organisées par son École en 1975 il se dit "
heureux comme un poisson dans l'eau " parce que " tout le monde
disait des choses qui prouvaient qu'on l'avait lu " 17. Ce qui le
ravissait, c'était de constater qu'il existait bien en tant que texte pour
ses disciples.
Littéraire son œuvre l'est aussi par sa forme, notamment par l'emploi
qu'il a fait de la rhétorique
et cela dans les trois acceptations qu'en donne le Petit Robert ; comme art
de bien parler, comme moyen d'expression et de persuasion, comme éloquence
déclamatoire. Au point que, dans sa " Première lettre adressée par
Jacques Alain Miller à l'opinion éclairée"
datée du 3 septembre 2001, 18, le gendre de Lacan s'est indigné que le nom de Lacan n'ai pas été cité dans la somme que
constitue " L' Histoire de la rhétorique dans l'Europe moderne "
dirigé par Marc Fumaroli et parue aux PUF en 1999. Mais sa prose, qui se
donne pour objet de décrire l'expérience analytique, diffère sur un point
essentiel par rapport à tous les poèmes, romans, ou fictions jusque là
publiés car elle est, comme celle de Freud, contrainte par un objectif :
celui de rendre le lecteur sensible à l'inconscient. L'inconscient et le
langage ont des structures affines : de ce point de vue, il y a un inconscient du texte, cela vaut aussi pour les textes de
Lacan. Lacan lui-même nous a fait part d'un lapsus orthographique dans
" Encore " : il a écrit à une femme "tu ne sauras jamais
combien je t'ai aimé-é au lieu de ée-" 19. Mais il est hors de
question d'espérer lire dans ses texte un quelconque message codé. Il est
par contre possible de relever les signifiants qui insistent et de repérer
les réseaux dans lesquels ils s'insèrent.
Lacan nous a fait part de ce qu'il a été, un maître adulé par certains, contesté par d'autres, mais aussi et
surtout un lecteur : " Je
suis celui qui a lu Freud " a-t-il déclaré en 1966 à Pierre Daix 20
qui l'interviewait pour Les Lettres Françaises. On ne peut qu'être
sensible à l'accent messianique du " Je suis celui " qui fait
allusion à la figure du Christ. Cette allusion s'est précisée au cours de
son séminaire " le Sinthome " où il se reconnaît artiste au même
titre que Joyce. Ainsi a t-il dit parlant de lui à la séance du 9 décembre
1976 : " Je pars de ma condition qui est celle d'apporter à l'homme ce
que l'Écriture énonce comme non pas une aide à lui mais une aide contre
lui. De cette condition j'essaye de me repérer" 21.De même il déclarait
à la séance du 13 janvier de cette même année que " C'est pas Dieu
qui a commis ce truc qu'on appelle l'univers. On impute à Dieu ce qui est
l'affaire de l'artiste... ". Il a déclaré plus ouvertement ce qu'il
aurait aimé être : un poète, du texte, une femme.
Un
maître :
Lacan
s'est reconnu dans la figure du maître : "... lisez Salomon, c'est le
maître des maîtres, c'est le senti-maître un type dans mon genre "
22 . Salomon, le fils et successeur de David, célèbre pour sa sagesse et
pour avoir amené la puissance d'Israël à son apogée ! Songeons ici à son
fameux " Je fonde " par lequel il établit le 21 juin 1964 l'École
Française de Psychanalyse. Deux signifiants sont mis en évidence : le "je fonde" - "Je fonde aussi seul que je l'ai toujours été dans ma relation
à la cause psychanalytique - l'École Française de Psychanalyse" 23 et
le "Je pose" qui inaugure le fonctionnement interne de l'École.
Placés en début de l'article pour l'un, en début de phrase pour l'autre,
ces deux verbes dénotent l'aspect solennel que Lacan veut conférer à cet
acte. Lacan a été un maître qui ne ménageait guère son public. Voici comment il lui arrive de traiter un de ses auditeurs qui lui
avait rendu visite après une séance de son séminaire : "Il y a un
type qui est venu me voir à la suite de ça, un de mes élèves, quelqu'un
qui avait suivi le séminaire sur l'angoisse... je l'ai enguelé; je l'ai même
foutu dehors avec des mots injurieux... Vous voyez comment sont les choses.
Les choses sont faites de drôleries" 24. Lacan est un maître qui use
et abuse de l'ironie. Il ricane à l'instar de Joyce lorsqu'il parle de son
héros Stephen ; il " jaspine " 25 selon sa propre expression. Il
aime railler, " persifler " 26 au propre comme au figuré "je
crois qu'il faut parfois faire le compte de l'ironie dans ce que je
dis" dit-il à un psychanalyste belge (monsieur Jorion) qui lui posait
une question 27 . Il prend par exemple une voix de fausset pour répondre à
une étudiante, et use, comme il sait le faire, de sa voix aiguë pour dire
à l'assemblée des étudiants réunie à Vincennes "qu'il est libéral
comme tout le monde" 28.
Lacan
avouait ne " pouvoir dialoguer qu'avec quelqu'un qu'il avait fabriqué à le comprendre au niveau où il parle "
29. Est-ce
à dire, dans un certain sens, avec quelqu'un qu'il aurait fabriqué à son
image ? L'image qu'il donnait à voir en tous cas n'évoquait pas toujours
la gentillesse (cf. ses diatribes avec les analystes anglo-saxons)malgré que
Lacan se soit prétendu "gentil" : "J'ai gentiment (gentil
comme je le suis toujours)..." 30. Gentils, ses élèves le sont aussi,
par antiphrase, comme le laisse penser cette appréciation faite dans "
Interview à la Radio Télévision Belge " (1966) "Mes élèves sont bien gentils, ils en rient sous cape...
