
JÉSUS
est
le
Messie
Les
boiteux marchent
Les sourds entendent
Traduction :
Cathy Brenti
Jesus
es el Mesias, Publications
Kerygma, 1989, Mexico
RAYMOND SAVARD m.s.c.
Supérieur
provincial
Nicolas
de Jesus Lôpez Rodriguez
Archevêque
de Saint-Domingue, R.D.
15
mars 1989
Ouvrage
du même au
Jésus
a fait de moi un témoin,
Illustration
de couverture : Enluminures françaises du X111e siècle du Maître Ermengol de
Béziers intitulées le Bréviaire d’amour, représentant trois
miracles du Christ, conservées à la Bibliothèque Royale de 1’Escurial.
Photo de l’ Agence Giraudon.
TABLE
DES MATIÈRE
PRÉSENTATION
INTRODUCTION
I - ES-TU LE MESSIE
1-
Les
aveugles recouvrent la vue
2
Les
boiteux marchent
3 -
Les
sourds entendent
4 -
Les
lépreux sont purifiés
5 -
La
Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres
Conclusion
.
Il -
LA
GUÉRISON INTÉRIEURE
III.
JÉSUS
EST VIVANT
IV -
INTERVIEW
DE L’ AUTEUR
V -
LA
NOUVELLE ÉVANGÉLISATION
1
-
Nouvelle
dans son ardeur
2 -
Nouvelle
dans sa méthode
3 -
Nouvelle
dans son expression
4
-
Nouvelles
façons d’évangéliser
5 -
La
Nouvelle Évangélisation est intégrale .
6-
La Nouvelle Évangélisation, oeuvre de l’ Esprit
7 -
De
nouveaux évangélisateurs
8 -
Nouvelle
stratégie
Conclusion
Présentation
C’est
en 1985 que nous avons commencé à préparer ces pages. Nous ne cessions de sélectionner
et de classer avec beaucoup d’attention les meilleurs témoignages et lettres
que nous recevions.
En
partant de chez moi, j’avais pris avec beaucoup de précaution ma sacoche
contenant une trentaine de beaux témoignages très intéressants de guérisons
de ces dernières années, dans l’intention de la remettre à mon compagnon de
prédication, avec qui j’allais en même temps écrire mon nouveau livre.
A
la fin, nous étions fatigués mais aussi très contents, dans cette région où
est encore très vivante la figure du libérateur Simon Bolivar qui avait déclaré:
“ Je ne prendrai point de repos jusqu’à ce que mon peuple soit libéré ” En
sortant du stade pour aller nous reposer, nous nous sommes rendu compte que des
voleurs avaient ouvert la voiture et avaient emporté toutes nos affaires :
ma sacoche avec tout ce qu’elle contenait, mon portefeuille avec mon
passeport et mes billets d’avion. Tout avait disparu.
Sans
conteste, ce qui nous fut le plus dur fut d’ avoir perdu la chemise contenant
les témoignages si précieux.
Emiliano
Tardif M.S.C.
Saint-Domingue,
République Dominicaine,
En
la fête de l’ Annonciation, le 25 Mars 1989.
Introduction
Jésus
est le Messie et nous ne devons pas en attendre un autre.
Enfin,
je dois confesser qu’à chaque page nous avons cherché à nous centrer sur Jésus
et Jésus seul, et sur personne d’autre.
ES-TU
LE MESSIE?
(Lc
7, 18-23 ; Mt 11, 2-6)
Chaque
jour augmentait le désir de libération du peuple d’Israë1. Les fils de
Jacob rêvaient au jour où apparaîtrait le descendant de David qui conduirait
le peuple dans la justice et la liberté.
Jean
confessa la vérité qui en détrompa beaucoup: “Moi, je baptise dans
l’eau. Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas,
celui qui vient derrière moi dont je ne suis pas digne de délier la courroie
de sandale” (Jn 1, 26-27).
Très
vite, de la Galilée fertile et précisément d’un petit village, Nazareth,
apparut un homme appelé Jésus que tout le monde suivait et écoutait. Il
faisait tout bien. Il ne prêchait pas comme les scribes ni les pharisiens ; il
était doux et humble de coeur et il parlait d’un Royaume de justice et de
paix. L’attente grandissait par rapport à lui. Quelques-uns pensaient
qu’il était Elie ou Jérémie ou un prophète de plus. D’autres pensaient
que Dieu avait visité son peuple. Jean, cousin de Jésus, savait certaines
choses que les autres ignoraient. Le Baptiste se rendait compte que son parent
était le modèle annoncé par les prophéties messianiques: Fils de David: Selon
la prophétie de Nathan, un fils de David s’assiérait pour l’éternité sur
le trône d’Israèl (2 S 7, 13-14). Jean savait que les ancêtres de Jésus
appartenaient à la Maison royale de David...
-
Né d’une vierge : Le signe donné par lsaïe à Achaz était que
d’une jeune fille naîtrait celui qui serait l’Emmanuel Dieu avec
nous (cf. Is 7, 14). Cette vierge était sa cousine Marie.
-Son
nom, Jésus, reflétait l’idéal messianique décrit par Jérémie (cf.
Jr 23, 6).
Pour
qu’on y voit plus clair, Jean envoya alors deux de ses disciples pour qu’ils
puissent se rendre compte par eux-mêmes. Le Baptiste voulait avoir la réponse
à la question fondamentale de l’histoire, mais surtout il voulait que ses
disciples constatent la vérité. De fait, voici ce que fut l’enseignement le
plus important du Précurseur: “Ne croyez pas parce que je vous le dis.
