Partie A
Jésus
a fait
de moi
un
témoin
Père
José H.
ÉDITIONS INTER
ÉDITIONS CAHIERS DU RENOUVEAU
450 est,
rue
Sherbrooke
31. rue de I’Abbé-Grégoire
Montréal
Paria 75006
Imprimatur
t
Nicolas de Jesus Lôpez
t
Arcbevêque de Santo
Domingo
République
Dominicaine
30
— V
— 1984
Cum
permiisu Superiorum:
Dario
Taveras, Provincial M.S.C.
Couverture
Maquette:
Réalisations de Palma Photographie: Mia et Klaus
Diffusion
canadienne:
QUÉBEC
LIVRES
4435,
boul. des
Grandes Prairies
Montréal
(Québec)
(514)
327-6900
Diffusion
européenne:
ÉDITIONS
CAHIERS DU RENOUVEAU
31,
rue de l’Abbé-Grégoire
Paris
75006
Tous
droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés
pour
tous pays,
sans la permission écrite de l’auteur.
1984
Éditions Inter Enr.
Dépôt
légal: 4~
trimestre 1984
Bibliothèque
nationale du Québec
Imprimé
au Canada
PRÉSENTATION
I Tuberculose pulmonaire
Il - Nagua et Pimentel
A. Nagua
B. Pimentel
a) Première réunion
b) Deuxième réunion
c) Troisième réunion
d) Quatrième réunion
e) Cinquième réunion
f) Dimanche des Rameaux
g) La Semaine Sainte
III - Jésus est vivant
IV - Parole de science
V - La guérison
A. Maladie du corps et guérison physique
8) Jésus
b) L’ Église
c) Les Signes
d) Miracles et Guérisons
e) Prière pour les malades
B. Maladie du coeur et guérison intérieure
a) Racine du problème
Prière de guérison des souvenirs
b) Prière
-
1) Au nom de Jésus
2) Par le sang de l’agneau
3) Par les plaies de Jésus
4) Prier en langues
5) Intercession de Marie
C. Maladie de l’esprit et réconciliation
D. Convalescence
a) La vie sacramentelle
b) La prière
c) La lecture de la Parole
d) La communauté
e) Le service
VI - La libération
A. L’oppression
B. L’obsession
a) La prière de libération
b) Auto libération
C. La possession
VII- Aides pour la guérison
A. Évangélisation
B. Foi et attente
C. Repentir
D. Pardon
E. Prière
en communauté
F. Prière du malade
G. Intercession de Marie
H. Abandon
I. Prière en langues
J. Renoncement à Satan
VIII - Cinq lettres
IX - Le dernier voyage
En
1973, j’étais provincial de ma Congrégation de Missionnaires du Sacré Cœur
, en République Dominicaine. J’avais beaucoup travaillé abusant de ma santé
pendant les seize années de ma mission dans le pays. Je passais alors beaucoup
de temps à des tâches matérielles, construisant des chapelles, des séminaires,
des centres de promotion humaine, de catéchèse etc. Toujours je cherchais de
l’argent pour édifier des maisons et pour nourrir nos séminaristes.
Le
Seigneur m’a permis de vivre tout cet activisme et à cause de l’excès de
travail, je suis tombé malade. Le 14juin de cette année 1973 lors d’une
assemblée du Mouvement familial chrétien ,je me sentis mal, très mal. On dut
me transporter immédiatement au Centre Médical National. J’étais si mal que
je ne pensais pas pouvoir passer la nuit. Je crus réellement que j’allais
mourir très vite. J’avais très souvent médité sur la mort, mais je n’en
avais jamais fait l’expérience et, cette fois, je l’ai faite et je n’ai
pas aimé ça.
Un
jour, je reçus deux visites très particulières. D’abord vint le prêtre qui
dirige la Revue R.N.D. (Revue Notre Dame). Il me demanda la permission de me
prendre en photo pour faire un article intitulé « Comment vivre avec sa
maladie».Il n’avait pas sitôt pris congé qu’entrèrent cinq laies d’un
groupe de prière du Renouveau Charismatique. En République Dominicaine, je
m’étais beaucoup moqué du Renouveau affirmant que l’ Amérique Latine
n’avait pas besoin du Don des Langues mais de promotion humaine, et voilà
qu’ils venaient prier d’une manière désintéressée pour moi.
C’étaient
deux points de vue totalement différents:1e premier, pour me faire accepter ma
Je sortis de l’hôpital sans ordonnance, sans médicaments, ni piqûres. Je rentrais chez moi et je pesais 50 kilos. L’hôpital qui allait me guérir de la tuberculose me faisait mourir de faim.