J'engendre des esprits bienveillants (hum)" 31. Voici une série de
conseils qu'il donne à ses élèves sur la façon dont ils doivent se
comporter en tant qu'analystes : "Il n'y a pas un seul discours où le
semblant ne mène le jeu. Alors soyez plus détendus, plus naturels, quand
vous recevez quelqu'un qui vient vous demander une analyse. Ne vous sentez
pas si obligés de vous pousser au col. Même comme bouffons vous êtes
justifiés d'être. Vous n'avez qu'a regarder ma télévision. Je suis un
clown. Prenez exemple là dessus et ne m'imitez pas ! Le sérieux qui
m'anime c'est la série que vous constituez. Vous ne pouvez pas à la fois
en être et l'être" 32.
Il
s'étonnait toujours que son public soit si nombreux et le regrettait. Il
s'est exclamé à la Conférence de presse du 29 octobre 1974 donnée au
centre culturel français : "Ce qui m'étonne le plus, c'est d'en avoir encore
autant à mes côtés, parce que je ne peux pas dire que j'aie rien fait
pour les retenir. Je ne suis pas agrippé à leurs basques. Je ne redoute
pas du tout que les gens partent. Au contraire, ça me soulage quand ils
s'en vont"33. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'aime
pas que ses élèves le suivent envers et contre tout. Leur fidélité
l'ennuie mais il se contredit dans un autre texte ou il dit qu'il apprécie
le "soutien et la fidélité" d'un certain nombre de gens 34.
On
ne saurait s'étonner que le maître ne soit pas toujours déférent par
rapport au fondateur de la psychanalyse. La relation de Lacan à Freud a suffisamment été explorée par P. Julien
(1990)35, J. Nassif (2004) 36, E. Porge (2004)
37, Lecuru (1994) pour
que nous ne nous attardions pas sur le sujet. Nous mettrons seulement
l'accent sur un aspect révélateur de son attitude. Lacan ne cesse de faire
l'éloge de Freud - son retour en est déjà un - et certains passages de
ses textes sonnent indubitablement comme des chants d'amour, notamment
celui-ci : " Qui a interrogé aussi intrépidement que ce clinicien
attaché au terre à terre de la souffrance la vie sur son sens, et non pour dire qu'elle n'en a pas, façon
commode de s'en laver les mains, mais quelle n'en a qu'un, où le désir est
porté par la mort ? Homme de désir qu'il a suivi contre son gré dans les
chemins ou il se mire dans le sentir, le dominer et le savoir, mais dont il
a su dévoiler lui seul, comme un initié aux défunts mystères, le
signifiant sans pair : ce phallus dont le recevoir et le donner sont pour le
névrosé également impossible... " 38. Cela ne l'empêchait pas de le
mettre à l'épreuve, voire de lui jouer un mauvais tour en lui glissant
" une peau de banane sous le pied pour voir comment il s'en est débrouillé "39 à propos, par
exemple, de la théorisation qu'il fait au sujet du réel du symbolique et
de l'imaginaire. Ce retour à Freud peut apparaître comme le détour obligé
pour fonder une nouvelle approche qui soit au plus prés de l'objet dont
elle prétend rendre compte et servir de prétexte à un remaniement de la
théorie et de la pratique analytique. Bref, comme un exercice où l'élève
supplante le maître. Lacan le dit lui-même sans ambages dans son " Ouverture à la section clinique " en 1977 : " Si
j'ai parlé de retour à Freud c'est pour qu'on se convainque d'à quel
point c'est boiteux....L'inconscient n'est pas de Freud il faut bien que je
le dise il est de Lacan " 40.
Un poète :
Lacan
s'est en effet reconnu et présenté en 1956 sous la figure du poète
espagnol Gongora : " ..le Gongora de la psychanalyse, à ce qu'on dit
pour vous servir " 41. A ce nom propre a été attaché, par dérivation,
le sens de préciosité, de recherche au niveau du style, par extension,
l'expression d'un certain maniérisme, tous traits qui concernent Lacan.
En
tous cas ces deux strophes du sonnet "Hiatus irrationalis" écrit
en 1922 et réédité en 1977 dans le numéro 121 du Magazine littéraire, montre que son choix de Gongora de la psychanalyse est judicieux :
"Mais,
sitôt que tout verbe a péri dans ma gorge,
Choses,
que vous naissiez du sang ou de la forge,
Nature,-je
me perds au flux d'un élément : Celui qui couve en moi, le même vous soulève,
Formes,
que coule en vous la sueur ou la sève, C'est le feu qui me fait votre
immortel amant".
Mais
il a aussi récusé cette identité d'homme de lettres dans son
introduction, en 1968, au numéro un de la revue " Scilicet ".
Du
texte :
Plus
qu'a un poète, Lacan s'est identifié à du texte. Ainsi écrit -il dans la
préface de l'édition anglaise des " Quatre concepts fondamentaux de
la psychanalyse ": " Je
ne suis pas un poète mais un poème. Et qui s'écrit, malgré qu'il ait
l'air d'être sujet " 42. Car, en effet, comme il le dit au début de
son poème de 1922, la gorge, organe de la parole, se perd dans la nature
comme le sujet. Le texte reste. Erik Porge (2005) 43 interprète cette déclaration
en faisant remarquer que le poète est engendré par ses œuvres et que
" la poésie doit sa qualité à l'effacement du nom propre ".
