Partie B

 

B. Maladie du coeur et guérison intérieure

Nous sommes tous conscients des graves répercus­sions qu’a notre passé sur notre présent. Nous allons maintenant parler des attitudes maladives de notre personnalité et des relations que nous avons avec les autres et qui ont leurs racines dans les douloureuses expériences de notre histoire. Combien de traumatismes ont été causés par les blessures de notre passé. Des con­séquences négatives se produisent au plan physiologique, comme peuvent être par exemple certaines maladies physiques causées par des blessures émotionnelles. D’autres conséquences négatives se produisent au plan psychologique, comme sont par exemple les complexes qui ont leur racine dans des blessures émotionnelles, parfois même dans des blessures causées par les fautes de notre vie. On peut découvrir que de nombreuses faiblesses dans notre vie chrétienne ont leur racine dans des événements de notre vie qui nous ont profondément blessés, et ces blessures peuvent devenir comme des fissures par où s’infiltre le péché. Ces maladies émotion­nelles de notre coeur, le Seigneur peut les guérir dans une prière de guérison intérieure.

Dans un centre psychiatrique de Montréal, il y avait un aveugle qui était un cas médical étrange. il avait perdu la vue sans aucune cause apparente. Le nerf optique, la pupille et la cornée étaient en parfaite condition. Il n’y avait aucune cause de cécité. Grâce à un traitement hypnotique, on découvrit que la cause remontait au temps où il était très petit et dormait dans la même chambre que ses parents. Une nuit, ils eurent des relations sexuelles très intenses que le petit interpréta comme une agression de son père contre sa mère. Cela lui causa un traumatisme si profond qu’il ferma les yeux à cette agression et à toute réalité en devenant aveugle. En trouvant la racine du problème on lui fit la thérapie adéquate et après quelques mois il recouvra la vue. C’est la même chose que fait le Seigneur Jésus dans la prière de guérison intérieure, allant à la racine de nos conflits pour les guérir. L’avantage est que lui ne se fait pas payer et qu’il agit beaucoup plus rapidement que les psychologues et les psychiatres de ce monde. « Lui qui guérit les coeurs brisés et qui bande leurs bles­sures. » (Ps. 147, 3). Nous avons un Dieu merveilleux qui est capable d’aller au fond de nos problèmes pour nous guérir et nous libérer. Avant, il existait une belle prière dans la liturgie: «Libère-nous, Seigneur, de nos maux, passés, présents et à venir. » Notre Dieu est capable de nous guérir car Lui n’est pas dans le temps. Plutôt, il est dans tous les temps car Il est le même hier, aujourd’hui et toujours.

Pour ce faire, il faut d’abord que soit éclaircie la cause de notre blessure. Non seulement en prendre conscience, mais l’exposer à la lumière de l’amour de Dieu dans un total abandon, en Lui demandant de guérir dans son infinie miséricorde nos blessures. La moitié de la guérison d’un problème émotionnel réside dans la capacité d’écouter le patient avec amour et sans le juger. Il  y a des maladies et des blessures physiques qui sont guéries par des bains de soleil. La personne s’expose aux rayons de soleil qui la pénètrent et la guérissent. De même, Jésus, soleil de justice, guérit-il les blessures du coeur. Si nous exposons tout notre être et surtout les blessures aux rayons de son coeur miséricordieux, sa chaleur nous pénètre et nous guérit: « Pour vous qui craignez mon Nom, le soleil de justice brillera, avec la guérison dans ses rayons. » (Malachie 3, 20). L’incubation des souvenirs douloureux dans notre  mémoire produit des traumatismes et des complexes dans nos relations avec les autres et même avec Dieu. C’est pour cela que le ministère de guérison intérieure commence d’abord dans le champ de nos mémoires, car ce que nous avons archivé dans notre mémoire, consciem­ment ou inconsciemment produit des réactions somaiques, organiques et nerveuses.
Dans un climat de prière et de foi, nous essayons de faire retrouver à la personne l’origine de ses souffrances (rejet familial, abandon, violence, échec, accident, etc.).
Alors on prend chacun des incidents douloureux pour l’exposer à la lumière du Seigneur avec l’autorité du Nom de Jésus. Lui qui est le médecin hier, aujourd’hui et toujours, guérit les blessures de la mémoire comme le soleil guérit les blessures de notre corps.
Nous commandons au Nom de Jésus, par le pouvoir de ses saintes plaies (ses blessures qui ont guéri les nôtres) que soient guéries nos maladies. « Je te libère au nom de Jésus des craintes, angoisses et complexes etc. causés par ces événements
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  a )Racine du problème

Nous ne devons pas confondre la guérison avec la suppression des symptômes. Nous ne pouvons pas nous laisser abuser par les symptômes car ils jaillissent, se transforment tandis que le problème demeure. Il advient, par exemple, que quelques personnes renoncent au tabac par quelque méthode, mais c’est pour, ensuite manger davantage. Un alcoolique peut cesser de boire mais s’il n’est pas guéri à la base, il succombera à d’autres vices. Dans ces cas, le problème n’est pas résolu mais transféré. Il ressemble à un ballon gonflé: si on le presse d’un côté, l’air va de l’autre. En général, c’est une blessure de manque d’amour ou une perversion de l’amour qui est à la base de toutes nos maladies. C’est pour cela qu’on dit: « Guérison du coeur. » Une expérience négative d’amour par manque ou perversion se guérit par des expériences positives véri­tables d’amour. C’est pourquoi il ne suffit pas de découvrir le problème ou la racine des conflits mais il est plus important de remplir ce vide avec l’amour miséricordieux du coeur de Jésus. L’essentiel est de faire nôtres les mérites de la mort du Christ pour jouir des fruits de sa résurrection, dans la certitude de foi qu’il y a 2000 ans, lui s’est chargé de la croix qui nous donne la paix.

Dans la guérison, il ne s’agit pas de supprimer les symptômes (douleur) mais d’aller à la racine des pro­blèmes. Ils ne sont que des épiphénomènes, nous devons nous efforcer de trouver cette cause. La guérison de Jésus agit à fond. Elle défait le noeud principal qui est l’origine de toutes les complications. Cette racine peut être découverte de deux manières: soit en dialoguant avec la personne, en essayant de découvrir quand et comment le problème est né, soit par le discernement charismatique. Il  y avait une personne qui souffrait de crises d’asthme si violentes qu’elle étouffait presque. En parlant avec Monseigneur Alfonso Uribe Jaramillo et en cher­chant comment et quand avait commencé sa maladie, elle se rendit compte qu’avant la naissance de son second fils, il y avait une de ses voisines de mauvaise foi qui prétendait que ce n’était pas le fils de son époux. Cela la blessa tant que son asthme commença. Ce n’était pas une maladie mais le symptôme d’une blessure émotionnelle qui disparut une fois qu’elle l’eut découverte et demandé sa guérison. Pour le discernement charismatique, en certaines occasions, le Seigneur donne une lumière spéciale pour aller jusqu’à la racine du problème. Le Seigneur vient à l’aide de notre impuissance pour que, découvrant la cause de la maladie (ce qui est humainement impossible, ou demanderait trop de temps et trop de méthodes psychologiques), celle-ci puisse être guérie. Le discernement charismatique n’est pas le fruit d’une technique psychologique mais une grâce spéciale du Seigneur dans un cas particulier.

