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La Tribune
Styles, samedi 1 mars 2003, p. E6
Rio au resto
Le Brésil au menu de l'Auberge Sainte-Catherine-de-Hatley
Bouffard, Olivier
Sainte-Catherine-de-Hatley - Alors que le carnaval approche à grands pas, ceux qui préfèrent l'atmosphère tropicale de Rio à celle plus hivernale de Québec seraient bien avisés de visiter Mélanie Gagnon, à l'Auberge Sainte-Catherine-de-Hatley.
En effet, bien que l'enseigne stipule que l'établissement se spécialise en cuisine suisse et californienne, le chef Gagnon revient tout juste du Brésil, où elle a étudié la tradition culinaire locale. Elle inclut même certains plats du seul pays lusitanophone des Amériques à son brunch du dimanche.
Mme Gagnon n'en était pas à sa première visite au Brésil. En fait, elle effectue depuis trois ans un pélerinage culinaire annuel au vaste pays sud-américain.
Une des raisons qui l'a d'abord poussée à se rendre au Brésil était l'envie d'importer du vin. Elle a donc visité les régions viticoles du Brésil, principalement concentrées dans le sud du pays. Paradoxe, le vin brésilien est surtout produit par des vignobles dont les propriétaires sont italiens, allemands, ou argentins, explique Mme Gagnon. Elle a aussi visité la région de Petrolina, au nord de la ville de Brasilia, où un désert a été irrigué pour que pousse la vigne. Selon elle, les raisins cultivés dans cette région sont de qualité supérieure à ce qu'on retrouve dans le reste du pays.
Cependant, il ne lui a pas encore été possible de ramener de ses libations brésiliennes au-delà de quelques bouteilles pour consommation personnelle, explique-t-elle. "La majorité de la production de vin brésilien, je dirais environ 90 %, est consommé sur le marché domestique, dit Mme Gagnon. Le reste est principalement exporté en Europe. Comme la demande est si forte, les producteurs sont peu enclins à baisser leurs prix où à exporter au Canada."
Ce revers n'a cependant pas refroidi les ardeurs de Mme Gagnon. Comme elle a des amis au Brésil, elle a pu sillonner une bonne partie du pays à la recherche de saveurs locales. Elle en est revenue avec des notes détaillées sur une multitude de plats brésiliens, et elle s'efforce d'en répliquer quelques-uns à l'auberge exploitée par sa famille à Sainte-Catherine-de-Hatley. Elle explique qu'elle s'inspire de recettes brésiliennes et qu'elle remplace certains ingrédients introuvables ici par des équivalents locaux. "Par exemple, à défaut du vinaigre de riz qu'ils ont là-bas, j'utilise du vinaigre de rose pour mariner certains morceaux de viande", confie Mme Gagnon.
Parmi les plats brésiliens qu'elle inclut au menu de sa cuisine, on retrouve notamment les crêpes à la farine de tapioca, dans son brunch du dimanche. Bien qu'elle admette ne pas être friande du tapioca, Mme Gagnon affirme raffoler de ces crêpes.
Parmi les particularités des plats brésiliens énumérés par Mme Gagnon, on remarque la quasi-omniprésence de viandes. Les gens là-bas se font très peu de souci pour leur taux de cholestérol, admet-elle. Une des traditions culinaires brésiliennes est la churrascaria. "Cela ressemble un peu à nos barbecues, mais on y rôtit des quartiers d'animaux au complet", explique Mme Gagnon, qui note aussi que les Brésiliens sont friands d'abats. Les coeurs de poulet et les sabots de boeuf sont souvent à l'honneur.
"Toutes les tripes, tous les morceaux de viande qu'on n'imaginerait jamais manger ici, ils le cuisinent." Une spécialité nationale, le feijao, est constituée de tripailles servies en accompagnement de fèves noires. Un autre plat typiquement brésilien, le sarapatel, est composé de viscères de porc avec du manioc, un tubercule répandu en Amérique latine.
Le poisson et les fruits de mer sont aussi très prisés des Brésiliens, observe Mme Gagnon. On peut déguster des casquinha, de la chair de crabe mélangée à de la farine servie dans la coquille du crabe, sur la plage. En Amazonie, les poissons tels que le tucunare et le pirarucu sont à l'honneur. La région de Recife a son vatapa, une pâte épaisse composée de farine de riz, de gingembre, de coriandre, ainsi que de poisson et de crevettes qu'on déguste dans une sorte de petite tasse. La tacaca réunit elle aussi le poisson et les crevettes, mais dans une soupe contenant des herbes semblables à du cresson et du tapioca.
Alors si les fèves au lard, le caribou, et le ragoût de pattes ont perdu de leur éclat, une visite à l'Auberge Sainte-Catherine-de-Hatley pourrait redonner un peu d'exotisme à votre carnaval.
Illustration(s):
Bouffard, Olivier
Le chef Mélanie Gagnon, de l'Auberge Sainte-Catherine-de-Hatley, revient du Brésil d'où elle a rap- porté nombre de recettes. Bien qu'il lui soit difficile de retrouver certains ingrédients par ici, comme la farine de tapioca sur la table, elle réussit à substituer certains produits locaux pour préparer des spécialités brésiliennes qu'elle inclut dans son menu.
Catégorie:
Consommation
Sujet(s) uniforme(s):
Alimentation; Cuisine et restaurants
Taille: Moyen, 566 mots
© 2003 La Tribune. Tous droits réservés.
Doc. : 20030301TB0083
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