Jean-Jacques Rousseau,
Les reveries d`un promeneur solitaire
Editions
- Je naquis infirme et malade; je coûtais la vie à ma mère, et ma naissance fût le premier de mes malheurs. (p.13)-... en ne me laissant rien ils se sont tous oté à eux-mêmes. La diffamation, la dépression, la dérision, l'opprobre dont ils m'ont couvert ne sont pas plus susceptibles d'augmentation que d'adoucissements; nous sommes également hors d'état, eux de les aggraver et moi de m'y soustraire. (p.13)
- La source du vrai bonheur est en nous, et il ne depend pas des hommes de rendre vraiment misérable celui qui sait vouloir être heureux. (p.22)- ...qu'ais-je été ici bas? J'étais fait pour vivre et je meurs sans avoir vécu. (p.24)
- L'adversité sans doute est un grand maitre, mais ce maitre fait payer cher ses leçons, et souvent le profit qu'on en retire ne vaut pas le prix qu'elles ont coûté...Est-il temps au moment qu'il faut mourir d'apprendre comment on aurait dû vivre? (p.33)- En toute chose imaginable ce que je ne fais pas avec plaisir m'est bientot impossible à faire. (p.89)
- Je n'ai jamais cru que la liberté de l'homme consistat à faire ce qu'il veut, mais bien à ne jamais faire ce qu'il ne veut pas. (p.97)-...je ne saurais les punir plus cruellement que d'être heureux malgré eux. (p.100)
- Que me manquait-il donc pour être heureux, je l'ignore; mais je sais que je ne l'étais pas. (p.118)- Dominé par mes sens quoi que je puisse faire...j'attends le moment de vaincre en laissant agir ma raison, car elle ne me parle que quand elle peut se faire ecouter...C'est mon naturel ardent qui m'agite, c'est mon naturel indolent qui m'apaise. Je cède à toutes les impulsions présentes. (p.127)
- Il y a compensation à tout. Si mes plaisirs sont rares et courts, je les goûte aussi plus vivement. (p.138)-...je ne suis à moi que quand je suis seul, hors de là je ne suis que le jouet de tous ceux qui m'entourent. (p.144)
- J'ai passé soixante et dix ans sur terre, et j'en ai vécu sept. (p.150)- Qu'on est puissant, qu'on est fort quand on espère plus rien des hommes. (p.172)
-...en quelque heure que la mort me surprenne, je suis sur qu'elle me trouvera pensant à vous. (p.207)