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Je l'ai
quittée un jour, mais pas elle. Elle na jamais
cessé de mhabiter. Pour moi, c'est là que
tout commence et que tout s'achève.
Jaime
entendre son battement, scruter son immensité, humer
le sel qui sen dégage. Jaime
me faire caresser par le vent du large. Jaime
regarder la lumière sur les bleus que le ciel déverse
sur elle.
Jaime
saisir avec mon appareil-photo le poudroiement de la lumière
sur la crête des vagues, les éclats du soleil de
midi à sa surface, la lumière tamisée des
brumes matinales, les eaux noires de ses tempêtes, l'ourlet
écumeux de ses vagues littorales.
Mon enfance
a été bercée par sa musique. La marée
n'a pas cessé de remanier la grève où j'ai
tracé mes premiers dessins et où j'ai recueilli
mes trésors d'agates et de pierres d'eau.
Et là
sur la grève, j'ai l'impression que mes pieds se transforment
en racines et qu'elles plongent vers mes origines.
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