Lacan partageait cette idée et prenait comme une punition le fait que l'on
parle de lui et non de ses textes : "
quand je m'oublie au point de p'oublier, c'est à dire de tout-blier- il y a
du tout là dedans - je mérite d'écoper que ce soit de moi dont on parle,
et pas du tout de mon livre " 44. Lacan n'était pas d'ailleurs "
spécialement fier " de son nom 45 . Le jeu de mots qu'il fait à
propos de son nom de famille à la
fin de la séance du 10 février 1976 de son Séminaire " Le sinthome
" porte la marque de la dérision : " Vous devez en avoir votre claque, et même votre jaclaque,
puisqu'aussi bien j'y ajouterai un han !qui sera l'expression de soulagement
que j'éprouve a avoir parcouru aujourd'hui ce chemin. Je réduis ainsi mon
nom propre au nom le plus commun " 46. L'homophonie fait entendre la
claque (le coup donné ou reçu mais aussi les applaudissements du public :
la claque). De même l'homonyme que Jacques Lacan se donne dans ce même séminaire,
ce " Jules Lacue " dont la prononciation en langue anglaise évoque
selon lui " la queue " témoigne bien du fait qu'il se moque de
lui-même. Lacan ironisait au sujet de son nom et désirait en même temps
qu'il passe à la postérité. En effet, Lacan a considéré que son nom,
rejeté de l'ordre symbolique par l'équipe dirigeante de l'Association
psychanalytique Internationale, ne pouvait que réapparaître dans le réel.
C'est pourquoi il lui est apparu " impossible " de retirer sa
signature dans la revue qu'il a
fondée, " Scilicet " et qui ne publiait que des textes anonymes.
Le réel de l'écriture a là pour fonction de faire que ce nom devienne une
trace ineffaçable où se lit le désir de persister.
Lacan
aurait-il aimé avoir un nom plus prestigieux ? Le fait qu'il associe sa tâche
à la tâche divine nous fait répondre oui, oui aussi lorsqu'il souhaite
que son nom s'efface derrière l'écriture. Car l'écriture apparaît comme
une manifestation de la puissance divine. En effet, certaines de ses
associations établissent un lien entre sa personne, Dieu et l'écriture. Dès
72-73 dans son Séminaire " Encore " Lacan a dit son désir
d'amener les gens " à la
première des lettres , celle à laquelle il se limite, le lettre A
-d'ailleurs la Bible ne commence qu'a la lettre B, elle a laissé la lettre
A pour que je m'en charge "47. Lorsqu' il dit à la page 97 de ce même
texte se ranger " du coté du baroque ", ce n'est pas pour faire
allusion au style artistique du même nom, mais à " la petite histoire
du Christ ". Sa passion pour les lettres nous ramène de l'écriture à
l'Écriture comme le laisse à penser cette déclaration quelques années
plus tard : " Que la lumière soit et la lumière fût il est
proprement incroyable que cela fasse d'abord son entrée dans l'Écriture
" 48. Être un texte c'est dans son imaginaire posséder un corps
immortel. A " l'être succède la lettre " comme il le dit dans
son interview à la Radio Télévision Belge le 14 décembre 1966 49. Comme
le corps, l'écriture est assimilée à du réel. Dans son Séminaire RSI
Lacan pose la question : " Le réel peut-il se supporter d'une écriture
? " Et répond : " Mais
oui et je dirai plus - de réel il n'est pas d'autre idée sensible que
celle que donne l'écriture, le trait écrit " 50 . Utiliser ses textes
c'est un peu comme donner une nouvelle extension à son corps. Lacan se réjouissait
par exemple que ses élèves puissent prolonger son dire.
Une
femme :
Un
an et demi avant sa mort il disait dans une séance en date du 11 mars 1980
: " Me voilà l'homme couvert de lettres... Ces lettres, je les ai
prises au sérieux. Je veux dire : je les ai prises une par une, comme il se
fait des femmes, et j'ai fait ma liste. Je suis venu à bout de ce tas
" 51. Est ce à dire qu'il
a embrassé toutes les lettres de l'alphabet ? On voit que dans cette
expression les lettres (qui forment une seconde peau) sont substituées aux
femmes. Lacan aimait il les femmes ? Si oui, c'est paradoxalement en tant
que femme. Car l'amour est pour lui une capacité dont seules les femmes
sont capables. Il n'est qu'a le lire dans " Une pratique de bavardage
". : " C'est quand un homme est femme qu'il aime... c'est au titre
d'homme qu'il désire... " 52. Que Lacan eut aimé être une femme ne
fait aucun doute. Il l'a dit en toutes lettres : " Comme, malgré que
je m'y efforce, c'est un fait que je ne suis pas femme, je ne sais pas ce
qu'il en est de ce qu'une femme connaît d'un homme " 53. Le trait
identificatoire le plus patent à une figure féminine est repérable dans
l'emploi qu'il fait de l'adjectif " égaré " et du substantif
" égarement ". Pour Lacan, les femmes sont des êtres égarés
qui " ...ne savent pas ce qu'elles disent... c'est toute la différence
entre elles et moi "54 .
Il dit par exemple dans un de ses séminaires "Les formations de
l'inconscient" : "qu'une vraie femme a toujours l'air égarée
" 55. Or c'est ce même mot qu'il emploie à son propos lorsqu'il
atteint la limite de son savoir et qu'il ne sait plus quoi articuler : ainsi
au Congrès de L'École Freudienne de Paris tenu à Rome en 1974 :
"Enfin je m'égare!" 56 Dans " L'Étourdit " (1973) il ne
se souvient plus bien qui, de Karen Horney et Helen Deutch, a dit quoi au
sujet de la féminité. Il constate "Mais je m'égare a revenir au
temps où ceci je l'ai mâché..." 57.