Une enfant de 13 ans se réveilla un dimanche à minuit, très effrayée, avec des cris et des sursauts car un homme s’était introduit dans sa chambre. Le lendemain matin, elle était aveugle. Comme la famille était pauvre, on chercha des remèdes «de bonne femme» pour faire ensuite appel au médecin, sans résultats. Alors, on l’amena à l’église. Comme je n’entends rien à la médecine, je commençai par prier. Je le fis sans résultats. Alors je commencai à prier en langues, et alors je compris très clairement que cette enfant n’était pas aveugle mais qu’elle avait une blessure émotionnelle à cause de l’impression qu’elle avait reçue en voyant un homme entrer dans sa chambre. Nous avons demandé au Seigneur de la guérir de ses blessures émotionnelles et dix minutes après, elle com­mença à voir; elle avait complètement récupéré la vue. Sa blessure émotionnelle était la racine du mal physique. Une fois la cause soignée, la conséquence le fut aussi. On doit prier pour que le Seigneur rompe les liens avec le passé qui se répercutent sur le présent. Ensuite, on demanda au Seigneur de remplir d’amour, de compréhension, de paix ce moment ou ces circonstances douloureuses.

Dans une retraite à Caracas, au Venezuela, une religieuse nous raconta que malgré la satisfaction que lui donnaient sa vocation et son apostolat missionnaire, elle était toujours plongée dans une tristesse dont elle ignorait la cause. Nous avons prié pour sa guérison intérieure et pendant la prière en langues une soeur eut l’image dans son esprit d’une enfant de 5 ans qui pleurait, perdue dans un bois, entourée de sapins et de neige. On demanda à la religieuse si cette image lui disait quelque chose et elle répondit avec les larmes aux yeux: Quand j’étais petite, un hiver, je sortis de chez moi, je perdis les traces du chemin dans la neige et ne pus rentrer. Mes parents ne savaient plus où me chercher. Je restai plusieurs heures seule et perdue, souffrant beaucoup, pensant que je ne pourrais plus jamais voir mes parents. Alors nous avons prié Jésus, le Bon Pasteur, de guérir cette blessure émotionnelle car Il était avec elle en ces moments douloureux et Il ne l’a jamais laissée seule et n’a pas permis qu’elle s’égare sur les chemins de la vie. Elle fut guérie et la joie revint dans sa vie et son travail. Pour notre Dieu tout est présent, il nous guérit de nos maux même s’ils sont ensevelis dans le passé.

La guérison des souvenirs réside dans le fait que Jésus est le même hier, aujourd’hui et toujours (Hébreux 13, 8) et que les mérites rédempteurs de sa mort et de sa résurrection sont toujours présents et efficaces. Dans le ministère de guérison, nous bénéficions des mérites de la mort du Christ pour vivre les fruits de sa rédemption à un moment déterminé de notre vie. Le point de départ est la certitude que Jésus, il y a 2000 ans s’est chargé de nos douleurs et maladies. Par la foi, nous faisons nôtre la victoire du Christ. Par la guérison intérieure naît une espérance pour ceux qui s’étaient résignés à vivre avec des habitudes et des traumatismes. Une porte est ouverte pour la guérison de ceux qui ne pouvaient changer malgré tous les efforts humains qu’ils déployaient et se brisent les amarres qui nous rendaient esclaves du passé. Jésus est venu apporter la Vie et la Vie en abondance. Il nous veut libres et nous rend capables d’être libres de tout lien qui nous enchaîne à un triste passé ou à une expérience négative. Il y a des gens qui s’approchent du sacrement de la réconciliation pour confesser toujours les mêmes fautes et les mêmes péchés. De la sorte, il semble que ce sacrement ne nous accorde que le pardon de Dieu et non la force d’être victorieux dans la lutte contre le péché. La guérison intérieure est venue nous libérer de ces dépen­dances qui nous rendent esclaves et ne nous laissent pas voler à la hauteur de l’union avec Dieu et de la sancti­fication. Cela signifie-t-il alors que la guérison intérieure soit plus efficace que le sacrement? En aucune manière car c’est dans le sacrement de la Réconciliation que la guérison intérieure peut être plus profonde. Si les prêtres étaient conscients du pouvoir de guérison du sacrement de la Réconciliation, ils ne cesseraient de l’utiliser. Le prêtre qui réduit le sacrement à l’absolution et ne prie pas pour la guérison intérieure, réduit lamentablement le pouvoir du sacrement .

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Prière pour la guérison des souvenirs

Comme nous sommes tous malades des blessures de notre passé, voici une prière de guérison intérieure pour que le Seigneur guérisse le coeur de ceux qui reconnaî­tront qu’ils en ont besoin. Père de bonté, Père d’amour, je te bénis, te loue et te rends grâce, parce que par amour tu nous a donné Jésus. Merci Père, à la lumière de ton Esprit, nous comprenons que c’est Lui la lumière, la Vérité et le Bon Pasteur qui est venu pour que nous ayons la vie et la vie en abondance. Aujourd’hui, Père, je veux te présenter ce(tte) fils (fille).

