Jésus est le Messie partie A

JÉSUS

est le Messie

 

Les boiteux marchent

                                       Les sourds entendent                                         Les aveugles voient  

 

                                                         Traduction : Cathy Brenti

  Édition originale:

Jesus es el Mesias, Publications Kerygma, 1989, Mexico

                                                          IMPRIMI POTEST

             RAYMOND SAVARD m.s.c.

Supérieur provincial

  Imprimatur:

Nicolas de Jesus  Lôpez Rodriguez

Archevêque de Saint-Domingue, R.D.

15 mars 1989

 

Ouvrage du même au teur:

Jésus a fait de moi un témoin,

Illustration de couverture : Enluminures françaises du X111e siècle du Maître Ermengol de Béziers intitulées le Bréviaire d’amour, représentant trois miracles du Christ, conservées à la Bibliothèque Royale de 1’Escurial. Photo de l’ Agence Giraudon.

 

TABLE DES MATIÈRE

 

PRÉSENTATION

                                                                                                                                   

INTRODUCTION                                                                                    

                                       I - ES-TU LE MESSIE                                                                                                                          

1- Les aveugles recouvrent la vue                                                                                         Les boiteux marchent                                                                                                       3 - Les sourds entendent                                                                                                      4 - Les lépreux sont purifiés                                                                                                                                                                                                                                                    
5
- La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres

   Conclusion                                                                                                     .
                                                               

                                       Il -      LA GUÉRISON INTÉRIEURE                  
                                       III.
    JÉSUS EST VIVANT                                   
                                      IV
-     INTERVIEW DE L’ AUTEUR

                                       V -     LA NOUVELLE ÉVANGÉLISATION                                                      

                                                              1 - Nouvelle dans son ardeur            
                                                              2
- Nouvelle dans sa méthode            
                                                              3
- Nouvelle dans son expression       
                                                              4
- Nouvelles façons d’évangéliser 

                                                              5 - La Nouvelle Évangélisation est intégrale .                                                                                                                                                                                                                                                         6- La Nouvelle Évangélisation, oeuvre de l’ Esprit                                                                7 - De nouveaux évangélisateurs       
                                                               8
- Nouvelle stratégie                           
                                                                  Conclusion

Présentation

C’est en 1985 que nous avons commencé à préparer ces pages. Nous ne cessions de sélectionner et de classer avec beaucoup d’attention les meilleurs témoignages et lettres que nous recevions.

Je fus un jour invité à prêcher une série de retraites au Venezuela.

En partant de chez moi, j’avais pris avec beaucoup de précaution ma sacoche contenant une trentaine de beaux témoignages très intéressants de guérisons de ces dernières années, dans l’intention de la remettre à mon compagnon de prédication, avec qui j’allais en même temps écrire mon nouveau livre. Nous prêchâmes d’abord une retraite pour prêtres à Los Teques  puis une pour des leaders du Renouveau Charismatique. Le dernier jour, l’archevêque de Barquisimeto nous conduisit dans sa voiture à Caracas dans un stade où se trouvaient réunies plus de dix mille personnes venues écouter la Parole du Seigneur. Nous avons prêché dans une atmosphère de grande fer­veur et de recueillement. La foi de ces gens était telle que des guérisons commencèrent à s’opérer avant même que nous entamions la prière de guérison.

A la fin, nous étions fatigués mais aussi très contents, dans cette région où est encore très vivante la figure du libérateur Simon Bolivar qui avait déclaré: “ Je ne prendrai point de repos jusqu’à ce que mon peuple soit libéré ” En sortant du stade pour aller nous reposer, nous nous sommes rendu compte que des voleurs avaient ouvert la voiture et avaient emporté toutes nos affaires :  ma sacoche avec tout ce qu’elle contenait, mon portefeuille avec mon passeport et mes billets d’avion. Tout avait disparu.

Sans conteste, ce qui nous fut le plus dur fut d’ avoir perdu la chemise contenant les témoignages si précieux. Je dis alors au Seigneur : “Seigneur, si tu veux que nous écrivions ce nouveau livre, tu vas accomplir plus de guérisons. On peut perdre de tels témoignages, mais toi on ne peut te perdre.” Les pages qui suivent sont une réponse du Seigneur à cette prière, mais elles sont surtout un témoignage de ce que Dieu accomplit dans le monde qu’il aime tant. On ne l’a pas perdu, au contraire, il semble que se sont multipliés les signes, les prodiges et les miracles qui ac­compagnent la proclamation de la victoire du Christ Jésus sur le péché et la mort. Le Seigneur Jésus ne prend point de repos tant que son peuple n’est pas complètement libre : libre du péché et de la mort, libre de l’oppression et de la captivité.

Emiliano Tardif M.S.C.

Saint-Domingue, République Dominicaine,

En la fête de l’ Annonciation, le 25 Mars 1989.

 

Introduction

Jésus est le Messie et nous ne devons pas en attendre un autre. En lui s’accomplissent les signes prophétiques qui iden­tifient le Messie, sauveur de ce monde. Il n’y a pas d’autre nom donné aux hommes pour qu’ils soient sauvés. Il n’y a pas d’autre médiateur entre Dieu et les hommes que Jésus-Christ, le Seigneur, qui a tout pouvoir dans    le ciel et sur la terre et a été envoyé à son Église pour annoncer la Bonne Nouvelle du salut et instaurer le Royaume de Dieu. Ces pages nous plongent dans l ‘Évangile, qui est le même hier, aujourd’hui et toujours, montrant comment Jésus res­suscité ne cesse de donner des preuves qu’Il est vivant et qu’Il donne la vie à ceux qui croient en son nom.

Enfin, je dois confesser qu’à chaque page nous avons cherché à nous centrer sur Jésus et Jésus seul, et sur personne d’autre. Nous avions tant d’éléments et parfois tant de manifesta­tions de reconnaissance que nous devons souligner comme un principe ce que, ça et là, nous répéterons à chaque page: le père Emiliano n’est que le petit âne du Dimanche des Rameaux qui porte Jésus partout. Le ministère du père Emiliano Tardif est comme le doigt de Jean-Baptiste qui nous indique avec clarté: “Jésus est l’ Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.” Gardons donc les yeux fixés sur Jésus, et Jésus seul. Ne regardons pas le père Emiliano mais bien plutôt celui qu ’il regarde : Jésus, le Messie, qui ne cesse de manifester aujourd’hui les signes qui l’identifient comme le Messie annoncé pour sauver ce monde. Le monde d’aujourd’hui n’a pas besoin d’un nouvel Évangile, mais bien plutôt d’une nouvelle évangélisation avec la puissance de l’ Esprit Saint, accompagnée de guérisons et de miracles, qui montrent la victoire du Christ Jésus sur le péché, la maladie et la mort.

  José H. Prado Flores Guadalajara, Jal., le 25 mars 1989.

 

ES-TU LE MESSIE?

(Lc 7, 18-23 ; Mt 11, 2-6)

Chaque jour augmentait le désir de libération du peuple d’Israë1. Les fils de Jacob rêvaient au jour où apparaîtrait le descendant de David qui conduirait le peuple dans la justice et la liberté. La domination impérialiste de Rome faisait monter des cris vers le ciel pour qu’apparaisse le nouveau Moïse qui libèrerait le peuple des griffes des aigles romains, dont les étendards flottaient sur la Tour Antonia. Le peuple, chargé des rameaux verts de l’espérance, était prêt à accueillir celui qui vient au nom du Seigneur. C’est alors qu’une voix puissante rompit le silence du désert aride de Judée. Jean-Baptiste devint l’étoile la plus brillante de la scène religieuse d’Israèl. De la capitale descendaient vers le Jourdain des soldats, des scribes et des autorités religieuses qui venaient entendre Jean et se faire baptiser par lui. Son visage prit si rapidement de l’importance qu’il fit surgir une fois de plus l’inquiétante question:  “Ne serait-ce pas le Messie par hasard ?“

Jean confessa la vérité qui en détrompa beaucoup: “Moi, je baptise dans l’eau. Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas, celui qui vient derrière moi dont je ne suis pas digne de délier la courroie de sandale” (Jn 1, 26-27). Pour accroître encore la désillusion, sa voix fut rapide­ment réduite au silence par Hérode dans un cachot du palais royal. Une fois de plus les espérances d’Israël se voyaient anéanties et il ne restait plus qu’à attendre et attendre encore la venue du Seigneur. Jean était la voix.., mais qui serait la Parole? - Jean était l’ami de l’époux... mais quand apparaîtrait l’époux pour qu’on puisse célébrer la noce avec le vin nouveau de l’allégresse? - Jean était le témoin de la lumière... mais quand se lèverait le jour nouveau qui ne connaît pas de couchant?

Très vite, de la Galilée fertile et précisément d’un petit village, Nazareth, apparut un homme appelé Jésus que tout le monde suivait et écoutait. Il faisait tout bien. Il ne prêchait pas comme les scribes ni les pharisiens ; il était doux et humble de coeur et il parlait d’un Royaume de justice et de paix. L’attente grandissait par rapport à lui. Quelques-uns pen­saient qu’il était Elie ou Jérémie ou un prophète de plus. D’autres pensaient que Dieu avait visité son peuple. Jean, cousin de Jésus, savait certaines choses que les autres igno­raient. Le Baptiste se rendait compte que son parent était le modèle annoncé par les prophéties messianiques: Fils de David: Selon la prophétie de Nathan, un fils de David s’assiérait pour l’éternité sur le trône d’Israèl (2 S 7, 13-14). Jean savait que les ancêtres de Jésus appartenaient à la Maison royale de David...

- Né d’une vierge : Le signe donné par lsaïe à Achaz était que d’une jeune fille naîtrait celui qui serait l’Emmanuel Dieu avec nous (cf. Is 7, 14). Cette vierge était sa cousine Marie. Né à Bethléhem Michée avait assuré que le Messie naîtrait à Bethléhem (cf. Mi 5, 1-3). Alors que tout le monde supposait que Jésus était de Nazareth et que pour cette raison on l’appelait “le Nazaréen”, Jean savait qu’Il était né à Bethléhem et qu’ainsi s’accomplissait la prophétie. -Il se nommait “le fils de l’homme”, faisant écho à la prophétie de Daniel (cf. Dn 7, 13-14).

-Son nom, Jésus, reflétait l’idéal messianique décrit par Jérémie (cf. Jr 23, 6). Oint par l’Esprit: Jean avait été le témoin le plus proche quand, dans les eaux du Jourdain, l’Esprit de Dieu s’était posé sur Jésus et l’avait rempli de sa puissance, comme l’avait entrevu le prophète Isaïe (Is 11, 1-2). En Jésus s’accomplissaient chacune des prophéties, mais il manquait quelque chose que Jean ne pouvait constater depuis sa prison: les signes que le prophète Isaïe (Is 35, 5-6) avait décrits comme révélateurs des temps messianiques. Alors s’ ouvriront les yeux des aveugles, S’ouvriront les oreilles des sourds; Alors le boiteux bondira comme un cerf, Et la langue du muet criera sa joie.

Pour qu’on y voit plus clair, Jean envoya alors deux de ses disciples pour qu’ils puissent se rendre compte par eux-mêmes. Le Baptiste voulait avoir la réponse à la ques­tion fondamentale de l’histoire, mais surtout il voulait que ses disciples constatent la vérité. De fait, voici ce que fut l’enseignement le plus important du Précurseur: “Ne croyez pas parce que je vous le dis. Allez et rendez-vous compte par vous-mêmes “. La question était double: “Es-tu celui qui doit venir...?”  Si tu l’es, montre-le. Ne nous mène pas en bateau. Il ne s’agit pas de paroles. Beaucoup sont venus disant qu’ils étaient ceux qu’on attendait, et on en a tué quelques-uns ; d’autres ont échoué dans leur intention libératrice. Quel signe nous apportes-tu pour prouver que tu es bien le Messie? “...ou devons-nous en attendre un autre ?” Serons-nous toujours des pélerins qui n’arriveront jamais à la Terre Promise ? Allons-nous continuer à implorer sans cesse pour que les cieux nous envoient le Sauveur de ce monde? Ces questions résument la pensée et le sentiment d’Israël:  Nous avons déjà parcouru le chemin de l’histoire. On nous a déjà fatigué de faux messianismes. Devons-nous continuer à attendre sans espoir? Va-t-il y en avoir encore beaucoup à vouloir s’attribuer le titre de “Oints” pour venir instaurer le Royaume de justice, de joie et de paix ? Devons-nous continuer avec notre lampe à huile, jusqu’à ce qu’apparaisse le soleil de justice avec la guérison dans ses rayons? Nous en avons assez maintenant. Tant ont usurpé ce titre glorieux et nous doutons de quiconque prétend être le Mes­sie. Nous ne serons plus si naîfs, tant que nous n’aurons pas vu d’abord s’accomplir les oracles des prophètes et se révéler les signes de l’authenticité. Montre-nous donc les traits qui identifient le Messie, pour qu’il ne nous reste plus aucun doute et que nous puissions nous en remettre sans condition à toi. Si tu es le Messie, alors nous te suivrons et te livrerons toute notre vie. Jésus les écouta, ne leur répondit pas en paroles, mais par des actes :  guérissant les malades, libérant les démoniaques, purifiant les lépreux, faisant se lever les paralytiques et ressuscitant les morts. 

C’était enfin l’accomplissement de l’ère messianique décrite par Isaïe : L’Esprit du Seigneur est sur moi, car le Seigneur m’a donné l’onction, il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres,  panser les coeurs meurtris, annoncer aux captifs la libération et aux prisonniers la délivrance, proclamer une année de grâce de la part du Seigneur. (Is 61,1-2). Ce texte est celui que Jésus avait choisi pour montrer son programme d’action, et Il l’avait proclamé dans la synago­gue de Nazareth (cf. Lc 4, 18-19). Ainsi semblait-Il vouloir dire: “Si je peux accomplir cette parole de l’Ecriture, c’est que je suis le Messie...”.  Ce n’était pas que pour cette époque-là, mais bien pour tout homme de toute époque. Si Jésus aujourd’hui répond à ce modèle, cela signifie qu’Il est le Messie annoncé par les prophètes, celui que les nations attendaient et le Sauveur du monde. Quant à moi, parce que je suis son disciple, je veux rendre témoignage que Jésus est le Messie, parce qu’en lui s’ac­complissent aujourd’hui les signes qui le montrent comme tel. Partout dans le monde, Jésus continue de manifester qu’Il est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Rempli de la puissance de l’Esprit Saint, Il rend visibles les signes par lesquels le Messie doit être reconnu. Jésus fut le Messie pour le Peuple d’Israël d’il y a 2000 ans ; mais pour nous, nous qui croyons en lui, nous sommes l’Israël  de Dieu. C’est pour cela qu’Il continue aujourd’hui à apporter les preuves de son messianisme. Ces signes sont destinés à tous les hommes de tous les temps. Aujourd’hui encore Jésus nous donne les preuves que non seulement Il était le Messie, mais encore qu’Il  “est”  le Messie parce que les prophéties messianiques continuent à s’accomplir en notre temps. Je ne peux cesser de parler de ce que j’ai vu et entendu. Je me sens poussé à remplir le mandat confié par Jésus aux disciples de Jean-Baptiste: “Allez rapporter ce que vous avez vu et entendu:

Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres”. (Lc 7,22).

 

1 -  Les aveugles recouvrent la vue

La guérison messianique par excellence est d’ouvrir les yeux des aveugles. Jésus est la lumière du monde, et communique cette lumière aux aveugles : c’est le signe que sa lumière nous fait sortir de l’obscurité de l’erreur et du mensonge. Quand Il guérit un aveugle de naissance, Il nous rappelle qu ‘Il nous a fait passer des ténèbres ô son admirable lumière (1 Pi 2, 9). Chaque fois qu’un aveugle recouvre la vue, cela montre que Jésus est la lumière qui vient “pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et l’ombre de la mort afin de guider nos pas dans le chemin de la paix” (Le 1, 79). Ce témoignage nous montre que Jésus est lumière pour l’homme d’aujourd’hui.

Nous terminions une journée d’évangélisation à Mbandaka au Zaïre. Au cours de l’Eucharistie de clôture à laquelle partici­paient environ quinze mille personnes, une enfant de huit ans, aveugle de naissance, se mit à crier: “Je vois, je vois”. Tous l’entourèrent. Alors elle demanda: “Qui est ma maman ?“ Deux bras grands ouverts, deux yeux pleins de larmes et un sourire maternel lui donnèrent la réponse.  Alors, dans les bras de sa mère, la petite s’exclama à voix haute : “Oh, maman, que tu es belle...Ce fut la première guérison d’un aveugle de naissance à laquelle j’aie assisté ; mais le plus important est que nous avons tous réalisé que Jésus est la lumière du monde, capable d’illuminer la vie de tous ceux qui comprennent qu’ils ont besoin de salut. Quand un aveugle de naissance recouvre la vue, nous nous trouvons devant le signe évident que Jésus peut sortir l’homme de la ténèbre la plus obscure et qu ‘Il peut transformer même un élément congénital, le péché étant le pire et le plus grave de tous.

