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Le combat contre la Ligue et le haut clergé
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Pour mettre fin aux horreurs
des guerres de religion, Henri IV accomplit, en signant l'Édit
de Nantes ou Édit de Tolérance, le geste le plus éclairé
de son temps.
Le magazine GOLIAS y consacre son numéro 58 (janv.- févr. 1998) repris par la Fédération protestante de France.
De son côté, l'Académie de Montpellier constitue une page d'histoire hyper-reliée à compléter par des lectures.
Appuyés sur la Bible, certains Protestants n'hésitent pas à dénoncer le catholicisme, parfois vu comme une idolâtrie; de son côté, adoptant une attitude d'ouverture, le pasteur Jean Tartier fait sien le voeu de l'Édit de Nantes de tirer un trait sur le passé.
La Révocation de l'Édit de Nantes par Louis XIV (Édit de Fontainebleau, octobre 1685) donnera lieu aux dragonnades et au «désert» (résistance cévenole) ; elle sera elle-même révoquée, un siècle plus tard, par Louis XVI (1787).
Une page consacrée au Colloque de Poissy par Philosophie, éducation, culture conclut sur l'appel à la tolérance de Bayle et de Voltaire.
NOTES

Le texte intégral de l'Édit
/ Démocratie et droits fondamentaux
Tirer un trait sur le passé:
«Que la mémoire de toutes choses passées d'une part
et d'autre, depuis le commencement du mois de mars 1585 jusqu'à
notre avènement à la couronne, et durant les autres troubles
précédents et à l'occasion d'iceux, demeurera éteinte
et assoupie, comme de chose non advenue». Début de l'Édit
de Nantes, 1598. Retour au texte.
«En apprenant le massacre parisien, Grégoire XIII avait ordonné d'allumer des feux de joie et de chanter un Te Deum! [...] Il fit même frapper une médaille commémorative.» Georges Bordonove, opus cit. Retour au texte.
Petite ville de la Haute-Marne. Lorsque
le duc François
de Guise se trouvait à Wassy, ville close, il apprit que des
calvinistes célébraient leur culte dans une grange voisine,
en violation de l'édit de Janvier. Il décida de les prier
de cesser. Bilan: 45 morts et 100 blessés parmi les calvinistes,
hommes, femmes et enfants. Retour au texte.

Déclaration d'ouverture du Colloque
de Poissy, le 9 septembre 1561, par le jeune roi Charles
IX [fils d'Henry II et de Catherine de Médicis, alors régente]:
«Messieurs je vous ai fait assembler de divers lieux de mon royaume
pour me donner conseil sur ce que vous proposera mon chancelier [Michel
de l'Hospital], vous priant de mettre toute passion bas, afin que nous
puissions en recueillir quelque fruit qui tourne au repos de tous mes sujets,
à l'honneur de Dieu, de l'acquit des consciences et du repos public».
Georges Bordonove, opus cit. Retour au texte.
Au Colloque de Poissy,
se rencontraient 6 cardinaux, plus de 40 archevêques
et évêques, et 24 théologiens du côté
catholique, et 12 ministres du culte protestant, assistés d'une
vingtaine de laïcs. C'est à Théodore
de Bèze, l'un des chefs de file du protestantisme français
(avec Navarre et Condé et sous l'autorité morale de Calvin
à Genève), en robe noire contrastant avec «les simarres
de soie violette ou pourpre», qu'il revint de déclarer: «Le
corps de Jésus-Christ est aussi loin du pain que le haut des
cieux est éloigné de la terre», entraînant
du côté catholique l'exclamation: «Blasphemavit!»
(Il a blasphémé!). Sources: Donald Nugent, Ecumenism
in the Age of the Reformation, Harvard University Press, Cambridge, 1974,
et Georges Bordonove, opus cit. Retour au texte.
En février 1564, sous le pape Pie IV, «le Concile de Trente venait de terminer ses travaux. Il avait proclamé articles de foi la présence réelle dans l'Eucharistie, la transubstantiation, le culte des saints, le Purgatoire et l'autorité suprême de l'Église romaine. Il excommuniait les hérétiques». Georges Bordonove, opus cit. chapitre V, p. 74. Retour au texte.
Gaspard
II de Châtillon, seigneur de Coligny, fut amiral de France en 1552.
