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Le lundi 11 novembre 2002 |
L'un bouge, l'autre contemple
Régis Tremblay
Le Soleil
Québec
Il jongle avec des formes captées au hasard des villes, pour
fixer des vertiges citadins... Elle scrute les horizons lointains qui
baignent dans la mer, à l'affût d'un moment d'éternité...
Il assemble ses photos, telles des briques, pour construire des abstractions...
De ses vues sans fin, elle fait des absolus qui recréent la troisième
dimension...
Marcel Cloutier et Marilyn Verge
ne travaillent pas ensemble, pas plus qu'ils ne vivent ensemble. Ils sont
tous deux photographes et exposent simultanément, au foyer supérieur
du théâtre Petit-Champlain, sous l'égide de la galerie
Le Portal, Artour, jusqu'au 17 novembre.
L'un bouge, l'autre contemple. Qu'il déambule au centre-ville de
Montréal ou qu'il parte sur sa moto pour faire du camping sauvage,
Marcel Cloutier ne fait pas de photos statiques: sa caméra en mouvement
brouille les fenêtres des édifices ou les feuilles des arbres
pour en faire des traces lumineuses ou ombreuses, avec lesquelles il compose
des mosaïques éclatées.
Pas de trucages informatiques, pas de manipulations en chambre noire,
comme le montre sa vingtaine de photos coiffée du titre Derrière
les feuillages. Cloutier croit au geste définitif. Comme Marilyn
Verge, mais d'une autre manière...
Chez elle, ce geste sans appel n'a pas été posé dans la
frénésie du mouvement, mais dans le calme de l'attente. ´ Il
y a des lieux privilégiés que je fréquente, les bords de
mer surtout. J'attends que quelque chose se passe... ª déclare Marilyn
Verge, qui vit et travaille à Hull comme traductrice, mais qui
s'ennuie de Carleton, dans sa Gaspésie natale, et surtout de la mer.
Dans un beau texte accompagnant son exposition intitulée Instants
de mer, elle écrit : ´ La mer me manque... Je l'ai quittée un
jour, mais pas elle... Pour moi, c'est là que tout commence et que
tout s'achève...Je m'ennuie du poudroiement de la lumière sur
la crête des vagues, des éclats de soleil de midi à sa
surface, de la lumière tamisée des brumes matinales, des eaux
noires de ses tempêtes, de l'ourlet écumeux de ses vagues littorales...
ª
Après une enfance chicoutimienne
et une jeunesse québécoise, Marcel Cloutier est allé vivre
à Montréal, où il fait du repérage pour le cinéma,
la télévision et les messages publicitaires. Un métier
qui l'entraîne sur tout le territoire du Québec. Il y a une
dizaine d'années, après 30 expositions, Marcel Cloutier a laissé
de côté la photographie : ´ Je n'avais plus rien à dire
! J'ai attendu que mon regard se renouvelle, que l'horloge de ma vie fasse
quelques tours. Maintenant que j'ai accumulé des tas d'expériences
et de visions, je sens à nouveau le besoin de les communiquer par
la photo. C'est reparti ! Il est déjà question d'une autre expo,
l'an prochain... ª
Derrière les feuillages. Photographies de Marcel Cloutier. Instants
de mer. Photographies de Marilyn Verge. Foyer supérieur du théâtre
Petit-Champlain. Galerie Le Portal, Artour. Jusqu'au 17 novembre.
à
Photoprose
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