Quinze
jours après, parut le numéro 8 de
la Revue R.N.D. À la page 5 se trouvait ma
photo à l’hôpital; j’étais assis sur la fameuse chaise avec des
sondes, un visage triste et un regard pensif. Au bas de la photo était écrit:
« Le malade doit apprendre à vivre avec sa maladie, s’habituer aux allusions
voilées, aux questions indiscrètes... et aux amis qui ne le regarderont plus
de la même manière. » Mais, ma santé rendit leur numéro caduc. Le Seigneur
m’avait guéri. Certes, ma foi était très petite, peut-être avait-elle la
taille d’un grain de moutarde, mais Dieu était si grand qu’il n’avait pas
considéré ma petitesse.
Ainsi est notre Dieu. S’il dépendait de nous, il ne serait pas Dieu.
De
cette manière, je reçus dans ma chair
le premier enseignement fondamental pour le ministère de guérison: le Seigneur
nous guérit avec la foi que nous avons. Il ne nous demande pas davantage.
Seulement cela. Le 15 septembre, j’assistais à la première assemblée de prière
charismatique de ma vie. Je ne savais pas ce que c’était, mais j’y allais
car j’avais été guéri et les personnes qui avaient prié pour moi
m’avaient demandé de donner le témoignage de ma guérison.
En
ce mois de septembre, je commençais à travailler un peu et j’écrivis à mon
Supérieur de me donner la permission de passer cette année que j’aurais dû
vivre à l’hôpital à étudier le Renouveau Charismatique au Canada et aux États-Unis.
Il me donna la permission et je me rendis aux centres les plus importants de Québec,
Pittsburg, Notre-Dame et d’Arizona.
Je
me souviens d’un jour où j’étais à Los Angeles, en train de célébrer la
messe avec ma nièce et un ami. Après
la lecture de l’ Évangile en français, je voulus le commenter mais il se
produisit quelque chose de très bizarre.
— «
C’est pourtant cela, mon oncle, répondit ma nièce, tu parlais en langues. »
Je m’étais tellement moqué du don des langues, eh bien, le Seigneur me
l’offrit au moment même où j’allais prêcher. C’est ainsi que je découvris
ce beau don du Seigneur.
II
A.
Nagua
Après
cette année que j’aurais dû passer à l’hôpital, je rentrais en République
Dominicaine. Mon supérieur m’envoya dans une paroisse de la ville de Nagua.
À
mon arrivée, je convoquais une quarantaine de personnes pour leur donner le témoignage
de ma guérison.
Je me souviens que j’invitais, alors, les malades à venir en avant
pour que l’on prie pour eux. À
ma grande surprise, il y avait plus
de malades que de gens sains. Cette nuit-là le Seigneur guérit deux malades.
L’assemblée explosa de joie et les personnes qui avaient été guéries
donnaient leur témoignage partout. Ainsi, humblement, commença une histoire
dont nous ne pensions pas qu’elle pourrait être si merveilleuse.
Par
les guérisons que le Seigneur faisait, notre groupe ressemblait au Banquet du
Royaume des Cieux: les invités étaient les boiteux, les sourds, les muets et
les pauvres.
Chaque
semaine le Seigneur guérissait des malades. En août, il guérit Sarah qui
avait un cancer de l’utérus. Elle était condamnée et était sortie de l’hôpital
pour aller mourir chez elle. On l’amena à la réunion et pendant la prière
pour les malades, elle sentit une profonde chaleur dans son ventre et commença
à pleurer. Peu à peu, elle se rendit compte que la maladie disparaissait.
Quinze jours après, elle était complètement guérie et revint au groupe de
prière portant son linceul dans ses mains: les vêtements que ses enfants lui
avaient achetés pour son enterrement.
Les
gens venaient nombreux. Tous chantaient avec joie et louaient Dieu spontanément.
Devant les guérisons et les prodiges, ils éclataient en sanglots, c’était
des larmes de bonheur et ils racontaient à tout le monde ce qui se passait dans
la paroisse. Après ces réunions si heureuses et
si belles ; quelques prêtres commencèrent à dire sarcastiquement:
« le père Émilien a été guéri de Tuberculose mais il est malade de la tête.»
Parce que je priais en langues et que je croyais dans le pouvoir de guérison du
Christ, ils affirmaient que j’étais devenu fou.
Le
Seigneur nous dit par une prophétie: Moi, je travaille dans la paix. Je vous
donne ma paix. Soyez des messagers de paix. Je commence à répandre mon Esprit
sur vous. C’est un feu dévorant qui va envahir la ville entière. Ouvrez les
yeux, car vous verrez des signes et des prodiges que beaucoup ont désiré voir
mais n’ont pas vus. C’est moi qui vous le dis et qui le ferai.