Le témoignage qui suit, de Panama, montre comment le signe de recouvrer la vue peut se répéter, mais la signification en est toujours la même: Jésus est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Un samedi, au cours de la Messe de guérison, le père Emiliano annonça que le Seigneur avait guéri une femme très atteinte des yeux. Sans hésitation je me dis: “Ce ne peut être moi”. Le dimanche, le père annonça qu’il allait prier pour les malades et demanda que chacun pose les mains là où il voulait être guéri. Je me mis les mains sur les yeux et entendis que le Seigneur avait guéri plusieurs femmes atteintes de cataracte. Je m’exclamai : “Sei­gneur, si c’est moi, merci !“. En rentrant à David, la ville voisine, je demandai qu’on me mette la cassette des chants et nous sortîmes toutes notre carnet de chants. Quelle ne fut pas ma surprise quand en l’ouvrant je découvris que je pouvais lire clairement. Je m’exclamai: “Le Seigneur me guérit, je vois les mots”. Je me mis à pleurer de joie en regardant des branches de saule, un arbre chargé de fruits, une bananeraie, l’herbe... et j’ajoutai ensuite : “Merci Seigneur de me permettre de contempler ce que tu as fait dans la nature”. Je voyais aussi la route illuminée par les phares des voitures. J’avais projeté d’aller à Panama voir le Dr Ruben Orilla pour qu’il me pose des lentilles pour m’améliorer la vision, ce qui m’aurait bien aidée pour m’occuper de ma fille qui allait avoir son premier enfant. Sans aucun doute, nos plans ne sont pas les plans du Seigneur. Il avait fixé un temps pour ma guérison et Il savait que j’attendais confiante. Je rends grâce au Seigneur pour son amour et sa miséricorde, Il continue d’accomplir tant de merveilles au milieu de son peuple. Je donne mon témoignage pour que tous sachent que Jésus est vivant et qu’Il accomplit les mêmes prodiges qu’il y a deux mille ans.

A Guadalajara, Maria  M. Pérez, reporter du périodique “El Occidental” relate les faits suivants le 26 mars 1987 : L’après-midi du mardi 24 mars, dans la ville de Espi­ritu Santo, le père Tardif annonça de nombreuses guérisons de maladies de la peau, de la colonne verté­brale, des épaules, des yeux, de l’ouïe, du cancer, du coeur, de l’arthrite, de l’asthme, des reins et beaucoup d’autres. Sans aucun doute, celle qui a le plus bouleversé les personnes présentes a été celle d’un enfant de 11 ans, Alejandro Anguiano Contreras, qui était arrivé à la réunion quasiment aveugle. Malgré son jeune âge, Alejandro comptait déjà quatre opérations à son actif hospitalier et les médecins avaient dit à sa mère, madame Maria Contreras, que “son fils ne pouvait être soigné et que le mieux était qu’elle lui trouve une école pour aveugles”. Cet après-­midi-là au cours de la prière, Alejandro ouvrit les yeux et recouvra la vue. Tant lui que sa maman pleuraient d’émotion, parce que le petit pouvait de nouveau apprécier les couleurs, les fleurs et les personnes qui l’entouraient.

Le témoignage suivant d’une personne guérie devant quarante mille personnes à la Convention du Renouveau, à Rimini, en Italie en 1988 est très beau parce qu’il est raconté par un enfant d’à peine douze ans: Je m’appelle Luca Pib et je suis de Canegrate (Milan); j’ai douze ans et je suis en seconde moyenne. Depuis environ un an je fais partie du groupe de Renouveau dans l’Esprit Saint. Cette année, je suis venu au Rassemblement National avec ma tante Luciana et quelques membres du groupe. Ce qui m’est arrivé a dépassé de loin mon attente. Je suis né avec une lésion du nerf optique et je ne pouvais distinguer les couleurs. J’ai été opéré dans une clinique à Varese en 1984. Comme je ne pouvais marcher seul, je devais toujours être accompagné pour aller à l’école, à l’église et partout.  Il y a quelques jours j’ai dit à mes amis: “Je vais au Rassemblement de Rimini, et là, soit le Seigneur me guérira. soit Il m’emmènera au Paradis. J’ai prié de façon toute particulière hier (23 avril) pour ma guérison.” Au cours du service de guérison du père Emiliano Tardif, j’ai senti comme si on me prenait par les mains et je me rendis compte qu’il me tombait des yeux comme des écailles, ce qui me fit penser à la conver­sion de Saül. Je le dis à ma tante, qui était tout près. Elle m’avait pris la main, et comme elle la sentait glacée, elle crut que je me sentais mal de nouveau. Moi, je lui répétais : “Je me sens bien, je voudrais enlever mes lunettes noires, parce que je vois”. Je cherchai un mouchoir blanc pour manifester ma guérison. Justement au micro on annonçait qu’un en­fant était guéri de la vue. J’étais tout ému de sentir dans cette guérison l’amour de Jésus. Je me levai de mon banc et sortis des gradins. Mes lunettes sont depuis hier dans le sac de ma tante dans le placard de l’hôtel. Merci Jésus!

Le prophète Isaïe avait identifié les temps messianiques en affirmant : Alors s’ouvriront les yeux des aveugles. Si Jésus ouvre aujourd’hui les yeux des aveugles, cela signifie que nous sommes dans le alors auquel le prophète se réfère. Nous sommes dans les temps messianiques! Si Jésus ouvre aujourd’hui les yeux des aveugles, cela signifie que nous sommes dans le alors auquel le prophète se réfère. Nous sommes dans les temps messianiques!

   2 - Les boiteux marchent

Quoiqu’étant le plus contesté d’entre tous les signes, celui du paralytique qui se lève est une façon privilégiée de démontrer que Jésus est le Messie Sauveur. Il le déclara lui-même quand Il dit à un paralytique : “Pour que vous sachiez que le Fils de l’Homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre, je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton grabat et va-t’en chez toi” (Mc 2, 10-11). Aujourd’hui, Jésus est généreux dans ses signes. Le té­moignage qui suit est magnifique. Giovanna nous raconte tout le processus de sa guérison qui vit son achèvement le 6 juillet 1986, à Laureana Cilento en Italie. Il est très important d’observer le rôle évangélisateur d’une communauté qui 1’amène aux pieds de Jésus. Mon nom est Giovanna Monzo, j’ai dix-neuf ans et je voudrais raconter les merveilles que Jésus a ac­complies dans ma vie. Il m’a fait renaître après quatorze ans à végéter dans une vie qui n’avait aucun sens. Dès le jour de ma naissance, j’ai été atteinte d’une maladie rare des os, que peu de médecins connaissaient ; rares étaient parmi eux ceux qui savaient la soigner (ostéoporose). C’est une maladie héréditaire qui affaiblit les os, les pourrissant peu à peu par une décalcification chronique. J’avais quarante jours lorsqu’à cause de mes pleurs permanents, mes parents se rendirent compte que j’a­vais une fracture du fémur droit. Ils m’emmenèrent à l’hôpital, mais les médecins, ignorant ce qui se passait, ne firent qu’aggraver le mal. Après sept opérations et quatre ans d’hospitalisation, on dit à mes parents que lorsque j’arriverais à l’adolescence, soit je mourrais, soit je resterais paralysée.

Mais mes parents, malgré leur pauvreté, ne se tinrent pas pour vaincus et m’emmenèrent à l’Institut Orthopédique Rizzoli, à Bologne, où commença une série d’interventions chirurgicales : au total j’en subis dix-huit, la dernière remontant à cinq ans auparavant. A l’âge de quatorze ans, mon coeur était plein d’amer­tume. Les seuls visages que je connaissais étaient ceux de mes parents et de nombreux médecins d’Italie. J’étais fatiguée et desespérée. Je voulais me détruire moi, et les autres tout autant. Pourquoi étais-je condamnée à passer le reste de ma vie dans ce fauteuil roulant? Cela me rendait furieuse d’entendre les voisins de mon âge jouer dans la cour, alors que moi on me condamnait à rester dans mon lit ou parfois dans un fauteuil, à cause d’une nouvelle fracture. Cette situation me fit choisir l’unique solution qui était à ma portée: le suicide. Je ne pouvais plus supporter cette vie si stupide et vide. Je voulais qu’on me montre Dieu, mais je ne pouvais cependant pas concilier l’existence d’un Dieu bon et tout-puissant avec ma souffrance. Pour moi, Dieu était une invention, et si parfois on me parlait de Lui, je répondais que s’Il existait, c’était un Dieu cruel. Au cours de l’été 1985, je tentai de différentes ma­nières de mettre fin à ce que les autres osaient encore appeler la vie. Un matin de juillet je trouvai une manière infaillible de réaliser mon plan : m’accrocher au balcon de la terrasse et me jeter dans le vide ; jamais je n’aurais la possibilité de me sauver. Ainsi, je m’approchai peu à peu du balcon et alors qu’il ne me restait qu’un dernier petit effort pour me lancer dans le vide, le Seigneur intervint d’une façon tout à fait inespérée. A ce moment précis, ma grand-mère m’appela parce que des personnes demandaient à faire ma connaissance. J’étais furieuse, réalisant que je n’étais même pas libre de mourir... Cet été-là, le père Miguel Vassallo avait ouvert la “Maison de Prière Saint-Michel” et avait invité plu­sieurs jeunes à une semaine de prière et d’évangélisa­tion. Ils s’étaient divisés en groupes et s’étaient mis à parcourir les rues et les quartiers, apportant la Parole de Jésus. Deux d’entre eux, Rossellina et Sabina, étaient arrivées au moment précis où j’allais me suicider...J’arrivai dans la salle à manger dans mon fauteuil roulant. Comme à l’habitude, je montrai toute mon angoisse et ma rage. Elles ne réagirent ni ne m’impo­sèrent leur point de vue, mais me comprirent. Au lieu de me montrer que j’étais malade, elles m’offrirent un grand sourire et me parlèrent avec une douceur et une tendresse que je n’avais jamais rencontrées aupara­vant. Cet amour désarma mon agressivité, aussi je ne pus lutter avec celles qui n’étaient pas venues pour m’attaquer.

Ensuite elles me dirent qu’elles voulaient me présenter un ami. Je m’attendais à le voir entrer, mais elles me dirent qu’il s’appelait Jésus et commencèrent à me parler de lui. Je leur demandai pourquoi ce Jésus m’avait fait souffrir de cette façon. Quand elles me dirent qu’Il m’aimait, je leur répondis que si c’était ainsi qu’Il voulait me le montrer, je ne voulais pas de son amour. Elles s’efforcèrent avec grande bonté et douceur de répondre à mes questions et rentrèrent dans le drame mystérieux de la souffrance dans le monde, à la lu­mière d’une croix vide, témoin de la douleur et signe de la victoire sur la souffrance. Je sentis une profonde chaleur dans mon corps, sans pouvoir m’en expliquer la cause. C’était comme une douce caresse de l’amour qui m’avait toujours manqué. D’un côté, je voulais qu’elles soient déjà parties, pour pouvoir retourner à mon balcon et sauter, mais de l’autre je désirais qu’elles continuent à me donner de ce baume qui m’adoucissait la vie. J’acceptai leur amitié, mais à une seule condition : qu’elles ne me parlent plus de ce Jésus qui me faisait partager sa croix... Elles acceptèrent et partirent en promettant de revenir un autre jour. Pendant ce temps, je me deman­dais étonnée de temps à autre : que s’est-il passé? Elles revinrent l’après-midi même avec vingt autres personnes, toutes avec le même sourire et la même douceur. Elles m’avaient préparé une grande fête et elles me consacrèrent tout leur temps sans rien demander en échange. Ce jour-là, pour la première fois en dix-huit ans, je souris. Après que nous ayons parlé, Rosa Maria proposa que nous priions tous ensemble. Cela me déplut fort, parce qu’elle rompait notre pacte, mais j’acceptai seulement en remerciement de tout ce qu’ils avaient fait pour moi, pas par conviction. Au cours de la prière, Rosa Maria demanda à Jésus qu’Il nous dise s’Il voulait me guérir. Elle ouvrit la Bible et tira le passage du paralytique qui ne pouvait descendre à la piscine tout seul quand l’ange agitait l’eau, mais Jésus vint à lui et le guérit (cf. Jn 5, 1-18). A la fin de la lecture tous pleuraient et m’embrassaient, m’assurant que Jésus allait me guérir. Je ne comprenais absolument rien. Je pensai que tout ceci était une farce préméditée ou alors même qu’ils se moquaient de moi. Je résistais, ne voulant pas espérer ma guérison, de peur d’être trompée. Mais quand même, pourquoi faisaient-ils tout cela alors que je n’avais rien à leur offrir en retour? En septembre, j’eus à affronter une nouvelle interven­tion chirurgicale très compliquée, semblable à la der­nière au cours de laquelle j’avais risqué ma vie. Mais comme je n’avais rien à perdre, j’avais décidé de tenter cette opération :  il s’agissait de transplanter dix centi­mètres d’os au fémur que des années auparavant ils m’avaient enlevés. Ils tentèrent de le faire grandir au moyen d’une cure de ‘Calcitar”, mais c’était un médi­cament si fort qu’il me fallut l’abandonner, pour éviter un collapsus. Lorsque je revis le médecin, nous eûmes la preuve que Jésus avait commencé d’agir dans ma vie. L’os avait grandi et la blessure s’était parfaitement cicatrisée. Je rentrai à la maison, mais étais sans cesse poursuivie par cette question :  Jésus  est-Il vraiment en train de prendre soin de moi?

L’été suivant, Rossellina vint avec Rosa Maria, ac­compagnée de deux jeunes:   Pino et Simon, deux nouveaux anges qui, avec tous les autres, m’aidèrent à connaître Jésus. Pino se révéla être le meilleur grand frère que j’eusse jamais eu :  il prit mon histoire très à coeur, comprit qu’il me fallait des faits plus que des paroles, me montra comment aimer et ne pas dépendre de lui ni des autres êtres humains, mais seulement de Dieu. Il forma ensuite un groupe de prière dans lequel j’eus l’occasion de connaître l’immense amour de Dieu. C’est là que j’appris à écouter la voix de Jésus dans le silence et à parler avec Dieu comme avec un ami intime. A ce moment-là, ma guérison physique ne m’intéressait pas. Le miracle pour moi était déjà inter­venu : Jésus m’avait redonné goût à la vie. J’aimais et j’étais aimée.

Un jour, le père Miguel Vasallo nous parla avec beau­coup d’enthousiasme de la prochaine visite du père Emiliano Tardif, qui priait pour les malades dans le monde entier, et qui très bientôt franchirait les mon­tagnes du Cilento pour nous parler des merveilles de Dieu. Nous étions tous très heureux, priant et préparant la retraite. Alors que chacun m’assurait qu’approchait “ le grand jour du Seigneur pour ma vie ”, moi, de mon fauteuil roulant,  j’offrais ma souffrance pour le succès de cette retraite. Sans hésitation, Alessandra m’assu­rait que ce fauteuil roulant serait bientôt vide... Enfin arriva le jour attendu. Tout était fête, joie, espé­rance. Il vint du monde de toute l’Italie, et même d’autres pays d’Europe. Le samedi on proclamait que Jésus guérit intérieurement et physiquement. Le lendemain, beaucoup rendaient témoignage de leur guérison, au milieu des louanges de la foule. Un des jeunes du groupe, voyant tant de guérisons, réclama au Seigneur: “ Jésus, tu guéris des gens qui viennent de Suisse. Tu as guéri cette femme sourde de Milan. Tu as répandu tes bénédictions de toutes parts, mais ici où nous t’ avons préparé la fête, tu ne vas guérir personne? Tu ne peux pas continuer ainsi... Que vont dire les gens d’ici ? ” Le dimanche les enseignements portèrent sur Jésus qui a tout pouvoir au ciel et sur la terre. Au cours de la prière pour les malades, j’entendis le père annoncer que le Seigneur était en train de guérir une personne qui avait des problèmes pour marcher, et qu’elle sentait une forte chaleur aux jambes parce que l’Esprit de Dieu la fortifiait. En effet, je sentis la forte chaleur qui montait petit à petit dans mes jambes et je pensai que c’était dû à l’émotion et à la joie de participer au Rassemblement. Le père ajouta alors : “En ce moment, le Seigneur accomplit une guérison très grande...”. Mon coeur palpitait rapidement. Après un instant qui me parut une éternité, il ajouta: “Jésus guérit un paralytique”. Ales­sandra, qui était assise à côté de moi me cria: “C’est toi Giovanna, c’est toi !“ Je sentais le regard de tous ceux qui m’aimaient. Alessandra pleurait, mais je n’arrivais pas à faire le pas dans la foi. “Tu ressens une profonde chaleur dans ton corps”, précisa le père Emiliano. C’est précisément ce que j ‘étais entrain de sentir. Mais n’était-ce pas à cause du climat ou de l’émotion?

“Au nom de Jésus, lève-toi”, ordonna le prêtre. Je ne pensai pas à moi, mais à Jésus, à qui rien n’est impos­sible. Je me levai toute seule et, pour la première fois de ma vie, j’allai m’approcher de l’autel. Mes amis pleuraient, d’autres riaient, tous s’embrassaient, d’au­tres me couvraient de baisers. On aurait dit un asile de fous. Je me sentais très légère, comme si mon corps ne pesait rien. Sans l’aide de personne, je montai les marches où se trouvait l’autel et je glorifiai Jésus pour ce qu’il avait fait en moi. Alessandra pleurait, d’autres ne pouvaient le croire. Un camarade resta muet cinq heures, boule­versé de m’avoir vue marcher Le fauteuil roulant est vide. Je n’ai plus besoin de béquilles. Je mène désormais une vie normale. Je travaille dans le bureau du Père Mi­guel. Tous les jours je monte et descends des marches. Dieu a été bon pour moi. Mon agressivité n’est plus que souvenir du passé. il n’y a plus qu’une chose qui m’irrite : l’incrédulité de ceux qui ne connaissent pas le vide de ma vie passée. J’ai mis ma santé au service des autres, j’ai découvert que ma vie est utile et que d’autres en ont besoin.