Tu le (la) connais par son nom. Je te le (la) présente, Seigneur, pour que tu jettes un regard de Père, sur sa vie. Toi, tu connais son coeur et les blessures de son histoire. Toi, tu sais tout ce qu’il (elle) a voulu faire et n’a pas fait. Tu sais ce qu’il (elle) a fait et le mal qu’on lui a fait. Tu connais ses limites, ses erreurs et son péché. Tu connais les traumatismes et les complexes de sa vie. Aujourd’hui, Père, nous te demandons par l’Amour de ton fils Jésus Christ, de répandre ton Esprit-Saint sur ce frère, cette soeur pour que la chaleur de ton amour qui guérit pénètre au plus intime de son coeur. Toi qui guéris les coeurs brisés et panses leurs blessures, Guéris ce frère (cette soeur) Père, Entre dans ce coeur, Seigneur, comme tu es entré dans la maison où étaient tes disciples apeurés. Toi, tu es apparu au milieu d’eux et leur as dit: « La paix soit avec vous. » Entre dans ce coeur et donne-lui ta paix. Remplis-le d’amour. Nous savons que l’amour expulse la peur. Passe dans sa vie et guéris son coeur. Nous savons, Seigneur, que tu le fais chaque fois que nous te le demandons et nous te le demandons avec Marie, notre Mère, elle qui était aux Noces de Cana, quand il n’y avait plus de vin, et Tu répondis à son désir, transformant l’eau en vin. Change son coeur, donne-lui un coeur généreux, affable, plein de bonté, donne-lui un coeur nouveau. Fais jaillir, Seigneur, dans ce frère (cette soeur), les fruits de ta présence. Donne-lui les fruits de ton Esprit qui sont: amour, paix et joie. Fais que descende sur lui l’Esprit des Béatitudes, pour qu’il puisse savourer et chercher Dieu chaque jour, vivant sans complexes ni traumatismes auprès de son époux (se), de sa famille et de ses frères. Je te rends grâce, Père, pour ce que tu fais aujourd’hui dans sa vie. Nous te rendons grâce de tout coeur car c’est Toi qui nous guéris. Toi qui nous libères. Toi qui brises nos chaînes et nous rends la liberté. Merci, Seigneur, car nous sommes des temples de ton Esprit, et ce temple ne peut être détruit car c’est la Maison de Dieu. Nous te rendons grâce, Seigneur, pour la foi, pour l’amour que tu as mis en nos coeurs. Comme tu es grand Seigneur! Sois béni et loué, Seigneur.

b) La prière

Je crois que ce qui nous aide le plus à prier pour la guérison intérieure des autres c’est d’avoir nous-mêmes auparavant eu cette expérience. C’est la compassion que nous devons demander d’abord. C’est une caractéristique essentielle du coeur miséricordieux du Christ Jésus. Lui, il avait compassion des gens, c’est pour cela qu’il les guérissait et les nourrissait. Sans compassion (souffrir avec) notre prière n’est que vocale et extérieure, elle ne vient pas du coeur. Pour la prière de guérison intérieure, il n’y a pas de modèle à suivre toujours. Mais, on doit suivre Jésus qui enseigna et guérit sous l’impulsion de l’Esprit. Je ne connais pas de méthode, Jésus n’en avait pas. Nous ne voulons présenter qu’une expérience, com­ment Dieu nous a enseigné à prier pour les malades. Voici quelques pistes qui peuvent servir à d’autres, sans oublier que Dieu peut leur en montrer d’autres.

  1) Au nom de Jésus

Jésus Christ est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes c’est pourquoi il n’y a pas d’autre nom qui soit donné aux hommes pour leur salut. (I Timothée 2,5 Actes 4,12). Seul Jésus guérit, libère et sauve. Tout ce que nous demandons en son Nom, le Père nous l’accorde (Jean 16,23). La prière au Nom de Jésus, ne se limite pas à la prononciation de ce Nom mais fait appel avant tout à la confiance. Tandis qu’Il prie en nous, et nous en lui, le Père écoute toujours nos prières. Certains, pendant la prière de guérison et plus spécialement celle de libération, répètent et chantent le Saint Nom de Jésus plusieurs fois. C’est vrai que ce nom renferme santé et pouvoir puisqu’il signifie « Dieu sauve » et nous savons bien que la parole de Dieu réalise ce qu’elle contient. C’est au nom de Jésus que les malades sont guéris (Matthieu 7,22; Actes 4,30).

  2) Par le sang de l’agneau

On implore la valeur du précieux sang de Jésus, agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, pour qu’il nous délivre du pouvoir des ténèbres. Nous invoquons le sang du Christ Jésus, car, parfois après une blessure émotionnelle, une oppression, une obsession et même une maladie physique, on renferme en soi un élément de péché. Alors nous prions: Par le sang précieux du Christ Jésus, je te déclare libre de toute attache et de tout mal, qui t’empêche de vivre en plénitude la vie du Christ Jésus. La lettre aux Éphésiens (1,7) affirme, que par le sang du Christ nous avons été rachetés. Voici un témoignage de cela dans une lettre qui nous vient du Guatemala: Dans l’assemblée de prière pour les malades, j’étais assise plus bas que vous, sans pouvoir vous voir. Je vous entendais seulement. Au fur et à mesure que vous parliez, j’entrais dans ce monde merveilleux de Dieu sans m’en rendre compte. Soudain, je commençais à m’apercevoir que quelque chose de spécial se produisait. Je me sentais comme flotter dans l’air, je commençais à baigner dans la sueur et je sentais le besoin de glorifier Dieu à voix haute. Mes larmes étaient abondantes. Ensuite, vint la prière pour les malades. Vous nous avez fait méditer sur la croix du Seigneur. Je l’imaginais très clairement. Alors, je me sentie plongée dans ce précieux sang. Alors j’avais des pleurs de tristesse à cause de mes pêchés. Il me dit alors : « Je t’aime. Dans tous ces moments de manque de compréhension, console-toi car je t’aimais. » (à présent je pleure à nouveau en l’écrivant). Alors je sentis une pression dans mon estomac. Le Seigneur guérissait ma vessie et mon urètre qui à la suite de mes accouchements avaient été déplacés et obstrués. Je passai toute la nuit à louer le Seigneur sans pouvoir dormir. Ça fait de cela un an et je n’ai plus eu aucune douleur. Mais le plus important c’est qu’à partir du moment ou je me suis sentie inondée par le sang du Christ, des choses merveilleuses se sont produites dans ma vie spirituelle.

Virginie Diaz de Enriquez

3) Par les plaies de Jésus

Par les blessures de Jésus nous avons été guéris de nos blessures. Par ses plaies nous avons été guéris. Lui, il a enduré le châtiment qui nous apporte la paix et nous avons été guéris par sa flagellation. Le Serviteur de Dieu s’est chargé de toutes nos douleurs et maladies pour que, libérés de la peur, nous puissions servir en sainteté et justice tous les jours de notre vie. C’est pour cette raison que nous avons l’habitude de prier ainsi: « Par les 5 plaies du Christ Jésus, je te déclare libre avec la liberté d’un fils de Dieu racheté par le Christ Jésus. Seigneur Jésus, par le pouvoir de tes plaies, guéris les blessures des souvenirs. Guéris la racine de ce problème qui cause tristesse, haine, peur, etc. »

 4) Prier en langues

Nous parlerons de ce sujet plus en long dans un autre chapitre. Cependant nous voulons déjà affirmer que lorsque nous prions en langues notre esprit est complètement à la disposition du Seigneur pour qu’il nous utilise comme des canaux limpides de grâces de guérison. La prière en langues est un instrument merveilleux capable de pénétrer jusqu’où l’homme et la science ne peuvent parvenir. Lors d’une retraite sacerdotale à Lyon, en France, il y avait des prêtres ouverts au don des langues, mais il y en avait aussi qui s’y opposaient et même se moquaient. Le pire de tous était un missionnaire qui donnait des cours d’arabe dans une université d’Afrique. Le 2e  jour ce prêtre se mit debout devant tout le monde et écrivit des signes très bizarres au tableau. Ensuite, très ému il nous expliqua: « Pendant la prière en langues d’hier, vous disiez ceci en arabe: “Dieu fait miséricorde.” » En toute prière en langues: « Dieu nous fait miséri­corde » car « nous ne savons pas demander comme il faut, alors l’Esprit vient en aide de notre faiblesse et intercède pour nous avec des gémissements ineffables. » (Romains 8,26).