Nous
étions sûrs d’être devant l’ oeuvre du Seigneur. Les miracles furent
toujours si nombreux que je ne pouvais les compter. Des couples qui vivaient en
concubinage se marièrent, des jeunes furent libérés des drogues et de
l’alcoolisme. C’était la pêche miraculeuse. Après avoir longtemps jeté
l’hameçon, le Seigneur remplissait tellement les filets que j’imaginais
presque que la barque allait s’enfoncer. Jésus était en train de libérer
son peuple des chaînes de l’esclavage. Les jeunes qui ne s’intéressaient
plus à l’ Église ni à la foi commencèrent à vivre et à proclamer que Jésus
était leur libérateur. Dans une retraite paroissiale nous annoncions Jésus et
ensuite nous avons prié pour la santé des malades durant l’Eucharistie. La
première parole de science que j’ai eu, fut: « Il y a ici une femme qui est
en train de guérir d’un cancer. Elle sent; une forte chaleur dans son
ventre., Je continuais à prier, il y eut d’autres paroles de science qui
furent confirmées par les témoignages, Cependant, personne ne répondit à la
première parole. Le lendemain, une dame, devant le micro dit à tous:
Peut-être serez-vous surpris de me voir ici. Je suis une pécheresse,
une femme publique, cela fait de nombreuses années que je me prostitue. Hier,
je suis venue à la messe de guérison, mais à cause de ma vie, j’ai eu honte
d’entrer et je suis restée un peu à l’écart derrière la palissade.
J’avais un cancer.
J’ai
eu deux opérations qui n’ont pas arrêté le mal, mais quand le prêtre a dit
qu’une personne était en train de guérir du cancer, j’ai senti que c’était
moi. Le Seigneur l’a guérie non seulement du cancer de son corps mais aussi
de celui de son âme. Elle se repentit et communia le lendemain. Quand je la vis
communier avec une telle joie et de telles larmes de bonheur sur le visage, je
me souvins du retour du fils prodigue qui mange le veau gras que son père avait
fait tuer. Elle recevait l’ Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde,
purifiant son âme et changeant de vie. Elle retourna au bordel pour témoigner
devant ses compagnes avec des larmes dans les yeux: Je ne viens pas vous dire
d’abandonner cette vie. Je veux seulement vous parler de mon ami Jésus qui
m’a rachetée et a changé ma vie.
Elle
leur raconta sa guérison et sa conversion. Ensuite, elle demanda la permission
de faire un groupe de prière dans le bordel et tous les lundis on y fermait les
portes au péché et on les ouvrait au Coeur de Jésus. il y avait la Prière,
la Lecture de la Parole et des chants.
Le
Seigneur n’acheva pas là son oeuvre. Un an après une retraite fut organisée
pour 47 prostituées de la ville. C’est là que j’ai vu agir avec le plus de
puissance la miséricorde de Dieu. Il y
a eut repentir, conversion et confession: 27 abandonnèrent leur ancienne vie et
d’après des informations récentes, 21 ont persévéré dans le chemin du
Seigneur. Quelques-unes même sont devenues catéchistes, d’autres animent des
groupes de prière, témoignant que l’amour miséricordieux de Dieu les a
transformées.
Sur
les 21 maisons closes de la rue Mariano Pérez, seules 4 sont restées. Des
membres du même groupe de prière s’y sont rendus et le Seigneur les a
transformés.
Il
faut rappeler ici, le cas d’une autre de ces femmes dont Jésus dit qu’elles
entreraient dans le Royaume des Cieux avant les scribes et pharisiens. Diane fut
touchée par l’amour de Dieu et se donna au Seigneur. Cependant, son rétablissement
fut lent et douloureux. Elle eut même une rechute à cause de problèmes économiques.
Quand, elle s’était éloignée du Seigneur, il lui parla et lui dit: Diane,.
qui me suit chemine dans la lumière et ne manque de nen. Elle se repentit et
revint au Seigneur. Elle devint même catéchiste et aujourd’hui elle rend témoignage
avec force dans les retraites de la miséricorde du Seigneur. Elle fait partie
d’un groupe d’ Évangélisation et beaucoup de prêtres voudraient le
pouvoir qu’elle a pour proclamer la vie nouvelle dans le Christ Jésus.
Selon
des statistiques officielles, à Nagua, il y avait 500 bordels. Plus de 80% fermèrent
leurs portes. Toutes les femmes ne se sont pas converties, mais toutes furent
atteintes par le message de Jésus Vivant. Plusieurs de ces maisons qui étaient
au service du péché et de l’égoïsme sont devenues des maisons de groupes
de prière. Le changement fut si net, qu’on dit même: Nagua était la ville
de la prostitution, mais maintenant c’est
la ville de la prière.
Aujourd’hui,
il n’y a pas de rue à Nagua qui n’ait son groupe de prière. Ce sont des
groupes qui évangélisent, annoncent et amènent les gens à une rencontre
personnelle avec Jésus Vivant.
