
- La pure morale est unique et universelle. Elle ne subit aucune alteration au cours du temps, non plus qu'aucune adjonction. Elle ne dépend d'aucun facteur historique, économique, sociologique ou culturel; ele ne depend absolument de rien du tout. Non determinee, elle détermine. Non conditionne, elle conditionne. En d'autres termes, c'est un absolu. (p.35)
- Dans un monde qui ne respecte que la jeunesse, les êtres sont peu à peu dévorés. (p.112)
-...noyer le sentiment tragique de la mort dans la sensation plus générale et plus flasque du vieillisement. (p.121)
-...placé en dehors du complexe économique-industriel, je ne serais même pas en mesure d'assurer ma propre survie: je ne saurais comment me nourrir, me vêtir, me protéger des intempéries; mes compétences techniques personnelles sont largement inferieurs à celles de l'homme de Néanderthal. Totalement dépendant de la société qui m'entoure, je lui suis pour ma part a peu près inutile. (p.202)
- Cet examen rationnel des jouissances et des douleurs que chacun, tout ou tard, est conduit a faire, débouche inéluctablement à partir d'un certain âge sur le suicide. (p.248)
- L'humour ne sauve pas; l'humour ne sert en définitive à peu près à rien. On peut envisager les évènements de la vie avec humour pendant des années, parfois de très longues années, dans certains cas on peut adopter une attitude humoristique pratiquemenet jusqu'a la fin; mais en définitive la vie vous brise le coeur. Quelles que soient les qualités de courage, de sang-froid et d'humour qu'on a pu développer tout au long de sa vie, on finit toujours par avoir le coeur brisé. Alors, on arrête de rire. Au bout du compte, il n'y a plus que la solitude, le froid et le silence. Au bout du compte, il n'y a plus que la mort. (p.291)

- C`est dans le rapport à autrui qu`on prend conscience de soi; c`est bien ce qui rend le rapport à autrui insupportable. (p.94)
- Le bonheur est chose délicate, il est difficile de le trouver en nous, et impossible de le trouver ailleurs. (p.117)
- Les choses que les gens font, celles qu'ils acceptent de subir... il n`y avait rien à tirer de tout cela, aucune conclusion générale, aucun sens. (p.199)
- Dans ma jeunesse, j`avais rencontré des militants, qui estimaient necessaire de faire évoluer la societé dans telle ou telle direction; je n`avais éprouvé pour eux ni sympathie, ni estime. J`avais même progressivement, appris à m`en défier: leur manière de s`intéresser a des causes générales, de considérer la société comme s`ils étaient partie prenante avait quelque chose de louche. (p.339)
- L`absence d`envie de vivre, hélas, ne suffit pas pour avoir envie de mourir. (p.359)

- Je connais la vie, j`ai l`habitude (p.9)
- J`ai si peu vécu que j`ai tendance à m`imaginer que je ne vais pas mourir; il parait invraisemblable qu`une vie humaine se réduise à si peu de chose; on s`imagine malgré soi que quelque chose va, tôt ou tard, advenir. Profonde erreur. Une vie peut fort bien être à la fois vide et brève les journées s`écoulent pauvrement, sans laisser de trace ni de souvenir; et puis d`un seul coup, elles s`arrêtent. (p.48)
- "Bon courage, mon gars!" m`a-il dit...Il avait bien raison; c`est toujours une chose qui peut être utile, le courage. (p.81)
- "Vous verrez en vieillissant, les choses deviennent très simples." Comme elle avait raison. (p.96)