Les grands moments de ma vie Échiquéenne...   :-)


Le commencement...

Je me suis intéressé au jeu d'échecs assez jeune en voyant mes frères jouer ensemble. Mais ce fut au Cégep que j'ai commencé à jouer plus sérieusement en suivant les cours du fougueux Expert Paul St-Amand jr. Mon premier tournoi officiel fut le tournoi de l'Anglicane de 1992 (pendant la fête du Travail) où un ami du Cégep Sébastien Nadeau me proposa d'aller jouer avec lui. Comme premier tournoi, ce fut une catastrophe (0/4) et j'abandonne le tournoi, car me trouvant trop faible pour les compétitions. C'est Sébastien qui me piqua au vif (ha! l'orgueil) et c'est ainsi qu'à l'automne 1992 j'intègre le club d'échecs de Charny et je deviens un joueur très actif par la suite. De fil en aiguille, je commençais à m'intéresser de plus en plus aux règles de compétition et à l'arbitrage. Ma première expérience d'arbitrage fut le premier Championnat Ouvert de la Beauce en octobre 1994 et 1995 où je jouais le rôle d'arbitre adjoint.

 

Le baptême du feu

Mon premier tournoi officiel en tant qu'arbitre en chef fut le tournoi Bonne Année 1996 organisé par le club d'échecs de Charny. Comme premier tournoi j'ai dû faire face à un très gros litige. En 4e ronde, le meneur des Blancs ayant 3/3 a une position archi-gagnante. Soudain, j'observe la partie par hasard. Le meneur des blancs joue Cf2 et lâche momentanément la pièce (car c'est un coup perdant) et joue un autre coup, se lève puis va fumer à l'extérieur de la salle. Moi je quitte les lieux, car même en tant qu'arbitre, il ne faut pas interférer dans une partie sans réclamation à part quelques exceptions. Le meneur des noirs se lève et fait une réclamation à l'effet que le meneur des blancs avait joué Cf2 et qu'il avait lâché sa pièce. C'était vrai, je l'avais vu. Je vais voir le meneur des blancs et lui signifie la réclamation du meneur des noirs en lui disant qu'il devait jouer le fameux coup. Le meneur des blancs se fâcha et refusa de se conformer me disant que je n’étais pas un arbitre certifié et me lançant des insultes. Alors, ma réaction fut d'aller chercher Gaétan Lapierre (Arbitre Sénior qui me supervisait) et lui donner la responsabilité de régler le litige et moi je devenais témoin. Le meneur des blancs fut obligé de jouer le coup perdant Cf2 et la partie a continué et les noirs gagnèrent la partie. Ouf! Comme première expérience de tournoi, ce ne fut pas facile et je m'en serais passé.


Arbitre local

À l'automne 1996, je monte à Montréal suivre ma formation d'arbitre local avec l'arbitre International Yves Casaubon. Un résultat modeste mais qui me vaut quand même le titre. Serge Archambault suivit le cours avec moi, il est aujourd'hui Arbitre International. Et c'est ainsi que ma carrière d'arbitre commença officiellement, et exclusivement au club d'échecs de Charny ou je serai dans l'administration du club pendant plusieurs années jusqu'à sa fermeture en 2002 et sans oublier sous l'enseignement de l'arbitre Sénior Gaétan Lapierre. En plus de jouer au club de Charny, je jouais plusieurs tournois de fin de semaine dans l'est de la province; soit : Asbestos, Jonquière, Repentigny, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, Saint-Pacôme, Shawinigan, Sherbrooke, Thedford-Mines, Trois-Rivières, Valleyfield, Varennes et bien sûr Québec. J’ai plus de 500 parties de compétitions de jouées en ce moment en incluant les tournois semi-rapides cotés.


Arbitre Régional

En 2000, la FQE décerna un nouveau titre d'arbitre soit Arbitre Régional. Sous la supervision de Gaétan Lapierre lors du TBA2001, j'obtiens ce titre pleinement mérité. Je commençai alors à arbitrer des tournois à l'extérieur tel Rimouski. En 2002, ce fut mon dernier Tournoi Bonne Année car le club de Charny après plusieurs années de vache maigre ferma définitivement ses portes. Pendant 4 ans, mes activités d'arbitrage furent de beaucoup réduites à un tournoi par-ci par-là. En mars 2006, j’ai eu l’honneur d’être invité à être l’adjoint d’Yves Casaubon au Championnat ouvert de la Mauricie. Je remercie Jean Deschesnes et Roger Greiss pour avoir eu l’honneur d’arbitrer ce prestigieux tournoi qui est le plus gros en son genre au Canada soit en moyenne 300 joueurs. Je peux vous dire que ce tournoi est très exigeant comme arbitre. J’ai dû apprendre à travailler avec le logiciel d’appariement Swisssys 6, maintenant que je le maîtrise, je ne peux plus m’en passer.