Lacan
leur reproche de ne pas dire en quoi consiste leur jouissance - cette
fameuse jouissance supplémentaire dont il les crédite - : " Nos collègues,
les dames analystes ne nous disent... pas tout ! C'est tout à fait
frappant, elles n'ont pas fait avancer d'un bout la question de la sexualité
féminine. Il doit bien y avoir à ça une raison interne liée à la
structure de l'appareil de jouissance " 58. Et quelques pages plus loin
: " depuis le temps qu'on les supplie, qu'on les supplie à genoux d'essayer de nous dire leur jouissance, eh bien motus" . Lacan
aurait aimé être comme les femmes, c'est-à-dire être " pas tout(e)
" dans la fonction
phallique, c'est-à-dire limité(e) dans sa jouissance . Il aurait pu ainsi
dire en quoi consiste cette jouissance supplémentaire, être le dépositaire
d'un savoir qui lui est resté caché.
Mais
surtout être une femme lui aurait permis " d'ex sister ",
entendez d'être plus proche de Dieu. Car Dieu, dont le principal prédicat
est l'être et à qui rien ne saurait manquer " est la femme rendue
toute " 59. Et selon Lacan la jouissance féminine
ménage une possibilité d'accès à l'être. C'est tout du moins ce que son
association entre femme et Dieu nous laisse supposer : " C'est en tant
que sa jouissance est radicalement Autre que la femme a davantage rapport
avec Dieu " 60. Être femme lui aurait permis, dans son imaginaire, de réaliser
son souhait d'être Autre de son vivant. C'est en ce sens que nous
comprenons ces mots prononcés quelques semaines avant sa mort : " S'il
arrive que je m'en aille, dites vous que c'est afin d'être Autre enfin
" 61.
Lacan
a aussi parlé de lui comme d'un personnage d'humeur changeante à la fois
gai et triste. Ses élèves en savent quelque chose : "Un jour que je
serai bien luné, je vous montrerai..." leur dit-il 62 Lorsqu'il est de
bonne humeur il le dit : "il y a là une tout petite chose, dont je
n'ai fait la découverte que tout à fait récemment et que je vous
communique comme ça parce que je suis de bonne humeur... "63.
La face gaie:
Lacan
s'est dépeint comme un personnage gai : il l'a dit à son allocution
prononcée au " Discours de clôture des Journées sur les psychoses
chez l'enfant " (1966) "Chacun sait que je suis gai, gamin même
on dit : je m'amuse. Il m'arrive sans cesse dans mes textes de me livrer à
des plaisanteries qui ne sont pas du goût des universitaires. C'est vrai,
je ne suis pas triste" 64 Il aime ce qui est drôle ou plutôt ce qu'il
trouve drôle; il dit souvent de ses propres constructions ou de celle des
autres : "vous verrez c'est amusant". Ce qui est
"amusant" est valorisé dans son discours et susceptible, à ce
titre, de retenir l'intérêt de ses élèves. Il s'amuse, se contorsionne même
: "Vous savez l'histoire folle, celle qui fait quant à moi le délire
de mon admiration? Je me mets en huit par terre quand je lis Saint Thomas.
Parce que c'est rudement bien foutu" 65. Se mettre en huit c'est, en
multipliant par deux le chiffre de la formule usuelle, accroître la
distorsion que l'on veut faire subir au corps. Cette expression valorisée
évoque l'image d'un clown. Lacan a d'ailleurs un "sac a malices" 66 duquel il retire
des bonnes surprises pour lui. Notamment des mots. M. Benabou, L. Cornaz, D.
de Liège, Y. Pelissier, 2002 ont relevé à ce propos quelques 789 néologismes
dans ses textes 67 .
Il
fait rire en poussant des rugissements contre ses boucs émissaires :
"... j'étais venu ici avec un discours fait de rugissements, alors je
tempère" 68. Il dit par exemple à propos de son enseignement, devant
un parterre de psychiatres : "j'intellectualise parait-il ouais... une
scène de ménage par exemple voilà un procédé d'intellectualisation qui
est bien connu (rires)" 69. Il se moque de ses contemporains, notamment
de ses confrères anglo-saxons, pour le plus grand plaisir d'une partie de
son auditoire. "Le contexte de bagarre" dans lequel "il
pousse tout ça" 70 plaît
à son public. Il draine les
foules. Lors de sa conférence de Presse le 29 Octobre au Centre Culturel
Français (1974) 71 il dit devant un parterre où se pressent les
journalistes :
"Il y a une espèce de curiosité
autour de moi. C'est loufoque mais c'est comme ça"
Me
X : "Mais c'est motivé cette loufoquerie?"
Lacan
: "Motivé par la mienne probablement; mais moi naturellement je ne
suis pas au courant" .
Conscient
d'être une star de la
psychanalyse, Lacan jouait volontiers le rôle que l'on attendait de lui :
celui de créer l'événement. Ainsi, pressenti pour aller parler à Nice,
il dit : " les organisateurs, ce qu'ils voulaient, c'était
l'attroupement. Et il y a toujours de l'attroupement pour regarder un phénomène.
Moi je n'allais pas leur dire - vous savez je ne suis pas un phénomène !
C'aurait été de la Verneinung " 72.
Ce "clown magnifique" selon
l'expression de L. Althusser, qui est aussi un " self-made man " se préoccupait de l'effet qu'il produisait au cours de ses "
one man show ". Lui qui aime ce qui est amusant constate qu'il amuse,
qu'il est même tourné en dérision, mais cela ne semble pas le gêner
outre mesure : "Je dis ça depuis longtemps et ça a fait rigoler"
73. François Roustang (1986) qui a suivi son enseignement dit que son Séminaire
était devenu un spectacle au fil des ans. Lacan aime être lu et être vu.