Allez et rendez-vous compte par vous-mêmes “. La question était double: “Es-tu
celui qui doit venir...?” Si
tu l’es, montre-le. Ne nous mène pas en bateau. Il ne s’agit pas de
paroles. Beaucoup sont venus disant qu’ils étaient ceux qu’on attendait, et
on en a tué quelques-uns ; d’autres ont échoué dans leur intention libératrice.
Quel signe nous apportes-tu pour prouver que tu es bien le Messie? “...ou
devons-nous en attendre un autre ?” Serons-nous toujours des pélerins
qui n’arriveront jamais à la Terre Promise ? Allons-nous continuer à
implorer sans cesse pour que les cieux nous envoient le Sauveur de ce monde? Ces
questions résument la pensée et le sentiment d’Israël:
Nous avons déjà parcouru le chemin de l’histoire. On nous a déjà
fatigué de faux messianismes. Devons-nous continuer à attendre sans espoir?
Va-t-il y en avoir encore beaucoup à vouloir s’attribuer le titre de
“Oints” pour venir instaurer
C’était
enfin l’accomplissement de l’ère messianique décrite par Isaïe“Allez
rapporter ce que vous avez vu et entendu:
Les
aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds
entendent, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux
pauvres”. (Lc
7,22).
1
-
Les
aveugles recouvrent la vue
La
guérison messianique par excellence est d’ouvrir les yeux des aveugles. Jésus
est la lumière du monde, et communique cette lumière aux aveugles : c’est le
signe que sa lumière nous fait sortir de l’obscurité de l’erreur et du
mensonge. Quand Il guérit un aveugle de naissance, Il nous rappelle qu ‘Il
nous a fait passer des ténèbres ô son admirable lumière (1 Pi 2, 9).
Chaque fois qu’un aveugle recouvre la vue, cela montre que Jésus est la lumière
qui vient “pour illuminer ceux qui demeurent dans les ténèbres et
l’ombre de la mort afin de guider nos pas dans le chemin de la paix” (Le
1, 79). Ce témoignage nous montre que Jésus est lumière pour l’homme
d’aujourd’hui.
Nous
terminions une journée d’évangélisation à Mbandaka au Zaïre. Au cours de
l’Eucharistie de clôture à laquelle participaient environ quinze mille
personnes, une enfant de huit ans, aveugle de naissance, se mit à crier: “Je
vois, je vois”. Tous l’entourèrent. Alors elle demanda: “Qui est ma maman
?“ Deux bras grands ouverts, deux yeux pleins de larmes et un sourire maternel
lui donnèrent la réponse. Alors,
dans les bras de sa mère, la petite s’exclama à voix haute : “Oh, maman,
que tu es belle...Ce fut la première guérison d’un aveugle de naissance à
laquelle j’aie assisté ; mais le plus important est que nous avons tous réalisé
que Jésus est la lumière du monde, capable d’illuminer la vie de tous ceux
qui comprennent qu’ils ont besoin de salut. Quand un aveugle de naissance
recouvre la vue, nous nous trouvons devant le signe évident que Jésus peut
sortir l’homme de la ténèbre la plus obscure et qu ‘Il peut transformer même
un élément congénital, le péché étant le pire et le plus grave de tous.
Le
témoignage qui suit, de Panama, montre comment le signe de recouvrer la vue
peut se répéter, mais la signification en est toujours la même: Jésus est le
même hier, aujourd’hui et éternellement.
A
Guadalajara, Maria M. Pérez,
reporter du périodique “El Occidental” relate les faits suivants le 26 mars
1987 : L’après-midi du mardi 24 mars, dans la ville de Espiritu Santo,
le père Tardif annonça de nombreuses guérisons de maladies de la peau, de la
colonne vertébrale, des épaules, des yeux, de l’ouïe, du cancer, du coeur,
de l’arthrite, de l’asthme, des reins et beaucoup d’autres. Sans aucun
doute, celle qui a le plus bouleversé les personnes présentes a été celle
d’un enfant de 11 ans, Alejandro Anguiano Contreras, qui était arrivé à la
réunion quasiment aveugle. Malgré son jeune âge, Alejandro comptait déjà
quatre opérations à son actif hospitalier et les médecins avaient dit à sa mère,
madame Maria Contreras, que “son fils ne pouvait être soigné et que le mieux
était qu’elle lui trouve une école pour aveugles”. Cet après-midi-là
au cours de la prière, Alejandro ouvrit les yeux et recouvra la vue. Tant lui
que sa maman pleuraient d’émotion, parce que le petit pouvait de nouveau apprécier
les couleurs, les fleurs et les personnes qui l’entouraient.
Le
témoignage suivant d’une personne guérie devant quarante mille personnes à
la Convention du Renouveau, à Rimini, en Italie en 1988 est très beau parce
qu’il est raconté par un enfant d’à peine douze ans:
Le
prophète Isaïe avait identifié les temps messianiques en affirmant : Alors
s’ouvriront
les yeux des aveugles.
Si Jésus ouvre aujourd’hui les yeux des aveugles, cela signifie que nous
sommes dans le alors auquel le prophète se réfère. Nous sommes dans les temps
messianiques!
Quoiqu’étant
le plus contesté d’entre tous les signes, celui du paralytique qui se lève
est une façon privilégiée de démontrer que Jésus est le Messie Sauveur. Il
le déclara lui-même quand Il dit à un paralytique : “Pour que vous
sachiez que le Fils de l’Homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la
terre, je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton grabat et
va-t’en chez toi” (Mc 2, 10-11).
Mais
mes parents, malgré leur pauvreté, ne se tinrent pas pour vaincus et m’emmenèrent
à l’Institut Orthopédique Rizzoli, à Bologne, où commença une série
d’interventions chirurgicales : au total j’en subis dix-huit, la dernière
remontant à cinq ans auparavant.