Ce témoignage si beau est chargé de plusieurs enseigne­ments : Giovanna a été évangélisée avec amour par une communauté qui s’est engagée envers elle. Avant d’être guérie, elle a été libérée de ses amertumes, et enfin elle a mis sa santé au service des autres. Quand le Seigneur guérit le corps, son action s’étend à toute la personne. Myriam Lejeune, de Lyon, en France, montre comment la guérison physique est accompagnée de la réhabilitation complète de la personne. Jésus n’est pas venu guérir la paralysie, mais les paralytiques ; c’est-à-dire la personne complète. Avant de donner mon témoignage, je voudrais remer­cier Jésus de nous avoir révélé le véritable visage de Dieu, ce visage qui est tout amour. Je veux le bénir pour son regard porté sur chacun de nous maintenant et à chaque instant. J’ai senti personnellement ce re­gard au cours de la campagne d’évangélisation de Genève en 1981. Je suis la troisième de dix enfants. J’ai été élevée dans la foi chrétienne par l’amour de mes parents. Nous faisions des prières quotidiennes et des visites régu­lières à l’église. J’étais très heureuse comme étudiante en médecine, quand au cours d’une nuit de garde dans le service de chirurgie, en levant un patient, je me suis fracturé un disque intervertébral, provoquant ainsi une hernie discale grave, avec un syndrome rachidien aigu qui né­cessitait une urgente intervention chirurgicale. Le diagnostic fut prononcé par le chef du service de neurochirurgie, mais je ne sais pour quelle raison il retarda l’intervention de quarante-huit heures, ce qui me causa un mal irréversible. Le moindre mouvement me faisait souffrir. Sur la cicatrice de la hernie discale s’installa une spondylite ankylosante, confirmée médicalement, radiologiquement et biologiquement. Ce fut pour moi la perspective d’une paralysie progres­sive et évolutive. Les souffrances étaient telles que tout mon être intérieur criait, réclamant de l’aide. Je passai par de terribles états d’âme : je me rebellai contre le Seigneur, car je le rendais coupable de mon infirmité: contre ma famille, contre moi-même et surtout contre la médecine. Je n’espérais rien. Je haïssais mon corps, qui ne servait à rien, sinon qu’il était source de souf­france continuelle. Mon itinéraire de salut commença à Strasbourg, avec une communauté du Renouveau appelée “le Puits de Jacob”, et grâce à l’aide de mes frères j’acceptai de pardonner à la médecine. Après avoir fait ce pas, je me réconciliai avec la médecine et terminai mes études. Je vécus alors une étape où je me sentis réellement écou­tée par le Seigneur quand je m’agenouillais devant lui. Je rencontrai ensuite à Lyon des frères du “Chemin Neuf’ qui m’enseignèrent à me laisser aimer par le Seigneur. Et surtout, j’appris ce qu’est le pardon. Mes souffrances avaient établi une caricature d’un Dieu justicier, terrible et qui châtie. Je lui en demandai pardon et abandonnai ma rébellion contre Lui et ma famille, mais il me fallut cheminer encore un bon moment avant de pouvoir me pardonner à moi-même. Toutes ces étapes de pardon et de réconciliation furent déterminantes dans ma vie. Le pardon revitalise d’une manière efficace. Alors que les douleurs persistaient et s’aggravaient, je m’étais habituée à souffrir.

A cette époque les douleurs étaient si fortes que je passais mes nuits à marcher; c’était la seule façon de calmer les crises. J’ avais consulté tous les neurochirur­giens connus en France, sans résultat. Au cours d’une retraite de la communauté du “Chemin Neuf’, une soeur me dit: “As-tu demandé au Seigneur la guérison de ton dos ? ” La question m’étonna. J’étais supposée vivre un che­min de guérison intérieure et je lui répondis très sûre: “Pour moi non, mais pour mes frères oui”. Cette question me conduisit à la campagne d’Evangé­lisation de Genève, avec Emiliano Tardif. J’y fus accompagnée par mes parents, allongée dans la voiture car les douleurs étaient si fortes que je ne pouvais rester assise. A un moment, je me mis à pleurer, criant à Dieu de me faire miséricorde. Cette douleur fut une grâce, car je me fis pauvre devant lui, me sentant obligée de lui demander secours. Je me prosternai devant le Sei­gneur, les mains vides et ouvertes, et lui me révéla le véritable visage de son amour miséricordieux. Au cours de la prière, le père Tardif dit: “Une personne qui souffre beaucoup de la colonne vertébrale et qui est invalide, ressent une chaleur qui monte de la co­lonne jusqu’à la tête”. J’entendis le père et me mis à prier pour le frère qui commençait à recevoir cette grâce. Ensuite je pensai, émerveillée: “Mais, Myriam, c’est ce que tu ressens”. Effectivement, une onde de chaleur me traversait la colonne et me couvrait la tête. C’était merveilleux! Je savais que le Seigneur était en train de me toucher et je demeurai avec cette grâce intérieure. Il y eut encore plus de la part de Dieu : à côté de moi une jeune que je ne connaissais pas me prit la main et me dit : “Ce soir le Seigneur t’a touchée, j’en suis sûre”. C’était la confirmation que le Seigneur était en train de me guérir.

Nous rentrâmes à la maison, mais cette fois j’étais assise dans la voiture. J’avais l’absolue conviction intérieure que le Seigneur voulait me rendre la santé pour accomplir ma mission. La guérison fut progressive, six à huit mois. Peu à peu les douleurs disparurent ; je passai d’abord deux nuits sans souffrir, puis une semaine, et vers la fin, la douleur ne venait que de façon sporadique, me permettant de dormir des nuits entières. C’était la réponse à cet appel que je lui avais adressé: “Seigneur, si tu as besoin de moi comme médecin et si tu le veux, rends-moi un corps sain.” Le Seigneur m’avait guérie! Ainsi, m’ayant déjà guérie dans mon corps, le Seigneur me fit suivre un chemin intérieur. Quand on perçoit le regard du Seigneur, quand on accepte son amour dans notre vie, vient la guérison du corps, de l’âme et de l’esprit, pour qu’à notre tour nous puissions être Parole du Seigneur, sa joie et sa lumière.

Après avoir longtemps eu un grand dégoût de la médecine, maintenant je suis heureuse d’être médecin. Je voulais être une doctoresse chrétienne ; après cette guérison de mon corps et de mon âme, je suis une chrétienne doctoresse. Là est la différence. Dans ma profession, j’ai la grâce de palper la miséri­corde du Seigneur, de transmettre son regard d’amour et sa vie que je reçois tous les jours, et j ‘aime citer cette phrase: “Le médecin assiste, Jésus soigne et accorde la vie”. Jésus m’a complètement guérie, parce qu’Il m’a par­donné toute cette période de péché et de ténèbres que j’avais vécue. Il m’a donné la lumière intérieure, Il m’a fortifiée pour que je puisse refléter la lumière de vie. Il m’a rendu mon identité de fille de Dieu, latente depuis mon baptême. Que le Seigneur soit béni pour son projet de vie sur chacun de nous! Si Jésus a été capable de guérir le paralytique pour démontrer que le Fils de l’homme a le pouvoir de pardonner les péchés, actuellement en guérissant des paralytiques, Il nous demande d’enseigner la même chose : qu’Il est le Messie qui devait venir. La paralysie est le reflet de la mort dans laquelle nous demeurons à cause du péché. C’est pour cela que Jésus a de nombreuses fois fait se lever des paralytiques et a rendu intègres des hommes qui avaient un membre paralysé. C’est de cette manière qu ‘Il manifeste sa puissance pour pardonner le péché. Une guérison porte du fruit non seulement pour le malade, mais aussi pour sa communauté tout entière comme le confirme le témoignage qui suit, raconté par le frère de celui qui fut guéri: José Ramon Rosario Sanchez naquit à San Victor, commune de Moca, le 2 janvier 1949. Dès sa nais­sance, il a eu de graves problèmes de santé. Il a toujours eu besoin d’une surveillance clinique permanente. Les premiers problèmes détectés par les médecins furent de caractère diabétique. Les toubibs soutinrent long­temps que l’enfant avait une insuffisance en insuline, l’obligeant à se soumettre à un régime rigoureux, qui ne tarda pas à laisser des séquelles d’anémie pour cet organisme délicat. Le problème fut tel qu’il fallut l’hospitaliser à l’hôpital Angelita dans la capitale. Les efforts médicaux furent infructueux. Les effets de l’a­némie chaque jour consumaient le corps de l’enfant. Avec le temps, il fut nécessaire de réenvisager le cadre clinique, mais son diabète présentait des signes inha­bituels. Les médecins se mirent à étudier plus sérieu­sement le cas. Pendant ce temps, José souffrait dans son corps les affres de la douleur. A la fin, on en conclut ceci : José souffrait d’une anémie plastique. Ses globules rouges avaient une structure anormale. Les crises se succédaient, lui cau­sant des douleurs indescriptibles. Les médecins ne pouvaient que lui administrer des palliatifs car on était en présence d’un mal jusque-là incurable. A 22 ans, José fut hospitalisé à l’hôpital Salvador B. Gautier, à Saint-Domingue (République Dominicaine). Là, pendant un an et trois mois, il s’efforça de recouvrer la marche, perdue à cause du développement de la maladie. Le Dr Gonzales Cano, spécialiste en anémie plastique, affirma qu’il était impossible que José puisse remar­cher un jour, parce que la moëlle épinière était très atteinte. Marcher lui provoquerait irrémédiablement un épanchement cérébral, déclara le spécialiste aux parents du patient. Le Docteur leur conseilla de le ramener chez lui, pour essayer de lui aménager cette vie d’invalide. José avait déjà vécu reclus quatre ans au lit, sans pouvoir mar­cher. Pour nous la famille, tout nous parut perdu, et nous nous trouvâmes dans un monde d’angoisses inex­primables. Mais il y avait toujours eu entre nous une recherche des solutions à nos grands problèmes, à travers des invocations à l’Etre Suprême. Tous ensemble nous suppliâmes pour sa guérison, bien qu’elle nous sem­blât chaque jour plus lointaine.  Ainsi s ‘écoulèrent trois années de plus, mais le 17juin 1975 fut un jour mémorable pour notre famille. Le matin de ce jour arriva sans crier gare un groupe de fidèles chrétiens, membres du florissant Mouvement Charismatique, accompagnés du père Emiliano Tardif, prêtre canadien. Le prêtre, une fois dans la maison et après avoir parlé avec José, pria pour lui, invoquant le Seigneur pour qu’Il lui accorde sa guérison. Quelques instants plus tard, il ordonna à mon frère de se lever du siège dans lequel il était assis depuis plus de quatre ans. José se montra étonné. Comment était-il possible qu’il marche, puisque le spécialiste lui avait dit qu’il ne pourrait plus jamais le faire ? Il fit ce que lui ordonnait le père et fit quelques pas. La sueur lui couvrait le corps. L’étonnement se répandit dans l’esprit de tous: José marchait. La famille hésitait à y croire et notre maison regorgea de monde. Tout le monde était éton­né ; beaucoup pleuraient de joie, d’autres applaudis­saient et avaient les yeux grands ouverts d’étonnement. En ce qui me concerne, je confesse que je me sentis étourdi de voir mon frère marcher. Il me semblait que c’était un rêve. Ce n’est qu’au troisième jour que j’acceptai la réalité : mon frère était guéri et il n’avait plus ces douleurs qui durant des années l’avaient confi­né à l’immobilité. José réintégra la vie quotidienne de façon normale; il voyage dans de nombreuses villes du pays comme le mieux portant de tous les hommes. Mon frère s’est consacré à donner le témoignage de sa guérison dans divers lieux, et les personnes constatent à travers son témoignage la puissance de Dieu sur la maladie d’un homme condamné par la science médicale...La foi des habitants de Moca n’a cessé de grandir depuis qu’ils ont appris ce miracle. Personne ne doute plus que c’est Dieu qui a tout pouvoir dans ce monde. Ce qui est arrivé à José reste dans les mémoires. Aujourd’hui, huit ans après cet événement miraculeux, on me connaît comme “le frère de José, celui du miracle”, plus que comme avocat, profession que j’exerce depuis plusieurs années. Me Pedro Rosario Sanchez

Dans les temps évangéliques, un homme fut transporté par ses amis dans une civière pour aller à la rencontre de Jésus : c’est ce qui est arrivé à Fernande Gobert à Cordes le jour de sa guérison. Les circonstances sont semblables, et Jésus est le même. J ‘étais professeur et menais une vie rythmée par les élèves et les études. J’avais entendu l’appel du Sei­gneur à vivre uniquement pour Lui et je devais entrer dans un couvent bénédictin. Mais en juillet 1975, à cause d’une sciatique hyperalgique, causée par une hernie discale, je fus hospitalisée et opérée. Après ma convalescence, j’entrai au Monastère, mais à cause des douleurs continuelles et de nombreuses opérations, il me fallut le quitter. Je pris un travail très simple. Malgré la douleur constante et la difficulté qui en résultait pour me déplacer, je m’estimais heureuse de pouvoir encore bouger. Je ne savais pas que m’atten­daient le pire et le plus merveilleux en même temps.

De nouvelles opérations me clouèrent au lit avec d’in­tenses douleurs permanentes. Je ne pouvais plus m’as­seoir, et je ne marchais plus que quelques pas avec l’aide d’une canne. Médicalement parlant, il n’y avait rien à faire : j’étais condamnée à la position allongée et à la souffrance. Je passerais le reste de ma vie prostrée dans un lit de douleur. J’endurai six interventions chirurgicales sans que cela diminuât la souffrance ; bien au contraire. Et même, à la fin on m’injectait de la morphine deux fois par jour pour que je puisse supporter les douleurs intenses. Au milieu de cette agonie les frères du groupe de prière venaient m’offrir leur compagnie, leur courage, leur amitié et leur prière. Le 16 septembre 1982, une soeur du groupe de prière me proposa la folle idée d’aller jusqu’à Cordes parce que, me dit-elle, “le père Tardif va venir y célébrer l’Eucharistie”. Grâce à Dieu, je ne pensai pas aux souffrances ni aux douleurs que cela allait me coûter. J’acceptai et nous  partîmes en ambulance. Au cours de ma prière, le Seigneur me donna la lecture de la guérison d’Ezé­chias, mais je n’y accordai pas grande importance. La célébration commença. L’homélie du père Tardif était centrée sur la présence réelle de Jésus dans l’Eu­charistie ; présence effective et vivifiante. Il nous donna différents témoignages de guérisons interve­nues après que le malade ait reçu l’Eucharistie ou durant la procession du Saint-Sacrement. Quand vint le moment de la communion, deux frères me portèrent dans mon brancard depuis le fond de l’église jusqu’à l’autel. Je pensais à ces quatre amis qui avaient transporté le paralytique dans la maison où se trouvait Jésus.

Le père Tardif s’agenouilla pour me donner l’Eucha­ristie. Il demanda ensuite à Jésus présent dans l’hostie de me guérir. Enfin, il me posa le ciboire sur la tête et dit: “Seigneur, un jour une femme toucha ton vêtement et fut guérie. Nous savons que tu es présent dans la Sainte Hostie. Touche ton enfant et guéris-la comme tu as guéri la femme hémoroïsse”. Quand il eut terminé, il me dit qu’il me fallait faire un acte de foi, me lever et commencer à marcher. Ce fut pour moi le “lève-toi et marche” de l’Evangile que Jésus m’adressait. Je lui pris les mains et me levai de mon brancard. Avec son aide, je me mis à marcher. Puis il me lâcha et je fis cinq pas seule. Je ne pus en faire plus. Le père ajouta : “Le Seigneur t’a guérie. Demain, marche dix pas, même si c’est douloureux. Peu à peu tu expérimenteras ta guérison...”

Le temps a passé, sans que j’entende parler de Fernande Gobert. Mais deux ans plus tard, j’ai reçu une carte postale de Lourdes, contenant ce message: 5 septembre 1984,  Cher père Tardif, le 16 septembre 1982 à Cordes, dans la communauté du Lion de Juda, en votre présence, le Seigneur m’a fait me lever de mon brancard par la puissance de sa présence dans l’Eucharistie. Je viens aujourd’hui vous partager ce que j’ai vécu: en action de grâce, avec un groupe d’amis nous sommes venus à bicyclette jusqu’à Lourdes : 287,5 kilomètres!  Dieu est grand. Alleluia ! Fernande Gobert

Depuis, Fernande s’est mariée et est retournée à ses cours de mathématiques. Elle n’est pas religieuse, mais elle s’est consacrée à chanter les louanges du Seigneur. Ceux qui la voient ne peuvent reconnaître la femme affaiblie par la douleur, assise dans son fauteuil roulant, mais tous re­connaissent que la puissance de Dieu est merveilleuse. Isaïe entrevoit les temps messianiques décrivant que le boiteux bondira comme un cerf. C’est précisément ce qui est arrivé dans l’Ile Maurice en septembre 1985. Au cours de la prière pour les malades, le Seigneur fit se lever et marcher un homme de soixante ans qui pouvait à peine marcher avec une canne. Mais une fois qu’il fut guéri et qu’il eut donné son témoignage devant les dix mille personnes réunies là, il se mit à courir; un autre laissa aussi sa canne et il y en avait un de plus qui marchait. C’était presqu’exagéré de voir tant de boiteux marcher dans toutes les allées, les uns les béquilles en l’air, d’autres sans leur canne. Notre Dieu est généreux. Aux noces de Cana il manquait un peu de vin et Il changea six cents litres d’eau en du bon vin. Il en fit tant qu’on aurait pu célébrer une autre noce. 

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3 - Les sourds entendent

Quand le Seigneur ouvre les oreilles d’un sourd, cela signifie que Jésus ranime la communication qui avait été anéantie par le péché. En Jésus sont vaincus tous les obstacles empêchant la communication. Ouvrir les oreilles d’un sourd est un signe de la libération que le Seigneur opère de l’isolement, de l’individualisme et de l’impossibilité de communiquer. Jésus vient rétablir les relations coupées, nous permettant ainsi une communication profonde. Il nous rend sensibles pour écouter la Parole de Dieu et en même temps Il nous rend capables d’entendre les cris de nos frères.