Le rendez-vous du mercredi n'introduisait pas le public à un rituel où
gestes et paroles étaient codifiés : Lacan allait, venait, tenait la
vedette, persiflait, discutait, attendait de son public qu'il s'anime et lui
pose des questions. Il aimait être en représentation. Il critiquait les théories
de la communication mais utilisait les médias : presse, radio, télévision.
Mais faire le pitre, amuser son entourage, n'est qu'une partie d'une
subjectivité qui se présente aussi sous le masque du clown triste.
La face triste :
Les
mots abondent pour dire sa plainte, sa fatigue, sa souffrance, son
accablement. Lacan se plaint qu'on ne sache pas lui poser de questions,
qu'on ne le comprenne pas 74. Mais
il dit aussi que ce qu'il dit n'est pas fait pour être compris mais pour
qu'on s'en serve. La préparation
de son séminaire lui cause du tracas "..on ne peut pas savoir à quel
point ça me tracasse ces histoires que j'ai appelées en leur temps
"ronds de ficelle" 75. Il dit éprouver du remords, être en proie
à des scrupules lorsqu'il ne lit pas tout ce qui a été publié sur le
sujet qu'il traite 76. Les réponses
aux questions qu'il pose concernant les noeuds et l'inconscient le font gémir
: "Je ne peux pas me plaindre de n'avoir pas de réponse, au sens où
le mot "réponse" veut dire foisonnement. Je ne peux pas m'en
plaindre, je dirai même plus - j'en gémis" 77. Il travaille beaucoup,
fait d'intenses efforts, "s'échine" même. Ce passionné de l'étude
donne souvent l'impression de "se tuer à la tâche" d'être un
bourreau de travail dont il serait aussi la victime. Il travaille dans des
conditions torturantes : la lettre qu'il écrit à Serge Leclaire le 10
novembre 1963 à Guitrancourt a des accents pathétiques : "J'y
poursuis un travail, depuis plus d'un an soutenu dans les conditions
torturantes qui sont maintenant le su de tous" 78. On peut se demander si, dans sa tâche de formateur, Lacan n'a pas vécu
une passion au sens où le Christ a vécu la sienne. Il ne connaît pas de
repos : "je me suis échiné pendant ces pseudo-vacances sur le
sophiste. Je dois être trop sophiste, probablement, pour que ça m'intéresse.
Il doit y avoir quelque chose à quoi je suis bouché" 79. Et encore :
" L'époque prétendument réservée aux vacances, je l'ai passée à
m'épuiser à essayer de mettre en fonction un autre type de nœud borroméen.
" 80. Lacan fait en tous cas un " effort pour se dépêtrer de ce
qui est fondamental pour la pensée " à savoir ce qu'il appelle "
l'imbécillité typique " 81.
A
la veille de sa mort il s'épuise encore au travail mais en se moquant
gentiment (?) de lui : les mathèmes lui coûtent des veilles, dit-il, mais
"il faut croire que ça m'amuse"82. Voilà à quoi aboutit le jeu
de mots sur "sa muse"...
Lacan se fait horreur. Il a dit à propos des journées d'études qui s'étaient tenues à Bordeaux
en 1968 : "La civilisation y rappelai-je en prémisse c'est l'égout.
Il faut dire sans doute que j'étais las de la poubelle à laquelle j'ai rivé
mon sort. On sait que je ne suis pas le seul à, pour partage, l'avouer.
L'avouer ou, prononcé à l'ancienne, l'avoir..." 83. La poubelle qui
rappelle l'ordure et le déchet, fut, pendant des années sa compagne
imaginaire. Ses publications ne sont pour lui que "poubellication".
Ce qu'il écrit le 11.X.1976 sur la page de garde du numéro spécial d'
" Ornicar ? " consacré à la scission de 1953 indique bien
l'horreur que lui inspire ce qu'il fait : "..tout ce qui est publié
ici, notamment de ma plume me fait horreur. Au point que j'ai cru l'avoir
oublié. Ne plus vouloir y penser n'est pas l'oubli hélas!" 84. Il
fait part de son malaise, de sa crainte d'avoir commis l'irréparable à son
public à la séance de clôture du congrès qui s'est tenu en 1976 à
propos de son enseignement en ces termes : "Ça m'est venu sur le tard,
cette espèce de poussée, comme ca, si tant est qu'elle existe. Mais enfin
ça n'en a pas moins l'effet que je ne peux plus me souffrir. Voilà. Je
voudrais bien limiter les dégâts que j'ai faits - malgré tout on n'est
pas un très grand nombre; dans les 800... - je voudrais bien limiter les dégâts
que j'ai faits en somme dans ce champ limité, ce petit bout de réel."
85. Il se dit accablé et se sentir responsable du bafouillage de ses élèves
86.
Lacan vu
par lui-même nous laisse entrevoir ce que fut son parcours. Un parcours où
il a tenu la vedette mais qui a mal fini. Pour Lacan, en effet, devenir
analyste est une façon de mal finir : "Un analysand qui veut à la fin
de son analyse devenir analyste c'est le signe que cela se termine mal"
87. Et encore : " Mon succès n'a aucune connotation de réussite à
mes yeux " 88.