Arbitre Senior

Suite à ma prestation au COM 2006, sous la recommandation d’Yves Casaubon, la FQE me demanda d’aller arbitrer le Championnat Ouvert du Québec 2006 à Montréal. Merci à mon copain Martin Bélanger qui m’a permis de réaliser ce projet en me permettant d’habiter avec lui chez son frère Jean à Montréal. Ce tournoi international était un très gros test pour moi en vue de l’obtention de mon titre d’arbitre Senior. J’étais supposément adjoint à Yves Casaubon mais dans les faits, Yves ayant d’autres engagements ailleurs, était que sporadiquement sur les lieux du tournoi. Donc, j’étais seul dans la fosse aux lions plus souvent qu’autrement. En 4e ronde, un litige hors du commun se produisit, une première mondiale, je vous jure que c’en était tout un. Voici la situation que j’ai écrit à Stéphane Escafre référence en arbitrage de la Fédération Française des Échecs, tiré du BAF 112 http://www.echecs.asso.fr/(jlxliuzkscoiip45zab4w355)/Arbitrage/Baf112.pdf



la techno jolie
Vive la technologie!!!???
Bonjour M. Escafre

Du 7 au 15 juillet 2006, j'ai arbitré le COQ (Championnat ouvert du Québec à Montréal au Québec) où un incident s'est produit (probablement une première Mondial je crois). Une nouvelle technologie était utilisée pour la notation des coups soit la technologie «Mon Roi» (http://www.monroi.com) le bidule Mon Roi permet de noter les coups de manière électroniquement (genre d'agenda électronique (PAM)) qui sont automatiquement retransmis à un ordinateur via antenne et l'ordinateur retransmet sur Internet en direct la partie qui peut être suivi partout dans le monde. Dans une partie où les deux joueurs utilisent un PCM (Personnel Chess Manager ou bidule Mon Roi), le PCM indique le nombre de coups, mais les coups blancs et pas les coups noirs. Alors, le meneur des noirs croyant avoir atteint son 40e coup de la cadence (c'est ce que le PCM indiquait 40 coups) prend tout son temps pour jouer son prochain coup et son drapeau tombe alors qu'il n'a en réalité que 39 coups de joués. Le meneur des blancs réclame le gain au temps. Le meneur des Noirs lui conteste disant qu'il a été floué par l'appareil et que la formation en anglais d'environ deux minutes qu'il avait eu et il n'avait pas compris grand-chose, car il est francophone (le technicien de Mon Roi est unilingue anglophone) et que c'était uniquement la 2e fois qu'il utilisait cet appareil et qu'il n'était pas très à l'aise avec le produit. Il aurait fallu qu'il fasse une autre manipulation du PCM pour qu'il constate qu'il lui manquait effectivement un coup, car on peut voir à l'écran les coups joués ou encore en mode comme sur une feuille de papier. Après une réflexion d'environ 10 minutes, en écoutant les arguments du meneur des noirs: barrière de la langue et tout... Ce problème n'aurait pas eu lieu sans cette technologie. Ma décision fut de redonner une minute aux Noirs pour compléter le 40e coup et 10 minutes aux Blancs de dédommagement et la partie continue. Le meneur des blancs logea un protêt, car il perdait sur l'échiquier et le comité d'appel confirma ma décision 3-0. Ma question est ma décision était-elle juste et équitable dans les circonstances? Merci!

