
Borges, Artaud, Michel Tournier, Baudelaire,
LA LOI MORALE
«Les dix
Commandements ne sont pas imposés arbitrairement par un seigneur
tyrannique. Ils ont été écrits dans la pierre ; mais
avant cela, ils ont été écrits dans le cœur de l'homme
comme la loi morale universelle, valable en tout temps et en tout
lieu.» Jean-Paul II, au Mont Sinaï, 26 février 2000.
![]()
"Écoute Israël [...] tu aimeras Yahvé ton Dieu de tout
ton coeur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir. Que ces paroles,
que je te dicte aujourd'hui, restent dans ton coeur!" (Dt 6, 4-7). Ces
paroles, que le juif pieux répète chaque jour, retentissent
également dans le coeur de chaque chrétien. "Écoute!
Que ces paroles restent dans ton coeur!". On ne peut vouloir rester fidèles
à Dieu si l'on n'observe pas la Loi. Être fidèles
à Dieu, par ailleurs, signifie également être fidèles
à soi-même, à sa nature authentique et à ses
aspirations les plus profondes et irrépressibles. Jean-Paul
II, du Mont Sinaï au Mont des Béatitudes, 1 mars 2000.
![]()
«Chaque
jour vous dites sans scrupule : " faites le bien, évitez le mal,
aimez Dieu, nous avons une âme immortelle " sans savoir ce que c'est
que le bien et le mal, sans jamais avoir vu Dieu, sans savoir s'il existe,
et vous en rapportant à la foi d'un vieux prêtre radoteur
qui, comme vous, n'en savait rien ; pour l'âme, vous en êtes
sûr, convaincu, persuadé, vous donneriez votre sang pour elle,
et qui vous l'a démontrée ?» Gustave
Flaubert, Smarh.
![]()
![]()
«Dieu est peut-être mort.»
![]()
![]()
![]()
«Si l'existence de Dieu, si l'immortalité de l'âme n'étaient
que des songes... Elles seraient encore la plus belle de toutes les conceptions
de l'esprit humain.» Maximilien Robespierre, Sur les rapports
des idées religieuses et morales avec les principes républicains
et sur les fêtes nationales, rapport présenté à
la Convention le 7 mai 1794 (18 floréal, an II). Cité par
Max Gallo, in L'Homme Robespierre: histoire d'une solitude, Librairie
académique Perrin, 2ème édition 1989, p. 295.
«Le soupçon que les catégories de Dieu peuvent ne pas
être celles du Latin n'effleure même pas la scolastique».
Jorge Luis Borges (à propos des universalia ante res, in
rebus,
post res).
«Il n'y en a plus, de ces artistes comme autrefois, de ceux dont
la vie et l'esprit étaient l'instrument aveugle de l'appétit
du Beau,
organes de Dieu par lesquels il se prouvait à lui-même.
Pour ceux-là le monde n'était pas ; personne n'a rien su
de leurs douleurs ; chaque soir ils se couchaient tristes, et ils regardaient
la vie humaine avec un regard étonné, comme nous contemplons
des fourmilières.»
![]()
« Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage,
«Mais il
y a un comique cosmique: celui qui accompagne l'émergence de l'absolu
au milieu du tissu de relativités où nous vivons. C'est
le rire de Dieu. Car nous nous dissimulons le néant qui nous
entoure, mais il perce parfois la toile peinte de notre vie, comme un récif
la surface des eaux.» Michel Tournier, Le vent paraclet.
«Tu vis,
sans même avoir épelé la première
«En cherchant
l'oeil de Dieu, je n'ai vu qu'une orbite
«Comment
connaître la douleur si je ne peux pas la voir? Il se trouve que
je la connais déjà! Comment? par la douleur elle-même,
c'est ça qu'on appelle la vie. C'est le fait que, à cette
question sans solution, sur le plan de la pensée, la réponse
a toujours déjà été donnée. Et c'est
ça qui va s'appeler Dieu ou la vie dans les monothéismes.»
Michel Henry, La crise
du monde actuel comme oubli de la vie, Philagora, Montpellier, 17 mai
1998. Philagora consacre
plusieurs pages à Michel Henry, dont Le
corps vivant.
DIEU SEUL EST CE QUI N'OBÉIT
PAS

Avertissement
_____________________.___________
Les petits poissons argentés
La réponse des petits poissons était:
Alors j'ai écarté la mer
Je le leur redis une fois, je leur dis une seconde
Je pris une bouilloire neuve
Mon coeur fit hamp, mon coeur fit hump
Un, qui mit la tête dehors
«C'est pour voir si tu les réveilles,
Dodu Mafflu haussa la voix jusqu'à hurler
en déclamant ces trois derniers vers,
Celui qui n'est pas ne sait pas
C'est à celui qui est à savoir
Lorsque l'être est ce qui s'effrite
Jamais plus tu ne seras quitte,
Les poissons de la mer sont morts
Dieu seul est ce qui n'obéit pas,
Ils souffrent ni vivants ni morts.
Mais enfin les obéissants vivent,
Ils vivent et n'existent pas.
Pourquoi? Il faut faire tomber la porte
L'Être est celui qui s'imagine être
Mais tout petit poisson le sait!
Il y eut une longue pause.
Antonin Artaud, «L'Arve
et l'Aume: tentative anti-grammaticale contre Lewis Carroll», in
Oeuvres
complètes, tome IX, Gallimard, Paris, 1971, 298 pages, pp 169-172;
adaptation libre du chapitre VI de La traversée du miroir,
de Lewis Carroll.
PHILOSOPHIE, EDUCATION, CULTURE
citations / auteurs
/ méga-bibliothèque
page modifiée le 10 mars 2008