  5) Intercession de Marie

Nous reparlerons d’elle aussi, mais elle a sa place parmi les éléments fondamentaux de la prière de guérison. Elle est la personne qui a le plus fort charisme de guérison car elle porte Jésus, notre salut et elle est au pied de la croix où l’agneau de Dieu fut blessé par nos révoltes. L’intercession de la prière de Marie est constatée par  tous dans les sanctuaires mariaux.

 

C. Maladie de l’esprit et réconciliation

 

Notre âme aussi peut tomber malade et voilà qui est plus grave qu’un cancer ou un traumatisme psycho­logique. Un samedi, Jésus arriva à la Piscine de Bethesda « Maison de la Miséricorde ». Il vit un homme qui gisait  sur son lit et lui ordonna: « Lève-toi. Prends ton grabat et marche.» Cet homme, paralysé depuis 38 ans, trouva grâce devant les yeux de Dieu, se leva et commença à marcher. Ensuite, le Maître le retrouva et lui dit: Te voilà guéri; ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive pire encore. (Jean 5,1-14).  Jésus n’affirma pas que s’il péchait il serait paralysé plus de 38 ans, mais que le fait de pécher serait plus grave que 38 ans de paralysie. De plus, le péché n’est pas seulement une maladie, il produit nécessairement la mort. Saint Paul affirme que: Le salaire du péché est la mort. (Romains 6,23). Le péché produit la mort car il nous prive de la vie de Dieu ou mieux de Dieu qui est la vie. Ils m’ont abandonné, moi la source d’eau vive, pour se creuser des citernes, citernes lézardées qui ne tiennent pas l’eau. (Jérémie 2,13). Le péché fondamentalement est un manque de foi en Dieu, provoqué généralement par un excès de confiance en nous-mêmes. Nous croyons plus en nous (nos valeurs, nos pensées, nos sécurités, etc.) qu’en Dieu. Le fruit interdit du paradis est l’homme qui fait plus confiance à ses propres moyens pour obtenir la réalisation de lui-­même qu’au chemin proposé par Dieu. Le péché nuit plus à l’homme qu’à Dieu même (Proverbes 8,36) (Jérémie 26,19). Vos révoltes me nuiraient-elles? Non, c’est à vous qu’elles nuisent pour votre confusion. (Jer 7,19). Dieu nous aime tant que, sachant le mal que produit le péché en nous, il nous interdit le péché car il ne veut pas que nous soyons esclaves. La guérison complète consiste dans notre libération de la loi du péché qui nous porte à faire le mal que nous ne voulons pas et nous empêche de faire du bien que nous nous proposons de faire. Dieu donc non seulement nous pardonne nos péchés mais de plus, nous fortifie pour que nous ne péchions plus. En outre, il change notre coeur pour que nous voulions et fassions ce que Lui commande. Non qu’il commande de l’extérieur mais c’est un impératif qui jaillit comme une exigence de l’être même qui a été transformé par l’Esprit-Saint. Il n’y a pas d’homme qui soit plus homme que celui qui a été libéré de l’esclavage du péché. Dieu est le Dieu du pardon (Neh 9,17) qui pardonne toujours et pour toujours. De son côté, Lui, il nous a déjà pardonné tous nos péchés. Le sang précieux du Christ sur la croix est le remède qui nous guérit de nos péchés.

Quel Dieu est comme toi qui enlève l’iniquité? et efface la rébellion de son peuple? Tu ne gardes pas ta colère pour toujours car tu es un Dieu dont la joie est l’Amour. Toi, toujours tu as pitié de nous et tu foules aux pieds nos iniquités. Tu précipites au fond de la mer tous nos péchés. (Michée 7,18-19). Pour nous, nous devons prendre ce remède dans la foi, au moyen de la réconciliation. Par la foi, nous faisons nôtres les mérites du Christ Jésus sur la croix. Par la conversion nous mettons en jeu tout le potentiel des fruits de sa rédemption. Il nous suffit de confesser que nous sommes pécheurs face à sa miséricorde pour être pardonnés. Si nous confessons nos péchés, lui, fidèle et juste, pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute iniquité. (I Jean, 1,9). Dans ce domaine, la Réconciliation joue un grand rôle car c’est le sacrement de la rencontre de joie, le retour du fils prodigue à la maison de son père miséri­cordieux qui lui met des souliers neufs (dignité) un vêtement fin (une vie nouvelle) et l’anneau (de l’héritier); et il organise une fête, car le fils qu’on croyait mort est revenu à la Vie (Luc 15, 11-24). Jésus a envoyé les apôtres ressusciter les morts (Matthieu 10,8) et il n’y a pas plus mort que celui qui a perdu la vie de Dieu par le péché. Cependant, beaucoup ne comprennent pas encore ce beau sacrement, en ont peur et cherchent mille excuses pour ne pas se confesser. Il y avait un prêtre qui travaillait dans un petit village du Pôle Nord. Pour aller au village le plus proche où se trouvait un autre prêtre pour se confesser, il n’y avait pas de route et il devait prendre une vieille avionnette. C’est pourquoi il disait: Moi, je ne me confesse plus, car aller me confesser pour un péché véniel c’est vraiment trop cher payer le voyage en avionnette. Et si j’ai fait un péché mortel, j’ai peur de monter dans le vieil engin. Un jour, je rentrais à mon village en voiture. Sans m’en rendre compte, je dépassais la limite de vitesse et un policier me rattrapa en moto. Je m’arrêtai et le policier s’approcha de moi avec son pistolet. En colère, parce qu’il me suivait depuis 10 minutes, il me demanda  tandis qu’il lisait mes papiers:  « C’est vous le fameux Père Tardif. »

« Oui, répondis-je, désirez-vous vous confesser? » Il fut effrayé au point de me rendre immédiatement mes papiers et me dit qu’il était pressé. Avec son pistolet et tout le reste, il avait peur de se confesser. Il n’y eut ni amende ni confession à cause de cette peur. Nous avons peur de la confession car nous ne comprenons pas que c’est le sacrement de l’Amour de Dieu. Toutes les fois que nous demandons pardon au Seigneur, quelque soit notre péché, Il nous pardonne. Il ne se scandalise jamais de nos péchés. Il attend seulement que nous les reconnaissions et que nous lui demandions pardon sans nous excuser, ni minimiser la faute. Il n’y a qu’un péché que Dieu ne peut pardonner: celui pour lequel nous ne lui demandons pas pardon, celui que nous ne reconnaissons pas comme péché, celui que nous autojustifions. Le prêtre est le ministre du pardon de Dieu. Il n’est pas juge, ni bourreau mais canal à travers lequel passe la miséricorde divine. Il n’y a pas de mission plus profonde et plus effective, que celle d’accueillir le pécheur enfoncé dans la boue du péché et de le placer devant la porte du paradis. Le prêtre est la seule personne de toute la paroisse qui ait le pouvoir de pardonner les péchés et de présider l’Eucharistie. Personne ne peut le remplacer. Chaque fois que le prêtre confesse c’est un prophète de Dieu qui au nom du Seigneur, nous dit: « Je t’absous de tes péchés. » Il parle au nom de Dieu. En outre, de même que l’ Eucharistie est le lieu privilégié pour recevoir la guérison physique, la Réconciliation est le meilleur moment pour prier pour la guérison intérieure.

