
Comme dans
tous petits villages l'Isle-aux-Grues n'échappe pas à la
règle, il existe plusieurs croyances et quelques
légendes .En voici une :
La légende du
bonhomme pas de tête :
Les habitants
de l'Isle-aux-Grues parlent encore du petit bonhomme qui
ne sortait que de nuit et ne parlait à personne. Il ne
suivait jamais la route, s'en allant léger comme un chat
sur le plein ou à travers les champs. On ne pouvait même
pas relever ses traces sur la neige fraîchement tombée.
Pendant une trentaine d'année, la présence de ce gnome
replet, vêtu d'un costume sombre, épouvanta les
insulaires, surtout les ivrognes et les batteurs de
femmes qui étaient ses victimes préférées ! Ils ne
s'attaquait pas souvent aux femmes et aux enfants.
L'église insistait sur le fait de donner des
messes aux âmes du purgatoire ce qui risquait de le
faire partir de l'île.
Louis Lebel,
un beau et brave homme, revenant un soir d'une soirée où
il avait fêté plus que d'habitude, aperçut le petit
bonhomme qui tenait sa tête dans sa main venant à sa
rencontre sur la côte. Lebel, figé par la peur, n'eut
qu'une minute pour décider de se défendre. Il commença bras-le-corp, mais il ne réussissait pas à retenir le
gnome tout d'une venue. Il tenta de l'assommer avec ses
poings, mais les coups ne portaient pas. Le petit homme
avançait toujours et Lebel dut se jeter en bas de la
côte, haute de plusieurs pieds. C'est là que les
villageois qui s'inquiétaient de son absence le
trouvèrent le matin étendu sur les saillies de tuff.
Par la suite,
même l'incrédule curé fut plus réservé en parlant du
farfadet et Lebel ne fit plus étalage de sa bravoure,
portant sur son visage les traces du combat. Quant au
gnome, on pense qu'il mourut en 1832, l'année du
choléra, puisqu'on ne le rencontra plus jamais après
cette terrible épidémie qui se répandit même dans les
lieux les plus isolés du Canada.