Au mois de mai 1986, je prêchais au Zaïre. Le deuxième jour, après la prière de guérison, une jeune fille, le visage effrayé, poussait des cris au milieu d’une foule de vingt-six mille personnes réunies dans le stade de Mbandaka. C’était une sourde-muette de naissance qu’on avait sur­prise par les chants et les louanges et elle criait en se bouchant les oreilles.Le lendemain, dans une grande paix et avec un grand sourire, devant la foule, elle donna son témoignage de gué­rison prononçant les paroles qu’elle avait apprises ce matin-là: “Merci, Dieu, Jésus, amen, alleluia”. Je lui demandai son âge, mais elle ne savait pas encore répondre. Sans hésitation, sa soeur qui était à côté d’elle répondit : “Quatorze ans”. Et celle qui auparavant était sourde-muette répéta: “ Quatorze ans ” Ce fut un témoignage très beau qui bouleversa toute la foule, voyant la puissance de guérison de Jésus. Une fois de plus, nous avons vu que les prophéties ont été écrites pour nous ; littéralement, ce qu’avait prophétisé Isaïe s’était ac­compli : Alors la langue du muet criera sa joie (Is 35, 6)

Dans cette même ligne, la guérison la plus étonnante est celle de Celia Covarrubias. Tellement incroyable, que la première fois que je l’ai partagée à mes compagnons, ils sont tous restés silencieux et personne n’a fait aucun commen­taire. Après, l’un d’eux s’est approché de moi et m’a dit très sérieusement : “Tu ne devrais pas raconter cette histoire, parce que non seulement personne ne te croira, mais en plus, tu donnes la mauvaise impression de parler de choses illogi­ques et tout le monde va rire de toi...” Cependant, un an après sa guérison, Celia, rapports mé­dicaux en main, donna le témoignage suivant dans une arène, dans la ville de Mexico, devant quinze mille personnes: Il y a vingt ans j’ai commencé à souffrir d’un choles­téatome à l’oreille gauche. La maladie s’aggrava jus­qu’à l’infection.

   En 1976, on me fit une trépanation, me vidant l’oreille interne : je perdis ainsi totalement l’audition de ce côté-là. A cause du progrès de l’infection, on me refit une autre trépanation, au cours de laquelle on me racla en plus les os internes. Jusque-là cela ne me souciait pas d’entendre, étant donné que je n’avais pas d’organes auditifs. Le seul intérêt que cela pouvait avoir était d’éliminer l’infection qui gagnait du terrain. En janvier 1986, je commençai un Séminaire de Vie dans l’ Esprit du Renouveau. L’accompagnateur me dit que Dieu avait permis toutes les tristesses de ma vie pour glorifier son nom. Je lui répondis que je préfère-rais le glorifier avec des louanges. Ma vie avait été très difficile, avec des problèmes de toute sorte. En février de cette même année, je suis allée au Rassemblement Charismatique de Querétaro (Mexique) pour demander la guérison de mon coeur, qui était si blessé par les souffrances et les incompréhensions. Quand le père Tardif fit la prière de guérison, j’intercédai pour le salut de mes enfants, de mes frères, de mes amis. C’est tout juste si je me rappelai que je voulais prier pour ma guérison, car j’étais résignée à ne plus jamais entendre. Je savais que Dieu fait des choses impossi­bles, mais je ne demandai rien parce que j’étais habi­tuée à entendre d’une seule oreille. Je lui dis simplement: “Seigneur, je suis là. Tu sais ce qui me manque et ce que j’ai en trop. Je me remets entre tes mains”, sans rien demander de concret. Ensuite, le père dit au micro qu’une femme de trente-huit ans était guérie de l’oreille gauche. A ce moment-là je ressentis une grande chaleur et entendis un bruit très fort. Je me bouchai l’oreille droite. A ma grande surprise, j’entendais de l’oreille gauche comme si tout près de moi j’avais un haut-parleur grand comme une armoire. Je demandai à ma voisine si on avait augmen­té le volume, mais elle me dit que non. Le Seigneur m’avait-il guérie? Je ne pouvais le croire, étant donné qu’à aucun mo­ment je n’avais demandé la guérison. Ce qui est sûr, c’est que contre toute possibilité médicale, j’entendais de l’oreille gauche. Le père Tardif est rentré au Canada et moi à Irapuato, chez moi, accompagnée de Jésus. Le Seigneur m’a entourée de personnes qui m’ont enseigné beaucoup de choses et qui vivent très proches de lui ; Il m’a conduite sur son chemin et maintenant je suis autre, totalement renouvelée. Toute la nuit, je la passai à pleurer et à rendre grâce à Dieu et à le louer. Je jouissais de tous les bruits. Tout me semblait si pur. Mais le plus important était la joie qui m’inondait, et certainement ce n’était pas seulement le fait d’avoir été guérie, mais d’être en paix avec Dieu et avec moi-même. A partir de ce moment-là, toute ma vie changea. Le Seigneur me transforma de façon merveilleuse. Avant je me sentais seule et déprimée. Je savais que Dieu existait, mais je considérais qu’Il était loin de mes problèmes. Ma vie était emplie de peines. Parfois, il me semblait que je ne pouvais pas continuer ainsi. Je savais que j’étais le temple de l’ Esprit Saint, mais comme je ne l’expérimentais pas, je n’arrivais pas à y croire.

Celui qui connaît réellement le Seigneur doit le suivre. On ne peut résister. Je ne pouvais plus faire marche arrière. Quand une personne a tous ses organes et que Dieu la guérit dans la prière, nous sommes devant un miracle. Mais si la personne n’a aucun organe auditif et qu’elle se remet à entendre, il ne s’agit plus alors seulement d’un miracle, mais d’un appel. Dieu donne une nouvelle direction à sa vie. C’est ainsi que je le compris. Quand Dieu appelle, on ne peut résister en argumen­tant: “Je ne peux pas, je ne sais pas”. Avant je vivais très oppressée par des problèmes finan­ciers. Je pensais que le jour où je ne tisserais pas, je n’aurais rien à manger. Maintenant je passe jusqu’à quinze jours sans tisser, parce que beaucoup de gens viennent à la maison pour me demander de prier pour eux, et je n’ai plus jamais eu ce souci financier. Quand les gens entendent ce que Dieu a fait dans ma vie, il y a des coeurs endurcis qui se convertissent au Seigneur. Certains pleurent et d’autres sont profondé­ment touchés par Lui. J’ai même eu la visite de prêtres et de religieuses qui souffrent beaucoup de leur manque de foi. Je leur dis que ce n’est pas de leur faute ; que leur problème est qu’ils n’ont pas expérimenté l’amour de Jésus et que c’est pour cela qu’ils ne le connaissent pas. Auparavant,je me demandais ce qui poussait les évan­gélisateurs à parler devant les micros, et comment ils osaient prêcher devant tant de monde. Maintenant que j’ai vécu cette expérience de l’amour et de la puissance de Dieu, je le comprends parfaitement : on ne peut taire ce qu’on a vécu.

Une fois un prêtre m’attaqua, parce qu’il pensait que je n’avais jamais été malade de l’oreille et que je mentais. Mais je lui répondis: “Père, à Dieu rien n’est impossible”. Deux ans ont passé depuis ma guérison. Les médecins m’ont refait des tests d’audition et ne s’expliquent pas comment je peux entendre. Maintenant mon problème n’est pas d’entendre, mais de savoir comment procla­mer au monde entier que nous avons un Dieu qui est Père, et que puisqu’Il nous a donné son Fils unique, comment ne nous donnera-t-Il pas tout le reste...? Dans cette guérison, Dieu nous enseigne que ses plans sont bien plus vastes que les nôtres. Ce n’est pas seulement l’oreille gauche de Célia qu’Il a ouverte, mais c’est toute sa vie qui a changé et maintenant c’est le témoignage qu’exis­tent une vie nouvelle et une mission pour ceux qui croient dans la puissance infinie de Jésus. Si vous faites le “ 52 ” (462) 63 319, il est probable que c’est Celia qui répondra et qui mettra l’appareil à son oreille gauche.

Au cours du mois d’octobre 88, je prêchais en Côte d’Ivoire. Nous avions un service de guérison avec quatre mille personnes et une des paroles de connaissance que je reçus était que deux sourds étaient en train de guérir dans l’assemblée. Je demandai aux deux sourds qui étaient guéris de se manifester et de donner leur témoignage. Un homme de trente ans se leva très émotionné et dit que cela faisait longtemps qu’il n’entendait plus, mais que son oreille finis­sait de se déboucher et qu’il pouvait maintenant entendre. Puis, je demandai qui était l’autre. J’insistai, mais personne ne répondit. Alors je dis: “Continuons à prier”. Le lendemain, nous eûmes la réunion du clergé du dio­cèse. Un prêtre leva la main et dit: “Père, hier soir vous avez fait quelque chose d’antiévangélique : quand Jésus guérissait un malade, il lui interdisait de parler du miracle, alors que vous hier soir vous avez demandé à ceux qui avaient été guéris de le proclamer à tout le monde”. Je lui répondis: “ Mais, père, c’était le ‘secret messiani­que’. Au début de sa vie publique, Jésus ne voulait pas dévoiler de façon abrupte son identité messianique, et c’est pour cela qu’Il disait: “ne le dis à personne”. Mais le jour de son ascension, Il ordonna que nous annoncions l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre. C’est ainsi que fut révélé le “secret messianique”. Main­tenant non seulement nous savons, mais nous devons annon­cer jusqu’aux extrémités de la terre que Jésus est le Messie sauveur. La mission de l’Eglise, c’est précisément cela. Sinon, quelle raison a-t-elle d’exister ? ”  A ce moment-là, un prêtre leva la main. Je pensais que c ‘était pour une nouvelle objection, mais il expliqua: “Père, hier soir, quand vous avez annoncé la guérison de deux sourds, il n’y en a qu’un qui est venu donner son témoignage, l’autre ne s’est pas manifesté, mais c’était moi. Je me suis rendu compte que j’entendais bien mais je n’ai pas osé me lever, pensant : on va attendre pour voir si c est bien vrai... Mais ce matin, quand je me suis réveillé, j’ai entendu le chant des oiseaux pour la première fois depuis trois ans. Cet après-midi, j’ai pu confesser pendant plus d’une heure, entendant parfaitement sans appareil auditif”. Lorsqu’il eut donné son témoignage, tous applaudirent. Alors je demandai au premier prêtre: “ Père, ne croyez-vous pas que cela glorifie plus Dieu que nous proclamions ses merveilles ? ”  Et là s’est achevée la discussion.

Chaque guérison est une occasion de montrer que Jésus est le Messie. Chaque témoignage est un cri d’évangélisation proclamant que Jésus est le Sauveur du monde.

4 - Les lépreux sont purifiés

Jésus est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Ce qu Il a fait il y a deux mille ans, Il le refait aujourd’hui parce qu ‘Il a le même pouvoir aujourd’hui qu’hier. Après que j’ai prêché une retraite pour prêtres à Sagmeline, au Cameroun, on m’invita à prier dans une léproserie du gouvernement où il y a plus de trois cents malades. Nous arrivons devant cette foule souffrante. C’était très impres­sionnant de se trouver devant ce tableau de douleur: le ver de la lèpre rongeant la chair humaine. Certains les membres amputés pour pouvoir continuer à vivre; d’autres, aveugles à cause de leur maladie, l’odeur de la chair pourrie... Après leur avoir parlé de la puissance de guérison, nous priâmes, demandant au Seigneur de guérir ces malades. Peu de temps après être rentré chez moi, je reçus une lettre d’une religieuse infirmière dans la léproserie qui m’annon­çait que le Seigneur avait guéri dix lépreux. Dix lépreux qui ont pu revenir à la vie normale de leur village et qui donnent leur témoignage!

Je demandai au Seigneur: “ Pourquoi y eut-il dix guéris et non pas neuf ou onze ? ” Je sentis le Seigneur répondre en mon coeur : “Pour qu’ils sachent que celui qui guérit aujourd’hui est le même qui a guéri les dix de l’Evangile”. Je crois que la lèpre de notre temps est le cancer. Mot qui est devenu synonyme de condamné à mort. C’est pour cela que je vais vous raconter comment Jésus guérit de la lèpre du cancer. Face à la maladie et au mal, nous sommes devant un mystère. Certains s’y heurtent et tombent, mais celui qui approfondit le mystère à la lumière de la croix vide, le valorise. C’est ce qui est arrivé à cette femme qui se trouvait au bord de la mort: Je m’appelle Hélène Gaspoz, je suis d’Evolène en Suisse, j’ai 43 ans, mariée depuis 21 ans et j’ai trois enfants.

Je souffrais d’un cancer généralisé, qui commença par les os en 1975. On me fit un prélèvement osseux et trois semaines plus tard, le médecin nous annonçait le résultat: tumeur maligne. Cancer des os. “Je ne veux pas mourir, ai-je répondu, j’ai trois filles à élever, une d’elles a une maladie grave, et mon mari vient d’avoir un accident”. Le médecin, pensif, me répondit : “Tant que la colonne n’est pas atteinte, on peut faire quelque chose”. Cela m’affecta dans tous les sens du terme. Malheureusement, la maladie empira et arriva rapide­ment à la colonne. On parlait d’une hernie discale, mais je sus par un autre médecin qu’on ne pouvait opérer à cause de l’usure des os et que la maladie était fatale. Je passai mon temps par des hauts et des bas, jusqu’à ce qu’un jour une intense douleur du dos fût suivie d’une paralysie des jambes. Hospitalisée durant trois jours, je fus examinée soigneusement. On me donna des analgésiques puissants et je passai trois mois en­tiers au lit sans pouvoir même bouger la tête.

Mon mari était merveilleux, ne cessant de me soutenir et de m’aider à prier. Cette maladie nous unit davan­tage et nous rendit plus attentifs aux besoins l’un de l’autre. Quand l’un est dans l’ombre de la mort, on se rend compte de l’importance de l’amour, et on ne peut dédaigner aucune occasion. Ma guérison commença le samedi 1er juin, au cours de la réunion avec le père Tardif à Sion. Quand Dieu lui eut montré mon cas, je ne me rendis pas compte tout de suite qu’il s’agissait de moi. Je n’avais pas encore demandé ma guérison ; j’étais venue à cette rencontre pour prier et remettre mon mari et mes trois filles au Seigneur, parce que les souffrances insuppor­tables que je ressentais me faisaient penser que ma vie touchait à sa fin.

Je sentis une chaleur intense qui m’envahit le corps ; mes filles me dirent que j’étais toute rouge. Après la réunion, je remarquai que je n’avais pas mal au dos et que je n’avais pas besoin de chercher mon équilibre pour marcher. Des amis qui étaient venus avec leur fils médecin me dirent: “Mais Hélène, tu es bouillante”. Je leur répondis que c’était sans aucun doute la chaleur du Seigneur... En arrivant à la maison, je fis remarquer à mon mari que je pouvais tourner la tête, et au cours de la nuit, je pus me retourner dans mon lit sans difficulté, ce que je n’avais pu faire depuis des années. C’était comme dans un rêve. Plusieurs fois, j’allumai la lumière pour m’examiner, et je compris que l’Esprit Saint m’avait guérie. Le matin au réveil, j’étais une femme nouvelle : toutes mes douleurs avaient disparu et, contrairement à l’ha­bitude, je n’avais pas la bouche pleine de sang. Je me levai sans aide, me sentant petite et légère comme une plume ; je courus réveiller toute la famille en criant : “Le Seigneur m’a guérie!”, pleurant et chantant tout à la fois. Imaginez ma joie, car j’étais malade depuis dix ans. Les trois semaines qui suivirent, je les vécus dans une joie extraordinaire. Maintenant, je puis affirmer que ces longues années d’épreuve ont fait grandir la foi et l’amour dans notre foyer. Aujourd’hui, nous vivons d’une manière différente, pas seulement grâce à la guérison, mais aussi à la maladie qui menaçait ma vie. Je voudrais dire à tous ceux qui sont malades que si leur famille, leurs amis ou leurs médecins les abandon­nent, le Seigneur demeure auprès d’eux.

Merci Seigneur ! Tu es merveilleux! On ne peut plus douter de ta résurrection. Chaque jour tu nous prouves que tu es vivant parmi nous. Alleluia! Le témoignage suivant nous montre comment, quand le Seigneur accomplit une guérison, son action salvifique se fait très en profondeur et engendre une réaction chez la personne, qui va la conduire à la guérison de la plus grave de toutes les maladies : le péché.