J.-R. Boutin
Arbitre Senior
Québec, Canada

Bonjour Monsieur Boutin,
Votre message est plus un témoignage qu'une question. Vous soulevez un point intéressant. Le joueur ayant été perturbé par un élément extérieur, votre décision de rajouter du temps fait preuve de bon sens. Peut-être ma réponse sera-t-elle différente dans quelques années, quand tout le monde sera familier de cette notation électronique
Stéphane Escafre AI


Même Geurt Gijssen une référence mondiale en arbitrage aux échecs de www.chesscafe.com dans son édition de septembre 2006 de «An Arbiter's Notebook» dit que dans les circonstances j’avais eu une décision raisonnable. Et selon Yves Casaubon, la décision fut la moins pénalisante dans les circonstances. Dans mon expérience d’arbitrage, ce fut le pire litige que j’ai eu à trancher. J’étais très nerveux en attendant la décision du comité d’appel qui était formé de Richard Bérubé (AS) Pierre Dénommée (AI) et Hugh Brodie. À l’unanimité, ils ont confirmé ma décision. Quel soulagement, c’était la première fois qu’un comité d’appel se penchait sur l’une de mes décisions. Le COQ fut toute une expérience et tant qu’arbitre, mise à part une ronde, je crois que j’ai eu des litiges à toutes les rondes. À la suite de cette prestation comme arbitre au COQ, on me décerna le titre tant convoité d’Arbitre Senior en plus d’une norme d’arbitre National.


La rançon de la gloire!

Depuis l’arbitrage du COM et du COQ en 2006 cela me sortit de l’ombre et je suis demandé plus souvent comme arbitre d'autant plus que je suis équipé pour cela (logiciel, etc…). Je dois jouer dans un club, car les tournois auxquels j'avais l'habitude de participer en tant que joueur, j'y suis maintenant engagé en tant qu'arbitre et les organisateurs sont satisfaits de mes services. Voici la liste complète des villes ou j’ai exercé mes talents d’arbitre depuis l’obtention de mon titre de Senior en 2006: Chicoutimi (1), Montmagny (5), Montréal (2), Québec (14), Repentigny (1), Rimouski (4),Sherbrooke (1), Trois-Rivières (6), Varennes (1) et sûrement beaucoup d’autres à venir…



Un nouvel horizon

À l’été 2008, je fus demandé pour arbitrer le Championnat Jeunesse du Canada qui avait lieu à Québec dans le cadre du 400e de la ville. 161 jeunes de presque toutes les provinces étaient au rendez-vous (119 garçons et 42 filles). J’étais l’adjoint de Madame Ellen Nadeau Arbitre Nationale; une Franco-Ontarienne qui a beaucoup d’expérience dans l’arbitrage de tournois jeunesses. L’expérience fut enrichissante, d’autant plus que cela m’a permis de pratiquer mon anglais. C’était la première fois que je travaillais en collaboration avec une femme arbitre. En général tout s’est très bien déroulé avec elle. Elle me confia la supervision de la salle principale où s’exécutaient les meilleurs jeunes de 12 à 18 ans chez les garçons et de 10 à 18 ans chez les filles. Aussi, je m’occupais des systèmes informatiques. Il y avait beaucoup de talent surtout chez les garçons. Une erreur à l’inscription dans le classement d’un des joueurs et tout ce qui en découla assombrit quelque peu le tournoi. Malgré tout, ce fut une expérience emballante. Un fait cocasse des petites filles sous les 10 ans s’amusaient à faire des pyramides à côté de l’échiquier avec les pièces qui étaient retirées du jeu, il a fallu leurs enlever. C’était ma première expérience à titre d’arbitre d’un tournoi pancanadien. Je remercie Madame Ellen Nadeau qui m’a permis d’acquérir une nouvelle expérience d’arbitrage en travaillant en sa collaboration qui fut des plus bénéfique et agréable.

 

Une nouvelle étape

À l'été 2009, la FQE me demanda pour être l'arbitre en chef du Championnat Ouvert du Québec et responsable des deux sections cotées FIDÉ. Mon contexte personnel s'y prêtait bien. Une joueuse d'échecs de la Rive-Sud de Montréal me permit d'habiter chez elle pendant le tournoi, je l'en remercie beaucoup. Yves Casaubon n'ayant plus la santé pour diriger un si gros tournoi, j'ai été invité à prendre la relève. Yves était quand même là à titre protocolaire et précieux conseiller. C'était la première fois que je dirigeais une équipe d'arbitre et j'étais un peu nerveux. Je m'en suis très bien sortie et tout c'est très bien passé avec l'équipe composée de Louis-Philippe Amesse, Danny Goldenberg et Abdelhamid Kocheida qui étaient mes adjoints. Dommage qu'il y eu de fortes présomptions sur un match arrangé entre 2 GM, cela a quelque peu assombri la fin de tournoi. Cette expérience m'a valu une 2e norme d'arbitre National. J'ai même eu l'honneur de signer les papiers officiels de Shiyam Thavandiran, un Torontois, qui réussis sa première norme de MI; une première pour moi.