Ensuite
elles me dirent qu’elles voulaient me présenter un ami. Je m’attendais à
le voir entrer, mais elles me dirent qu’il s’appelait Jésus et commencèrent
à me parler de lui. Je leur demandai pourquoi ce Jésus m’avait fait souffrir
de cette façon. Quand elles me dirent qu’Il m’aimait, je leur répondis que
si c’était ainsi qu’Il voulait me le montrer, je ne voulais pas de son
amour. Elles s’efforcèrent avec grande bonté et douceur de répondre à mes
questions et rentrèrent dans le drame mystérieux de la souffrance dans le
monde, à la lumière d’une croix vide, témoin de la douleur et signe de la
victoire sur la souffrance. Je sentis une profonde chaleur dans mon corps, sans
pouvoir m’en expliquer la cause. C’était comme une douce caresse de
l’amour qui m’avait toujours manqué. D’un côté, je voulais qu’elles
soient déjà parties, pour pouvoir retourner à mon balcon et sauter, mais de
l’autre je désirais qu’elles continuent à me donner de ce baume qui
m’adoucissait la vie. J’acceptai leur amitié, mais à une seule condition :
qu’elles ne me parlent plus de ce Jésus qui me faisait partager sa croix...
Elles acceptèrent et partirent en promettant de revenir un autre jour. Pendant
ce temps, je me demandais étonnée de temps à autre : que s’est-il passé?
Elles revinrent l’après-midi même avec vingt autres personnes, toutes avec
le même sourire et la même douceur. Elles m’avaient préparé une grande fête
et elles me consacrèrent tout leur temps sans rien demander en échange. Ce
jour-là, pour la première fois en dix-huit ans, je souris. Après que nous
ayons parlé, Rosa Maria proposa que nous priions tous ensemble. Cela me déplut
fort, parce qu’elle rompait notre pacte, mais j’acceptai seulement en
remerciement de tout ce qu’ils avaient fait pour moi, pas par conviction. Au
cours de la prière, Rosa Maria demanda à Jésus qu’Il nous dise s’Il
voulait me guérir. Elle ouvrit la Bible et tira le passage du paralytique qui
ne pouvait descendre à la piscine tout seul quand l’ange agitait l’eau,
mais Jésus vint à lui et le guérit (cf. Jn 5, 1-18). A la fin de la lecture
tous pleuraient et m’embrassaient, m’assurant que Jésus allait me guérir.
Je ne comprenais absolument rien. Je pensai que tout ceci était une farce préméditée
ou alors même qu’ils se moquaient de moi. Je résistais, ne voulant pas espérer
ma guérison, de peur d’être trompée. Mais quand même, pourquoi
faisaient-ils tout cela alors que je n’avais rien à leur offrir en retour? En
septembre, j’eus à affronter une nouvelle intervention chirurgicale très
compliquée, semblable à la dernière au cours de laquelle j’avais risqué
ma vie. Mais comme je n’avais rien à perdre, j’avais décidé de tenter
cette opération : il
s’agissait de transplanter dix centimètres d’os au fémur que des années
auparavant ils m’avaient enlevés. Ils tentèrent de le faire grandir au moyen
d’une cure de ‘Calcitar”, mais c’était un médicament si fort qu’il
me fallut l’abandonner, pour éviter un collapsus. Lorsque je revis le médecin,
nous eûmes la preuve que Jésus avait commencé d’agir dans ma vie. L’os
avait grandi et la blessure s’était parfaitement cicatrisée. Je rentrai à
la maison, mais étais sans cesse poursuivie par cette question :
Jésus est-Il vraiment en train de
prendre soin de moi?
L’été
suivant, Rossellina vint avec Rosa Maria, accompagnée de deux jeunes:
Pino et Simon, deux nouveaux anges qui, avec tous les autres, m’aidèrent
à connaître Jésus.
Un
jour, le père Miguel Vasallo nous parla avec beaucoup d’enthousiasme de la
prochaine visite du père Emiliano Tardif, qui priait pour les malades dans le
monde entier, et qui très bientôt franchirait les montagnes du Cilento pour
nous parler des merveilles de Dieu.
“Au
nom de Jésus, lève-toi”, ordonna le prêtre. Je ne pensai pas à moi, mais
à Jésus, à qui rien n’est impossible. Je me levai toute seule et, pour la
première fois de ma vie, j’allai m’approcher de l’autel. Mes amis
pleuraient, d’autres riaient, tous s’embrassaient, d’autres me
couvraient de baisers. On aurait dit un asile de fous. Je me sentais très légère,
comme si mon corps ne pesait rien. Sans l’aide de personne, je montai les
marches où se trouvait l’autel et je glorifiai Jésus pour ce qu’il avait
fait en moi. Alessandra pleurait, d’autres ne pouvaient le croire. Un camarade
resta muet cinq heures, bouleversé de m’avoir vue marcher Le fauteuil
roulant est vide. Je n’ai plus besoin de béquilles. Je mène désormais une
vie normale. Je travaille dans le bureau du Père Miguel. Tous les jours je
monte et descends des marches. Dieu a été bon pour moi. Mon agressivité
n’est plus que souvenir du passé. il n’y a plus qu’une chose qui
m’irrite : l’incrédulité de ceux qui ne connaissent pas le vide de ma vie
passée. J’ai mis ma santé au service des autres, j’ai découvert que ma
vie est utile et que d’autres en ont besoin.
Ce
témoignage si beau est chargé de plusieurs enseignements : Giovanna a été
évangélisée avec amour par une communauté qui s’est engagée envers elle.