Le
cas de Nagua nous donne une idée à présent de ce que sont les charismes d’évangélisation.
Ce ne sont pas des ornements accidentels mais des véhicules d’évangélisation.
Il
y a beaucoup de gens qui refusent les charismes disant qu’ils n’ont pas
d’importance. Je leur rappelle simplement que Nagua fut secouée par l’ Évangile
et perdit sa réputation de «Ville
de la prostitution » grâce à une retraite de prostituées. Cette retraite a
été menée à bien grâce à une femme qui telle Marie-Madeleine, a suivi Jésus
et a rendu ensuite témoignage. Pourquoi? parce qu’elle fut guérie d’un
cancer.
Une
pauvre guérison physique a entraîné une transformation sociale. C’est
ainsi que s’instaure le Royaume de Dieu, à travers des événements aussi
petits et simples, comme des grains de moutarde qui en germant, donnent des
fruits abondants. Qui sommes-nous, nous les hommes pour mépriser les chemins de
Dieu?
J’étais
heureux à Nagua en travaillant avec les groupes de prière mais l’Esprit-Saint
m’avait préparé une grande surprise. En vérité, les chemins de Dieu sont
différents des nôtres (Is 55,8) mais bien meilleurs que tout ce que nous
pourrions demander ou imaginer (Éphésiens 3,20). Le père Provincial me
demanda de remplacer momentanément un prêtre qui partait en vacances.
Sincèrement
j’avais beaucoup de peine de quitter Nagua. Nous voulons toujours nous sécuriser
avec ce que nous avons, voilà qui nuit beaucoup aux surprises de l’Esprit. La
vie dans l’ Esprit est une vie de dépouillement, elle consiste à ne pas
faire siennes les choses de Dieu, pas même ce que nous appelons « notre ministère».
Nous sommes appelés à être d’éternels pèlerins qui vivent sous des tentes
provisoires, prêts toujours pour le voyage sans billet de retour. C’est que
lorsque nous ne possédons rien, nous sommes capables de tout avoir.
Le
10 juin 1974, j’arrivais à ma nouvelle destination: Pimentel est un village
sympathique situé au centre du
pays et
encadré par une plaine fertile, riche en riz, pommes de terre, cacao et
oranges, grâce aux eaux de la rivière Cuaba. Le village n’est traversé que
par une rue non pavée par laquelle passent ânes, chevaux et une automobile et
un. bus de temps en temps. Le drapeau national flotte sur la mairie et il est
salué par la svelte palmeraie et les acacias du jardin public. De l’autre côté,
se trouve la paroisse St-Jean-Baptiste dont le nom me fit songer que ma mission,
comme celle de toute personne qui évangélise, était celle d’un précurseur
qui prépare la venue du Sauveur. L’ Esprit-Saint m’avait amené là pour être
le témoin de la lumière du Christ ressuscité.
À
mon arrivée, je me rendis chez le curé qui avait déjà bouclé ses valises.
Je lui demandai seulement la permission d’organiser un petit groupe de
Renouveau, car sans prière, je ne pouvais travailler.
Cela
lui déplut, il avait peur. Il ne me le refusa pas car j’allais le remplacer
pour qu’il puisse prendre ses vacances, mais il me dit:
C’est bon, fais le groupe, mais sans charismes.
Bon,
lui dis-je, mais les charismes ce n’est pas moi qui les donne. Cela
vient de l’Esprit-Saint. S’il veut donner des charismes à tes gens, qu’y
puis-je?
Fais
ce que tu voudras, me répondit-il et il prit congé.
L’été
de cette année-là fut très chaud, comme le présage de l’ Esprit qui nous
envahirait. Celui qui ne croit pas que nous avons un Jésus Vivant qui
aujourd’hui fait des merveilles ne doit pas lire ce qui suit car cela paraît
incroyable.
a) Première réunion
Quand
je les vis arriver avec lui, je pensai qu’ils étaient trop audacieux mais ils
me firent penser à ces quatre autres qui apportèrent leur ami paralytique à Jésus
(Marc 2, 1-12). Nous avons prié pour lui et avons demandé au Seigneur, par le
pouvoir de ses saintes plaies, de guérir ce paralysé. L’homme commença à
suer abondamment et à trembler. Alors je me rappelai que, lorsque le Seigneur
m’avait guéri, moi aussi, j’avais senti une grande chaleur. Alors je lui
dis: — «
Le Seigneur est en train de te guérir, lève-toi au nom de Jésus! »
Je lui donnai la main et il me regardait, très surpris. Avec beaucoup
d’efforts, il se leva et commença à marcher lentement.