 

Arbitre National

À ma grande surpise lors de la réunion du Conseil Exécutif de la FQE du 16 janvier 2010. Le directeur général de la FQE proposa l'octroi de mon titre d'arbitre National suite à mes prestations aux deux COQ que j'ai arbitrés et le Championnat Jeunesse du Canada 2008. Et ce fut accepté. Le tout commença en novembre 2009 où dans la revue Échec+ il y avait une annonce à l'effet que j'animerais un stage d'arbitre local mais par J.-R. Boutin Arbitre National?? Je ne comprend pas et quelques jours plus tard je communique avec la FQE pour savoir ce qui en est. Et c'est là que l'on m'a annoncé la nouvelle. Je fut agréablement surpris d'apprendre la nouvelle. On m'avais toujours dit que cela prenait trois arbitrages du COQ pour l'obtention de ce titre. Cependant il faudra que j'attende que cela soit entériné par le CA de la FQE qui se réunira le 17 avril 2010. La FQE m'expliqua que dans les circonstances j'avais largement démontré mes aptitudes et talents d'un arbitre de haut niveau et que même la FQE avait de grand projet pour moi. Je fut très ému de cette décision car je m'y attendait pas du tout et que dans l'immédiat ce n'était pas un priorité pour moi. Je suis fier de ce nouveau titre. J'aime le travail d'arbitre et je me donne au meilleur de ma connaissance lorsque je suis en service.

 

L'élève devient Maître!

Depuis le départ d'Yves Casaubon pour le paradis, la FQE m'a donné le mandat de donner les stages d'arbitre local aux nouveaux élèves qui désire passer le cours. J'ai même participé à la réforme de l'examen. C'est ainsi que depuis 2008, j'enseigne l'art de l'arbirage aux échecs. Ce métiers est tres complexe et il y a beaucoup de choses qui évoluent au fil du temps. Vous trouverez ici la liste complète de tous mes gradués des mes stages d'arbitre: Diplomés

 

Arbitre FIDÉ

À l'été 2011 la Fédération Québecoise des Échecs en collaboration avec la Fédération Canadienne des Échecs, organise au Stade Olympique de Montréal, un stage d'arbitre FIDE de trois jours. Je me suis inscrit à ce stage avec 8 autres compatriotes arbitres. Le cours était animé par Dirk De Ridder AI. J'ai pu apprendre les rouages des tournois haut nivaut et les règles s'appliquant à la FIDÉ (Fédération International Des Échecs). À la fin, un examens avec une note de passage de 80% vérifie l'assimilation de la matière. J'ai trouvé le cours très intéressant et instructif. Personellement, j'ai trouvé l'examen relativement facile, peu-être à cause de ma bonne expérience comme arbitre. Après trois semaines d'attente j'ai finalement eu le résultat que j'attendais. J'ai passé l'examen. Donc, j'ai maintenant une norme d'arbitre FIDÉ (AF). À suivre... Je ne sais encore la suite des évènements car avec ma petite famille cela implique beaucoup de sacrifices. On verra comment l'avenir se dessine.

Conclusion

Voilà, c’était un résumé de ma vaste expérience en arbitrage aux échecs si cela peut vous aider à me connaître mieux. Ma principale carrière est l’informatique, mais j’aime bien de temps à autre, exercer mes talents d’arbitre dans les tournois. Même si parfois certaine personne trouve que je suis un peu trop zélé dans l’application des règles, les gens qui me connaissent et qui m’ont vu à l’œuvre, en général, apprécient ma manière de fonctionner en tournoi (efficiente). Les rondes commencent toujours à l’heure et les résultats sont affichés rapidement. J’ai aussi conçu un manuel d’instructions pour les logiciels SwissSys 7 et SwissSys 8 que j’ai donné à la FQE pour que tout arbitre voulant apprendre à utiliser ce logiciel puisse le faire. En terminant, je désire remercier le regretté Yves Casaubon, c’est beaucoup grâce à lui si je suis rendu où je suis comme arbitre et ça m'a fait toujours un immense plaisir de travailler en sa collaboration. Aussi, un gros merci à ma femme qui m'a toujours épaulé dans ma quête du titre de Senior

 

Moi en pleine action dans un tournoi (photo de J.-R. Duplessis)

page précédente