Avant d’être guérie, elle a été libérée de ses amertumes, et enfin elle
a mis sa santé au service des autres. Quand le Seigneur guérit le corps, son
action s’étend à toute la personne.
A
cette époque les douleurs étaient si fortes que je passais mes nuits à
marcher; c’était la seule façon de calmer les crises. J’ avais consulté
tous les neurochirurgiens connus en France, sans résultat. Au cours d’une
retraite de la communauté du “Chemin Neuf’, une soeur me dit: “As-tu
demandé au Seigneur la guérison de ton dos ? ” La question m’étonna.
J’étais supposée vivre un chemin de guérison intérieure et je lui répondis
très sûre: “Pour moi non, mais pour mes frères oui”. Cette question me
conduisit à la campagne d’Evangélisation de Genève, avec Emiliano Tardif.
J’y fus accompagnée par mes parents, allongée dans la voiture car les
douleurs étaient si fortes que je ne pouvais rester assise. A un moment, je me
mis à pleurer, criant à Dieu de me faire miséricorde. Cette douleur fut une
grâce, car je me fis pauvre devant lui, me sentant obligée de lui demander
secours. Je me prosternai devant le Seigneur, les mains vides et ouvertes, et
lui me révéla le véritable visage de son amour miséricordieux. Au cours de
la prière, le père Tardif dit: “Une personne qui souffre beaucoup de la
colonne vertébrale et qui est invalide, ressent une chaleur qui monte de la colonne
jusqu’à la tête”. J’entendis le père et me mis à prier pour le frère
qui commençait à recevoir cette grâce. Ensuite je pensai, émerveillée:
“Mais, Myriam, c’est ce que tu ressens”. Effectivement, une onde de
chaleur me traversait la colonne et me couvrait la tête. C’était
merveilleux! Je savais que le Seigneur était en train de me toucher et je
demeurai avec cette grâce intérieure. Il y eut encore plus de la part de Dieu
: à côté de moi une jeune que je ne connaissais pas me prit la main et me dit
: “Ce soir le Seigneur t’a touchée, j’en suis sûre”. C’était la
confirmation que le Seigneur était en train de me guérir.
Nous
rentrâmes à
la maison, mais cette fois j’étais assise dans la voiture. J’avais
l’absolue conviction intérieure que le Seigneur voulait me rendre la santé
pour accomplir ma mission.
Après
avoir longtemps eu un grand dégoût de la médecine, maintenant je suis
heureuse d’être médecin. Je voulais être une doctoresse chrétienne ; après
cette guérison de mon corps et de mon âme, je suis une chrétienne doctoresse.
Là est la différence. Dans ma profession, j’ai la grâce de palper la miséricorde
du Seigneur, de transmettre son regard d’amour et sa vie que je reçois tous
les jours, et j ‘aime citer cette phrase: “Le médecin assiste, Jésus
soigne et accorde la vie”. Jésus m’a complètement guérie, parce qu’Il
m’a pardonné toute cette période de péché et de ténèbres que j’avais
vécue. Il m’a donné la lumière intérieure, Il m’a fortifiée pour que je
puisse refléter la lumière de vie. Il m’a rendu mon identité de fille de
Dieu, latente depuis mon baptême. Que le Seigneur soit béni pour son projet de
vie sur chacun de nous!
Dans
les temps évangéliques, un homme fut transporté par ses amis dans une civière
pour aller à la rencontre de Jésus : c’est ce qui est arrivé à Fernande
Gobert à Cordes le jour de sa guérison. Les circonstances sont semblables, et
Jésus est le même. J ‘étais professeur et menais une vie rythmée par les
élèves et les études. J’avais entendu l’appel du Seigneur à vivre
uniquement pour Lui et je devais entrer dans un couvent bénédictin. Mais en
juillet 1975, à cause d’une sciatique hyperalgique, causée par une hernie
discale, je fus hospitalisée et opérée.
De
nouvelles opérations me clouèrent au lit avec d’intenses douleurs
permanentes. Je ne pouvais plus m’asseoir, et je ne marchais plus que
quelques pas avec l’aide d’une canne. Médicalement parlant, il n’y avait
rien à faire : j’étais condamnée à la position allongée et à la
souffrance. Je passerais le reste de ma vie prostrée dans un lit de douleur.
J’endurai six interventions chirurgicales sans que cela diminuât la
souffrance ; bien au contraire. Et même, à la fin on m’injectait de la
morphine deux fois par jour pour que je puisse supporter les douleurs intenses.
Au milieu de cette agonie les frères du groupe de prière venaient m’offrir
leur compagnie, leur courage, leur amitié et leur prière. Le 16 septembre
1982, une soeur du groupe de prière me proposa la folle idée d’aller
jusqu’à Cordes parce que, me dit-elle, “le père Tardif va venir y célébrer
l’Eucharistie”. Grâce à Dieu, je ne pensai pas aux souffrances ni aux
douleurs que cela allait me coûter. J’acceptai et nous
partîmes en ambulance. Au cours de ma prière, le Seigneur me donna la
lecture de la guérison d’Ezéchias, mais je n’y accordai pas grande
importance. La célébration commença. L’homélie du père Tardif était
centrée sur la présence réelle de Jésus dans l’Eucharistie ; présence
effective et vivifiante. Il nous donna différents témoignages de guérisons
intervenues après que le malade ait reçu l’Eucharistie ou durant la
procession du Saint-Sacrement. Quand vint le moment de la communion, deux frères
me portèrent dans mon brancard depuis le fond de l’église jusqu’à
l’autel. Je pensais à ces quatre amis qui avaient transporté le paralytique
dans la maison où se trouvait Jésus.
