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Chronique 7

Qu'est-ce que la violence psychologique?

Parmi les diverses formes de violence, nous traiterons plus en détail de la violence psychologique. Contrairement à ses néfastes consoeurs, elle est reconnue depuis très peu de temps par les experts et la jurisprudence. Nous n'en connaissons pas de définition universelle, elle est également difficile à détecter, à  évaluer et à prouver hors de tout doute.

Les formes connues de la violence psychologique se détectent par les comportements suivants. Rejeter une personne : traiter régulièrement un enfant différemment de ses frères et soeurs d'une manière qui laisse croire qu'on lui en veut, qu'on le rejette ou qu'on éprouve de l'aversion pour lui. Dégrader une personne : humilier la personne en public ou la traiter d'idiote, si elle est handicapée, contrefaire ses gestes ou sa démarche, traiter un aîné comme s'il était incapable de prendre une décision. Terroriser une personne : hurler, blasphémer, obliger un enfant à être témoin d'actes de violence envers un membre de sa famille ou un animal qu'il aime, menacer une personne de l'abandonner, de la brutaliser ou de la tuer, menacer d'abandonner, de brutaliser ou tuer un animal ou un être cher, menacer de détruire ses possession, de la faire déporter ou institutionnaliser, traquer la personne. Isoler la personne : exclure un aîné des prises de décisions qui le concernent, enfermer un enfant seul, empêcher la partenaire ou une personne âgée d'avoir accès à sa fortune ou de gérer ses finances, refuser à un aîné le contact avec ses petits- enfants, priver quelqu'un de moyens de déplacement ou de transport. Corrompre ou exploiter une personne : exploiter sexuellement un enfant, laisser un enfant consommer de l'alcool ou des drogues, entraîner quelqu'un dans le commerce du sexe. Priver une personne de chaleur humaine : ignorer les tentatives de communication d'un enfant, priver un enfant d'affection, de soins ou d'amour, traiter un aîné institutionnalisé comme s'il était un objet ou un fardeau.

Tout acte de violence comporte des éléments de violence psychologique; elle est scénarisée, se répète et se renforce avec le temps. Chez les enfants, la violence psychologique peut avoir des impacts percutants sur le développement mental : nuire au développement intellectuel, à son imaginaire ou à son sens moral. Elle peut tout aussi nuire au développement social de l'enfant, compromettre sa capacité de percevoir, sentir, comprendre et exprimer ses émotions. Le garçon peut prendre l'agresseur comme modèle de comportement et la fille peut finir par croire que la victimisation est partie intégrante de toute relation.

Notre volonté de dépister, d'informer et de prévenir nous amène à présenter quelques indicateurs possibles pour détecter la violence psychologique chez les enfants et les adultes. Indicateurs chez n'importe qui : dépression, repli sur soi, manque d'estime de soi, forte anxiété, attitude craintive, passivité ou docilité excessive, tentatives de suicide ou mention du suicide dans la conversation. Indicateurs chez les enfants : absence de vitalité (bas âge), agressivité, instabilité émotionnelle, troubles du sommeil, plaintes au sujet de troubles non fondés, comportement anormal pour l'âge ou l'état de développement, extrême dépendance, rendement inférieur aux capacités, incapacité de faire confiance, etc. Indicateurs chez les adultes : sentiment de honte et de culpabilité, pleurs fréquents, honte de soi et auto- dévalorisation, isolement social, report ou refus de traitement médical nécessaire, malaise ou nervosité dans les rapports avec les aidants et les proches, abus de substances toxiques, refus de contact visuel, etc.

À titre préventif, si vous subissez des mauvais traitements, rappelez- vous ceci : vous n'êtes pas seul-e, ce qui arrive n'est pas votre faute, personne ne mérite d'être maltraité, vous pouvez trouver de l'aide. Si vous soupçonnez ou savez qu'une personne est maltraitée, écoutez-la, croyez-la, appuyez-la, renseignez-vous sur les services de soutien auxquels elle peut faire appel.

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