Son
autoportrait est révélateur de son style. Celui de Lacan ne fut pas
comparable à celui de Freud malgré qu'il se soit identifié à lui, comme
en témoigne quelques traits, par exemple le fameux cigare tordu qu'il
fumait lors de ses conférences, ou qui apparaît sur certaines de ses
photos. Ce cigare peut être rapproché de ce qu'il dit de Freud ce
"quelqu'un d'un peu tordu" 89. On imagine en effet mal Freud
commenter " Hamlet " comme l'a fait Lacan dans son Séminaire
" Le désir et son interprétation " (1958), en disant : "Ce
texte, c'est à tomber à la renverse, à mordre le tapis, à se rouler par
terre, c'est inimaginable" 90. Lacan le reconnaît d'ailleurs
91.
Que
peut-on penser, après l'avoir entendu, des deux diagnostics qu'il a posé
dans l'année 1976 à son sujet ? Le premier évoque la psychose : "La
psychose est un essai de rigueur. En ce sens, je dirais que je suis
psychotique. Je suis psychotique pour la seule raison que j'ai toujours
essayé d'être rigoureux" 92. Ce diagnostic nous semble plutôt
participer d'une argumentation qui consiste à faire jouer la folie en sa
faveur. Si la folie, selon la définition qu'en donne S. Zizek (2004), se
caractérise de la manière dont un individu se rattache au " grand
Autre ", il est compréhensible que Lacan se soit considéré comme un
" psychotique " dans la mesure où, écrit Zizek : " il n'était
pas possible d'intégrer son discours dans le champ du grand Autre "93.
Le
second diagnostic pose l'existence d'une structure névrotique : "Puisque je suis sur la voie des
confidences, je vais quand même vous en dire un petit bout de plus : je
suis le seul névrosé à avoir compris qu'il n'y a d'ego que du névrosé"
94. Il précisera ce diagnostic l'année suivante, en 1977 dans son séminaire
" L'insu que sait de l'une-bevue s'aile à mourre " : "En fin
de compte je suis un hystérique parfait, c'est à dire sans symptômes"
95. Il y met aussitôt un bémol. Car il lui arrive de faire des erreurs de
genre. Comme par exemple, celle qu'il évoque quelques secondes auparavant,
où il s'entend dire dans un restaurant : " Mademoiselle en est réduit
à ne manger que des écrevisses à la nage ". Son goût pour la
raillerie et la dérision, la provocation, le spectacle, ses coups d'éclats,
mais aussi son insatisfaction et ses moments d'abattement confirment ce
dernier diagnostic. Le portrait que Lacan fait de lui corrobore les légendes
tissées autour de sa personne. Cela ne saurait nous faire oublier
l'importance de ce psychanalyste dans son siècle 96, ni le fait que le
Lacan de la conversation mondaine se double d'un Lacan du mathème que nous
n'avons pas fini d'explorer... comme le montre bien J.C. Milner (1994) dans
son ouvrage " L'œuvre claire " 97.
Notes bibliographiques
1
Roudinesco, E., 1993. Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système
de pensée. Paris : Fayard.
2
Roustang, F., 1986. Lacan, de l'équivoque à l'impasse. Paris : Ed de
Minuit.
3
Clément, C., 1981. Vies et légendes de Jacques Lacan. Paris : Grasset.
4
Dans " Vies et légendes de J. Lacan ", C. Clément rapporte une
partie de l'intervention que Louis Althusser fit à une séance de travail.
5 Guyomard, P., 1989. Lacan. Encyclopédie Universalis, 13, 400-403.
6
Weyergans, F., 1973. Le pitre. Paris : Gallimard.
7
Miller, J., 1991. Album Jacques Lacan : Visages de mon père. Paris : Seuil
8
Lacan, S., 1994. Un père. Paris : Gallimard.
9
Haddad, G., 2002. Le jour ou Lacan m'a adopté. Paris : Hachette.
10
Lacan, J., 1972_1973. Le Séminaire, Encore, Paris, Seuil, 1975, p 108.
11
Lacan, J., 1958-1959. Le désir et son interprétation. Ornicar ? 24, p. 29
.
12
Lecuru, D., 1994. Thésaurus Lacan, Vol.1. Citations d'auteurs et publications dans l'ensemble
de l'œuvre écrite. Paris, EPEL.
13
Roudinesco , E., 2005. La liste de Lacan, Inventaire de choses disparues, in
Lacan & la littérature, 181-196, Houilles, Ed Manucius.
14 Lacan, J., 1958-1959. Le désir et son interprétation. Ornicar ? 25,
p. 13.
15 Lacan, J. , 1975. Le Séminaire, RSI. Séance du 11 fev 75, Ornicar ? 1975, 4, 93-100, p 93.
16
Lacan, J., 1972-1973. Encore,
op.cit, p 30.
17
Lacan, J., 1975. RSI, séance du 15 avril 1975, Ornicar ?, 1975, 5, 47-56, p. 53.
18
Miller, J.A. , 2001 Première lettre adressée par Jacques Alain Miller à
l'opinion éclairée, Paris, Atelier de psychanalyse appliquée 4 septembre
2001 pp. 10-11.
19
Lacan, J., 1972-1973. Encore, op . cit. p. 27.
20
Lacan, J., 1966. Entretien avec Pierre Daix. Les Lettres françaises, 26,
11.
21
Lacan, J., 1975-1976. Le séminaire, Le sinthome.Paris : Seuil, 2005, p.31.
22
Lacan, J., 1972-1973. Encore, op. cit. p. 104.
23
Lacan, J., 1964. Fondation de l'EFP par Jacques Lacan. In :
L'excommunication. Supplément au numéro 8 d'Ornicar ?, Paris : Lyse, 1977, 149-152.
24
Lacan, J., 1974. Conférence de presse du 29 octobre au Centre Culturel Français.