Le 5juillet 1981,je prêchais une retraite à l’église des Réformés à Marseille. On amena pour la prière de guérison un jeune belge de 34 ans, qui souffrait d’un cancer très avancé du pied droit, où il avait deux plaies. Deux médecins de Marseille, après sept mois de trai­tement, avaient décidé d’amputer la jambe. Lui ne voulait pas, et résistait de toutes les façons possibles. Quand F.G. sut qu’il y avait une célébration pour les malades, il ne pensa pas à sa vie de péché et décida d’y assister. Au cours de la prière pour les malades, il sentit au pied droit une chaleur très intense, comme si on l’approchait d’un feu. A la fin de l’Eucharistie, il rentra chez lui se sentant différent. Quelque chose s’était passé cet après-midi-là, bien que lui-même ne sût pas expliquer de quoi il s’agissait. Pour la première fois depuis sept mois, il se coucha sans prendre de somnifères, et il dormit merveilleuse­ment. Le lendemain, il était très heureux et étonné. Il dit alors au père jésuite avec lequel il logeait “Que c’est étrange, je ne sens plus de douleur au pied ! Voyons voir ce qui se passe !“ Ensemble ils ôtèrent la bande qui entourait le pied droit et découvrirent avec admiration qu’il était parfaite­ment sain et qu’une peau neuve recouvrait les plaies; la guérison était si parfaite que les tissus étaient renou­velés et on ne voyait même pas la différence entre une peau et une autre. Sautant de joie, le jeune homme partit à la clinique montrer son pied aux médecins qui le soignaient. Ils lui demandèrent avec curiosité ce qui lui était arrivé, la guérison était si parfaite et si rapide qu’ils ne lui trouvaient aucune explication. Alors le jeune homme leur dit: “Le Seigneur m’a guéri hier au cours de l’Eucharistie”. Eux, athées, ne sa­vaient pas qui était le Seigneur, et encore moins ce qu’était l’Eucharistie. Ils lui répondirent: “ Faut trou­ver une explication à ça...” Quand F.G. me téléphona pour me raconter le tout et me répéta que les médecins cherchaient une explica­tion, je lui répondis: “ Dis-leur que l’explication, nous l’avons : Jésus est réellement vivant et présent dans l’Eucharistie. Comme Jésus est vivant, Il peut faire cela et beaucoup plus, parce qu’Il est le même qui a ressuscité Lazare et qui a guéri tant de boiteux et de perclus, tant d’aveugles et de sourds. Jésus est la santé des malades ! ” Sans hésitation, la guérison la plus importante ne fut pas celle-là, mais celle du cancer du coeur qui s’appelle le péché. F.G. avait mené une vie pécheresse. Le Seigneur lui donna la force de renoncer à tout cela pour emprunter une voie nouvelle. Peu de temps après, il entra au séminaire. Comme le Seigneur l’avait guéri au cours de l’Eucharistie, il voulait s’approcher le plus possible de ce mystère et pouvoir un jour le célébrer. Des années plus tard, je revins en France ; je le retrouvai ordonné prêtre, dans un couvent de vie contempla­tive, célébrant le mystère de la foi, dans lequel nous annonçons la mort du Seigneur et proclamons sa re­surrection. Jésus est vivant et opère dans le pain consacré et le vin. Si nous avions plus de foi et que nous le laissions agir avec toute sa force, il ne nous manquerait pas tant d’arguments pour affirmer sa présence réelle dans l’Eucharistie. Il suffi­rait de le laisser agir et lui-même se chargerait de prouver sa présence réelle dans l’Hostie consacrée, avec des signes et des miracles. Alors nos célébrations eucharistiques se transformeraient en célébrations prodigieuses.

Enfin, bien qu’un peu longuement, don Pedro Martinez, du nord du Mexique, nous raconte de manière belle, non seulement sa guérison mais aussi sa transformation: Cher père Emiliano,  Ecrire à mes amis est un de mes passe-temps favoris, mais aujourd’hui je me trouve dans l’embarras, je ne sais comment je vais commencer correctement le récit du témoignage qu’on m’a demandé de faire. Dans le passé, je voyageais beaucoup, et étant donné ma force physique, personne n’aurait pu me convain­cre de consacrer plus de temps à ma famille. Je croyais (comme beaucoup de gens) que mes péchés étaient légers; si  on partait du principe que ne pas tuer, ne pas voler et être “juste” avec ses semblables, était être bien avec Dieu. En fait, je me considérais comme un bon chrétien. Cependant, je n’avais pas communié depuis mon mariage, qui datait de trente ans. Il y a environ trois ans, à la suite d’un accident du travail, je commençai à avoir des difficultés avec ma jambe droite, de même qu’avec mon bras droit, qui pouvait à peine supporter le poids de ma sacoche. Tout le long de ma colonne vertébrale commencèrent de terribles douleurs intenses que je ne supportais pas, bien qu’on m’administrât des calmants très forts. Vint le jour où il fallut m’injecter régulièrement des re­laxants pour empêcher les évanouissements qui se répétaient.

Nous visitâmes un certain nombre de centres médicaux au Mexique et aux Etats-Unis. Les uns disaient que c’était les reins ; les autres, mon poids. Mais tous se mirent d’accord pour qu’on m’opère à Houston. Je fus hospitalisé pour deux opérations car je perdais toute sensibilité aux extrémités inférieures et de cruelles douleurs étaient apparues. Depuis lors, je commençai à dépendre de l’aide de mes proches, particulièrement de ma femme, qui me consa­crait tout son temps. Je semblais tellement mal physiquement qu’on ne m’accepta même pas sur un vol régulier, il nous fallut donc affréter un avion sanitaire. Le neurochirurgien qui m’avait opéré les fois précé­dentes commenta que l’intervention serait délicate et il la considérait comme dangereuse. C’est pour cela que très froidement, la nuit précédant l’opération, il me dit: “Don Pedro, vous croyez en Dieu ? Alors confiez-vous à lui, parce que nous allons avoir besoin de toute son aide”. L’intervention n’eut aucun succès. J’étais plus mal qu’avant, sans pouvoir bouger et insensible de la poi­trine aux pieds. A partir de ce moment-là je constatai un rapproche­ment très notable parmi mes proches comme mes amis, car en m’ouvrant de nouveau la colonne vertébrale, on avait découvert que le cancer avait atteint les os et la prostate : cliniquement il était impossible de faire quoi que ce soit pour moi. Les médecins me donnaient une espérance de vie de trois mois.

Plusieurs semaines passèrent et je commençai à remarquer que je perdais du poids de façon alarmante. Pour calmer mes douleurs on me maintenait inconscient la plupart du temps. C’est ainsi que je choisis de deman­der à mon épouse que dès que les rayons seraient terminés, nous rentrions à la maison car je me sentais très mal. A ce deuxième retour à la maison, quelques proches et amis ne voulurent pas revenir me rendre visite, car au lieu de me réconforter, ils sortaient de la maison consternés de voir cet individu, fort et vigou­reux qu’ils avaient connu quelques mois auparavant, passé de 105 kilos à 55 kilos, avec en plus une condam­nation à mort. Ma femme n’acceptait pas l’idée que je puisse partir ainsi la laissant seule, aussi elle chercha désespérément tous les moyens à sa portée.

Encouragé par le fait d’avoir dépassé le délai des trois mois de vie, je fus conduit à Monterrey. Le groupe de médecins penchés sur mon cas fut très froid avec mon épouse, lui disant de ne pas se faire d’illusions, que le fait d’avoir dépassé ce délai n’était pas une base suffisante pour empêcher que d’un moment à l’autre je puisse me retrouver en mauvais état. Pendant des mois nous avons assisté à des séances de radiothérapie à Monterrey, et un jour nous avons eu la visite d’un groupe de prière. Après la première réu­nion, nous avons senti la nécessité de la présence de ce groupe. Au cours de la troisième visite, nous avons été évan­gélisés. On nous parla de l’amour de Dieu comme jamais je ne l’avais entendu auparavant. Je me re­connus pécheur et acceptai Jésus dans mon coeur comme mon Sauveur. Je le proclamai Seigneur de toute ma vie et on nous imposa les mains pour recevoir une nouvelle effusion de l’Esprit Saint. Lors de mon baptême dans l’Esprit Saint, j’eus comme une vision : des mains se tendaient vers moi desquelles partait une lumière resplendissante entourée d’une neige très épaisse, et elles prenaient les miennes. Je sentis l’étrange présence de quelque chose de divin très déconcertant, qu’il m’est encore maintenant impossi­ble de décrire, mais cela me causa une profonde émo­tion. Des amis nous apprirent que vous, père Tardif, seriez présent à Guadalajara en novembre. Comme nous étions très désireux d’assister au rassemblement, nous leur demandâmes de nous procurer des tickets. Toute la maison fut emplie de joie et d’espérance. C’était une joie contagieuse pour toute la famille. Nous prépa­râmes le départ en avion et arrivâmes le 22. Pour ce voyage, comme pour tout déplacement, j’eus besoin d’un fauteuil roulant. En arrivant, nous fûmes surpris de voir des milliers de personnes entourant le stade, attendant et désirant en­trer. C’était un véritable pélerinage de gens dans l’at­tente, chantant, nombre d’entre eux conduits sur des brancards de toutes sortes il y avait des files d’inva­lides en fauteuils roulants, des paralysés portés dans les bras, certains avec des béquilles ou des cannes et d’autres comme des fardeaux humains étaient soute­nus aux épaules par des êtres souriants, qui semblaient ne pas se soucier du poids, on ne pouvait que lire dans leur regard le désir d’entendre la Parole de Dieu. Pour les simples de coeur, qu’il est facile d’espérer! Nous fûmes attentifs au déroulement de toutes les cérémonies, y participant sans nous remettre de 1 ‘éton­nement de voir soixante mille personnes qui buvaient avidement à la source de la Parole de Dieu. Quand ce fut votre tour, père Tardif, de prier pour les malades, nous étions étonnés des guérisons qu’on pouvait constater: un homme marchait en levant bien haut ses béquilles, une aveugle voyait, etc. Ainsi passa le temps jusqu’à ce que vous annonciez qu’il ne restait plus que cinq minutes de prière. A cet instant, ma femme commença à prier Dieu de la façon suivante: “Seigneur, je te rends grâce de tout coeur de nous avoir permis d’assister à cette rencontre. Le temps fixé pour la guérison va s’achever et je n’ai pas entendu que tu t’es intéressé au cas de mon mari. Mais si en cette occasion, tu ne lui rends pas la santé, toi tu sais pourquoi. Je te demande seulement, Seigneur, de continuer à le soutenir dans sa foi et si ce n’est pas le jour aujourd’hui pour lui, ne permets pas qu’il se décourage ni que sa foi vacille”. Elle terminait sa prière, quand vous avez dit qu’en cet instant cinq personnes recevaient la guérison, deux femmes et trois hommes. Quand ce fut le tour des hommes, vous avez précisé que l’un d’entre eux était en train de guérir d’un cancer des os : qu’il n’aie pas peur, il allait sentir une chaleur très vive dans tout son corps et une profonde angoisse.

Ma femme se tourna pour me regarder. J’étais baigné de sueur, sentant un feu qui m’envahissait tout le corps. De plus, une émotion-angoisse indescriptible, que j’exprimai à travers un long gémissement. J’avais la certitude que vous parliez précisément de moi, et je le dis à ma femme. Malgré la grande émotion de ces instants si intenses, nous réussîmes à entendre que vous demandiez que la personne ne donne pas son témoignage tout de suite, mais attende quinze jours. Avec tous ceux qui nous retrouvèrent dans les cou­lisses, émus et heureux, nous louions Dieu, parce que j’étais la dernière personne que notre Seigneur avait guérie ce jour-là.

Au cours de l’Eucharistie, nous rendîmes grâce au Seigneur pour toutes les merveilles dont Il nous avait permis d’être témoins. Le dimanche 25, nous sommes repartis pour l’aéro­port. Ma femme me dit : “Je viens de voir le père Emiliano Tardif”. Je lui répondis que ce n’était pas possible, que la distance entre nous et le lieu où vous officiiez et aviez fait la prière de guérison était trop grande pour qu’elle puisse vous reconnaître. Elle se dirigea vers l’endroit où vous étiez assis et revint toute excitée me disant : “C’est le père Tardif, c’est le père Tardif’, et me demanda que nous nous approchions pour le saluer. Son enthousiasme était tel que je n’attendais rien pour moi, quand elle se dirigea vers l’endroit où vous parliez avec d’autres personnes et elle dit : “Pardonnez-moi de vous interrompre, mais j’aimerais savoir si vous êtes bien le père Emiliano Tardif”.

Vous lui avez alors demandé si vous pouviez l’aider en quoi que ce soit. Elle, prompte, vous a demandé s’il était possible que vous lui offriez une minute de votre temps, car nous désirions vous saluer et vous connaître personnellement ; cela faisait plus d’un an et demi que nous attendions ces instants. Vous n’avez pas attendu assis que je vienne jusqu’à vous, mais vous vous êtes approché de l’endroit où je me tenais, appuyé contre un mur et sur mes cannes. J’ai donc commencé à vous raconter en bref toute mon histoire et finalement vous ai dit que je sentais que j’étais la personne concernée par le dernier cas de cancer. Alors vous m’avez imposé les mains et avez commen­cé à prier dans une langue étrange que je n ‘avais jamais entendue, mais qui me faisait sentir une profonde communion avec Dieu. Mon épouse pleurait d’émotion. Vous m’avez re­commandé de ne pas avoir peur, que j’allais être guéri et que d’ici quinze jours il fallait que je donne mon témoignage. Ensuite vous m’avez demandé de lire Jésus est vivant. Nous avons alors répondu qu’il ne nous avait pas été possible de le trouver dans le stade ni dans les librairies de la ville, mais qu’un couple ami allait nous l’envoyer. A cet instant précis, du milieu de la foule qui nous entourait, surgit un homme qui tenait à la main le livre et dit: “Tiens, le voilà, je te l’offre”. Vous l’avez pris et m’avez dit: “Mon fils, le Seigneur est avec toi”, et vous m’avez montré la page où se trouve la prière pour les malades.

1 .NDT: Le titre original du premier livre d’ Emiliano Tardif est Jésus est vivant. Il a été publié     en  français sous le titre .NDT: Le titre original du premier livre d’ Emiliano Tardif est Jésus est vivant. Il a été publié     en  français sous le titre Jésus a fait de moi un témoin.

A partir de ce moment-là, je n’eus plus besoin de mon fauteuil roulant. Je montai dans l’autobus qui allait nous amener au pied de la passerelle de l’avion et sans aucune aide (sauf celle de mes cannes) je montai l’escalier. Dix jours plus tard, cher père Tardif, je décrochais le téléphone c’était notre médecin neurologue de la ville de Reynosa, qui désirait profiter de son séjour à Mon­terrey pour me saluer. C’était en plus le moment pour moi de revoir les différents spécialistes. Le lendemain, j’eus un coup de téléphone du spécia­liste en médecine nucléaire, m’informant qu’il venait de recevoir une nouvelle capsule de matériel radioactif et qu’il serait bon qu’il me revoit. Nous nous mîmes à compter les jours. La date à laquelle ils devaient me revoir coïncidait avec les quinze jours auxquels vous aviez fait allusion dans le stade... Le 7 décembre 1984 on me fit les premières études de recherche osseuse en médecine nucléaire, envoyant de nouveaux échantillons pour mes analyses cliniques en laboratoire. L’après-midi, le médecin nous informa qu’il voulait être sûr des résultats des plaques qu’il avait en main et qu’il allait les envoyer à l’oncologue pour qu’il confirme le résultat... Au cours de notre entretien avec ce médecin dans l’après-midi, il observait attentivement les tests, cher­chant de tous côtés les “points chauds” de mes os. Il ne trouvait rien ; on devait attendre que le laboratoire donne les résultats des phosphates, qui sont le paramè­tre qui indique mon état réel de souffrance. Ce même après-midi, nous avions aussi rendez-vous avec l’uro­logue, qui après m’avoir examiné attentivement s'exclama: “Don Pedrito, vous n’êtes pas bien vous êtes excellemment bien ! Il faut que nous soyons vigilants.”

C’est avec anxiété que nous attendions le lundi. Nous étions préparés et avions la certitude que tout irait bien. Le spécialiste de médecine nucléaire nous attendait dans son bureau. Il nous dit qu’il avait les résultats, mais qu’il attendait confirmation du laboratoire car cela ne correspondait pas à ce qu’on avait enregistré dans les tests précédents. Dix minutes plus tard, le téléphone sonna. C’était la réponse du laboratoire. Il écouta avec grande attention et raccrocha. Après quelques instants de silence, il nous dit simplement : “La médecine est bonne, mais pas tant que ça. Vous êtes guéri. Les radiations sont terminées. Tous mes voeux, don Pedro”. Quand nous allâmes prendre congé du spécialiste en médecine nucléaire, il nous dit : “Ne croyez pas que parce qu’aujourd’hui vous allez bien, ce sera toujours le cas”. Sentant que mon Seigneur était avec nous, je lui répondis :“Combien voulez-vous parier que si ?“ En riant il répliqua: “Bon, ce serait un des paris que je perdrais le plus joyeusement, mais il vaut mieux s’en arrêter là.” Père Tardif.., cela fait environ trois ans, je partais pour Houston y subir une intervention chirurgicale délicate. C’était par un jour gris et froid. Quelques minutes avant que ne parte l’ambulance, je m’étais retourné pour regarder ma maison une dernière fois, disant en moi-même: “Seigneur, je ne sais si je reviendrai voir ces terres, mais je les aime, comme j’aime tous les êtres humains qui m’ont tant donné par leur amour”. Aujourd’hui, à trois années de distance, je veux parta­ger avec vous que Dieu m’a comblé de grâces innombrables. Il m’a limité physiquement presque complètement, pour m’enseigner et me donner l’hu­milité nécessaire ; pour qu’avec elle j’apprenne, avec modestie et simplicité, à recevoir la tendresse, 1’ affec­tion et les délicatesses. Au cours de ces trois années, le Seigneur a fait augmenter ma foi et la certitude qu’à travers lui on peut tout recevoir. J’ai appris que la vie n’est qu’une succession de chan­gements, et que je dois m’adapter à ma  nouvelle vie; dans ce cas précis, à vivre sans hâte. Essayer au maxi­mum de laisser tomber les préoccupations et les mortifications, oublier les rancoeurs et les fausses attitudes. C’est une autre étape merveilleusement belle. Je bénis le Seigneur parce que pendant tout ce temps il a remplacé ce jour gris du passé par le soleil radieux du présent. J’ai appris à  ne me comparer avec personne. Je ne me demande plus, pourquoi moi ? Je sais qu’il existe un Dieu qui m’aime, que tout le passé a été pour moi un bien. Bienheureuse maladie à travers laquelle Dieu m’a donné le salut!  

