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Chronique 5

Les causes de la violence, les stéréotypes sexuels et la socialisation des hommes

Nous savons tous et toutes que la violence est présente dans notre environnement naturel, social et familial. Les causes de la violence sont de plusieurs ordres, en voici des exemples historiques et contemporains desquels nous retiendrons en filigrane les rapports de rôles attribués aux hommes et aux femmes.

La violence est renforcée par notre structure économique. La compétition et la concurrence entraînent des rapports de force. Le concept de concurrence conduit à l'assujettissement du plus faible par le plus fort. Les valeurs véhiculées par notre société économique reposant sur le profit, conduisent les individus à un combat incessant dans les marchés économiques. L'exemple de la mondialisation est percutant à ce sujet : augmenter les profits en utilisant le travail des enfants, exploiter le travail des femmes à un salaire moindre que celui des hommes, pour des tâches identiques, faire violence à l'environnement par toutes sortes d'exploitations polluantes.

Notre système économique commercialise la violence : les super- profits de l'industrie pornographique, la télévision qui diffuse abondamment tous les types de violence, l'industrie du jouet qui invente et perpétue une panoplie de jeux violents, l'industrie informatique qui offre des jeux où la violence et la destruction sont largement accessibles, Internet qui donne  à un nombre croissant de personnes un accès direct à la pornographie et à la pédophilie. Donc, les exemples de violence entretenus et vendus par notre société économique sont détaillés, abondants et facilement consommables.

Une autre cause importante de la violence est celle issue du patriarcat, dont la définition est la suivante : forme de famille fondée sur la parenté par les mâles et la puissance paternelle; structure, organisation sociale fondée sur la famille patriarcale. Ce mode d'encadrement social signifie et affirme la supériorité, le pouvoir et le prestige de l'homme dans la société civile, politique et religieuse. Le système patriarcal entretient les stéréotypes sexuels : le masculin versus le féminin, l'être supérieur versus l'être inférieur, le plus fort versus le plus faible, le rationnel versus l'intuitif et le bien versus le mal. La société fondée sur le patriarcat valorisera l'homme pourvoyeur de la famille et limitera la femme à un rôle de dépendance envers son pourvoyeur.

Ainsi, la violence s'inscrit largement dans notre histoire. Même les religions sont porteuses de violence envers la femme. Dans la société hébraïque, la femme est la possession de son mari. Même chose pour les pères de l'église catholique : la femme est un être inférieur, soumise et impure dont le mari a le droit de la battre. Au Canada, ce n'est qu'en 1929 que les femmes obtiennent le statut de personne juridique. Auparavant, elles étaient entièrement dépendantes du père ou du mari. Aujourd'hui, la question de l'équité salariale pour les femmes fait encore la manchette.

On peut rêver de l'élimination totale et globale de la violence dans notre société, mais ne soyons pas utopistes et contentons-nous de consacrer nos efforts à contrer la violence dans notre communauté. L'éducation, le dépistage et la prévention sont nos meilleurs alliés. Affirmons notre désir de voir éduquer nos enfants selon des principes égalitaires entre les sexes pour faire en sorte que les comportements violents deviennent des vestiges du passé. Accordons une grande importance à la socialisation des gars et des filles en valorisant les qualités humaines communes. Refusons sans condition les agirs violents et proposons aux agresseurs des moyens d'action non- violents. Il est nécessaire que les parents discutent de la violence entre eux et avec les enfants. Il faut comprendre que la colère est une réaction normale chez les individus,  mais il faut également savoir et apprendre à canaliser cette force incroyable par des actions non- violentes. Comme le disait le grand pacifiste hindou Gandhi : la violence est le dernier recours de l'incompétence.

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