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Quand on parle de Colombier, on fait référence à trois zones : les Îlets-Jérémie, Canton-Latour et le village de Ste-Thérèse-de-Colombier.

Les Îlets-Jérémie était un poste de traite qui a été créé en 1650. Le nom vient de Noël Jérémie de Lamontagne un traiteur important de la Côte-Nord qui installe ce poste pour rejoindre les Amérindiens qui vivaient autour des rivières Bersimis, Outardes et Manicouagan. On appelait à l'époque les Amérindiens du coin, les Papinachois.

En 1735, on y construit une chapelle. C'est là que le Père Laure va dessiner une première carte intérieure de la Côte-Nord avec ses rivières et ses lacs dessinés à partir des commentaires des chasseurs.

En 1765, une nouvelle chapelle sera construite avec le Père Labrosse qui fera l'alphabétisation des Montagnais. La majorité des Amérindiens apprennent à lire et à écrire. Malheureusement, en 1840, le poste des Îlets-Jérémie est abandonné. L'église est déménagée du côté de la rivière Bersimis avec la venue de la compagnie de la Baie d'Hudson. On ferme définitivement le poste en 1860. ilets-jeremie2.jpg (35867 octets)Toutefois le site va renaître grâce à un colon Pit Fortin qui récupère l'autel et différents objets de la vieille église. Il garde ces objets dans son salon. En 1944, le curé de Colombier, le Père Gallant, décide de reconstruire la chapelle sur le modèle de celle de Tadoussac et récupère l'autel, la croix et les autres objets qu'il remet dans la nouvelle chapelle. Maintenant, c'est un lieu de pèlerinage important pour les Amérindiens et tous les pèlerins du Québec. La chapelle est consacrée à Ste-Anne.

 

Le deuxième site de Colombier, c'est Canton-Latour situé à proximité de Forestville. Cette zone apparaît vers 1910-1920 à cause de la surpopulation qui existe dans les villages agricoles comme les Escoumins, Bergeronnes, Sacré-Cœur. On installe une petite usine de sciage et l'agriculture complète comme moyen de subsistance des habitants. Le peuplement va augmenter progressivement jusqu'en 1940 et Canton-Latour sera pris en charge au niveau civil et religieux par Ste-Thérèse-de-Colombier.

Ste-Thérèse-de-Colombier est un cas de colonisation planifiée. En 1935, le gouvernement décide d'offrir une aide pour l'ouverture de la paroisse. Un groupe d'ouvriers vient préparer le village en construisant des maisons et en ouvrant un chemin. C'est l'année suivante que les familles s'installent. On ouvre la première école et le Père Gallant arrive en 1938. C'est un missionnaire eudiste et un excellent organisateur. Il se lance dans la construction d'une grande église, d'un presbytère et d'une salle paroissiale. C'est le père de Colombier et de Canton-Latour. Il est très actif et restera une quinzaine d'années. Il sera remplacé en 1951 par le Père Taillardat qui restera une bonne dizaine d'années.

Dans les années 50, la foresterie remplace l'agriculture. Les terres sont pauvres, loin des marchés de consommation et le matériel agricole coûte cher. Le village recèle de travailleurs et d'entrepreneurs forestiers, des "jobeurs" comme on les appelait.

Dans les années 60 et 70, on assiste à l'exil des jeunes vers les villes. Le village voit sa population vieillir et les gens qui y vivent travaillent à l'extérieur. On revient au village mais ce n'est pas sur place qu'on travaille.

Pierre Frenette, historien nord-côtier

 

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