Le
père Tardif s’agenouilla pour me donner l’Eucharistie. Il demanda ensuite
à Jésus présent dans l’hostie de me guérir. Enfin, il me posa le ciboire
sur la tête et dit: “Seigneur, un jour une femme toucha ton vêtement et fut
guérie. Nous savons que tu es présent dans la Sainte Hostie. Touche ton enfant
et guéris-la comme tu as guéri la femme hémoroïsse”.
Le
temps a passé, sans que j’entende parler de Fernande Gobert. Mais deux ans
plus tard, j’ai reçu une carte postale de Lourdes, contenant ce message:
Depuis,
Fernande s’est mariée et est retournée à ses cours de mathématiques. Elle
n’est pas religieuse, mais elle s’est consacrée à chanter les louanges du
Seigneur. Ceux qui la voient ne peuvent reconnaître la femme affaiblie par la
douleur, assise dans son fauteuil roulant, mais tous reconnaissent que la
puissance de Dieu est merveilleuse. Isaïe entrevoit les temps messianiques décrivant
que le
3
-
Les
sourds entendent
Quand
le Seigneur ouvre les oreilles d’un sourd, cela signifie
que Jésus ranime la communication qui avait été anéantie par le péché. En
Jésus sont vaincus tous les obstacles empêchant la communication. Ouvrir les
oreilles d’un sourd est un signe de la libération que le Seigneur opère de
l’isolement, de l’individualisme et de l’impossibilité de communiquer. Jésus
vient rétablir les relations coupées, nous permettant ainsi une communication
profonde. Il nous rend sensibles pour écouter la Parole de Dieu et en même
temps Il nous rend capables d’entendre les cris de nos frères.
Au
mois de mai 1986, je prêchais au Zaïre. Le deuxième jour, après la prière
de guérison, une jeune fille, le visage effrayé,
poussait des cris au milieu d’une foule de vingt-six mille personnes réunies
dans le stade de Mbandaka. C’était une sourde-muette de naissance qu’on
avait surprise par les chants et les louanges et elle criait en se bouchant
les oreilles.Le lendemain, dans une grande paix et avec un grand sourire, devant
la foule, elle donna son témoignage de guérison prononçant les paroles
qu’elle avait apprises ce matin-là: “Merci, Dieu, Jésus, amen, alleluia”.
Dans
cette même ligne, la guérison la plus étonnante est celle de Celia
Covarrubias. Tellement incroyable, que la première fois que je l’ai partagée
à mes compagnons, ils sont tous restés silencieux et personne n’a fait aucun
commentaire. Après, l’un d’eux s’est approché de moi et m’a dit très
sérieusement : “Tu ne devrais pas raconter cette histoire, parce que non
seulement personne ne te croira, mais en plus, tu donnes la mauvaise impression
de parler de choses illogiques et tout le monde va rire de toi...”
Cependant, un an après sa guérison, Celia, rapports médicaux en main, donna
le témoignage suivant dans une arène,
En
1976, on me fit une trépanation, me vidant l’oreille interne : je perdis
ainsi totalement l’audition de ce côté-là. A cause du progrès de
l’infection, on me refit une autre trépanation, au cours de laquelle on me
racla en plus les os internes. Jusque-là cela ne me souciait pas d’entendre,
étant donné que je n’avais pas d’organes auditifs. Le seul intérêt que
cela pouvait avoir était d’éliminer l’infection qui gagnait du terrain. En
janvier 1986, je commençai un Séminaire de Vie dans l’ Esprit du Renouveau.
L’accompagnateur me dit que Dieu avait permis toutes les tristesses de ma vie
pour glorifier son nom. Je lui répondis que je préfère-rais
le glorifier avec des louanges. Ma vie avait été très difficile, avec des
problèmes de toute sorte. En février de cette même année, je suis allée au
Rassemblement Charismatique de Querétaro (Mexique) pour demander la guérison
de mon coeur, qui était si blessé par les souffrances et les incompréhensions.
Quand le père Tardif fit la prière de guérison, j’intercédai pour le salut
de mes enfants, de mes frères, de mes amis. C’est tout juste si je me
rappelai que je voulais prier pour ma guérison, car j’étais résignée à ne
plus jamais entendre. Je savais que Dieu fait des choses impossibles, mais je
ne demandai rien parce que j’étais habituée à entendre d’une seule
oreille. Je lui dis simplement: “Seigneur, je suis là. Tu sais ce qui me
manque et ce que j’ai en trop. Je me remets entre tes mains”, sans rien
demander de concret. Ensuite, le père dit au micro qu’une femme de
trente-huit ans était guérie de l’oreille gauche. A ce moment-là je
ressentis une grande chaleur et entendis un bruit très fort. Je me bouchai
l’oreille droite. A ma grande surprise, j’entendais de l’oreille gauche
comme si tout près de moi j’avais un haut-parleur grand comme une armoire. Je
demandai à ma voisine si on avait augmenté le volume, mais elle me dit que
non. Le Seigneur m’avait-il guérie? Je ne pouvais le croire, étant donné
qu’à aucun moment je n’avais demandé la guérison. Ce qui est sûr,
c’est que contre toute possibilité médicale, j’entendais de l’oreille
gauche. Le père Tardif est rentré au Canada et moi à Irapuato, chez moi,
accompagnée de Jésus. Le Seigneur m’a entourée de personnes qui m’ont
enseigné beaucoup de choses et qui vivent très proches de lui ; Il m’a
conduite sur son chemin et maintenant je suis autre, totalement renouvelée.