Il était le fils de Gaspard I de Châtillon, maréchal
de France, et de Louise de Montmorency, soeur d'Anne de Montmorency, maréchal
de France; sa femme était Jeanne de Laval. Condé ayant perdu
la vie à Jarnac le 13 mars 1569, il fut le chef du parti protestant.
Sa mort calme et sans peur, lors du massacre
de la Saint-Barthélémy le 24 août 1572, honore
sa mémoire. Lors d'un voyage commémoratif du bicentennaire
de la Révolution française, en 1989, j'ai pu consulter certains
documents le concernant au petit musée du protestantisme, situé
dans un sobre temple du centre-ville de La Rochelle (alors appelée
la «Jérusalem maritime»). Il y eut 7000 morts à
Paris et 15000 en France. Henri de Navarre, prince du sang mais protestant
- comme son père Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, époux
de la reine de Navarre Jeanne d'Albret et frère du prince de Condé
- fut épargné, 6 jours à peine après son mariage
avec Marguerite de Valois. Retour au texte.
Les 6 cardinaux présents au Colloque
de Poissy étaient: les cardinaux de Lorraine, de Guise, de Tournon,
d'Armagnac, de Bourbon et de Châtillon. Merci à Stefanie Gaines,
de San Diego State University, pour cette précision.
Bordonove mentionne seulement 5 cardinaux [opus cit., p. 54], omettant
probablement le cardinal de Tournon. Tournon, aussi vieux qu'attaché
aux traditions(il avait tenté de faire pendre Rabelais
en 1537), s'était en effet retiré de la séance restreinte
du 26 septembre, mais n'en était pas moins le président du Colloque.
Bordonove mentionne aussi seulement 36 évêques au lieu des
41 évêques cités par Nugent [Donald Nugent: Ecumenism
in the Age of the Reformation, Harvard University Press, Cambridge,
1974], prenant acte du fait que 5 évêques s'opposèrent
à écouter les protestants - bel exemple d'ouverture
au dialogue. Voir la page consacrée au Colloque
de Poissy sur Philosophie, éducation, culture.
Le
Maréchal Anne de Montmorency fut sujet, quant à lui, à
une violente manifestation psycho-somatique d'intolérance,
rendu malade du fait de d'entendre exposer une opinion contraire à
la sienne, ce qui déclencha le soir chez lui "des coliques
et une crise de goutte" [Nugent, opus cit. p. 84 - il s'agissait
de la séance conjointe États généraux de Pontoise
et Colloque de Poissy du 27 août à Saint-Germain-en-Laye,
et l'objet de sa sainte colère était Jacques Bretagne,
délégué du Tiers État, maire d'Autun,
qui avait ouvertement critiqué le clergé pour son avarice
et pour avoir caché le texte des Évangiles. "Qu'on le
pende sur le champ", s'était écrié Montmorency].
La morgue du Haut-Clergé et des grands seigneurs catholiques, habitués
au primat de la force, ne les prédisposait guère à
l'ouverture d'esprit, au dialogue et à la tolérance - leur
responsabilité dans les guerres de religion est indubitable. Montmorency
fut ultérieurement remplacé par son neveu, l'Amiral
de Coligny, protestant, qui sera assassiné
lors du massacre de la Saint-Barthélémy, onze ans après
le Colloque de Poissy.
Note sur Charles IX : Charles IX protégera l'Amiral
de Coligny avant d'ordonner sa mort et celle des protestants lors de la
Saint-Barthélémy: "Qu'on les tue, qu'on les tue tous",
se serait-il finalement écrié, dans un hurlement, devant
l'insistance de Catherine de Médicis. C'est dans la cour du Louvre
que furent assassinés des gentilhommes protestants sous ses yeux
: "Ces malheureux, de la cour, adressaient à cette fenêtre
les appels les plus pathétiques, et ne trouvaient dans le roi, dans
leur hôte, dans ce magistrat de la justice commune, que l'oeil sauvage,
égaré, furieux, d'un misérable fou." (Michelet).
Retour au texte.
Page reliée à l'Encyclopédie Voltaire des droits de l'homme
qui sera située au Château de Ferney
à l'initiative de Robert Badinter
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PHILOSOPHIE, EDUCATION, CULTURE