Enseignements

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5 - La Bonne Nouvelle est  annoncée aux pauvres

A force de prêcher par le monde entier, de parcourir les steppes et les déserts d’ Afrique, les léproseries et les prisons, je constate partout le même phénomène : ce sont les pauvres, et presque toujours les plus pauvres d’entre les pauvres qui accueillent avec simplicité l’Evangile. Ce sont eux les plus ouverts pour recevoir, peut-être parce que ce sont eux qui en ont le plus besoin. Quand je prêche en certains lieux d’Europe, c’est tout autre chose : mentalité cartésienne, analyse théologique, médicale et psychologi­que. Par ailleurs, j’ai découvert une autre pauvreté : le dégoût et le peu d’intérêt pour la vie de ceux qui sont comblés de biens matériels. Parfois ils sont plus pauvres que les autres, parce qu’il leur manque le plus important: 1 ‘amour. Ils vivent dans des prisons dorées. Ils ont des voitures et des avions, mais ils ne savent où aller. Ils sont pourvus de tout et rien ne les satisfait. L’Evangile annonce de bonnes nouvelles au pauvre, mais en même temps il nous appelle à une vie plus pauvre, sans compromis ni convoitises ;  libres de toute attache, pour vivre en plénitude.

Conclusion

Jésus est le Messie qui devait venir. Il accomplit les prophéties messianiques et en lui se réalisent les signes qui caractérisent le Messie. Nous ne devons pas en attendre un autre. Les promesses se sont accomplies. Le temps d’allumer une lampe pour découvrir le Messie est passé parce qu’ Il resplendit maintenant et c’est lui qui nous illumine de sa lumière qui ne connaît point de couchant. Il n’y a pas d’autre Nom donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés. Jésus est l’unique sauveur qui encore aujourd’hui nous redit: Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a ie pouvoir de pardonner les péchés, “lève-toi et marche”. Pour que vous sachiez que je suis la lumière du monde, “que tes yeux s’ouvrent”. Pour que vous sachiez que je suis la résurrection et la vie, “sors” de la tombe du péché. Pour que vous sachiez que je suis le chemin, “marche”. Jésus est le Messie annoncé par les prophètes, attendu par Israël et dont le monde entier a besoin. Aujourd’hui, Jésus est le Messie. Le prophète parle également des morts qui reviennent à la vie. Je crois que la guérison intérieure est une forme de résurrection car elle nous partage la victoire de Jésus-Christ sur la mort . Le chapitre qui suit est consacré à ce point.  

 

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II

  LA GUERISON

INTÉRIEURE

  

Ce que j’ai trouvé de plus beau dans le Renouveau Charismatique, c’est ce qu’on appelle < la guérison intérieure >. De la même façon que notre corps est attaqué par différentes maladies, nous pouvons également être atteints intérieure­ment de traumatismes, complexes, peurs, rancoeurs et insé­curités de tout genre. Et bien plus, de nombreux cas physiques ne sont que les symptômes extérieurs de déséqui­libres psychologiques, et lorsque ces derniers sont guéris, les premiers disparaissent également. Si nous avons été blessés dans nos sentiments, nous pouvons nous en trouver affaiblis. Si nous nous rappelons quelqu’un qui nous a trahis, nous sommes en colère contre tout le monde. Parfois nous avons été bafoués dans notre amour, et depuis lors notre coeur se ferme à toute manifesta­tion d’affection. Cependant, Jésus est venu soigner les coeurs brisés et nous offrir un coeur nouveau. C’est merveilleux de découvrir comment l’Evangile est plein de ce genre de guérisons: ses disciples, Jésus les a guéris de l’attachement aux richesses et de la convoitise (Mt 19, 16-26), de l’autoritarisme (Mt 19, 27-30), de la peur de la mort (Mc 4, 35-41 ; Lc 12, 4-8), du trouble (Jn 14, 1-6), du légalisme (Mt 12, 1-8), de la peur de l’échec (Mc 4, 30-32), des haines, des ressentiments et des rancoeurs (Lc 6, 27-31), de l’orgueil (Lc 18, 9-14) et de l’erreur (Jn 7, 31-33).

Il a guéri le centurion de son complexe d’infériorité (Mt 8, 8-13), la samaritaine de sa haine raciale (Jn 4); Il a libéré Zachée de l’injustice (Lc 19, 1-10) ; la femme adultère, de son sentiment de culpabilité (Jn 8, 1-11); la prostituée, de l’impureté (Lc 7, 36-50). Et le plus important, qui est à la racine de tous maux : Il a guéri le paralytique de son péché (Mc 2, 1-12). Combien de fois nous désirons avancer, mais nous ne le pouvons pas ! Notre volonté est vaincue et notre caractère n’a pas la force de s’opposer aux adversités.

D’autres fois, nous croyons que ce sont les autres qui doivent changer et nous l’exigeons, sans résultat. Au contraire, il semble que cela ne fasse qu’empirer le problème. En fait, nous sommes tous blessés et c’est pour cela que nous n’avons pas la force de dépasser nos limites.

J’ai vécu personnellement cette grâce de guérison intérieure: Tout au long de ma vie, j’avais eu un problème au moindre contact avec le sang. Quand il me fallait aller imposer les saintes huiles à un mourant qui saignait, c’était un grand sacrifice, parce que je commençais à avoir des sueurs froides et, quoique je fasse de grands efforts, je n’arrivais pas à me contrôler. Un jour je regardais un film de guerre où il y avait beaucoup de scènes sanglantes. Je commençai à avoir des sueurs froides, je baissai les yeux ;  je n’en pouvais plus ;  j’ai cru que j’allais m’évanouir. Je me sentais si mal qu’il me fallut sortir à la moitié du film. Un jour Monseigneur Alfonso Uribe Jaramillo vint prêcher une retraite. Au cours de la Messe, il pria pour la guérison des blessures de la mémoire, rappelant les différentes étapes de la vie. Pendant qu’il priait pour la guérison des blessures de l’enfance, je me souvins que lorsque j’avais cinq ans, un jour je m’étais fâché avec mon frère de six ans. J’avais un canif à la main et le lui avais lancé. Il lui tomba sur le bras, il en coula beaucoup de sang. Je m’effrayai beaucoup de voir son bras teinté de rouge. Bien que j’aie oublié l’incident, j’avais toujours un problème lorsque je voyais du sang.

Pendant que Mgr Uribe Jaramillo priait, il me vint à l’esprit cet événement vécu quand j’avais cinq ans et je demandai au Seigneur de me guérir de ce souvenir. Depuis, je suis allé dans de nombreux hôpitaux pour visiter des malades atteints de blessures d’accidents graves et je n’ai plus cette réaction d’hémophobie. Grâce à cette guérison intérieure, je suis guéri. Le Seigneur a guéri cette blessure de ma mémoire, et à partir de cette guérison des souvenirs, je comprends mieux maintenant l’importance de la guérison inté­rieure. Si moi je me sentais mal quand je voyais du sang, pour d’autres une blessure émotionnelle les ren­dait malades devant l’autorité, parce que tel ou tel jour, leur père, leur mère ou leur maître les avait traités avec dureté. Beaucoup d’enfants sont rebelles à cause de leurs blessures émotionnelles. Leur révolte est là comme pour les protéger de toute autorité. Cependant, il ne nous faut pas tant connaître la racine du problème que la solution à ce même problème, et c’est une prière de guérison intérieure qui nous libère.

Un petit garçon avait les traits si fins que tous disaient qu’il ressemblait à une fille. Cela lui causa un trauma­tisme très grand, de telle sorte que d’un côté il essayait de paraître plus homme que les autres, mais en même temps il commença à rejeter tous ses compagnons qui le critiquaient ou se moquaient de lui. En grandissant, il ne voulut rien savoir des femmes car elles reflétaient ce qu’il ne voulait pas être. Quand il arriva à l’âge adulte, son problème s’aggrava et il tomba dans l’homosexualité. Un jour qu’il priait pour sa guérison intérieure, le Seigneur le libéra de ce problème, emplissant son coeur de l’amour dont il avait manqué. Grâce à la guérison intérieure et à la force du Seigneur, il put sortir de l’homosexualité. Il mène aujourd’hui une vie tout à fait normale.

Le témoignage suivant montre comment une blessure émotionnelle peut avoir des conséquences physiques, mais qu’une fois l’intérieur guéri, les symptômes disparaissent, comme le montre soeur Madeleine-Danièle dans sa lettre: Seigneur, tes cinq plaies ont guéri mes blessures. Jésus est venu me chercher au milieu de ma tiédeur, plus encore de mon péché. J’étais dans un état déplorable : douleurs dans le dos, arthrose ankylosante aux genoux qui m’empêchait de m’agenouiller pendant l’oraison, migraine deux ou trois fois par semaine et une hernie hiatale. J’avais perdu le goût de l’oraison et de la lecture spirituelle. J’espaçai beaucoup les confessions et même je manquais souvent l’Eucharistie. Mon unique prière était: “Malgré tout, tu sais que je t’aime”.

Dans ces circonstances précises, Jésus me révéla son visage. Le 5 juillet 1981, une amie m’appela pour me dire qu’elle viendrait me chercher pour assister à une prière pour les malades. Je demeurai dans le fond de l’église. Un prêtre à l’accent canadien sympathique donna une méditation si pleine de foi sur les cinq plaies de Jésus que je m’en rappelle encore. Il commença ensuite à remercier le Seigneur pour les guérisons qu’Il opérait. Il dit: “Il y a ici une religieuse qui a reçu une grande blessure au coeur, et après plusieurs années, elle n’est toujours pas cicatrisée. Jésus guérit cette blessure et elle retrouve une joie que personne ne pourra lui ravir.”

A cet instant précis, j’éprouvai un profond bonheur au-dedans de moi. En même temps, dans ma mémoire revenaient clairement les circonstances qui m’avaient blessée. A la fin, le prêtre donna la bénédiction depuis l’autel. Je m’agenouillai spontanément et à ma grande sur­prise, je pus me lever de même. Je pensai alors que c’était peut-être moi la soeur guérie d’une blessure émotionnelle, mais fus prise d’un doute car il y avait environ vingt religieuses dans l’église. Père Tardif, quand vous êtes remonté en voiture, je me suis approchée et vous ai dit : “Père, si aucune reli­gieuse ne s’est identifiée pour cette guérison, c’est que c’est moi”. Vous m’avez regardée en silence et avez répondu:  “Je le crois aussi”. C’est à partir de ce moment-là que commença la guérison. Un jour je me dis : “Si Jésus m’a guéri les genoux, peut-être m’a-t-il aussi guéri les pieds...” J’ôtai alors les semelles orthopédiques que j ‘utilisais depuis quatre ans et marchai sans aucun problème.

Mais le plus étonnant fut quand quelqu’un m’atteignit précisément à la cicatrice de mon ancienne blessure. Je ruminais la vexation. Mais je me rappelai la para­bole des deux  débiteurs : moi, qui devais à Jésus une si grande guérison, je ne serais pas capable de pardon­ner une petite blessure? Je pardonnai et sentis une grande paix. Je revins à la ferveur de l’oraison. La migraine disparut et je suis une personne nouvelle au service du Seigneur. En voyant tout ce que Dieu a fait dans ma vie, je constate qu’en vérité tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu et je reconnais de tout mon coeur: “Seigneur, combien je dois remercier cette personne qui m’avait blessée. Remplis-la de ton amour”. Soeur Madeleine-Danièle

 

La guérison intérieure produit deux effets: elle nous libère de la cause qui nous affecte, -elle nous fortifie pour persévérer dans le bien. Les traumatismes de l’enfance se répercutent sur notre conduite présente. Un alcoolique ne peut s’arrêter de boire si la racine de son problème n’est pas guérie. Il continuera à boire; sinon, au lieu de cela apparaîtra un autre symptôme de la même origine. Le Seigneur va au fond de notre vie, jusque dans les zones les plus cachées et éloignées de notre enfance, pour reconstruire ce qui nous affecte dans le présent. Au cours d’un congrès à Caracas, nous priions pour la guérison intérieure. Une religieuse canadienne s ‘ap­procha, missionnaire au Honduras, qui ne pouvait pas prier parce qu’elle vivait avec une tristesse chronique. Nous commençâmes à prier pour elle. Très vite, il vint à une personne de l’équipe une image mentale. Elle vit une petite fille seule pleurant dans un bois où il y avait beaucoup de neige. Nous demandâmes à la religieuse si cela lui rappelait quelque chose. Elle se mît à pleurer et raconta: “Quand j’étais petite, je vivais au Canada. Une après-midi qu’il neigeait, je sortis seule dans le bois. La neige couvrit mes traces de pas sur le chemin et je me perdis. Quand je voulus rentrer à la maison, je ne savais par où passer et je me sentis abandonnée. Je pleurai plus de deux heures, jusqu’à ce que ma famille me retrouve. Ce fut quelque chose de très douloureux pour moi. C’est à partir de ce moment-là que je commençai à avoir de nombreuses peurs.

Nous priâmes alors le Seigneur en ces termes : “Tu sais, Seigneur, ce que notre soeur a souffert. Fais-lui sentir qu’elle est dans la paume de ta main et que tes yeux ne la quitteront jamais, car tu as veillé sur chacun des pas qu’elle a pu faire. Pour toi, il n’y a ni passé, ni futur, tout est présent devant toi. Nous déposons de­vant toi ce qui lui est arrivé dans le bois et te deman­dons de guérir la blessure émotionnelle qu’elle en a reçue.” Je revis cette religieuse plusieurs années après, quand nous allâmes prêcher à Tegucigalpa, et elle me dit que sa vie avait changé depuis qu’elle avait reçu cette guérison intérieure. Par ailleurs, une personne saine est forte face aux em­bûches, elle affronte les problèmes sans peur, elle ne craint pas les critiques et ne se laisse pas atteindre par le “qu’en dira-t-on”. Celui qui a été guéri par le Seigneur possède une forteresse intérieure capable de résister aux attaques. Avec le psalmiste, il peut s’exclamer : Qu’une armée vienne camper contre moi, mon coeur est sans crainte ; qu’une guerre éclate contre moi, j’ai là ma confiance (Ps 27, 3).

Le témoignage qui suit nous montre très clairement comment la personne guérie peut persévérer dans sa vie nouvelle. J’ai vécu dans ma famille dans une atmosphère de coutumes et de normes chrétiennes. J’ ai fait mes études dans un excellent collège de religieuses et j ‘ai toujours rempli mes devoirs de piété. Je pourrais dire que j’avais une excellente information chrétienne, mais pas forcément formation chrétienne car je ne connais­sais pas ce Dieu vivant et je n’avais jamais expérimenté la Vie Nouvelle apportée par Jésus à notre monde.

A l’âge de 15 ans, lorsque je me suis approchée du Sacrement de la Confession, j’ai été profondément traumatisée par le prêtre. A cause de cela je ne suis jamais retournée me confesser. Pourquoi aller me confesser à quelqu’un qui était pire que moi ? Je n’allai même pas me réconcilier le jour de mon manage. Comme toute fiancée, j’arrivais avec des illusions sur le mariage, espérant tout donner et tout recevoir de mon époux. J’eus plusieurs enfants, mais petit à petit je perdais mes illusions. Nous vivions dans l’égoïsme et il me manquait la seule chose dont j’avais besoin: l’amour. Certains rêves se transformèrent en cauche­mars et la joie céleste que j’attendais du mariage se convertit en enfer. Le pire des enfers, ce ne sont pas les cris, ni les coups, ni même la haine, mais le manque d’amour. Après sept ans de mariage, j’étais avide de l’amour que je ne recevais pas de mon époux. J’étais chaque fois plus loin du Seigneur, aussi je ne le recherchai pas . .Ce témoignage est donné sous la responsabilité exclusive de l’éditeur originel, qui le tient directement de la personne qui le raconte.,mais je tentai de recevoir l’amour d’une personne qui essayait de m’aider. Je pensais qu’ainsi se remplirait le vide qui chaque fois se faisait plus profond. C’est pour cette raison que je suis tombée dans l’infidélité conjugale. Ce que je croyais être la solution ne fit qu’aggraver mon problème conjugal, car chaque fois je m’éloignais un peu plus de mon époux. Je me sentais très mal dans mon comportement, mais je ne pouvais rien faire d’autre. Je rechutai une nouvelle fois et alors ce fut la catastrophe. Emotionnellement, je souffris un traumatisme : je me détestais et me méprisais moi-même. J’allai jusqu’à ne plus m’occuper de moi physiquement. Ma propre per­sonne ne m’intéressait plus. D’un autre côté augmen­tèrent les agressions conjugales et j’en arrivai à perdre tout espoir en la vie même. Je voulais mourir parce que je ne trouvais pas de sens à une vie si vide où l’amour n’existait pas.

Cependant, je me justifiais, rejetant sur mon mari la faute de mon péché: ”S ‘il m’aimait, je n’aurais pas fait ce que j ‘ai fait.” Je me réjouissais même parfois de mon infidélité, mais à la fin je me sentais encore plus mal. Je vécus deux ans dans la peur, m’accusant et me culpabilisant. J’avais peur que les autres ne le sachent et que mon mari ne s’en rende compte. Mais à quoi cela servait-il qu’ils ne le sachent pas, puisque moi je le savais ? Cela me maintenait dans une angoisse terrible. Chaque jour je me sentais moins humaine, moins femme. Les rares fois où j’allais à la messe, je communiais même, sans tenir compte de la parole de saint Paul que celui qui mange indignement le corps du Seigneur mange sa propre condamnation (1 Co 11, 29). De toutes façons, je me sentais déjà condamnée, amère et pire qu’avant. C’est dans ces circonstances que j’assistai à une re­traite du Renouveau Charismatique, au cours de la­quelle je reçus le baptême dans l’Esprit Saint.