Un prêtre m’objectait très convaincu: « Je ne peux pas prier lentement pour chaque personne en particulier parce qu’alors je n’ai plus le temps de travailler. » Moi, je lui répondis: « Mais quel autre travail as-tu sinon de libérer les opprimés et d’être ministre de la réconciliation? » Lui, il pensait que repeindre la salle paroissiale était son travail, sacrifiant ce que Lui seul pouvait faire, ce que personne d’autre que lui ne pouvait faire, pour faire ce que les autres pouvaient faire. Il y en a d’autres qui préfèrent compter l’argent de la collecte que de raconter aux gens les merveilles de Dieu et de les libérer de leur esclavage.

D. Convalescence

Pour tous les cas de maladies que nous avons vus, l’étape de convalescence a une importance capitale car d’elle dépend toute la guérison. Aussi bien dans la guérison physique qu’intérieure. Quand le Seigneur est intervenu d’une manière stupéfiante ou miraculeuse la personne a besoin d’une étape de convalescence pour ne pas retomber. Voici quelques aspects de ce que nous entendons par convalescence:

  a) Vie Sacramentelle

  La personne qui a été guérie par le Seigneur a besoin tout spécialement d’une nourriture tonifiante que Dieu nous offre à travers les sacrements. Nous parlons de vie sacramentelle car c’est la vie, la vie divine qui se communique à travers eux. On ne peut pas s’en passer si on veut une guérison totale.

  b) Prière

C’est le contact direct avec la source de la santé. Le contact avec le Seigneur est plus important que le sang ou l’oxygène pour le malade. Si nous brisons ce contact nous nous exposons à perdre quelque chose de plus précieux que santé physique ou intérieure. La prière est une communion d’amour.

c) Lecture de la Parole

La Parole de Dieu purifie (Jean 15,3) et guérit « ce ne sont ni les plantes ni les cataplasmes qui les ont guéris mais ta Parole qui guérit tout. » (Sagesse 16,12). L’ Écriture lue et priée avec foi est le remède le plus efficace car c’est la Parole de la Vie éternelle. (Jean 6,69).

  d) La communauté

  Parfois on perd le fruit d’une guérison intérieure car on s’isole et on ne s’intègre pas à la communauté. Plus encore, nous pouvons affirmer que Dieu veut que soit sain tout le corps de son Fils et non seulement les membres. La guérison complète se donne dans la mesure où nous vivons le mystère d’être les corps du Christ. Communauté de foi et d’amour dans l’espérance de la patrie définitive.

  e) Le service

  Nous cherchons tous le bonheur, c’est pourquoi nous voulons la guérison. Cependant, la guérison complète, nous la trouvons dans les béatitudes du Christ Jésus. Jésus nous a donné une règle d’or pour être heureux: « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir » (Actes 20,31). Dans la mesure où nous sortirons de nous-mêmes pour nous donner aux autres, nous atteindrons la par­faite guérison. Quand Jésus a libéré Marie-Madeleine de ses 7 dé­mons, il y eut une longue étape de convalescence pour la guérison totale. Si nous y prenons garde, Marie-­Madeleine est passée par les 5 points que nous venons d’énumérer.  

 

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  VI

  LA LIBÉRATION

 

Il existe un domaine aussi délicat que réel qui est celui de l’action du Démon sur le monde et les personnes. Jésus en parle souvent et fréquemment, nous le trouvons plongé dans la lutte contre Satan et ses pouvoirs qui dominent le monde. De plus, l’une des preuves que Jésus offre de son messianisme est l’expulsion des démons: Si par le doigt de Dieu, j’expulse les démons c’est que le Royaume de Dieu est arrivé (Luc 11,20, Matthieu 8,16, Luc 7,21). Jésus a vaincu par sa mort le Prince des ténèbres, et par sa résurrection nous avons été transportés dans le Règne de son amour. Pierre (Acte 10,38) résume l’ oeuvre messianique de Jésus en 4 points: — Oint de l’ Esprit Saint et de son pouvoir. — Il fit le bien. — Guérissant. — Libérant ceux qui étaient opprimés par le diable. C’est dans cette synthèse que nous pouvons saisir le ministère de libération. Ce n’est pas un ministère isolé, il s’intègre dans le contexte de l’évangélisation. Ce sont des personnes qui ont reçu de Dieu l’onction de l’Esprit Saint qui le réalisent au nom de Jésus. Il ne s’agit pas seulement d’expulser les démons mais de faire le bien, le maximum de bien: laisser agir le salut de la personne et la communauté. Les apôtres aussi ont été envoyés pour évangéliser et expulser les démons (Matthieu 10,7.8) et revinrent heureux car ils les dominaient (Luc 10,17). Cependant il y a des gens qui pensent que tirer de ces textes la conclusion de l’existence et de l’action du Démon serait du fondamentalisme biblique ou un retour à des idées médiévales. Non que cela m’intéresse de proclamer et faire con­naître l’existence de Satan, mais il faut que le monde connaisse et aime Jésus. Or Satan est le grand ennemi de Dieu qui met un obstacle à notre rencontre avec le Seigneur. Si nous ignorons les sortes de mensonges dont il use toujours, nous ne pourrons être prévenus contre ses attaques.

