La municipalité de Franquelin se situe dans la région administrative de la Côte-Nord, dans la MRC de Manicouagan. Cette petite municipalité d'environ 350 Franquelinoises et Franquelinois se déploie sur une superficie de 530 kilomètres carrés. Franquelin a été édifié au pied des massifs rocheux des Laurentides, dont les impressionnantes falaises plongent dans la mer.
Le nom de la municipalité de Franquelin évoque Jean-Baptiste-Louis Franquelin, premier cartographe officiel de la Nouvelle-France. Il dressa la carte du Saint-Laurent en 1685. La municipalité de Franquelin voit le jour grâce à l'industrie forestière. Deux compagnies américaines s'établissent à Franquelin au début du XXe siècle, dont l'Ontario Paper Company, propriété du colonel Robert McCormick, qui deviendra plus tard la Quebec North Shore Paper Co. Le colonel avait besoin de papier pour approvisionner le Chicago Tribune et le New York Daily News dont il était également propriétaire. Ainsi, le canton de Franquelin est constitué en 1911. On commence alors à couper le bois, à le transporter jusqu'aux rivières à l'aide de chevaux et à le draver. On expédie ensuite le bois vers Thorold, en Ontario, puis vers Baie-Comeau à partir de 1937.
Les opérations de coupe et de transformation du bois nécessitent beaucoup de main-d'oeuvre, ce qui permet à la région de Franquelin d'être épargnée par la crise économique de 1929. Un petit monde relativement isolé y est ainsi créé. Il faut se souvenir que Franquelin n'était alors accessible qu'en été par la voie fluviale du Saint Laurent.
Dans les années 50, une révolution mécanique vient changer le visage de l'industrie forestière. Le travail devient mécanisé grâce aux inventions de Joseph-Armand Bombardier et à l'introduction des scies mécaniques. En 1959, l'épuisement des forêts à proximité de village a eu raison, entre autres, de la vocation forestière de la municipalité.
Il n'existe malheureusement que peu de données concernant la construction de la route 138, entre Tadoussac et Sept-îles. On sait que les travaux se sont échelonnés entre 1926 et 1960. Auparavant, on l'appelait la route 15.
À partir de 1943, la ville de Baie-Comeau se trouve reliée au réseau routier de la province de Québec en ouest. A l'opposé, elle se trouve cependant isolée de Sept-îles. Il n'existe aucune voie d'accès, si ce n'est par mer ou par les airs. Contrairement à ce qui s'est produit pour le développement de la route 138, de Tadoussac à Baie-Comeau, soit d'ouest en est, c'est à Sept-îles vers Baie-Comeau que progresseront les travaux d'aménagement de la route nationale.
En 1934, on trouve déjà une route carrossable entre Sept-îles et la rivière Moisie. On procédait au développement de lots de colonisation dans la baie de Sept-îles depuis 1921. A chaque année, on construisait des bouts de chemin pour permettre aux colons de se rendre à Sept-îles.
En 1945, avec l'aménagement d'une base d'hydravions au lac Rapide, tout ce tronçon de route devenait carrossable. Or, à cette époque, la compagnie Clarke, qui opérait un moulin à pâte à papier depuis 1908 à Clarke City, procéda à l'exploitation de ses concessions forestières jusqu'à la rivière-des-rapides. Pour récupérer le bois de pulpe et le transporter à son usine, elle construisit des chemins forestiers qui finiront par joindre la route reliant la base d'hydravions à Sept-îles.
Quelques années plus tard, cependant, entre 1950 et 1957, lors de la construction de la route 138 dans ce secteur, on évitera en partie ces bouts de chemin en suivant un tracé plus au nord da la baie de Sept-îles et de Clark City. Pour traverser la rivière Sainte Marguerite, on construisit une passerelle qui servira de pont sur le barrage érigé là-bas, en 1908, par la compagnie Clarke. Ce barrage est déjà relié par une route carrossable au village de Clark City. A l'ouest de la rivière, les travaux de voirie progressent normalement, malgré les obstacles, comme la côte des Jambons. Dès 1954, on atteint Shelter Bay, devenu Port-Cartier. En poursuivant les travaux vers l'ouest, la route est accessible à Pentecôte en 1956. On circule en automobile entre Pentecôte et Pointe-aux-Anglais ainsi que des Ilets-Caribou et Baie Trinité.
En 1957, à la suite de nombreuses réclamations des organismes et des citoyens de Sept-îles et de Port-Cartier, les travaux de voirie seront accélérés. Malgré les pires obstacles à surmonter pour terminer le tronçon jusqu'à Baie-Comeau, on parvient à se rendre à la rivière Godbout en 1958 et à rallier Franquelin l'année suivante. Il est possible à partir de ce moment de circuler en automobile de Franquelin à Sept-îles.
A l'automne de 1959, on entreprend de construire un pont sur la rivière-aux-Anglais près de Baie-Comeau, et, parallèlement, s'amorcent les travaux, dans les deux sens, pour relier Franquelin à Baie-Comeau. La jonction se fait au mois d'octobre 1960, dès lors, la route est ouverte entre Sept-îles et Baie-Comeau. Une Cérémonie marquera l'événement le 22 juillet 1961. Le ruban symbolique sera coupé au lac Potvin par les députés Lucien Bélanger, de Saguenay, et Henry Coiteux, de Duplessis.
Aujourd'hui, les résidents de Franquelin conservent la mémoire de cette époque. Le Village Forestier d'Antan, une reconstitution des installations d'autrefois, constitue un centre d'interprétation de la vie en forêt. On peut visiter divers bâtiments qui présentent de nombreux objets d'époque.