Toute la nuit, je la passai à pleurer et à rendre grâce à Dieu et à le
louer. Je jouissais de tous les bruits. Tout me semblait si pur. Mais le plus
important était la joie qui m’inondait, et certainement ce n’était pas
seulement le fait d’avoir été guérie, mais d’être en paix avec Dieu et
avec moi-même. A partir de ce moment-là, toute ma vie changea. Le Seigneur me
transforma de façon merveilleuse. Avant je me sentais seule et déprimée. Je
savais que Dieu existait, mais je considérais qu’Il était loin de mes problèmes.
Ma vie était emplie de peines. Parfois, il me semblait que je ne pouvais pas
continuer ainsi. Je savais que j’étais le temple de l’ Esprit Saint, mais
comme je ne l’expérimentais pas, je n’arrivais pas à y croire.
Celui
qui connaît réellement le Seigneur doit le suivre. On ne peut résister. Je ne
pouvais plus faire marche arrière. Quand une personne a tous ses organes et que
Dieu la guérit dans la prière, nous sommes devant un miracle. Mais si la
personne n’a aucun organe auditif et qu’elle se remet à entendre, il ne
s’agit plus alors seulement d’un miracle, mais d’un appel. Dieu donne une
nouvelle direction à sa vie. C’est ainsi que je le compris. Quand Dieu
appelle, on ne peut résister en argumentant: “Je ne peux pas, je ne sais
pas”. Avant je vivais très oppressée par des problèmes financiers. Je
pensais que le jour où je ne tisserais pas, je n’aurais rien à manger.
Maintenant je passe jusqu’à quinze jours sans tisser, parce que beaucoup de
gens viennent à la maison pour me demander de prier pour eux, et je n’ai plus
jamais eu ce souci financier. Quand les gens entendent ce que Dieu a fait dans
ma vie, il y a des coeurs endurcis qui se convertissent au Seigneur. Certains
pleurent et d’autres sont profondément touchés par Lui. J’ai même eu la
visite de prêtres et de religieuses qui souffrent beaucoup de leur manque de
foi. Je leur dis que ce n’est pas de leur faute ; que leur problème est
qu’ils n’ont pas expérimenté l’amour de Jésus et que c’est pour cela
qu’ils ne le connaissent pas. Auparavant,je me demandais ce qui poussait les
évangélisateurs à parler devant les micros, et comment ils osaient prêcher
devant tant de monde. Maintenant que j’ai vécu cette expérience de l’amour
et de la puissance de Dieu, je le comprends parfaitement : on ne peut taire ce
qu’on a vécu.
Une
fois un prêtre m’attaqua, parce qu’il pensait que je n’avais jamais été
malade de l’oreille et que je mentais. Mais je lui répondis: “Père, à
Dieu rien n’est impossible”.
Au
cours du mois d’octobre 88, je prêchais en Côte d’Ivoire. Nous avions un
service de guérison avec quatre mille personnes et une des paroles de
connaissance que je reçus était que deux sourds étaient en train de guérir
dans l’assemblée. Je demandai aux deux sourds qui étaient guéris de se
manifester et de donner leur témoignage. Un homme de trente ans se leva très
émotionné et dit que cela faisait longtemps qu’il n’entendait plus, mais
que son oreille finissait de se déboucher et qu’il pouvait maintenant
entendre. Puis, je demandai qui était l’autre. J’insistai, mais personne ne
répondit. Alors je dis: “Continuons à prier”. Le lendemain, nous eûmes la
réunion du clergé du diocèse. Un prêtre leva la main et dit: “Père,
hier soir vous avez fait quelque chose d’antiévangélique : quand Jésus guérissait
un malade, il lui interdisait de parler du miracle, alors que vous hier soir
vous avez demandé à ceux qui avaient été guéris de le proclamer à tout le
monde”. Je lui répondis: “ Mais, père, c’était le ‘secret
messianique’. Au début de sa vie publique, Jésus ne voulait pas dévoiler
de façon abrupte son identité messianique, et c’est pour cela qu’Il
disait: “ne le dis à personne”. Mais le jour de son ascension, Il ordonna
que nous annoncions l’Evangile jusqu’aux extrémités de la terre. C’est
ainsi que fut révélé le “secret messianique”. Maintenant non seulement
nous savons, mais nous devons annoncer jusqu’aux extrémités de la terre
que Jésus est le Messie sauveur. La mission de l’Eglise, c’est précisément
cela. Sinon, quelle raison a-t-elle d’exister ? ”
A ce moment-là, un prêtre leva la main. Je pensais que c ‘était pour
une nouvelle objection, mais il expliqua: “Père, hier soir, quand vous avez
annoncé la guérison de deux sourds, il n’y en a qu’un qui est venu donner
son témoignage, l’autre ne s’est pas manifesté, mais c’était moi. Je me
suis rendu compte que j’entendais bien mais je n’ai pas osé me lever,
pensant : on va attendre pour voir si c est bien vrai... Mais ce matin, quand je
me suis réveillé, j’ai entendu le chant des oiseaux pour la première fois
depuis
trois ans. Cet après-midi, j’ai pu confesser pendant plus d’une heure,
entendant parfaitement sans appareil auditif”. Lorsqu’il eut donné son témoignage,
tous applaudirent. Alors je demandai au premier prêtre: “ Père, ne
croyez-vous pas que cela glorifie plus Dieu que nous proclamions ses merveilles ?
” Et
là s’est achevée la discussion.
Chaque
guérison est une occasion de montrer que Jésus est le Messie. Chaque témoignage
est un cri d’évangélisation proclamant que Jésus est le Sauveur du monde.