 

Le Pape Paul VI dans son célèbre discours du 15 novembre 1972 disait: « L’un des principaux besoins de l’ Église d’aujourd’hui est celui des moyens de défense contre le malin qui s’appelle le Démon. Le mal n’est pas une simple absence de quelque chose mais un agent effectif, un être vivant et spirituel, perverti, pervers et qui pervertit. C’est aller contre les enseignements de la Bible et de l’ Église que de se refuser à admettre une telle réalité ». Il faut dire que le Notre Père s’achève sur ces mots « Délivre-nous du Malin ; pas seulement “du mal” » comme on le traduit généralement (Matthieu 6,13). « La grande victoire de Satan —  commente le Père Salvador Carrillo, docteur en Théologie, — est que nous ne croyons plus en lui, ainsi lui permettons-nous d’agir en toute liberté. La Bible parle peu du Démon. Dans l’ Ancien Testament il n’apparaît presque pas. Après la venue de Jésus son influence diminue à nouveau, n’appa­raissant que dans très peu de textes. C’est dans les Évangiles, face à la présence salvifique du Christ Jésus que se ravive son action et se révèle sa présence. Qu’y a-t-il donc d’étrange à ce qu’au moment où nous vivons cette manifestation puissante du Christ se déchaînent les forces du mal, comme cela se produisit pendant le ministère de Jésus? »

Nous insistons sur le fait que l’action diabolique ne doit pas être centre d’attention. Elle est seulement symp­tomatique, le signe que Jésus est en train d’agir puissam­ment parmi nous. Il est venu nous libérer du pouvoir du prince de ce monde, et il a gagné la bataille sur la croix. Satan est vaincu, c’est pourquoi il est enragé parfois, car il est enchaîné. Jésus a déjà écrasé la tête de l’ennemi (Gen. 3,15).

 

Il y en a qui proclament et même exagèrent le pouvoir et l’action de Satan, lui attribuant tout ce qui est mauvais, la première difficulté ou maladie venue. Ils voient des diables partout et veulent exorciser le premier rhume qu’ils ont. Tel est l’autre extrême. On oublie que les ennemis de l’âme sont aussi le monde et la chair. Satan aime deux choses: que nous l’ignorions ou que nous lui donnions le plus grand rôle. Son action se manifeste sous trois formes: l’oppres­sion et l’obsession qui sont les plus générales; et la possession qui est peu fréquente.

 

A. L’oppression

 

C’est l’action de Satan sur les corps ou les choses. Par exemple, des bruits la nuit, des choses qui bougent, des lumières qui s’éteignent, des voix, certaines maladies bizarres qui n’ont pas d’explication médicale, etc. Ce sont des actions extérieures. Un évêque des Caraïbes m’envoya un jour sa cousine qui souffrait d’une maladie très étrange. Nous avons prié et le Seigneur la libéra. Ensuite elle me demanda de venir chez elle car il se passait des choses bizarres. Je lui dis que je ne le voulais pas car son évêque pouvait y aller et bénir sa maison. L’évêque s’y rendit et bénit la maison. Alors le problème cessa. Tout fut très simple car pour Jésus tout est très simple. Nous avons distingué les problèmes faciles des pro­blèmes difficiles mais pour Jésus tous les problèmes sont faciles, sinon Il ne serait pas le Seigneur. Je me souviens d’un autre cas très important. Un homme du nom de Julio Nunez qui ne pouvait marcher qu’à quatre pattes comme un petit animal, fut guéri par le Seigneur dans une assemblée de prière. Sa guérison eut un tel impact qu’il témoignait partout. Une dame le rencontra un jour et lui demanda:   « N’est-ce pas toi le paralysé? » — « Oui, mais le Seigneur m’a redressé.» Nous l’avons même invité plusieurs fois à nous accompagner et à témoigner lors de plusieurs retraites de la merveilleuse guérison qu’il avait reçue. Un an après, le Curé de San Francicso de Macoris nous demanda de prêcher une retraite charismatique. J’invitai Julio Nunez, pensant que son témoignage serait plus fort en tant que membre de la paroisse. À mon arrivée, tandis que je m’informais de lui, une dame s’approcha et me dit tristement: — « Père, Julio a fait une rechute. Si Père, il ne peut marcher qu’à quatre pattes ».   « Depuis quand?   « Depuis cinq jours». Je l’envoyai chercher à cheval. Nous avons commencé à prier en demandant sa guérison. Moi je disai au Seigneur: Seigneur, tu ne vas pas nous faire ça, ici, dans la paroisse de Julio, que vont penser les gens? Mais le Seigneur ne le guérissait pas. Alors nous avons commencé à prier en langues et me vint à l’esprit en un éclair le nom « esprit de maladie». Alors je pris autorité, au nom de Jésus et je dis: Esprit de maladie, je t’ordonne au Nom de Jésus de sortir et de laisser en liberté cet enfant de Dieu. Je te commande au Nom de Jésus d’aller te prosterner à ses pieds pour qu’il dispose de toi et je t’interdis de recommencer à molester cette personne qui est enfant de Dieu et rien en lui ne t’appartient.

 

Julio sentit un frisson et en toute simplicité se leva et commença à marcher. Satan l’opprimait pour qu’il ne puisse donner le témoignage de sa guérison. Mais Dieu est plus intelligent et rétablit Julio. Son témoignage fut double: celui de sa guérison et celui de sa libération de l’oppression. Dans la prière en langues le Seigneur vint en aide à notre faiblesse et nous donna un discernement charisma­tique pour nous dire ce qui arrivait à Julio. Il souffrait d’un esprit de maladie. Ceci peut paraître étrange à ceux qui n’ont pas lu l’Évangile, mais on y rencontre un cas très semblable: Il y avait une femme qu’un esprit rendait malade depuis 18 ana; elle était toute courbée et ne pouvait pas du tout se redresser (Luc 13,11). Jésus fit une libération quand il lui dit « Femme tu es libérée de ta maladie ». Dans les Actes des Apôtres, on constate que les gens amenaient aux apôtres des malades et des personnes tourmentées par les esprits (Actes 5,16).

 

B. L’obsession

 

Nous appelons obsession l’influence ou l’action de l’ennemi sur l’esprit des personnes. L’oppression se mani­feste sur le plan extérieur ou matériel, l’obsession, elle se manifeste à l’intérieur. Il y a des personnes tourmentées par d’épouvantables obsessions sexuelles, des idées de suicide, un esprit de blasphème, d’autodestruction, de mépris ou un esprit qui se fait sentir indigne du pardon de Dieu etc. Dans ces cas, parfois la cause n’est pas seulement physique ou psychologique, mais on est tourmenté par une obsession qui rend esclave et ôte les forces qui rendent victorieux. L’obsession est comme une tentation mais au lieu d’être passagère elle est permanente, outre le fait qu’elle a une force et une intensité qui dépassent nos capacités humaines de la vaincre. Un jour à Mexico, on m’amena une femme qui avait depuis des années d’étranges souffrances. Nous avons prié pour elle et lui avons demandé de dire avec nous le Notre Père. Mais elle ne pouvait pas dire « Pardonne-nous comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Elle avait une grande rancoeur car un ennemi pour se venger de sa famille avait jeté un maléfice sur elle. Après cela elle commença à souffrir beaucoup et à haïr cet homme. Ce n’était pas un simple ressentiment mais un véritable esclavage.

