| Je suis née à Montréal en 1951. Très tôt, je me suis intéressée aux arts visuels. Les différents cours suivis, à partir de l’âge de 4 ans, avec madame Henriette Lavoie, avec les religieuses
de la congrégation Notre-Dame de la Trinité et à l’école des Beaux-Arts, m’ont donné
le goût de partager mon plaisir de créer. Dès l’âge de 15 ans, j’ai animé des ateliers de
création auprès des jeunes de 7 à 10 ans. Leur contact, leur vitalité,
leur spontanéité et leurs grandes possibilités m’ont immédiatement charmée.
Cette première rencontre a sans doute été déterminante pour la suite des choses. J’ai poursuivi des études universitaires en pédagogie, en orthopédagogie, en arts plastiques et en histoire de l’art. Cette formation est venue tour à tour enrichir des expériences diverses de travail et de création. Mes années d’enseignement en milieu scolaire ont été également une source d’apprentissage et d’inspiration. Entre 1987 et 1994, j’ai fait la conception de jeux destinés aux enfants, dans les places publiques à l’enseigne de Créajou, ma propre compagnie. Concurremment, j’ai développé et animé des ateliers de création pour adultes. En restant fidèle à l’appel de la création, je me suis engagée dans diverses associations culturelles tant sur le plan régional, que provincial et international. Ma participation significative à la Corporation Arts visuels de Lanaudière m’a permis de faire connaître mes œuvres lors d’expositions dans la région même, à Montréal, à Québec, sur la Côte-Nord et à Mexico. Je continue à travailler activement à la promotion des arts visuels par conviction. Présentement, je m’implique aux activités du Conseil régional de la Culture et des Communications et je donne des cours au Musée régional de la Côte-Nord. J’offre différents ateliers de création mais j’accorde une place grandissante à ma production artistique. Je suis maintenant inscrite au fichier des artistes de la politique de l’Intégration des arts à l’architecture et à l’environnement du Ministère de la Culture et des Communications dans les disciplines peinture et sculpture.
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| LE TRAVAIL DE L'ARTISTE L’œuvre de Michelle Lefort sollicite d’abord notre attention par une diversité d’expressions qui s’ouvrent sur tous les possibles. Tour à tour, la peinture, la sculpture et la création de jaquettes de livres, deviennent pour elle, une rencontre avec le visible, un moyen de réinventer ainsi la vie à travers les formes qu’elle fait naître sous nos yeux. L’artiste y rejoint une vision de l’univers qu’elle reprend et prolonge entre le réel et l’imaginaire. Son travail naît sous le signe de la proximité d’un dialogue constant, manifeste, entretenu avec une nature âpre et sauvage qu’elle tente d’apprivoiser, de retenir un instant, comme une rivière qu’on veut endiguer sans pourtant la faire dévier de sa course. Ses images, sans être figuratives au sens habituel du terme, n’en demeurent pas moins très près de cet environnement qui inspire l’artiste et la nourrit. Ses toiles reprennent et transposent une matière informe qu’elle organise dans la mouvance d’une réalité à redéfinir constamment. Ces éléments qu’elle installe avec spontanéité émergent de l’intérieur plutôt que d’être imposés par l’extérieur de la toile. Le mouvement se veut un moment fort de l’œuvre. Ce flux et ce reflux qui balaient et mesurent l’étendue du support sont ponctués par des textures, des collages de sables, des grands empâtements, sortes d’encrage autour desquels s’organisent des zones plus fluides, plus translucides. La liberté d’une gestuelle surgit et se perd dans un jeu chromatique qui en fait rejaillir toute la consistance plastique.
Avec ses jaquettes de livres, Michelle Lefort ramène la dimension de ses peintures à des espaces plus intimes. Une densité infinie est conservée comme un mystère jalousement protégé sous la couverture du volume. L’artiste recourt à des papiers qu’elle crée elle-même et sur lesquels elle appose les traces de ses gestes avec le pastel, la peinture,les sables, les végétaux et autres matériaux naturels. Ces mariages guident notre regard vers ce secret à découvrir, message à la lisière de l’implicite et de l’explicite. L’objet, d’abord contenant, porteur du message, devient contenu ou mieux encore, le propos lui-même. Peu importe alors si ces pages sont blanches ou non, la jaquette invite le regard et incite à y loger toutes les écritures imaginaires.
Dans ses sculptures, l’imagination se libère des contraintes et la matière prend son élan dans un éclatement, une grande respiration. Avec les bois d’épave, l’artiste se réapproprie une nature à l’état brut pour lui donner un second souffle, une autre signification. De ces agencements, prennent forme des êtres étranges, des créations totémiques qui marquent l’espace.
Au bois, s’ajoutent les pierres, les sables, les coquillages, les algues et autres matériaux, créant ainsi un langage plastique qui épouse parfois l’environnement, le circonscrit tel un mandala ou lui confère un caractère insolite. Ses installations traduisent son attachement aux milieux naturels et son discours venant de l’intérieur, est projeté dans un champ de liberté.
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