—«
Continue à marcher au nom de Jésus, lui criai-je, le Seigneur est en train de
te guérir ». Lui, il faisait un
pas puis un autre. Il s’approcha du Saint Sacrement et en pleurant, rendait grâce
à Dieu. Tout le monde louait le Seigneur tandis que celui qui avait été guéri
sortait en portant son brancard sous son bras. Ce jour-là, dix autres personnes
furent guéries par l’amour de Jésus-Christ.
Comme
les gens ont soif de prière. Ils s’approchent de nous en nous demandant de
leur apprendre à prier. Comme Jésus, nous nous devons de leur apprendre en
priant avec eux. Nous ne pouvons pas laisser passer cette merveilleuse
opportunité. Si nous parlions moins du Seigneur et Si
nous lui
parlions plus à lui comme notre monde changerait vite. Certainement, le
Seigneur aime que nous parlions de lui mais il aime beaucoup plus que nous
parlions avec lui.
Imaginez
ce qui arriva lors de cette troisième semaine. Nous sommes allés au parc
public, à l’air libre, célébrer la gloire du Seigneur. C’était comme
quand Jésus arrivait à Capharnaüm ou Bethsaïde. Le même Jésus, Vivant,
arrivait dans notre village. Le parc ressemblait à la Piscine de Bethesda «
pleine de malades, d’aveugles, de boiteux ou de paralytiques attendant leur
guérison. » (Jean 5, 1-2)
Bethesda
« Maison de la Miséricorde. » Pimentel, le plus petit des villages, était
devenu le lieu choisi par Dieu pour montrer sa miséricorde. Le Ministère de guérison
est le Ministère de la Miséricorde de Dieu. Cette nuit, il y avait plus de
7000 personnes. Nous avons fait la même chose: prêcher l’amour de Jésus,
lui qui est Vivant dans son Église et continue à agir par des signes et des
prodiges. Nous avons célébré la messe et le Seigneur a commencé de nouveau
à guérir des malades. C’était presque exagéré. Comme aux noces de Cana,
quand le Seigneur transforma l’eau en vin: il en resta tant qu’on eut pu
organiser d’autres noces. Quand nous lui demandons quelque chose, Lui, nous
donne tout car son pouvoir n’a pas de limite pas plus que son amour. Il ne guérit
pas seulement deux, trois personnes mais un nombre immense.
La
police était très ennuyée car elle devait faire des heures supplémentaires
pour surveiller une circulation aussi énorme pour un Si
petit
village. Alors les agents demandèrent au chef de police d’interdire ces réunions.
Lui, il ouvrit les mains et leur répondit avec un sourire:
Cela
faisait douze ans qu’elle était malade. Elle fut touchée par l’amour de
Dieu. Quelques jours après, ils reçurent
le sacrement de mariage. Comme le Seigneur avait tout prévu, au lieu d’interdire
la réunion, la Police nous donna 18 agents en plus pour organiser la
circulation durant la réunion suivante.
C’était
le 9 juillet, jour de l’anniversaire de mon retour en République Dominicaine.
Depuis 9h du matin, arrivaient autobus et camionnettes avec des gens de tout le
pays. Les chauffeurs de taxi eux-mêmes nous faisaient de la publicité car c’était
aussi leur avantage. Cet après-midi-là, il y eut quelque 20,000 personnes en
prière. Il y avait tellement de monde que nous dûmes monter sur le toit pour y
installer l’autel et les porte-voix.
Savez-vous
comment Dieu s’est « vengé » de la police qui voulait mettre un terme à
ces réunions? Cette nuit, il guérit un policier qui souffrait d’une hémorragie
cérébrale qui l’avait à moitié paralysé. À partir de ce moment-là,
tous les policiers étaient de notre côté. En vérité, la manière dont Dieu
en finit avec les problèmes est meilleure que la nôtre. Une dame, connue de
tout le village, était sourde depuis 16 ans et elle guérit complètement. Elle
sentit d’abord un bourdonnement
et se rendit ensuite compte qu’elle entendait parfaitement la prédication. Le
lendemain, elle alla au marché et un employé dit à son compagnon:
Voilà la sourde, nous allons lui faire une plaisanterie en bougeant
notre bouche sans prononcer un seul mot. Mais elle entendit ce qu’ils disaient
et leur répondit avec bonheur: Non,
Messieurs, je
ne suis plus sourde, car le Christ m’a guérie hier soir.
Elle
témoignait ainsi non seulement de sa guérison, mais aussi du pouvoir de Dieu.
Un
homme qui ne pouvait marcher qu’à quatre pattes fut aussi guéri ce jour-là.
Il y eut une profusion de guérisons et de prodiges. Nous avons vu de tout. C’était
vivre en couleurs, sur le vif et en direct, ce que dit l’Évangile. C’était
Jésus ressuscité cheminant parmi nous et sauvant son peuple. Cette nuit, il y
eut plus de cent guérisons, selon les témoignages reçus.