Nous avons prié pour sa libération sans résultat. Alors je me souvins de ce jeune que les disciples n’avaient pu libérer du lien de Satan et qu’ils amenèrent à Jésus. Donc nous nous sommes approchés du Saint Sacrement et nous avons demandé à Jésus de la libérer par son sang précieux. Le Seigneur la libéra immédiatement de l’esprit de sorcellerie et de la rancoeur. Pour la première fois depuis longtemps elle put réciter le Notre Père. En République Dominicaine, il y avait un homme marié à une femme avec deux petits enfants. Mais lui n’arrivait pas à abandonner la prostitution. C’était un désir supérieur à ses forces et qu’il ne pouvait dominer. Il s’efforçait de le faire sans résultat. Alors nous avons fait une prière de libération pour lui, sans résultat jusqu’à ce que nous comprenions que non seulement il fallait chasser l’esprit impur mais inviter cet homme à se repentir et à s’approcher du sacrement de la réconciliation et de l’Eucharistie. Alors le Seigneur fit son oeuvre et il fut libéré de son obsession. Au Québec il y avait une religieuse qui, quand elle allait communier avait dans l’esprit comme une image pleine de blasphèmes. Elle pleurait et souffrait beaucoup à cause de cela. Elle parla à son confesseur qui lui conseilla de prier la Vierge Marie. Ni les pénitences, ni les jeûnes ne lui donnaient de résultats. Un jour un prêtre charismatique de Québec alla au couvent, pria pour elle, pour qu’elle soit libérée de cet esprit de blasphème. Elle fut rétablie complètement grâce à cette prière. Dans le Nouveau Testament, il y a différentes sortes d’esprits qu’il faut connaître:   Esprit immonde ou impur qui est le plus fréquent (Matthieu 12,43, Marc 1,23,26,27; Marc 3,11; 5, 2,8,13; 7, 25) (Luc 4,33-36; 6,18 8,29; 9, 25-42; 11,24)   Esprit muet (Marc 9,17) - Esprit sourd et muet (Marc 9,25 b) - Mauvais esprits (Luc 7,21) (Actes 19,12)  -- Esprits malins (Luc 8,2) — Esprits de divination (Actes 10,16) — Esprit du mal (Éphésiens 6,12)   Esprits trompeurs (1 TM 4,1).

 

a) La prière de libération

 

Le ministère de libération se réalise grâce au nom de Jésus Christ et son pouvoir. C’est en son nom que nous prions le Père et résistons aux pièges de l’Ennemi. C’est avec son pouvoir que nous libérons de toute oppression et obsession.

Cette libération a deux aspects:   prier le Père au Nom de Jésus pour qu’il libère la personne de tout ce qui la rend esclave. Cet aspect est évident et ne demande pas d’acclamation. — commander par le pouvoir du Christ qui a dit: En mon Nom ils expulseront les démons (Marc 16,17). Il ne s’agit pas d’une demande mais d’un ordre de laisser la personne libre et en paix. Cette autorité s’exerce au Nom du Christ Jésus. La prière la plus simple et efficace est dans Saint Paul: Au nom du Christ Jésus, je t’ordonne de sortir de cette femme (Actes 16,18). Certains expulsent l’esprit mais ne lui interdisent pas de revenir, oubliant cette parole de l’Évangile: L’es­prit erre par des lieux arides en quête de repos, et il peut revenir avec sept autres plus forts que lui. (Matthieu 12,43-45). Il faut lui donner l’ordre «Je t’interdis de   revenir » (Marc 1,25). Pour faire cette prière, il faut d’abord demander la protection du Seigneur. Ainsi, de même que dans la nuit de Pâques, les linteaux des hébreux, protégés par le sang de l’agneau pascal, étaient respectés par l’ange extermi­nateur, de même le sang de l’ Agneau de Dieu nous couvre, protège et libère de toute influence du mal. Généralement je fais une prière comme celle-ci: « Je réclame sur moi et sur ceux qui sont ici, le Sang de l’ Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde pour qu’il nous purifie de tout péché et nous protège de toute influence du Malin». Je me souviens de l’un des premiers cas de libération pour lequel nous avons commis des erreurs mais qui nous apprit beaucoup.

Sans demander une protection préalable nous avons fait une prière de libération pour une personne dans un groupe de prière où il y avait plus de trente personnes. Nous avons prié et commandé à l’esprit de sortir au nom de Jésus. Cette personne se leva libérée mais aussitôt une autre personne manifesta les mêmes symptômes. Nous avons prié de nouveau et le Seigneur la libéra mais le problème s’était encore déplacé sur une autre personne. Outre le fait que nous n’avions pas demandé la protection du Seigneur, nous avons appris une chose pour la vie entière. - — Il ne suffit pas d’expulser l’esprit mais il faut lui interdire de revenir (Marc 9,25) et l’envoyer au pied de la croix pour que le Christ dispose de lui.   Cette prière doit se faire en communauté réduite dans un lieu privé sans curieux ni enfants. — Le groupe doit être formé de personnes mûres et prudentes qui ne voient pas des diables partout mais qui sachent discerner son influence et sa présence. — Nous prenons autorité sur tout lien et nous le brisons au Nom de Jésus, par son Précieux Sang et ses plaies glorieuses. Encore un aspect important: il ne suffit pas de chasser les ténèbres, il faut allumer la lumière du Christ. Si nous évangélisons authentiquement, portant le Christ aux autres, nous éviterons de nombreux cas de libération car quand le Christ Jésus le plus fort entre, il expulse le plus faible (Luc 11,22). La lumière repousse les ténèbres (Jean 1,5). La libération efficace ne peut être menée à bien que dans une évangélisation intégrale. Expulser les esprits pour les expulser n’a aucun sens. Jésus a d’abord envoyé ses apôtres pour annoncer son Royaume et non pour expulser les démons. L’expulsion est une conséquence de l’évangélisation (Matthieu 10,7,8). En général jé refuse de prier pour la libération de personnes qui ne sont pas engagées dans un processus de conversion.  

 

b) Autolibération

 

Dans les cas d’obsession et d’oppression nous pouvons faire une prière d’autolibération en tenant compte de tout ce qui vient d’être dit. Par la foi de notre baptême nous partageons la victoire du Christ et recevons de son Nom l’autorité d’expulser les esprits qui nous inquiètent, gênent et perturbent. Par le pouvoir du Christ, la personne se déclare libre grâce au Sang de Jésus. Selon le cas et le discernement charismatique, on peut faire la prière suivante: « Esprit de (suicide, mépris, impureté, rancoeur, peur, etc. je t’ordonne au Nom de Jésus de t’éloigner de moi et de t’en aller aux pieds de Jésus pour qu’il dispose de toi. Je t’interdis, au Nom de Jésus de revenir me nuire »

 

 

C. La possession

 

Elle est très rare et nous ne devons y penser qu’en dernier lieu après avoir épuisé les autres possibilités. Elle vient de ce que la personne a livré sa volonté con­sciemment à Satan, vendant son âme, signant des pac­tes sataniques avec son sang ou en appartenant à des personnes consacrées par leurs parents au Diable, comme le font certains sorciers.