Je pensais que l’Esprit Saint n’était pas pour les pé­cheurs, mais je compris que l’Esprit nous permet de nous approcher, repentis, pour demander le pardon de Dieu. Moi seule me condamnais pour mon péché. L’Esprit me donna le repentir et l’assurance que Dieu était disposé à me pardonner. Au cours de cette retraite, le Seigneur me fit le don de la prière en langues. Cela me toucha encore plus Comment, moi, si pécheresse, Dieu m’aimait tant qu’Il allait jusqu’à me donner cette marque de sa tendresse? Je ne pouvais comprendre tant d’amour, et ce n’était que le commencement. Quelque chose en moi me disait qu’il me manquait encore le meilleur.

Le dimanche suivant, j’allai à la messe mais, malgré ma tentative, il me fut impossible de communier. Dieu me protégeait en m’empêchant de commettre un nou­veau sacrilège. Je pris alors la difficile résolution de retourner me confesser, difficile car je me rappelais la blessure de ma jeunesse. Mais si au cours d’une confession j’avais perdu la foi, pour y revenir, il me fallait passer par la même porte. Le 22 juillet, que je ne savais pas être la fête de Marie-Madeleine, je retournai me confesser après quinze ans. Je me présentai timidement au prêtre, comme cette femme qui s’était approchée de Jésus pour lui laver les pieds. C’était terrible de rappeler ce qui m’angoissait tant. C’était comme revivre avec la même intensité ma douleur et mon vide. Cependant, en m’obligeant à le faire, le Seigneur m’ôta le grand poids que je ne pouvais plus supporter. J’expérimentai dans toute sa grandeur l’amour et le pardon de mon Jésus. Le prêtre n’était pas Emiliano Tardif, mais Jésus-Christ lui-même qui m’accueillait avec tendresse. Il ne me re­poussa pas, ne me condamna pas. Pour moi c’était comme l’amour de Jésus à la péche­resse de l’Evangile. Le Seigneur m’avait pardonnée! Non seulement je reçus son pardon, mais le Seigneur me guérit de ce traumatisme de la confession ainsi que du manque d’amour et de l’infidélité. Cette confession me remplit de l’amour dont j’avais tant besoin. Je me sentis humaine, rétablie, reconstruite. C’est là même que renaquit l’amour pour mon mari.

Je m’agenouillai et baisai les pieds du prêtre, les baignant de mes larmes. J’étais inondée d’une paix totale qui ne pouvait se décrire. Cet après-midi-là je vécus une nouvelle naissance, mais cette fois avec espérance, joie et force. Une heure après, je communiai ce n’était pas moi qui recevais Jésus, mais bien plutôt Jésus qui me recevait, m’acceptait, m’aimait et comblait tout le vide de ma vie. Grâce à cette confession bénie, j’ai reçu une force nouvelle dans ma faiblesse. Je suis consciente, plus que jamais, de ma fragilité ; mais maintenant mon coeur n’est plus vide, je n’ai plus à demander l’aumône puisque j’ai trouvé la Perle Précieuse.

Avant je voulais mourir parce que je n’avais pas trouvé de sens à ma vie. Maintenant je veux mourir pour la joie de voir face-à-face le Seigneur qui a été si bon envers moi. Ce traumatisme que j’avais a été guéri et je suis une femme renouvelée, totalement nouvelle, comme Marie-Madeleine. Des années plus tard, j ‘ai retrouvé cette personne. Comme je lui demandais comment elle allait, elle me dit: “Très bien, grâce à Dieu. Tout n’a pas toujours été facile, mais c’est beaucoup plus difficile de vivre loin du Seigneur que sous sa Seigneurerie. Cependant, même si je me retrouvais de nouveau seule ou aban­donnée, je ne chercherais plus cet amour trompeur qui détruit la vie”. La guérison intérieure est en même temps comme une opération qui permet d’extirper une tumeur et une vitamine qui fortifie notre vie.

Le récit du texte des disciples d’Emmaiis (Le 24, 13-35) illustre parfaitement ce qu’est la guérison intérieure: Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux faisaient route vers un village du nom d’Emmaüs, distant de Jérusa­lem de soixante stades, et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s’approcha, et il faisait route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit: “Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ?“ Et ils s’arrêtèrent, le visage sombre. Prenant la parole, l’un d’eux, nommé Cléophas, lui dit: “Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci !” “Quoi donc ?“ leur dit-il. Ils lui dirent : “Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s’ est montré un prophète puissant en oeuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié. Nous espérions, nous, que  c’ était lui qui allait délivrer Israël, mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées ! Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S’étant rendues de grand matin au tombeau et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu’elles ont même eu la vision d’anges qui le disent vivant. Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu !“ Alors il leur dit : “O coeurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu’ont annoncé les Prophètes / Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire !“ Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Ecritures ce qui le concernait.

Quand ils furent près  du village où ils se rendaient, il fit semblant d’ aller plus loin. Mais ils le pressèrent en disant: “Reste avec nous, car le soir tombe et le jour touche déjà à son terme”. Il entra donc pour rester avec eux. Et il advint, comme il était à table avec eux, qu’il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. Leurs yeux s’ ouvrirent et ils le reconnurent.., mais il avait disparu de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre : “Notre coeur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Ecritures ?“ A cette heure même, ils partirent et s’en retournèrent à Jérusalem. Ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compa­gnons, qui dirent: “C’ est bien vrai! le Seigneur est ressus­cité et il est apparu à Simon !“ Et eux de raconter ce qui s’ était passé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain. Les disciples étaient très blessés dans leur coeur, parce que Jésus avait été condamné à mort et ainsi étaient mortes toutes leurs espérances et illusions. La croix avait été pour eux incompréhensible et ils demeuraient frustrés dans leurs désirs de restauration. A cause de ce traumatisme, leurs yeux ne pouvaient voir clairement la réalité.

“Nous espérions, nous - comme si déjà ils n’espéraient plus - que Jésus serait le sauveur d’Israël. . . Jésus commen­ça à leur rappeler les Ecritures, les Prophètes et que tout ceci devait arriver. La première partie de leur guérison fut due à la Parole. La Parole de Dieu purifie et guérit: “Déjà vous êtes purs  dit Jésus à ceux qui l’écoutaient - “grâce à la parole que je vous ai fait entendre” (Jn 15, 3). Et de fait, ce n’est ni herbe ni émollient qui leur rendit la santé, mais ta parole, Sei­gneur, elle qui guérit tout! (Sg 16, 12).

Le Seigneur nous nourrit à travers sa Parole guérissante. La Parole de Dieu, qui du fond des ténèbres fit surgir la lumière, nous illumine et nous vivifie. Les disciples ont parcouru onze kilomètres recevant la guérison. Leur traitement dura tout le long du chemin, comme pour leur faire comprendre que tout en cheminant dans la vie, nous avons besoin de la Parole guérissante du Seigneur, qui est comme une lampe. Jésus fit semblant d’aller plus loin. Alors ils lui dirent: “Reste avec nous, car le soir tombe”. Jésus entra dans leur maison et se mit à table avec eux. Il prit alors le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. A ce moment-là, leurs yeux s’ouvrirent. L’Eucharistie, Parole et Pain, leur Ouvrit les yeux pour qu’ils puissent comprendre le mystère de la souffrance. Ce qui nous guérit, ce n’est pas la suppression de la douleur, mais sa compréhension même. Quand nous nous plaçons face à Celui qui est mort sur une croix, mais qui a vaincu la mort, alors nous retrouvons l’espérance et les blessures sont guéries. On participe à la résurrection et ainsi on recouvre la vie nouvelle.

Jésus Eucharistie est sacrement de guérison, ou mieux encore, sa présence salvifique guérit physiquement, mais de façon particulière les coeurs. Lorsqu’ils reconnurent Jésus, leur attitude changea. Pour eux, qui rentraient chez eux déçus et tristes, lorsqu’ils reçu­rent leur guérison profonde, cette amertume s’évanouit et leurs yeux s’ouvrirent. Nous avons été déjà maintes et maintes fois témoins du même phénomène : les blessures émotionnelles causent des bouleversements physiques. Les plus fréquents sont : l’in­somnie, les ulcères, les maladies nerveuses, la paralysie, les malaises de l’appareil digestif et jusqu’à la cécité. Cepen­dant, dès que la racine du problème est guérie, le symptôme physique disparaît.

Les disciples, désormais guéris, avaient une mentalité nouvelle, des yeux nouveaux, ils voyaient le monde autre­ment; ils n’étaient plus désespérés ni opprimés, mais emplis de joie car ils avaient vu Jésus ressuscité. Ils se levèrent promptement et s’en retournèrent à Jérusalem, pour annon­cer la Bonne Nouvelle aux Onze qui se trouvaient réunis dans le Cénacle. Celui qui a été guéri intérieurement se relève de sa pros­tration. Cela ne peut être autrement. Il devient témoin et annonce la résurrection du Christ Jésus.

Celui qui a été guéri ne parle pas que de sa guérison, mais il devient témoin de la résurrection de Jésus. Il montre sur sa chair même les fruits de la résurrection de Jésus. Il y a tant de gens blessés dans leur mémoire à cause d’événements du passé, qu’ils ont besoin de guérir car cette lésion profonde produit la crainte ou la tristesse. J’ai ren­contré des gens qui portent en leur coeur une grande amer­tume qui les rend antipathiques, et eux-mêmes rejettent tout geste d’affection. Ces gens-là n’ont pas besoin que nous les repoussions, au contraire, ils ont besoin que nous priions pour la racine de leurs problèmes. Ils ne veulent ni souffrir, ni faire souffrir, mais ils sont blessés et à cause de cela ils contaminent de douleur tout ce qui les entoure.

Jésus guérit les blessures du coeur lorsque nous le lui demandons. Comme nous le lisons dans le livre de Mala­chie : Pour vous qui craignez mon Nom, le soleil de justice brillera, avec la guérison dans ses rayons (Ml 3, 20). Jésus est le soleil de justice et il peut guérir les blessures causées par les injustices de la vie. Comme pour soigner des lésions de la peau on prend des bains de soleil, de la même façon, si nous sommes devant Jésus, Il nous guérit des blessures émotionnelles de la vie. Au fur et à mesure que progresse la guérison, le coeur est libéré du sentiment de haine, de rancoeur ou d’amertume, et ce lieu est occupé par l’amour qui, en torrent, sort du coeur de Jésus. Nous nous efforçons de nous libérer de cette rancoeur, mais seuls nous ne pouvons y arriver nous avons besoin d’une puissance supérieure qui nous guérit. Cette puissance, Jésus l’a, lui, le rénovateur des coeurs blessés.

Le témoignage qui suit montre comment la guérison intérieure n’est pas quelque chose de magique, mais elle exige une coopération de la part du patient. Il faut payer le prix de la conversion, que ce soit le pardon ou quelque chose qui empêche la vie de se déployer en plénitude. Un couple avait de graves problèmes. L’épouse avait abandonné le foyer et était partie vivre avec un autre homme. Cependant, peu de temps après, elle se repentit de son erreur et voulut rentrer à la maison. Son mari ne voulait pas la recevoir, mais sur les instances du curé, il lui ouvrit les portes de la maison... mais pas de son coeur. Il lui était impossible de pardonner et de refaire confiance à sa femme. La communication se perdit et son coeur était si blessé qu’il devint impuissant. Il alla voir des médecins spécialistes qui lui donnèrent des traitements à base d’hormones et de chocs électri­ques, mais sans aucun résultat positif. Au cours d’une prière de guérison intérieure, on lui dit que l’origine de son impuissance était qu’il n’avait pas pu pardonner à son épouse. Il confessa qu’il ne le pouvait pas. Alors la première chose que nous fîmes fut de demander au Seigneur qu’il lui donne la force de pardonner. Enfin, par un acte de volonté, il le fit. Ce fut un moment si fort qu’il tomba évanoui pendant quelques minutes. Il se leva et rentra chez lui avec un nouveau visage. Le lendemain, il commenta: “Nous sommes dans une nouvelle lune de miel, même meilleure que la première...

Cet homme n’avait pas besoin de conseils ni de traite­ments pour son impuissance sexuelle, mais il fallait guérir la racine de son problème : pardonner à sa femme. Dès qu’il l’eut fait et qu’on eut prié pour sa guérison intérieure, son problème disparut. Le Seigneur veut nous donner un coeur doux et humble comme le sien, mais pour cela nous avons besoin qu’Il nous guérisse, comme Il a guéri les disciples d’Emmaüs qui étaient tristes et découragés. Du temps de Jésus, quand il y avait un lépreux, on l’éloignait de la communauté car il était dangereux et aurait pu contaminer les autres. Mais Jésus qui était la plénitude de la vie, toucha le lépreux et ne fut pas contaminé, bien au contraire, Il le libéra de sa douleur. C’est avec raison que le prophète dit : Ce sont nos souffrances qu’il portait et nos douleurs dont il était chargé et dans ses blessures nous trouvons la guérison (Is 53, 4-5).

Voilà ce que donne Jésus: la vie, la santé, la joie, la paix et le bonheur, parce que pour lui il n’y a pas d’impossible. Si vous êtes blessé, ne dites pas “je suis un cas désespéré”. Il n’y a pas de cas désespérés; il y a seulement des hommes et des femmes qui désespèrent car ils ne connaissent pas Jésus. Mais à partir du jour où vous vivrez une rencontre personnelle avec lui et que vous découvrirez son amour guérissant, tout va changer. “Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu” (Jn il, 40). Et tu la verras dans ta propre vie, car Il te donnera un coeur nouveau, des yeux nouveaux, une mentalité nouvelle. Tu peux être un homme - ou une femme - amer, plein de haine, qui critique tout, qui dit du mal de tout, pour qui rien n’est bien; mais dans la mesure où Jésus change ton coeur, Il te convertit en un homme - ou une femme - plein des sentiments de son propre coeur. Alors tu peux être le témoin du Royaume et de la puissance de Dieu. Beaucoup condamnent les autres en disant: “Celui-là est mauvais”. Mais en fait, il n’y a pas de mauvais : il n’y a que des hommes et des femmes qui luttent avec des problèmes qui les écrasent. Jésus est venu rompre les chaînes et nous donner la liberté. Ce qui nous paraissait pervers n’était que quelque chose que Jésus devait guérir.

Lorsque le larron de la croix le supplia: “Souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume”, Jésus ne lui a pas répondu : “Eh bien, tu as été très mauvais, tu as volé beaucoup de gens et tu as tué. On va y réfléchir.” il ne lui a pas dit non plus: “J’en parlerai demain à mon Père, pour voir ce qu’il pense de ton cas”. A Jésus a été donné tout pouvoir dans le ciel, sur la terre et dans les enfers. C’est pour cela qu’Il lui assura: “Aujourd’hui même, tu seras avec moi au paradis”. C’est ainsi que l’Esprit Saint produit en nos vies les fruits de son amour. Il y a des gens qui changent complètement de sentiments et les autres se  demandent : Qu’est-ce qui lui est arrivé, à celui-là, avant il était triste, critique et amer, et maintenant, où qu’il aille il ne marche pas, il vole, content et affirmant que l’Esprit Saint lui donne les sentiments du coeur de Jésus? Nous ne pouvons juger les autres. Ils ont été blessés et c’est pour cette raison qu’ils blessent les autres. Au lieu de les condamner, nous devons prier pour la guérison de leur coeur. Nous aurons de grandes surprises. Tu verras comment le Seigneur se servira de toi pour guérir le coeur blessé de ton fils, de ton époux ou de ton épouse.

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Voici deux exemples de guérison intérieure.

 La samaritaine : guérison de la haine raciale. Cette femme fut guérie de la haine ancestrale entre les samaritains et les juifs. Après sa guérison intérieure, elle reconnut Jésus comme le Messie et alla le dire à ses amis de Samarie: “J’ai rencontré Jésus”, et elle le leur amena et Il entra dans la ville des samaritains.

Pierre : guérison de la blessure causée par ses renie­ments : Lc 22, 54-62.

On voit bien la guérison de Pierre dans l’Evangile, Pierre qui le Jeudi Saint a renié trois fois Jésus. Pendant que le Maître était interrogé par le Grand Prêtre, les serviteurs et les gardes de celui-ci avaient allumé un feu au milieu de la cour et se chauffaient autour. Une servante demanda à  Simon “N’es-tu pas toi aussi un des disciples de cet homme ?“  Pierre répondit: “Non, je ne le suis pas”.  Peu après les autres approchèrent et insistèrent: “N’es­ tu pas toi aussi un de ses disciples ?“Pierre répondit: “Non, je ne le suis pas”. Environ une heure plus tard, une autre servante lui dit: “Ne t’ai-je pas vu dans le jardin avec lui ?“ Pierre nia de nouveau, et à l’instant même le coq chanta pour la deuxième fois. Le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre, qui se souvint des paroles de Jésus : “Avant que le coq ait chanté aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. “Et, sortant dehors, il pleura amèrement. Pierre rencontra le regard de Jésus qui le regardait avec douceur. C’était un regard de compréhension et de pardon, pas de reproche. C’est avec ce regard d’amour que commence la guérison intérieure de Pierre. Mais après sa résurrection, quand Jésus apparaît aux disciples au bord de la mer de Tibériade, Il allume lui-même un feu pour préparer le poisson pour le déjeuner. Il prend ensuite Pierre à part du groupe et lui demande trois fois “M’aimes-tu ?“ Et la réponse de Pierre à chaque interroga­tion est: “Seigneur, tu sais bien que je t’aime”. La blessure causée par le triple reniement fut guérie par la triple profession d’amour. De la même façon que tout feu lui aurait rappelé sans cesse ses reniements, le feu allumé par Jésus au bord du lac lui rappellera toujours son amour pour Jésus.

