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Nourrissant au fond de son coeur de coriaces
illusions et en proie à de longues espérances,
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le héros romantique ne marche pas, il
court, ne demeure pas, il voyage, mieux, il erre;
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c'est lui dont le galop au bord d'une falaise
fait retentir la nuit entre l'infini de la mer
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et celui du vent, lui encore qui, sous l'orage
violent, en appelle un autre d'une autre
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nature, lui que, dans les allées d'un
cimetière de campagne, enveloppé de sa cape
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noire, l'on voit déambuler à
l'occasion. Quand il part, c'est pour se rendre compte
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que les espaces indéfinis de la nature
ou les agitations des grandes villes
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ne sont rien face à une pensée
humaine, quand il revient s'enfermer
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dans une petite maison, c'est pour y raviver
des idéaux grandioses.
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Terriblement fort et tristement faible, fort
dans ses potentialités
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non entièrement réalisées
et faible dans son individualité
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sensible et sujette à ressentir
toutes les souffrances humaines,
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il pleure, larmes mélées de pluie,
dans un enthousiasme où toute ruine
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se transfigure en prédestination à
renaître, où une attente formidable fait de lui
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un être si semblable à nous, partageant
la condition humaine, en déréliction, mais
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osant encore mesurer la vie à l'aune
des idéaux. Parvenu au faît, il n'a de cesse que
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de le quitter pour y revenir et en repartir,
toujours en quête d'on ne sait quoi ou d'on ne sait qui.
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Se condamnant lui-même, ou condamné
par la vie (et par la mort des êtres chers) à une
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solitude réflexive non dépourvue
de sentiment esthétique, même
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«dans le désert de la foule»,
le héros romantique est accablé
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et soulevé d'une espérance toujours
déçue, mais
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savamment entretenue, jusqu'à la fin.
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Commentaire de Philosophie,
éducation, culture.