Pour
la cinquième réunion notre équipement sonore s’avéra insuffisant. La
Police fit un calcul pour évaluer cette multitude en partant du mètre carré.
Ils étaient 42000. Il vint du monde depuis Puerto Rico, Haïti et de toutes les
paroisses du pays. Les rues étaient pleines, les toits bondés et la petite rue
congestionnée par les autobus, les voitures et les camionnettes.
Les
gens sont venus en si grand nombre, tout simplement parce que le Seigneur Jésus
n’a pas encore changé ses méthodes de travail. Tandis que nous, nous
cherchons des méthodes pastorales plus efficaces et plus en accord avec notre
temps, le Seigneur continue avec la sienne: il parcourait la Galilée en guérissant
les malades, alors les multitudes le suivaient et lui, il prêchait la Parole de
Salut (Luc 6, 17.18). Aujourd’hui, il fait toujours de même. Il guérit les
malades, les gens se réunissent par milliers et nous proclamons le Royaume de
Dieu. C’est tout simplement l’ Évangile qui se répète.
Je
commençais à m’effrayer un peu car ces pauvres gens voulaient me toucher et
que je prie pour chacun d’entre eux. Cette nuit-là, ils m’arrachèrent tous
les boutons de ma chemise et faillirent m’écraser. Il y avait aussi un problème:
les gens qui avaient voyagé toute la journée ne trouvaient pas de nourriture
dans le village et repartaient affamés mais pleins de l’amour de Dieu. Alors,
nous avons prié et demandé au Seigneur sa lumière pour savoir ce qu’on
devait faire de tout ce monde. C’est lui qui nous avait placés devant ces
problèmes, il devait nous en sortir. Durant la prière, il nous donna un
message en langues à travers Evaristo Guzman. Afin qu’il n’y ait aucun
doute c’est à moi-même qu’il en donna l’interprétation: « Évangélisez
mon peuple. Je veux un peuple de louange. >ø
Nous
ne devons pas avoir peur des grandes foules. Le Seigneur nous les envoie pour
que nous leur proclamions sa Parole de Salut. Ceux qui craignent les prodiges
du Seigneur ont peur du « Seigneur des prodiges.» Quelques-uns s’étonnent
que le Seigneur réponde aussi vite aux prières. Moi, je leur dis qu’il
serait étonnant que Lui, étant Si
bon,
ne réponde pas: Avant même que vous ne m’appeliez, Moi je répondrai et vous
serez encore en train de parler, déjà Moi je vous écouterai. (la. 64,24>.
Demandez et vous recevrez... Cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous
ouvrira... (Luc, 11,9-13).
Nous
avons fait aussitôt un communiqué qui fut diffusé par la radio, la télé et
expliquait que la grande assemblée était suspendue et que les gens étaient
invités à se réunir dans leur propre paroisse pour prier. Le Seigneur avait
son plan au sujet des événements de Pimentel: réveiller son peuple, secouer
son Église et montrer par des signes et des prodiges qu’il est vivant et
donne sa vie en abondance à ceux qui croient en son nom. Commençait alors un
autre type de travail, plus profond et plus délicat: former des responsables de
petits groupes de prière. Nous avons eu une retraite à la fin de la semaine
avec les plus engagés. Nous leur avons expliqué ce qu’est la réunion de prière,
le Renouveau Charismatique, le Baptême dans l’ Esprit-Saint et les Charismes
et « nous les avons recommandé à la grâce de Dieu. » (Actes des Apôtres
20,32). Trois jours après, eux assuraient l’animation des 45 groupes éloignés
en divers lieux de la paroisse. Il y avait des groupes sous les arbres, dans
l’église, dans les maisons et partout. Toute la ville était devenue une
maison de prière. Pour que les gens fixent leur regard sur Jésus et non sur un
homme, moi, cette nuit-là, je m’éloignai de la paroisse. Le Seigneur, lui,
restait et continuait à guérir les malades.
f)
Dimanche
des Rameaux
En
ces jours-là, nous étions
comme en haut du Mont Thabor,
nous contemplions la gloire du Seigneur. Nous partagions avec Jésus ce que son
Père avait dit: « Tu es. mon
fils bien-aimé en qui j’ai mis. tout mon amour.
»
Le
16 juillet, 1e Seigneur nous
fit prévenir
par une prophétie pour nous
annoncer
que nous serions attaqués, ridiculisés mais
que nous ne devions pas craindre car lui, il
avait déjà vaincu le monde. Trois mois après, le curé revint de vacances. Il
fut très surpris par ce
qu’il trouva et ce
que les gens lui racontèrent. Tout était si
extraordinaire
qu’il ne pouvait pas le croire. Le Seigneur avait visité son peuple,
suscitant une force salvatrice, dans sa paroisse, faisant miséricorde aux
siens, allumant une lumière au milieu des ténèbres pour que, libérés de
toute crainte, nous puissions le servir avec sainteté et justice tous les jours
de notre vie.
