
| |



Le rapport Rufin (Chantier sur la lutte conte le racisme et l'antisémitisme) a paru à Paris le 19 octobre 2004. Il attire l'attention sur l'antisémitisme qui n'a pas. selon lui. à être fondu dans le racisme ou la xénophobie en général. Le MInistre de l'Intérieur, de la Sécurité intérieure et des Libertés locales l'a jugé «personnel mais utile».
Jean Christophe Rufin est médecin et écrivain, ex vice-président de Médecins sans frontières, prix Goncourt. Non Juif, il a la posture de celui qu'Elie Wiesel appellerait un juste entre les nations. Sa voix détonante redonnerait confiance en l'esprit français : clarté et morale.
Chantier sur
la lutte contre le racisme et l'antisémitisme
Jean-Christophe Rufin, 19 octobre 2004
Texte intégral en PDF
Extrait (pp 28 à 31) : l'antisionisme
radical
L'antisionisme radical se rapprocherait de l'antisémitisme et cautonnerait
(sans le vouloir peut-être) la haine et le passage à l'acte.
Cette attitude est sinon légalement (on peut comprendre que le ministère
trouve la suggestion de le faire tomber sous le coup de la loi «personnelle»),
du moins moralement condamnable.
Dans un monde où on trouve souvent un peu d'antisémitisme dans son berceau (le mot est de Françoise Giroux) et où l'antijudaïsme dont l'Église s'est excusée publiquement ne s'efface pas d'une demande de pardon, dans un monde où l'Holocauste a eu lieu il y a à peine 60 ans, l'existence d'Israël est un devoir moral. L'oublier, le passer sous silence, aller à Jérusalem sans se recueillir à Yad Vashem (le mémorial de l'Holocauste), c'est prendre un parti pris : celui de l'oubli, de la négation, de l'unilatéralisme, de l'ignorance (ce terreau fertile de la haine). Ici «l'Enfer est pavé de bonnes intentions».
