"L'écriture demande un temps de flottement, un temps d'imprégnation de ce qui fleure, de ce qui marque, de ce qui fait image.
Comme un grand vide qui précède le plein ; qui le précède ou qui le suit, ça dépend. Pour ensuite vous confiner, afin que votre oeil intérieur rende compte de sa promenade sur le monde, afin que soient consignées les preuves de vie.
Il est long ce temps de l'écriture, si long d'errances et de fulgurances, de murmures et de biffures, de valse-hésitation et de dépuration.
On est apparemment inactif, à l'écoute de l'idée qui s'est annoncée, à la recherche des mots justes qui la respecteront et la feront venir au monde.
Ça prend du temps pour être immobile, ça prend tout le temps. C'est qu'on est là, sans bouger, mais participant entièrement à la respiration du monde. Entièrement dans le souffle : tantôt inspiration, tantôt expiration. Avec un monde qui circule à travers soi."
Francine Chicoine |