Le
Seigneur avait guéri des hommes et des femmes, un policier et une enfant, des
gens venus de loin et des malades incurables. Le Seigneur avait évangélisé
son peuple en lui annonçant la Bonne Nouvelle du Royaume, se servant même des
moyens de communication tels que la presse et la télévision. C’était le
Dimanche des Rameaux: le Seigneur entrait triomphalement dans sa ville.
Quand
je quittai la paroisse de Pimentel pour rentrer à nouveau à Nagua, la rue était
déserte. Le vent soufflait doucement, berçant les palmiers et caressant le
drapeau qui avait été témoin des merveilles du Seigneur. Je ressentis la
nostalgie de ces foules que j’avais vues. Alors, passa un petit âne qui
trottait joyeusement et me regarda avec ses grands yeux. Il se mit à braire
montrant dans un large sourire toutes ses dents comme pour me dire: Tu n’es
que l’âne qui a amené Jésus à ce village et maintenant tu dois rentrer à
Betfagé. La gloire, les palmes et la reconnaissance sont pour celui dont tu étais
chargé, et pas pour toi. Toi, comme Jean Baptiste tu dois diminuer pour qu’Il
grandisse. Émilien doit mourir pour que le Christ vive en Lui ;
Ta
gloire est que le Christ soit glorifié; ton privilège: annoncer l’évangile.
L’âne bougea la queue en me disant: « au revoir, adieu » et il s’éloigna.
Moi je suis retourné à Nagua en bondissant de joie.
Le
secrétaire de la Santé m’accusa à la télévision d’avoir abusé de
l’ignorance du peuple, lui faisant croire qu’il guérissait. Il
dit que j’étais un charlatan, que je trompais le peuple, il demandait
pourquoi je n’allais pas faire la même chose dans un pays développé comme
le Canada. D’autres m’attaquèrent, en disant que, comme étranger, je ne
connaissais pas le peuple et que toutes ces guérisons et tous ces miracles mèneraient
le peuple au spiritisme et à la sorcellerie. Moi, je leur répondis qu’assurément,
je ne connaissais pas le peuple autant qu’eux mais que je connaissais très
bien Jésus et que jamais il ne conduit au spiritisme et à la sorcellerie. Bien
au contraire. Quand c’est lui qui agit, il fait bien les choses et nous ne
devons pas avoir peur. À la
radio, dans la presse, à la télévision, il y eut beaucoup d’attaques. En
quelques jours, j’étais devenu un sorcier et un menteur. Parce que je croyais
et proclamais que Jésus était vivant, sauvait et guérissait son peuple, on
disait que j ‘étais fou, fanatique, etc. En moins de 24 heures, la presse qui
auparavant m’admirait luttait à présent contre moi. Alors, je compris la
fragilité de la gloire que le monde offre et quelle folie c’était de rechercher
l’opinion d’autrui. En quelques heures l’écume de la gloire est détruite.
Mais, ma confiance était en Jésus, qui est le même hier, aujourd’hui et
demain et toujours. Mais, comme je ne m’étais pas occupé d’eux quand ils
parlaient de moi en bien, quand ils se mirent à me critiquer cela ne
m’affecta guère. J’avais dans mon coeur une paix, une paix profonde.
Certains,
qui se disaient psychologues vinrent me dire que ces guérisons causées par
l’effet de masse ou par l’hystérie collective étaient naturelles et
n’avaient rien de miraculeux. Je leur répondis simplement qu’il y avait
alors une grande injustice dans le fait que, sachant tout cola ils
n’organisaient pas de. réunion. toue les soirs pour guérir tous les malades
du pays.
D’autres
nous accusaient d’être «
émotionnalistes ». Moi je
leur répondais que l’ émotionnalisme cherchait l’émotion pour l’émotion
mais que nous, nous cherchions le Seigneur, ce qui était toujours émouvant.
Trouver le Trésor Caché est émouvant
et exaltant. Le signe qui montre que quelqu’un a trouvé le Trésor est
la Joie qu’il lui donne. D’autres
attaquaient l’immaturité des gens on disant: Toute cette foule ne vient que
par curiosité et à cause des guérisons. Moi, je leur répondais:
Qu’importe
la raison pour laquelle ils viennent? Ce qui compte c’est
qu’ils soient là pour que nous les évangélisions. Sûrement Zachée
n’est-il pas monté
sur le sycomore
pour réciter mon chapelet
mais par
pure curiosité car « il voulait
voir Jésus ». Ils allèrent même
jusqu’à me demander si je n’étais pas
devenu fou. Alors, je leur répondis: Moi
aussi je me le demande car
maintenant je ne peux parler
que du Seigneur.