4
-
Les
lépreux sont purifiés
Jésus
est le même hier, aujourd’hui et éternellement. Ce qu Il a fait il y a deux
mille ans, Il le refait aujourd’hui parce qu ‘Il a le même pouvoir
aujourd’hui qu’hier. Après que j’ai prêché une retraite pour prêtres
à Sagmeline, au Cameroun, on m’invita à prier dans une léproserie du
gouvernement où il y a plus de trois cents malades. Nous arrivons devant cette
foule souffrante. C’était très impressionnant de se trouver devant ce
tableau de douleur: le ver de la lèpre rongeant la chair humaine. Certains les
membres amputés pour pouvoir continuer à vivre; d’autres, aveugles à cause
de leur maladie, l’odeur de la chair pourrie... Après leur avoir parlé de la
puissance de guérison, nous priâmes, demandant au Seigneur de guérir ces
malades. Peu de temps après être rentré chez moi, je reçus une lettre
d’une religieuse infirmière dans la léproserie qui m’annonçait que le
Seigneur avait guéri dix lépreux. Dix lépreux qui ont pu revenir à la vie
normale de leur village et qui donnent leur témoignage!
Je
demandai au Seigneur: “ Pourquoi y eut-il dix guéris et non pas neuf ou onze ?
” Je sentis le Seigneur répondre en mon coeur : “Pour qu’ils sachent que
celui qui guérit
aujourd’hui est le même qui a guéri les dix de l’Evangile”.
Je
souffrais d’un cancer généralisé, qui commença par les os en 1975. On me
fit un prélèvement osseux et trois semaines plus tard, le médecin nous annonçait
le résultat: tumeur maligne. Cancer des os. “Je ne veux pas mourir, ai-je répondu,
j’ai trois filles à élever, une d’elles a une maladie grave, et mon mari
vient d’avoir un accident”. Le médecin, pensif, me répondit : “Tant que
la colonne n’est pas atteinte, on peut faire quelque chose”. Cela
m’affecta dans tous les sens du terme. Malheureusement, la maladie empira et
arriva rapidement à la colonne. On parlait d’une hernie discale, mais je
sus par un autre médecin qu’on ne pouvait opérer à cause de l’usure des
os et que la maladie était fatale. Je passai mon temps par des hauts et des
bas, jusqu’à ce qu’un jour une intense douleur du dos fût suivie d’une
paralysie des jambes. Hospitalisée durant trois jours, je fus examinée
soigneusement. On me donna des analgésiques puissants et je passai trois mois
entiers au lit sans pouvoir même bouger la tête.
Mon
mari était
merveilleux, ne cessant de me soutenir et de m’aider à prier. Cette maladie
nous unit davantage et nous rendit plus attentifs aux besoins l’un de
l’autre. Quand l’un est dans l’ombre de la mort, on se rend compte de
l’importance de l’amour, et on ne peut dédaigner aucune occasion. Ma guérison
commença le samedi 1er juin, au cours de la réunion avec le père Tardif à
Sion. Quand Dieu lui eut montré mon cas, je ne me rendis pas compte tout de
suite qu’il s’agissait de moi. Je n’avais pas encore demandé ma guérison
; j’étais venue à cette rencontre pour prier et remettre mon mari et mes
trois filles au Seigneur, parce que les souffrances insupportables que je
ressentais me faisaient penser que ma vie touchait à sa fin.
Je
sentis une chaleur intense qui m’envahit le corps ; mes filles me dirent
que j’étais toute rouge. Après la réunion, je remarquai que je n’avais
pas mal au dos et que je n’avais pas besoin de chercher mon équilibre pour
marcher. Des amis qui étaient venus avec leur fils médecin me dirent: “Mais
Hélène, tu es bouillante”. Je leur répondis que c’était sans aucun doute
la chaleur du Seigneur... En arrivant à la maison, je fis remarquer à mon mari
que je pouvais tourner la tête, et au cours de la nuit, je pus me retourner
dans mon lit sans difficulté, ce que je n’avais pu faire depuis des années.
C’était comme dans un rêve. Plusieurs fois, j’allumai la lumière pour
m’examiner, et je compris que l’Esprit Saint m’avait guérie. Le matin au
réveil, j’étais une femme nouvelle : toutes mes douleurs avaient disparu et,
contrairement à l’habitude, je n’avais pas la bouche pleine de sang. Je
me levai sans aide, me sentant petite et légère comme une plume ; je courus réveiller
toute la famille en criant : “Le Seigneur m’a guérie!”, pleurant et
chantant tout à la fois. Imaginez ma joie, car j’étais malade depuis dix
ans. Les trois semaines qui suivirent, je les vécus dans une joie
extraordinaire. Maintenant, je puis affirmer que ces longues années d’épreuve
ont fait grandir la foi et l’amour dans notre foyer. Aujourd’hui, nous
vivons d’une manière différente, pas seulement grâce à la guérison, mais
aussi à la maladie qui menaçait ma vie. Je voudrais dire à tous ceux qui sont
malades que si leur famille, leurs amis ou leurs médecins les abandonnent, le
Seigneur demeure auprès d’eux.
Merci
Seigneur ! Tu es merveilleux! On ne peut plus douter de ta résurrection. Chaque
jour tu nous prouves que
tu es vivant parmi nous. Alleluia!