Lettres de l'Ecole Freudienne, 1975, 16, 6 -26.
25
Lacan, J., 1975-1976. Le sinthome, op. cit. séance du 16 décembre 76, Ornicar ? 76, 7, 3-17 p 13.
26
Lacan, J., 1980. Lettre de dissolution, séance du 5 janvier 1980, Ornicar ? 1980, 20/21 9-10, p 10.
27
Jacques Lacan à l'École Belge de Psychanalyse. Quarto, 1972, 5, 4-22 p 17
28
Lacan, J., 1969. Premier Impromptu de Vincennes : le discours universitaire.
Le Magazine littéraire, 121, 21-24.
29
Lacan, J, 1974-1975. RSI, op.
cit. séance du 11 février 75, Ornicar ?1975, 4, 93-100 p. 98.
30
Lacan, J., 1970. Radiophonie, Scilicet,
2/3, 55-99, p. 59.
31
Lacan, J., 1966. Interview de Jacques Lacan du 14 décembre 1966 à la RTB, Quarto, 1982, 7, 7-11, p. 7.
32
Lacan, J., 1975. La troisième.
Lettres de L'école Freudienne, 16, 178-203 p. 183.
33
Lacan, J., 1974. Conférence de presse du 29 octobre au Centre Culturel Français.
Lettres de l'École Freudienne, 1975, 16, 6 -26.
34
Lacan, J., 1975. Intervention de Jacques Lacan au groupe de travail sur la
passe. Lettres de l'École Freudienne, 15, p. 186.
35
Julien, P., 1990. Le retour à Freud de Jacques Lacan,. L'application au
miroir. Paris, EPEL.
36
Nassif, J., 2004. L'écrit, la voix. Paris, Aubier.
37
Porge, E., 2004. Jacques Lacan, un psychanalyste. Ramonville Saint-Agne : Erès,
Coll Point Hors ligne.
38
Lacan, J., 1961. La direction de la cure et les principes de son pouvoir, in
: J. Lacan, Ecrits, Paris : Seuil, 1966, 585-647, p. 642.
39
Lacan, J., 1974-1975. RSI. op
cit. séance du 14 janvier 75, Ornicar ? 3, 97-103, p 102.
40
Lacan, J., 1977. Ouverture de la section clinique, Ornicar ?, 9, 7-14, p 10.
41
Lacan, J., 1956. Situation de la psychanalyse et formation du psychanalyste
en 1956, in : J. Lacan, Ecrits, Paris : Seuil, 459-492, p. 467.
42
Lacan, J., 1976.Préface à l'édition anglaise du séminaire XI, Ornicar ?,
12/13, 124-126, p 125.
43
Porge, E., 2005. Lacan, la poésie
de l'inconscient, in Lacan & la littérature, Houilles : Ed Manucius,
61-74, p72.
44
Lacan, J., 1972-1973. Encore, op. cit. p. 57.
45
Lacan, J., 1976. L'insu que sait de l'une-bévue s'aile à mourre, séance
du 16 novembre 1976, Ornicar ? 1977, 12/13, 5-9, p. 7.
46
Lacan, J., 1976. " Le sinthome ", Ornicar ? 1977, 8, 6-13, p 13.
47
Lacan, J., 1972-1973. Encore, op. cit. p. 45.
48
Lacan, J., 1980. Lumière, séance du 15 avril 1980, Ornicar ? 1981, 22/23, 7-10, p. 7.
49
Interview de Jacques Lacan du 14 décembre 1966 à la RTB, Quarto, 1982, 7,
7-11, p. 9.
50
Lacan, J., 1974. RSI. Séance du 17 décembre 1974, Ornicar, ? 1975, 2,
100-105, p. 100.
51
Lacan, J., 1980. D'écolage, Ornicar ? 1980, 20/21, 14-16, p. 14.
52
Lacan, J., 1977. Une pratique de bavardage, séance du 15 nov 1977, Ornicar
? 1979, 19, 5-9. p 8.
53
Lacan, J., 1976-1977. L'insu que sait de l'une-bevue s'aile à mourre. Séance
du 16 novembre 1976, Ornicar ? 12/13, 5-9, p. 6.
54
Lacan, J., 1972-1973. Encore, op. cit, p. 68.
55
Lacan, J., 1957-1958. Le Séminaire, Les formations de l'inconscient" Paris
: Seuil, 1998, p. 195.
56
Lacan, J., 1974. La troisième, intervention au Congrès de Rome, Lettres de
l'Ecole freudienne, 1975, 16, 177-203 p. 187.
57
Lacan, J., 1973. L'Etourdit, Scilicet, 4, 5-52 p. 21.
58
Lacan, J., 1972-1973. Encore, op.cit. p. 54.
59
Lacan, J., 1974-1975. RSI, op.cit., séance du 11 mars 1975, Ornicar ? 1975,
5, 7-28 , p. 25.
60
Lacan, J., 1972-1973. Encore,
op. cit. p .77.
61
Lacan, J., 1980. L'autre manque, séance du 15 janvier 1980, Ornicar ? 1980,
20/21, 11-12, p. 12.
62
Lacan, J., 1954-1955. Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique
de la psychanalyse. Paris, Seuil, 1978, p. 191.
63
Lacan, J., 1967. Petit discours aux psychiatres. Cercle psychiatrique H.
Ey-Sainte Anne.
64
Lacan, J., 1966. Discours de clôture des Journées sur les psychoses de
l'enfant. Recherches, 8, repris in Quarto, 1984, 15, 27-32, p. 28.
65
Lacan , J., 1972-1973. Encore. op.cit. p. 103.
