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Le
syndrome de la fibromyalgie se manifeste souvent après une expérience
traumatique, comme une chute, un accident de la route, une infection virale ou
bactérienne, un accouchement, une intervention chirurgicale, un choc affectif, une
série de stress ou une période de surmenage. Ces différents stress physiques et
psychologiques semblent déclencher le syndrome.
Parfois elle peut survenir sans cause apparente et même
débuter durant l’enfance. Elle peut aussi accompagner d’autres affections
médicales comme les polyarthrites, le syndrome de Gougerot,
le lupus érythémateux diffus, l’hypothyroïdie, le syndrome de Raynaud mais
également certaines maladies infectieuses dont la maladie de Lyme ou l’hépatite C.
Un facteur familial est certain, par exemple, les filles
et les sœurs de fibromyalgiques ont plus fréquemment le syndrome que les
autres. Il y aurait donc une prédisposition génétique à
développer la fibromyalgie.
Les premières recherches avaient comme
hypothèse que la cause de la fibromyalgie était une inflammation des muscles.
Les résultats n’ayant pas confirmé cette hypothèse, les scientifiques ont donc
supposé qu’elle était une affection psychiatrique.
En fait, on peut supposer que fibromyalgie et troubles
psychiatriques relèvent plus d'une co-morbidité. Ainsi, les troubles
psychiatriques dans la fibromyalgie ne sont ni constants, ni stéréotypés (pas
de profil psychologique manifeste) et sont associés de manière indépendante à
la sévérité de la douleur.
Voici les résultats d’une étude comparative entre des fibromyalgiques, des fibromyalgiques déprimés et des déprimés non atteints du syndrome :
Chez les
fibromyalgiques, il n'y a pas de différence dans les paramètres de la douleur.
La fibromyalgie des sujets non déprimés avaient simplement moins de
répercussion sur leur vie quotidienne.
Les antidépresseurs
ne sont pas tous efficaces dans le traitement de la fibromyalgie, les
posologies sont de 5 à 6 fois moindres et le délai d’action du médicament est
plus court que dans le traitement de la dépression.
D'autre part, il n'y
a pas de corrélation entre l'évolution des symptômes psychiatriques et
l'évolution de la douleur.
Enfin, pour la
fibromyalgie, l'efficacité des antidépresseurs est identique que les patients
soient déprimés ou non.
Lorsque la dépression et l'anxiété se
manifestent, elles sont le plus souvent le résultat, plutôt que la cause de la
fibromyalgie. Les patients qui souffrent de la fibromyalgie ne sont pas plus à
risque d'être dépressifs que les patients qui ont d'autres désordres douloureux
chroniques tel que l'arthrite rhumatoïde.
Présentement, les chercheurs
n’ont pas encore trouvé la ou les causes exactes de la fibromyalgie et
plusieurs hypothèses sont à l’étude. Cependant, les scientifiques s’entendent
sur le fait que la fibromyalgie résulterait d’une atteinte neurologique
d’origine centrale.
Un
dérèglement du système nerveux central responsable du contrôle de la
douleur
La fibromyalgie semble être un
dysfonctionnement du système qui empêche certains stimuli de devenir des
sensations douloureuses. Cette perception anormale transforme toute zone
sensible en une source de douleurs.
Des
niveaux anormaux de certains médiateurs chimiques appelés neurotransmetteurs
(neuromédiateurs)
Le phénomène de la douleur est modulé
tout au long du parcours sensitif par des neurotransmetteurs. Voici les
anomalies de certains neurotransmetteurs :
·
Un
surplus de substance P (jusqu’à
3 fois plus que la normale), un transmetteur de la douleur.
·
Un
déficit de la sérotonine et de son précurseur, le tryptophane. La sérotonine est une substance chimique
qui agit comme un thermostat pour réduire les effets douloureux de la substance
P.
·
La
noradrénaline est significativement réduite. Le
premier rôle de la noradrénaline est de maintenir une tension artérielle
constante.
Une altération des fonctions du système nerveux autonome
Le système nerveux autonome
assure le fonctionnement vital de base de l’organisme, comme la respiration, la
circulation, la digestion et l’excrétion. Voici quelques perturbations du fonctionnement du système nerveux
autonome :
·
Le rythme cardiaque semble significativement plus élevé chez les patients avec une
fibromyalgie que chez les sujets sains.
·
La variabilité du rythme cardiaque est significativement
plus basse que chez les sujets sains.
·
Les fibromyalgiques
souffrent d’un type particulier d'hypotension artérielle.
·
Le système
adrénergique est également perturbé.
Une mauvaise
vascularisation dans certaines parties du cerveau
À l’aide du SPECT scan (Single-Photon-Emission Computed
Tomography),
des auteurs ont démontré une réduction des flux
sanguins au niveau du thalamus et du noyau caudé, structures impliquées
dans la régulation du message douloureux.
Un trouble du
sommeil réparateur profond
Les troubles du sommeil représentent un élément majeur de
la symptomatologie avec : sur le plan clinique, un sommeil non
réparateur et sur le plan électrique, l’existence d’intrusions
d’ondes alpha pendant le sommeil lent profond.
Une perturbation
du système neuroendocrinien
Elle concerne principalement deux axes:
On retrouve aussi chez les fibromyalgiques une
déficience en mélatonine (celle-ci intervient dans la régulation des
rythmes biologiques.), un manque de production de cortisol (hydrocortisone), un déficit en somatomédine C (réparation des microlésions
musculaires) et la thyroïde est franchement anormale dans 10% des fibromyalgies.
Le
rôle des hormones sexuelles dans la fibromyalgie
Les hormones sexuelles semblent jouer un rôle important
dans l'incidence de la fibromyalgie. Les hormones ovariennes ont probablement
un rôle important. Il existe une recrudescence du syndrome après la ménopause
et certaines fibromyalgies peuvent être déclenchés
par un changement de statut hormonal.
Des anomalies
musculaires et du métabolisme énergétique
On a déjà pensé que la fibromyalgie était une condition
inflammatoire, mais il n'y a aucune évidence inflammatoire ou arthritique qui a
été trouvé.
Présentement, l’hypothèse d’une atteinte musculaire au
cours des fibromyalgies est basée sur quelques
données cliniques simples : le développement d’une fibromyalgie à partir d’un
syndrome myofascial local qui va s’étendre
rapidement, ou encore la fatigabilité, la diminution de la force et de la
résistance, la diminution de la capacité de relaxation, et la modulation de
toutes ces anomalies par des interventions loco-régionales
sont en faveur d’une participation du muscle aux très nombreux phénomènes
physiopathologiques.
Des anomalies du
système immunitaire
De très nombreuses anomalies ont été signalées au cours
des fibromyalgies mais, même si certains facteurs
immunologiques ou infectieux coexistent avec la fibromyalgie, l’hypothèse
immunitaire de cette affection ne semble pas être retenue ni les hypothèses
microbiennes, virales ou parasitaires. Cependant, même si la fibromyalgie n’est
pas une maladie immunitaire ou infectieuse, certaines conditions immunologiques
ou infectieuses pourraient peut-être déclencher le syndrome.
Selon certains chercheurs, le terme «fibromyalgie»
qui signifie «fibro(fibre) - my(muscle)
- algie(douleur)», devra probablement être changé dans le futur,
car ce syndrome est beaucoup plus qu’un désordre des fibres musculaires. «Myalgie
du système nerveux central» serait plus approprié, car les dysfonctions
sont à ce niveau et ces désordres biochimiques affectent le corps en entier,
pas seulement les fibres musculaires.
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