 

  III

JÉSUS EST VIVANT

                                                                Cinq ans après la parution du livre Jésus est vivant je me rends compte qu’il était dans le plan de Dieu, avant même que j’aie pensé à l’écrire. Après une retraite, je dis à Faith Smith : “Je prie pour beaucoup de gens, mais peu prient pour moi. Voudrais-tu le faire ?“  Elle accepta avec grand plaisir. Elle m’imposa les mains et après avoir prié en langues, se mit à rire. Elle me demanda alors: As-tu déjà écrit un livre? Non. Simplement quelques circulaires pour mes amis et quelques articles dans certaines revues. J’ai une vision dans laquelle je vois beaucoup de gens qui rient et se réjouissent, lisant un livre que tu as écrit...          

Le temps passa, et un jour José Prado me demanda la permission de publier quelques-uns de mes enseignements enregistrés sur cassettes. Je lui répondis : Mais pourquoi ne m aiderais-tu pas à écrire un livre? Je voudrais remercier Dieu pour ces dix années de ministère d’évangélisation. Nous sommes venus à La Romana, avons visité Nagua, sommes allés à Pimentel, avons interwievé quelques personnes et je lui ai remis les documents que j’avais. Nous les avons retravaillés ensemble et six mois plus tard paraissait Jésus est vivant, en 1984. A ma grande surprise, il fut immédiatement traduit en plusieurs langues.

Le plus curieux est que les gens qui l’avaient lu me disaient toujours la même chose: “Père, j’ai eu grande joie à lire votre livre. J’ai bien n et il m’a donné beaucoup d’espérance.” D’autres m’ont dit avoir pleuré et bon nombre d’entre eux ont été guéris. J’ai reçu un magnifique commen­taire dans la lettre suivante du 27 novembre 1984: Cher père Emiliano,  D’abord, je veux vous demander pardon si je m’a­dresse à vous avec une certaine familiarité, mais il est vrai qu’après avoir lu Jésus est vivant, j’ai l’ impression que c’est comme si tout le livre avait été une longue lettre écrite rien que pour moi, car le message en est tellement clair et le sentiment de l’amour que vous avez pour vos frères en Christ est si perceptible, que le moins qu’on puisse sentir est de la gratitude et de l’amour pour celui que Jésus a utilisé pour transmettre ce message. Recevez mon admiration, mon respect et un salut chaleureux de celui qui est votre frère dans le Christ Jésus, Rafael Gutiérrez Gutiérrez.

Au cours du Rassemblement Oecuménique de Kansas City, USA, où se trouvaient réunies quarante-cinq mille personnes, soeur Briedge McKenna pria pour moi et eut une vision: “Je vois”, me dit-elle, “le globe terrestre et des petites lumières qui surgissent dans les différents points. Tu vas être amené à prêcher dans de nombreux pays l’amour de Jésus qui guérit”. Le plus surprenant est qu’à partir de là, j’ai commencé à être invité dans de nombreux pays d’Amérique Latine et d’autres de langue française. Après que j’aie été témoin de l’amour de Jésus qui guérit, de nombreuses lumières de foi se sont allumées dans beaucoup de coeurs.

Aujourd’hui, j’ai déjà parcouru plus de cinquante pays où j’ai pu être témoin de l’amour miséricordieux de Notre Dieu. Cependant, par l’intermédiaire du livre, je suis entré dans des foyers que je ne connais même pas.  Je suis ainsi passé en Hongrie, où je ne suis jamais allé prêcher. J’ai reçu la lettre Suivante:

Budapest, Février 88

Vers la fin 1987,j’ai lu avec grand plaisir la traduction hongroise de votre livre Jésus est vivant. Ce récit simple et joyeux des merveilles de Dieu m’a remplie d’une grande espérance. Mais ce n’est pas pour cela que je vous écris, mais pour quelque chose de bien plus important. J’étais malade de la main droite. J’avais une tendinite qui ne me permettait ni d’écrire, ni d’accomplir les travaux quotidiens dans la maison. Un jour il me fallut même arrêter de travailler car les objets me tombaient des mains. C’est alors que je me suis mise à lire votre livre.., j’en arrivai au chapitre où vous parlez de l’Eucharistie que vous avez célébrée pour les lecteurs malades. Je ne lus pas l’oraison, mais je priai cette prière si simple. Je me sentis enveloppée de la force du Seigneur et poussée à lever les bras pendant la prière. Très vite un courant de chaleur me parcourut le bras et à l’instant même la douleur disparut. Non seulement ma main droite a été guérie, mais elle est maintenant plus forte que la gauche. Eszther Molnar

Le plus curieux est que nous ne savions même pas que le livre avait été édité et distribué derrière le Rideau de Fer. Il y a un tel désir d’évangéliser qu’on ne nous demande même pas l’autorisation de le publier. Comme saint Paul, je répète: Je me réjouirai de ce que l’Evangi/e soit annoncé (Ph 1, 18). La guérison d’Eszther Molnar est ma récompense et je sais que je ne le dois qu’au Seigneur. I l y a d’autres témoignages tout aussi beaux. Le premier a été donné par la personne elle-même à la radio sous cette forme: Mon nom est Augusto César Victoriano Baldera. Je suis cadet de la Force Aérienne Dominicaine. J’ai vingt-deux ans et j’habite avec mes parents rue Club de Leones 188.

Aujourd’hui, je viens donner le témoignage de quelque chose qui m’a affecté moi personnellement et qui montre que Jésus est vivant. Le 8 octobre 1984, je fus admis à l’hôpital Ramon de Lara de la Force Aérienne Dominicaine, souffrant de fortes douleurs dans le dos, ayant perdu toute sensibi­lité dans la jambe droite et une neutralisation totale du nerf sciatique de la même jambe. Je ne pouvais marcher sans m’appuyer contre le mur, ce qui m’amena rapidement à avoir besoin d’un fau­teuil roulant. Les médecins diagnostiquèrent une hernie discale en­tre la quatrième et la cinquième vertèbres. Après quinze jours d’hospitalisation, on me renvoya chez moi en me prescrivant un repos d’au moins six mois. C’était très difficile pour moi d’accepter ma maladie. Moi qui volais en avion de combat et sautais en para­chute, je me trouvais désormais incapable de marcher tout seul... Le rêve de ma vie, être cadet de la Force Aérienne de mon pays, était sur le point de s’évanouir. Quand je rentrai à la maison, ma maman se faisait du souci, mais avec sa foi en Dieu, elle me passa un livre intitulé Jésus est vivant.

A minuit ce même jour, je pris le livre pour le lire. J’avais à peine lu dix-neuf pages lorsque je sentis que je devais prier. Ayant peur que mon petit frère et mon cousin m’entendent - ils dormaient dans la même chambre que moi - je commençai à prier à voix basse. Sans savoir comment, je me suis retrouvé tout à coup en train de louer à voix haute. Pendant ce temps-là, dans le lit à côté, mon frère, sans que je m’en sois rendu compte, était aussi en train de prier pour moi. A ce moment-là, j’expérimentai une sensation de paix et de tranquillité à l’intérieur de moi ainsi qu’un petit chatouillement dans tout le corps.

J’appelai mon frère et lui dit : “Chah, il m’arrive quelque chose. Je sens un peu de souplesse dans mon corps.” Alors je me suis assis, ai commencé à me plier en deux dans mon lit; quand je me suis rendu compte que le Seigneur commençait à réaliser un processus de gué­rison tant corporelle que spirituelle, j’ai appelé mon frère et lui ai dit: “Nous allons prier et rendre grâce à Dieu”. Vers une heure du matin, mon cousin se réveilla, demandant ce qui se passait. “Le Seigneur est en train de guérir Rudy”, lui répondit mon frère avec assurance. Mon cousin ne douta pas et explosa d’un: “Gloire à Dieu!”

A trois heures du matin, maman s’unit à notre action de grâce. Le Seigneur me guérit cette nuit-là. Les médecins disent que c’est incroyable, car il m’aurait fallu une convalescence d’au moins six mois. Cependant, il ne m’a pas fallu plus de deux mois pour être complètement sur pied. J’ai été réintégré dans la Force Aérienne. Depuis ma guérison, j’ai sauté six fois en parachute et j’ai plus de quinze heures de vol d’avion de combat à mon actif pour cette même période. Je peux faire du sport, je cours, je fais tout ce qu’un homme en bonne santé peut faire, pour la gloire de Dieu. Je suis un homme nouveau, tant dans le corps que dans l’esprit. Mais le plus formidable n’est pas que le Sei­gneur m’ait ramené à l’armée, mais qu’Il m’appelle à être son témoin parmi les cadets. J’appartiens maintenant à une nouvelle armée, qui proclame la vérité Jésus est vivant et Il donne la vie aux siens.

Evangéliser à travers un livre est semblable au travail du semeur qui lance la semence de la Parole de tous côtés, confiant que c’est le Seigneur qui fait croître la graine.

 

Le témoignage qui suit montre jusqu’où tout cela peut conduire. Santiago del Estero (Argentine) Novembre 1988 Bien-aimé frère et Pasteur dans le Seigneur,

 Que Dieu vous bénisse, père Emihiano. Mon nom est José A. C. Mirkin, je suis juif, circoncis, arrière-petit-fils de rabbins. Bien que j’aie été baptisé dans le catholicisme, comme je ne voyais pas “la puissance de l’Esprit en pleine action”, j’ai rejoint les chrétiens évangéliques. Je suis devenu prédicateur évangélique. Cependant, le Seigneur Jésus m’a rame­né à “la maison” il y a peu de temps. Vous avez été une des personnes qui a le plus influencé mon retour à la grande famille catholique avec votre livre Jésus est vivant.

Le témoignage, plein de paix, de douceur et de joie, est celui de personnes qui ont fait une rencontre pro­fonde avec le Roi des rois et le Lion de Juda : Jésus.  Je loue et bénis le Seigneur pour l’oeuvre qu’Il réalise en vous et à travers vous. En Christ Jésus et Maman Marie.

José A. C. Mirkin

 

Bien sûr il y a une part de croix. Le travail augmente et les heures de sommeil s’en trouvent perturbées. Chaque jour je reçois des lettres dans des langues que je ne connais pas, mais je les dépose devant le Tabernacle et je demande à Jésus, puisqu’Il les comprend, de répondre à ces intentions. Je suis souvent réveillé par des appels téléphoniques venant du Japon ou d’Italie qui demandent la prière. Eux m’appel­lent de jour, mais chez moi c’est la nuit ou le petit matin.

 

Un jour on m’appela d’Arabie Saoudite. Je ne fis que répondre : “Um, um...”. Après coup j’ai pensé : Pourquoi est-ce que les gens dépensent tant en appels internationaux, puisqu’ils ont Jésus dans le coeur et peuvent lui demander directement? En vérité, le Seigneur est merveilleux. Bien plus grand que ce que nous imaginons. Parfois je me demande : Comment est-il possible que des gens retrouvent la foi, que leur espérance soit ravivée et leurs corps guéris à la seule lecture d’un livre si simple qui donne le témoignage de la puissance salvifique de Jésus? Je me rappelle alors la parole de saint Paul Dieu a choisi ce qu’ il y a de fou et de pauvre dans ce monde pour confondre les sages (lCo 1, 27). Et si je me rends compte que c’est ainsi, je n’ai pas de quoi me glorifier vainement, puisque c’est son oeuvre à lui et que toute la gloire lui revient.

Je me délecte dans l’Evangile de saint Marc et je ne trouve pas de récit plus simple et plus beau que ces pages pleines de candeur et de simplicité. S’il y a des gens qui lisent mon livre, moi je préfère aller à la source originelle l’Evangile. A dire vrai, je vais faire une confession qui pourra être prise pour de l’audace. Pour notre livre, nous avons pris comme schéma l’Evangile de Marc. Un jour où je l’ai dit à quelqu’un, on m’a répondu Mais quelle audace! Vouloir écrire quelque chose de semblable à l’Evangile! Cependant, moi j’aurais plus peur d’essayer d’écrire quelque chose qui ne ressemblerait pas à l’Evangile.

Voici un autre témoignage qui relate plus que des guéri­sons car il a conduit à l’action et à l’engagement.

Santiago du Chili, septembre 1986 Père Emiliano, D’abord nous rendons tous grâce à Dieu pour votre

venue dans notre pays, parce qu’elle en a fortifié plus d’un dans la foi. Chaque réunion que nous avons eue avec vous, nous en sommes sortis convertis en “hommes nouveaux”, sûrs que Jésus est vivant dans notre coeur.

Voici ce qui m’a poussé à vous écrire: Je travaille dans une entreprise d’environ huit cents personnes. Nous avions le désir d’être porteurs du message du Seigneur, mais nous ne savions comment porter sa Parole. Nous voulions évangéliser mais, mis à part le fait que personne ne nous avait enseignés là-dessus, nous avons rencontré de nombreux pro­blèmes et tous nos projets ont échoué.

Mais comme Dieu est grand et tout-puissant, il peut dépasser nos limites et s’est servi d’un détail très simple : le Dr Ivan Franjic et Luis Silva m’ont offert chacun votre livre Jésus est vivant. Je l’ai lu au moins trois fois, me rendant ainsi compte des merveilles qu’accomplit le Seigneur.

Ce fut l’occasion d’entamer un travail d’évangélisa­tion dans ma section, où nous sommes environ quatre­vingt dix. Chaque fois que quelqu’un tombait malade, nous lui apportions le livre et priions pour lui.

A mesure que le temps passait, ce travail de bonne volonté se développa, de plus en plus connu, dans le silence, et un jour nous nous sommes vus dans l’obligation de créer la “Maison Sainte-Marie”, pour les malades. Maintenant, dans l’entreprise, tous connais­sent votre livre et disent que c’est le plus beau qui leur soit jamais passé entre les mains. Ce qui est le plus magnifique, ce n’est pas que tous aient reçu une gué­rison physique, mais que cela ait servi pour la conver­sion du plus grand nombre.

Au cours d’une retraite à la “Maison Catherine Labouré”, j’ai été très heureux de retrouver tant de gens de mon travail, louant et chantant. C’est grâce à Dieu que l’on peut contempler les fruits du Seigneur. Notre groupe grandit chaque jour en nombre et en ferveur. Au cours de nos réunions de prière, nous intercédons pour vous et votre communauté, pour que le Seigneur continue de vous combler de ses grâces, de ses béné­dictions et que la lumière du Seigneur vous ac­compagne toujours, pour que vous puissiez ainsi porter le message du Christ dans tous les coins du monde.

Eternellement reconnaissants pour les merveilles de l’oeuvre de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen.

Patricio Ordonez Gonzalez

 

Le docteur Marino Ariza écrivit l’article “Considéra­tions” dans le journal “El Listin”, de Saint-Domingue, le 14 avril 1983, dans lequel il disait: Nous nous sommes régalés à la lecture de votre beau livre si tendre Jésus est vivant qui, plus qu’un livre est un témoignage: “Un cri qui s’élève, donnant l’espé­rance à tous ceux qui osent croire que ce Jésus qui est mort sur la croix est ressuscité et est vivant, et qu’ainsi, tout est possible.” Ce témoignage surgi du coeur d’un simple témoin de Jésus doit être lu par tous. Notre âme sera fortifiée dans l’espérance à la lecture de ce témoignage si avisé.

En avant, père Tardif, même si parfois s’interpose sur votre chemin la Semaine Sainte!

 

En République Dominicaine apparut un reportage dans “Biblioteca” le 13 juillet 1985. L’auteur souligne que l’as­pect le plus important n’est pas la quantité de livres vendus, mais qu’il découvre la raison pour laquelle les gens le lisent: Les catholiques, à la différence des évangéliques ou de ceux qui appartiennent à d’autres dénominations chré­tiennes, n’ont pas coutume d’être très versés dans l’achat de matériel religieux, à moins que ce ne soient des images pieuses, des scapulaires (objet de dévotion composé de deux petits morceaux d’étoffe bénits, réunis par des rubans qui s’attachent au cou) ou des objets de valeur religieuse douteuse.

Alors, comment se fait-il que le livre Jésus est vivant se soit vendu comme “des petits pains” alors qu’il ne parle que de réunions, d’assemblées et de groupes de prière? Que s’est-il passé? Dans un monde troublé par l’affliction, les frustrations et les angoisses de toute sorte ; dans une société consumée par la haine, le mensonge et les fausses prophéties; dans une atmosphère où l’on respire tant d’hypocrisie et de médisance, enfin, dans un monde simplement malade et avide de paix, le père Tardif témoigne que Dieu est l’unique solution réelle et efficace aux problèmes humains et en conséquence, le seul chemin possible de guérison physique et spirituelle. L’histoire de cette foi et de la rencontre de Tardif avec Jésus-Christ est relatée dans ce livre. Certains le lisent par curiosité, d’autres par nécessité de raviver l’espérance, mais tous se rendent compte que Dieu agit dans nos vies”.  

  Conclusion

 

Est-ce le livre qui guérit? Cette question reviendrait à demander : Etaient-ce les vêtements de Paul qui guéris­saient ? L’ombre de Pierre guérissait-elle? En aucune ma­nière. Jésus, qui est vivant, est le seul capable de donner la vie. Attribuer la guérison à un objet, un lieu, une formule ou même une personne, est bien près du paganisme. Ce livre n’est que le doigt qui montre que Jésus est vivant aujourd’hui et que nous devons garder les yeux fixés sur lui et sur personne d’autre ni aucun instrument dont Il se sert pour transmettre son salut.

Enseignements

Jésus est le Messie partie B

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