66
Lacan, J., 1967. Petit discours aux psychiatres. op.cit.
67
Benabou, M., Cornaz, L., De Liège, D., Pélissier, Y., 202.789 néologismes
de Jacques Lacan. Paris,
E.P.E.L.
68
Lacan, J., 1967. Petit discours aux psychiatres. op.cit.
69
Lacan, J., 1967. Petit discours aux psychiatres. op.cit.
70
Lacan, J., 1967. Petit discours aux psychiatres. op.cit.
71
Lacan , J, 1975. Conférence de Presse le 29 Octobre au Centre Culturel Français,
Lettres de l'Ecole Freudienne, 16, 6-26, p. 7.
72
Lacan, J., 1974-1975. RSI, op.cit. séance du 10 décembre 74, Ornicar ? 2,
90- 99, p 92.
73
Lacan, J., 1975. La troisième. Lettres de l'École Freudienne, 16, 178-203,
p. 180.
74 "il est en tout cas bien certain qu'on ne comprend rien à ce
que je dis" (Petit discours aux psychiatres p.19). Le 14 décembre
1967, au "Magistero" de l'Université de Rome il prononce un
discours connu sous le titre " De Rome 53 à Rome 67 : La psychanalyse
raison d'un échec " où il dit que ses tentatives pour renouveler la
théorie et la pratique analytique ont été mal comprises. Il a le
sentiment d'avoir échoué dans son entreprise.
75
Lacan, J., 1977. Propos sur l'hystérie. Quarto, 2, 5-10 p. 7.
76
Il dit à propos d'un article de Mélanie Klein : "j'avais le remords
de ne l'avoir jamais regardé" ; et encore : "après vous avoir
quittés l'autre jour, en proie à ces scrupules qui me font toujours
regretter de ne pas avoir épuisé la bibliographie concernant le sujet que
nous traitons" (L'Éthique de la psychanalyse, 1959-1960, Paris, Seuil,
1986, p. 139).
77
Lacan, J., 1977. Réponses de Jacques Lacan à des questions sur les nœuds
et l'inconscient. Lettres de l'École Freudienne de Paris, 21, 472-475 p.
472.
78
Cette lettre à été publiée dans le supplément au numéro 8 d'Ornicar?,
L'excommunication, Paris, Lyse, 1977.
79
Lacan, J., 1974. La troisième, Lettres de l'École Freudienne, 16, 178-203,
p. 180.
80.
Lacan, J.,1977. L'insu que sait s'aile a mourre, op.cit. séance du 18
janvier 1977, Ornicar ? 15, 5-9, p 5.
81
Lacan, J., 1974-1975. RSI, op. cit. séance du 11 mars 75, Ornicar ? 1975, 5, 17-28, p. 20.
82
Lacan, J., 1981. Le séminaire de Caracas. L'Âne, 1, 30-31, p. 31.
83
Lacan, J., 1971. Lituraterre, in J. Lacan, Autres Écrits, Paris, Seuil,
2001, 11-20, p. 11.
84
Lacan, J., 1976. La scission de 1953. La communauté psychanalytique en
France. 1. Page de garde. Paris : Navarin, 1990.
85
Lacan, J., 1976. Clôture du Congrès. Lettres de L'École Freudienne de
Paris, 19 , 556-559, p. 556.
86
A la séance de clôture du huitième Congrès de l'École Freudienne:
"J'engendre assez souvent un bafouillage. Mais comme j'ai pu le
constater heureusement chez la plupart de ceux qui se sont risqués à cette
tribune, c'est un bafouillage plutôt astucieux. Ca n'empêche pas que ça
m'accable. Mon sentiment, comme ça à la clôture de ce congrès, est
vraiment plutôt celui de ma responsabilité" (1976 Lettres de L'École
Freudienne de Paris, 19, p. 558).
87
Jacques Lacan à l'École Belge de Psychanalyse, Quarto, supplément belge à
la Lettre mensuelle de l'École de la Cause Freudienne, 1981, 5, 4-22, 1972,
p. 11.
88
Lacan, J., 1975. RSI, op. cit. Séance du 8 avril 1975, Ornicar ?, 1975, 5,
37-46, p 38.
89
Lacan, J., 1973. Congrès de l'École Freudienne. La grande Motte. Séance du
vendredi 2 novembre 1973. Lettres
de L'École Freudienne, 1975, 15, 69-80, p. 77.
90
Lacan, J., 1958-1959. Le désir et son interprétation, séance du 11 mars
1959. Ornicar ? 24, 18-31, p. 23.
91
Lacan, J., 1976. Conférences et entretiens dans les Universités Nord-Américaines.
Scilicet, 6/7, 5-66, p. 10 : "Freud n'adopte pas le même type de
position que moi... Je remarquai à cause de ce qui fait le fond de sa pensée,
que Freud n'était pas psychotique" .
92
Lacan, J., 1975. Conférence donnée le 24 novembre 1975 à la Yale
University. Scilicet, 1976, 6/7, p.
9.
93
Zizek, S., 2004. La subjectivité à venir. Castelnau le-Lez, Ed. Climats,
p. 108.
94
Lacan, J., 1976. Clôture du Congrès. Lettres de L'École Freudienne, 19,
556-559, p. 558.
95
Lacan, J., 1977. L'insu que sait de l'une-bévue s'aile à mourre, Ornicar ? 1977, 12/13, p. 12.
96
Centre culturel international (Cerisy-La Salle, Manche) Colloque (2001-09).
2001. Lacan dans le siècle. Paris Ed. du champ lacanien, 2002.
97
Milner, J.C., 1994. L'œuvre
claire. Paris : Seuil.
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