Le
5juillet 1981,je prêchais une retraite à l’église des Réformés à
Marseille. On amena pour la prière de guérison un jeune belge de 34 ans, qui
souffrait d’un cancer
très avancé du pied droit, où il avait deux plaies. Deux médecins de
Marseille, après sept mois de traitement, avaient décidé d’amputer la
jambe. Lui ne voulait pas, et résistait de toutes les façons possibles. Quand
F.G. sut qu’il y avait une célébration pour les malades, il ne pensa pas à
sa vie de péché et décida d’y assister. Au cours de la prière pour les
malades, il sentit au pied droit une chaleur très intense, comme si on
l’approchait d’un feu. A la fin de l’Eucharistie, il rentra chez lui se
sentant différent. Quelque chose s’était passé cet après-midi-là, bien
que lui-même ne sût pas expliquer de quoi il s’agissait. Pour la première
fois depuis sept mois, il se coucha sans prendre de somnifères, et il dormit
merveilleusement. Le lendemain, il était très heureux et étonné. Il dit
alors au père jésuite avec lequel il logeait “Que c’est étrange, je ne
sens plus de douleur au pied ! Voyons voir ce qui se passe !“ Ensemble ils ôtèrent
la bande qui entourait le pied droit et découvrirent avec admiration qu’il était
parfaitement sain et qu’une peau neuve recouvrait les plaies; la guérison
était si parfaite que les tissus étaient renouvelés et on ne voyait même
pas la différence entre une peau et une autre. Sautant de joie, le jeune homme
partit à la clinique montrer son pied aux médecins qui le soignaient. Ils lui
demandèrent avec curiosité ce qui lui était arrivé, la guérison était si
parfaite et si rapide qu’ils ne lui trouvaient aucune explication. Alors le
jeune homme leur dit: “Le Seigneur m’a guéri hier au cours de l’Eucharistie”.
Eux, athées, ne savaient pas qui était le Seigneur, et encore moins ce qu’était
l’Eucharistie. Ils lui répondirent: “ Faut trouver une explication à ça...”
Quand F.G. me téléphona pour me raconter le tout et me répéta que les médecins
cherchaient une explication, je lui répondis: “ Dis-leur que
l’explication, nous l’avons : Jésus est réellement vivant et présent dans
l’Eucharistie. Comme Jésus est vivant, Il peut faire cela et beaucoup plus,
parce qu’Il est le même qui a ressuscité Lazare et qui a guéri tant de
boiteux et de perclus, tant d’aveugles et de sourds. Jésus est la santé des
malades ! ” Sans hésitation, la guérison la plus importante ne fut pas
celle-là, mais celle du cancer du coeur qui s’appelle le péché. F.G. avait
mené une vie pécheresse. Le Seigneur lui donna la force de renoncer à tout
cela pour emprunter une voie nouvelle. Peu de temps après, il entra au séminaire.
Comme le Seigneur l’avait guéri au cours de l’Eucharistie, il voulait
s’approcher le plus possible de ce mystère et pouvoir un jour le célébrer.
Des années plus tard, je revins en France ; je le retrouvai ordonné prêtre,
dans un couvent de vie contemplative, célébrant le mystère de la foi, dans
lequel nous annonçons la mort du Seigneur et proclamons sa resurrection. Jésus
est vivant et opère dans le pain consacré et le vin. Si nous avions plus de
foi et que nous le laissions agir avec toute sa force, il ne nous manquerait pas
tant d’arguments pour affirmer sa présence réelle dans l’Eucharistie. Il
suffirait de le laisser agir et lui-même se chargerait de prouver sa présence
réelle dans l’Hostie consacrée, avec des signes et des miracles. Alors nos célébrations
eucharistiques se transformeraient en célébrations prodigieuses.
Enfin,
bien qu’un peu longuement, don Pedro Martinez, du nord du Mexique, nous
raconte de manière belle, non seulement sa guérison mais aussi sa
transformation:
Nous
visitâmes un certain nombre de centres médicaux au Mexique et aux Etats-Unis.
Les uns disaient que c’était les reins ; les autres, mon poids. Mais tous se
mirent d’accord pour qu’on m’opère à Houston. Je fus hospitalisé pour
deux opérations car je perdais toute sensibilité aux extrémités inférieures
et de cruelles douleurs étaient apparues. Depuis lors, je commençai à dépendre
de l’aide de mes proches, particulièrement de ma femme, qui me consacrait
tout son temps. Je semblais tellement mal physiquement qu’on ne m’accepta même
pas sur un vol régulier, il nous fallut donc affréter un avion sanitaire. Le
neurochirurgien qui m’avait opéré les fois précédentes commenta que
l’intervention serait délicate et il la considérait comme dangereuse.
C’est pour cela que très froidement, la nuit précédant l’opération, il
me dit: “Don Pedro, vous croyez en Dieu ? Alors confiez-vous à lui, parce que
nous allons avoir besoin de toute son aide”. L’intervention n’eut aucun
succès. J’étais plus mal qu’avant, sans pouvoir bouger et insensible de la
poitrine aux pieds. A partir de ce moment-là je constatai un rapprochement
très notable parmi mes proches comme mes amis, car en m’ouvrant de nouveau la
colonne vertébrale, on avait découvert que le cancer avait atteint les os et
la prostate : cliniquement il était impossible de faire quoi que ce soit pour
moi. Les médecins me donnaient une espérance de vie de trois mois.
Plusieurs semaines passèrent et je commençai à remarquer que je perdais du poids de façon alarmante. Pour calmer mes douleurs on me maintenait inconscient la plupart du temps. C’est ainsi que je choisis de demander à mon épouse que dès que les rayons seraient terminés, nous rentrions à la maison car je me sentais très mal. A ce deuxième retour à la maison, quelques proches et amis ne voulurent pas revenir me rendre visite, car au lieu de me réconforter, ils sortaient de la maison consternés de voir cet individu, fort et vigoureux qu’ils avaient connu quelques mois auparavant, passé de 105 kilos à 55 kilos, ave