Peter Frost

Anthropologue
Doctorat en anthropologie, Université Laval (1995)

Hi ! Je détiens un doctorat en anthropologie de l'université Laval, ayant terminé mes études en 1995. Depuis ce temps-là, mon appartenance au monde académique se limite à des contrats pour un groupe de recherches, d'abord intitulé le Groupe d'études Inuit et circumpolaires (GÉTIC) et ensuite le Centre interuniversitaire d'études et de recherches autochtones (CIERA). En général, il s'agit de la traduction ou de la révision des textes scientifiques, à l'exception d'un seul contrat pour résumer la littérature portant sur la génétique des Inuit du Labrador. Dernièrement, j'ai reçu une invitation pour étudier la perception du visage à l'université de Saint-Andrews, en Écosse. Ce projet est sur la glace pour le moment.

Mes propres recherches portent sur la différence de teint entre la peau féminine et la peau masculine. En bref, les femmes sont plutôt pâles et les hommes rouges-bruns, car ces derniers possèdent plus d'hémoglobine et de mélanine dans les couches supérieures de la peau. Je m'intéresse surtout aux perceptions psycho-sociales à l'égard de cette différence sexuelle, surtout dans les rapports femmes-hommes mais aussi dans le développement historique des préjugés contre la peau foncée. Ces recherches ont suscité un certain intérêt chez des scientifiques au fil des années, surtout en raison d'un article rédigé avec Pierre van den Berghe. Mais en dehors du monde universitaire, il y a eu peu de retentissements, sauf un article rédigé dans le National Post par le journaliste Steve Sailer.

Par la suite, ce sujet m'a amené à l'énigme de la pigmentation européenne, c'est-à-dire cet ensemble de traits fortement visibles qui se retrouvent presque uniquement chez les Européens. Comment expliquer la gamme large de couleurs des cheveux, la gamme également large de couleurs des yeux, ainsi que le blanchissement maximal de la peau ? Ces particularités européennes constituent une énigme, d'autant plus qu'elles ne proviennent pas d'une même cause génétique. La couleur des cheveux s'est diversifiée avec la multiplication des allèles du gène MC1R et la couleur des yeux avec la multiplication des allèles d'un autre gène, OCA2. Quant à la peau, elle s'est blanchie par l'entremise d'autres gènes encore, comme AIM1. Ces particularités ne partagent pas non plus une fonction commune, sauf celle de colorer visiblement la surface corporelle, surtout le visage et son encadrement.

Jusqu'à récemment, la principale explication était que tous ces gènes, même MC1R et OCA2, influent sur la pigmentation cutanée et, de ce fait, auraient joué un rôle dans le blanchissement de la peau européenne. Ainsi, à mesure que les humains modernes se sont éloignés de la zone tropicale, la pression de sélection favorisant la peau foncée se serait relâchée, devenant alors moins efficace pour éliminer tout allèle défectueux. Il y aurait eu, en conséquence, une prolifération des allèles du type « perte de fonction » chez les gènes MC1R et OCA2. Ainsi se serait diversifiée la couleur des cheveux et des yeux, en raison d'un affaiblissement de la sélection pour la peau foncée ... comme un effet secondaire.

Cependant, deux études ont démontré qu'il faut presque un million d'années pour produire par relâchement de sélection la diversité de couleurs des cheveux et des yeux qui se constate actuellement en Europe. Pourtant, les humains modernes occupent l'Europe depuis 35 000 ans à peu près. Il est également à noter que la pigmentation de la peau ne semble pas réduite par les nombreuses combinaisons possibles d'allèles de MC1R et d'OCA2, sauf celles produisant les cheveux rouges ou les yeux bleus.

Et si, au lieu d'un relâchement de sélection, on supposait une sélection positive pour la peau blanche ? (afin de faciliter la synthèse de vitamine D, par exemple). Cela résoudrait le problème du manque de temps, mais pas celui du nombre d'allèles de MC1R et d'OCA2, certes pas la diversité allélique qu'on constate actuellement. Il y aurait simplement une sélection pour un seul allèle aux dépens des autres, soit celui qui réduit de façon optimale la pigmentation cutanée. Et rappelons encore une fois : parmi les nombreuses permutations de ces allèles, ce n'est qu'une minorité qui blanchit visiblement la peau. Alors, l'énigme européenne demeure entière.

Là-dessus, j'ai rédigé deux articles. Le premier s'est fait remarquer à peine, mais le deuxième a attiré l'attention de The Sunday Times (London) qui l'a résumé sous le titre accrocheur de "Cavegirls were first blondes to have fun." Cette nouvelle a été reprise par des journaux depuis le Brésil jusqu'à la Corée du Sud, dont des médias canadiens comme The National Post, The Discovery Channel, The Edmonton Journal, The Regina Leader Post, The Brandon Sun, The Toronto Star, The Ottawa Citizen et The Gazette. Dans la presse francophone, rien n'a paru de ce côté de l'Atlantique. En France, il y a eu un article dans L'Express.

J'espère que ce site vous plaira, même si sa version française reste inachevée. Envoyez-moi vos commentaires.

Evo and proud! (Évo et fier de l'être !) Mon blogue anthropologique. Je compte y contribuer un essai chaque mois.
Femmes claires, hommes foncés. Les racines oubliées du préjugé de couleur
(en anglais)
La différence de teint entre hommes et femmes et son rôle dans la construction de la couleur de la peau en tant que marque raciale et ethnique.
Pourquoi les Européens ont-ils tant de couleurs des cheveux et des yeux ?
(en français)
Un résumé ainsi qu'une mise à jour de mon article paru dans Evolution and Human Behavior.
Pourquoi les Européens ont-ils la peau si blanche ?
(en français)
Une suite de l'article ci-dessus. Je discute du rôle possible de la sélection sexuelle en façonnant la couleur de la peau et autres caractères physiques des Européens.
Diverses publications
(en anglais et en français)
Articles que j'ai rédigés, mais maintenant difficiles à trouver en ligne ou dans une bibliothèque universitaire.
Curriculum vitae
(en anglais)
Mes coordonnées, mes intérêts de recherches, ainsi qu'une liste de mes publications
Oeuvres littéraires
(en anglais)
Mes écrits pour le Quebec Writers' Circle, la Quebec Art Company et l'Église-unie Chalmers-Wesley.