" Faire ressortir le Nord à travers ses saisons, ses particularités, sa nature, en évoquer la flore, la faune, le mode de vie ", voilà l'invitation qui avait été lancée pour Dire le Nord. Le défi était d'autant plus exigeant qu'il est souvent facile de confondre hiver et nordicité. Peut-être conviendrait-il d'ailleurs de parler de relativité nordique puisque nous sommes toujours au nord d'un autre endroit.
Dans ce recueil, les haïkus ont été regroupés par saisons. Certains d'entre eux illustrent la vie urbaine en hiver alors que d'autres nous entraînent dans une réalité résolument nordique. Réalité d'un printemps qui n'en finit plus, de moustiques à l'été, d'un automne qui s'étend dans les lichens et les arbustes, d'un hiver de froid, de neige et de tempêtes. Réalité de toundra et de taïga, de grands espaces couverts de lacs et d'épinettes, regorgeant de ressources naturelles mais également de barrages et de pylônes électriques. Pays de démesure, avec des aurores boréales et des millions de bonsaïs, des icebergs et des eaux peuplées d'orques, de phoques, d'otaries, de rorquals et de baleines, pays où se côtoient macareux moine, goéland à manteau noir, harfang des neiges et sterne arctique. Réalité aussi des cueilleurs de myes, de capelans et de fruits sauvages, parfois dans des atmosphères de brouillard et de vent du large.
Le Nord a son langage, ses mots à consonance un peu rude, à l'image du pays qu'il évoquent.
aller au nord
c'est
monter
Nous vous invitons à monter là où partout est blanc plus longtemps qu'ailleurs.
Francine Chicoine
"Cinquante poètes ont relevé le défi de dire le Nord à travers ses saisons et sa nature, de nous en faire découvrir la flore, la faune et le mode de vie."
Un pays de démesure évoqué à l'aide du minuscule haïku comme si, à l'exigence de révéler le pays, devait aussi s'ajouter celle de l'exprimer par cette forme littéraire concise.

Dans ce recueil thématique, les haïkus se répondent, se complètent et vibrent souvent au même diapason. Par-delà ces voix sensibles et diversifiées, c'est une voix forte qui se fait entendre, celle du Nord.
L'Éditeur