Les
prêtres voisins devinrent
jaloux. Un
groupe d’entre eux demanda à mon Provincial de me faire sortir du pays car
avec ces bêtises
disaient-ils, j’allais
détruire les structures de la Pastorale. Moi, je leur répondis que Jésus
n’avait pas été envoyé pour sauver les
structures
pastorales mais
pour sauver son peuple et que c’était la
seule chose
qu’il était
en train de faire au milieu de nous.
Ils
m’accusaient de vider les paroisses mais moi, je n’invitais
personne. Je ne faisais que proclamer pour l’évangile.
Un prêtre me disait que nous exagérions
et qu’il
Si,
me répondit-il, mais à Lourde.,
il y a un
centre médical pour étudier les guérisons et on dit qu’il y
a très peu de guérisons
miraculeuses. Par contre,
vous. Mais,
répondis-je, le
critère de notre foi n’est pas
le centre médical
de Lourdes mais l’ Èvangile et celui-ci parle de tant de miracles...
Saint
Marc, le plus ancien des quatre
évangélistes, nous parle de 18 miracles et
guérisons
de Jésus en 16 chapitres. Si nous enlevions ces signes du pouvoir de Dieu dans
l’ Évangile de Marc, Il ne resterait que quelques pages, une ou deux.
Nombreux sont ceux
qui, pour
avoir éliminé cet aspect,
n’ont qu’un Évangile mutilé, pauvre, réduit
à de la doctrine et à des théories. L’ Évangile est une Vie à vivre dont
il faut faire l’expérience et rendre témoignage. La première fois que les
Actes des Apôtres se réfèrent au Christianisme, ils
le définissent
comme « Vie» (Actes
5,20).
On
m’attaqua tellement, de toutes
parts (même
ceux dont on pouvait penser
qu’ils
étaient du côté de Jésus)
que je dus
faire paraître un article
dans la
revue «
Amigo del
Hogar » en août 1975.11 s’intitulait: «
C’est la faute de Jésus
». Entre
autres choses, j’y disais:
Face
aux risques réels qu’il
y a de tomber
dans 1e
fanatisme à cause des miracles, nous tombons dans l’extrême opposé, parfois
plus grave que le premier, qui est d’oublier que Dieu est le maître de
l’impossible. La guérison est réellement la réponse à une prière
de foi,
comme nous le voyons tant
de fois dans
l’Évangile. Cette prière
peut être
celle du malade ou de ceux qui l’accompagnent,
de la communauté
ou d’une personne.
Jésus
est le
même
hier, aujourd’hui, et toujours.
C’est lui le Maître de l’histoire
et il agit comme il on a
envie sans nous demander notre
avis ou permission pour
réaliser ses prodiges.
Qui
sommes-nous donc pour nous opposer ou essayer de mettre une limite à l’
oeuvre de notre Dieu? Nous sommes convaincus qu’il ne s’oppose pas à la médecine,
mais très souvent des milliers de personnes n’ont pas d’argent pour payer
le médecin, la clinique, les médicaments. Qu’y a-t-il de surprenant à ce
que Dieu s’occupe des pauvres et que personnellement il les secoure? Pourquoi
fermer la
porte à ceux qui ont cru en cette Parole de Jésus qui dit: « Venez
à moi vous tous qui êtes fatigués et épuisés, et Moi je vous soulagerai.»
Serait-ce
que nous nous sommes accommodés à un christianisme fait à notre mesure. Le
Seigneur par ces signes vient nous montrer qu’il est vivant et il vient nous
interpeller car s’il est vivant, toutes ses exigences sont valables. Le
problème c’est que « Jésus est vivant
et
pas mort.»
Peu
après, je me rendis compte que dans cet article, j’avais commis une double
erreur: prouver les guérisons en donnant les noms et adresses de personnes guéries,
pensant que ce serait l’évidence des faits et non la grâce de la foi qui
transformerait leurs coeurs. Je leur donnai le signe du ciel qu’ils
demandaient mais ils ne se convertirent pas car les signes ne sont que des
signes: seule la foi nous fait reconnaître ce qu’ils signifient, que Dieu
aime les hommes, que le Christ est vivant et que 1’Église a la puissance de
l’Esprit-Saint pour ressusciter les morts.
Le
Seigneur me permit de me reprendre et de me rendre compte que je ne devais pas
me défendre des attaques, pas plus que lui ne s’était défendu de ceux qui
l’accusaient. Si je me défendais avec mes moyens et mes arguments je ne le
laissais pas Lui être mon défenseur avec ses moyens et ses arguments.