Homélie

 

 

 

 

Homélie Janvier 2008
Église de Grande-Rivière

 

 

En ce début d'année, j'ai décidé de réfléchir aux événements de l'année précédente.
Et je réalise que nous avons tendance à oublier notre prochain.
Je ne veux pas faire la morale, car je suis comme tout le monde, un être humain avec bien des faiblesses. Et moi la première, je n'ai pas toujours vu ou voulu voir mon prochain qui me tendait la main.
Le but de cet homélie, c'est de nous faire réfléchir, afin que l'année 2008 soit une année de bonté, de générosité, à l'image de notre Seigneur.
Nous sommes des milliards sur terre, mais bien souvent, notre conscience sociale s'arrête à notre entourage.
Quand on voit des enfants mourir de faim en Afrique, quand on voit des guerres au moyen orient, ça nous semble bien loin, on ne se sent pas directement concerné car on se dit qu'on ne peut rien changer à nous seul.
Mais chaque petit geste compte pour rendre le monde meilleur.
Bien sur, ce n'est pas tout le monde qui a la capacité d'aider concrètement en envoyant de la nourriture, de l'argent ou en devenant missionnaire. Mais nous pouvons tous faire des petits gestes qui font toute la différence.
Le premier geste : semer la tolérance. Comment ? En enseignant à nos enfants, à nos petits enfants, à nos famille : à aimer. C'est la meilleure façon de lutter contre les préjugés qui mènent aux guerres, aux famines.
Car nos enfants, ce sont la future génération. Et si nous ne voulons pas faire de notre terre un monde de violence et d'intolérance, ça doit commencer ici, chez nous, dans nos maisons.
Si chaque personne se donne pour mission de faire un effort de compréhension, un effort de tolérance face à la différence, croyez moi, c’est toute l'humanité qui changera.
Les préjugés, ils sont présents partout, envers les gens d'autre culture, d'autre religion, d'autre milieu social. Ces préjugés, il sont fondés sur la peur, la peur de la différence ; il faut que ça s'arrête car les préjugés mènent à la haine. Et la haine, c’est une cycle, une chaîne qui se perpétue de génération en génération. Brisons cette chaîne de violence.
Un autre geste pour rendre le monde meilleur : s'ouvrir à la souffrance des autres. Le pauvre, ce n'est pas seulement le petit sous-alimenté, le pauvre c'est aussi notre voisin, notre frère. Le pauvre c’est aussi cette personne pauvre de coeur qui n'a plus d'espoirs.
Partout, il y a des gens qui nous tendent la main, mais on ne les voit plus, ou on ne veut pas les voir.
Et on ne réalise même plus qu'en gâtant nos enfants, on les rend pauvre de coeur.
Alors que dans une partie du monde, les enfants meurent de faim, ici on a des enfants Rois.
Alors, qu'est-ce qu’on peut dire à un enfant de 8 ans qui pleure à Noël parce qu'il n'a pas eu son Playstation3 ? On peut lui dire qu'en Éthiopie, des enfants de 8 ans sont vendus par leurs propre parents pour 40$, afin de devenir des esclaves.
Enlevons nos oeillères, aidons les autres, et si nous avons la chance d'être heureux, répandons ce bonheur autour de nous.
Lorsque Alex Kovalev a réalisé mes rêves, il m'a dit : je t'ai rendu heureuse, maintenant c'est à ton tour de rendre quelqu'un heureux. Il m'a fait comprendre que la bonté c'est une chaîne humaine, on doit la continuer, répandre le bonheur. On a tendance à croire que les vedettes sont tous des gens égocentriques et déconnectés de la réalité. Mais c'est Alex Kovalev qui m'a donné la plus belle leçon de bonté dans ma vie.
Lorsqu'il a reçu ma lettre, il ne s'est pas dit que j'étais une « Fan » parmi d'autres. Il s'est dévoué pour me rendre heureuse, dans un geste de bonté de coeur. Il a agit, il a fait une différence dans ma vie, et il continue de me rendre heureuse ; et à notre tour, on peut aussi faire une différence dans la vie des autres.
Si on mettait autant d'énergie à aider les autres, a dénoncer l'injustice dans le monde, qu'on met de l'énergie à sauver le « pauvre concurrent » (!) qui risque de se faire éliminer d'une émission de Télé-Réalité ! La terre se porterait mieux.
On vit dans un monde fermé, fermé sur nous-même. On vit dans un monde froid et superficiel. Agissons !
Partout, partout autour de vous il y a des gens qui ont soif de votre aide, qui ont besoin de vous.
Les Pauvres, ce ne sont pas seulement ceux qui ont faim, c’est aussi ceux qui ont mal.
Le Pauvre, c'est cet enfant à qui on apprend la haine, cet enfant qui deviendra à son tour une personne intolérante, et qui enseignera la même chose à ses propres enfants.
Le Pauvre, ce n'est pas seulement celui qu'on nourrit le jour de Noël avec la Guignolée, il est là toute l'année, et il souffre.
Le Pauvre, c'est cette personne qui travaille 60 heures semaine pour se payer une voiture de l'année, une grosse maison, pour oublier sa vie vide.
Le Pauvre, c'est cette personne âgée qui passe ses journées seule alors que ses enfants l'ont oublié.
Le Pauvre, c’est cet enfant de l'hôpital St-Justine qui pour Noël, espère juste être vivant.
Le Pauvre, c'est celui qui a oublié ses rêves en grandissant.
Les Pauvres, c'est nous, qui fermons les yeux sur la souffrance des autres.
Ma résolution pour 2008, faire un petit geste, le plus petit qu'il soit, pour faire une petite différence dans le monde.
Je vous laisse sur une citation de Jean-Paul 2 :
« Comme pour l'esprit rien n'est trop grand, pour la bonté rien n'est trop petit. »

 

- Jocelle Cauvier