Cet esclavage est si fort que la personne perd sa volonté et la possibilité de se libérer de ses chaînes. Alors un pouvoir supérieur est nécessaire à travers un exorcisme liturgique. Cet exorcisme formel est fait par l’évêque ou un prêtre délégué par lui pour ce ministère qui se fait accompagné de beaucoup de prières et de jeûnes.  

 

 

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  VII

AIDES POUR
LA GUÉRISON

 

 

Certains auteurs signalant des obstacles à la guérison font une liste des actes ou attitudes qui bloquent l’action du Seigneur. Cela paraît discutable car Jésus est le maître de l’impossible et rien ne peut empêcher son action « salvi­fique ». Il est libre et puissant et peut agir avec notre collaboration ou sans elle. Il agit d’une façon ou d’une autre façon parfois. Il est certain qu’il nous guérit gratui­tement. Par exemple on affirme que l’absence de foi est une cause pour laquelle le Seigneur ne nous guérit pas. Cependant je suis témoin de guérisons parmi les musul­mans et gens sans foi. Dieu est beaucoup plus grand que notre manque de foi. Nous ne pouvons pas lui imposer des règles de conduite. Ses voies ne sont pas les nôtres, elles sont meilleures (Isaïe 55,8). C’est pour cette raison que je préfère parler de moyens et d’aides qui favorisent l’action de Dieu. La grâce de Dieu est efficace mais ai elle est sur un terreau préparé, alors elle peut donner des fruits plus abondants.

 

A. En évangélisant

 

Le pire de tout serait de dissocier le ministère de guérison de son contexte d’évangélisation. La guérison isolée et séparée de l’annonce explicite du salut dans le Christ Jésus est facilement mal comprise. La promesse de Jésus: En mon Nom vous expulserez les démons, vous par­lerez des langues nouvelles, imposerez les mains aux malades et ils seront guéris vient immédiatement après l’ordre Allez dans le monde entier et proclamez la Bonne Nouvelle à toutes les nations (Marc 16,14-16). Évangéliser est instaurer le salut intégral de l’homme par le Christ Jésus, salut qui s’étend au corps, à l’âme et à l’esprit. Guérir sans annoncer la Bonne Nouvelle du salut est oeuvre de rebouteux. La guérison réalisée par Dieu est toujours dans un contexte d’évangélisation. Jésus a envoyé ses Apôtres pour évangéliser et par ce moyen guérir les malades. Non seulement guérir mais proclamer un message. Les deux choses vont toujours ensemble. Le dernier mot de l’ Évangile de Marc est: Ils partirent prêcher; partout le Seigneur collaborait et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient. C’est pourquoi je n’aime pas prier pour les malades si je ne peux pas proclamer que Jésus est vivant et donner quelques témoignages qui démontrent que l’Évangile est vrai et qu’il est vécu aujourd’hui. Moi, je suis témoin de la multiplication des miracles et des guérisons quand on annonce Jésus. Je ne comprends pas comment il peut y avoir encore des personnes qui sont surprises et n’acceptent pas les miracles. Moi, ce qui me surprendrait davantage c’est que Jésus ne tienne pas ses promesses de guérir les malades quand nous annon­çons son Nom. Pendant le congrès de Québec en 1974 on me demanda une session sur les signes qui accompagnaient l’évangélisation. La salle de conférence était remplie de 2000 personnes. Comme il y avait beaucoup de bruit dans le couloir je sortis moi-même fermer la porte pour que nous soyons tous plus recueillis.

 

Dans le couloir il y avait une dame sur un fauteuil roulant qui ne marchait plus depuis cinq ans et demi. Je l’invitai à entrer mais elle me répondit: « Je voudrais bien mais on ne me laisse pas entrer, car la salle est pleine et je ne peux marcher » . « Venez », lui dis-je et je poussai le fauteuil. Je fermai la porte et commençai ma conférence, insistant sur l’importance d’annoncer Jésus ressuscité qui guérit et sauve tout homme et tous les hommes. Je donnai le témoignage de ma guérison et dis comment le Seigneur guérit par son amour. Je soulignai l’importance du témoignage des merveilles du Seigneur dans notre vie. Un homme se mit debout et dit: Je suis chrétien et je crois en Dieu. Mais je suis médecin et je crois qu’avant d’affirmer que nous sommes guéris nous devrions faire un examen médical qui le confirme comme à Lourdes. En tant que médecin vous avez le droit de le faire, mais quand quelqu’un reçoit une guérison comme ce fut mon cas, il ne peut attendre ce que les médecins diront pour rendre grâce à Dieu. Il répliqua en disant que nous devions être prudents etc. et utilisait des mots que moi-même je ne comprenais pas. Ses propos étaient comme de la glace qui tombait sur l’assemblée car moi je ne savais pas quoi lui répondre. Tandis que ce médecin, dans sa sagesse et sa prudence, jetait le doute dans l’assemblée, la dame du fauteuil roulant que j’avais introduite moi-même dans la salle sentit une force l’envahir, se leva et commença à marcher seule dans l’allée. Ça faisait cinq ans et demi qu’à cause d’un accident de voiture elle ne marchait plus. On lui avait enlevé les rotules dans une opération délicate. Et donc médicalement elle ne pouvait plus marcher. Mais le Seigneur la fit se lever devant les applaudissements et l’admiration de tous. Les uns pleuraient, les autres la félicitaient. Son nom était Hélène Lacroix. En arrivant au micro elle nous donna son témoignage. Quand elle acheva et que les gens applaudissaient, je m’adressai au médecin et lui demandai s’il croyait qu’il valait mieux attendre un examen médical ou si nous ne devions pas déjà rendre grâce à Dieu. Il se jeta à genoux sur le sol. C’était le plus ému de tous. Il se sentait peiné et honteux de s’être rendu ridicule. Je lui dis: Ne vous inquiétez pas, Dieu voulait faire un grand miracle aujourd’hui et s’est servi de vous pour manifester sa Gloire en disant « Comme le père Émilien ne peut te répondre, Moi je te répondrai ». Telle fut la première guérison physique que je vis de mes yeux, précisément en évangélisant.

 

B. Dans la Foi de l’attente

 

La foi est comme un canal puissant qui favorise l’eau vive du salut pour qu’elle inonde nos vies. La foi nous fait entrer en communion avec Dieu Lui-même et participer à son salut intégral avec guérison physique ou intérieure. La foi c’est avoir confiance, dépendre de Dieu et se livrer sans conditions à Lui, à son dessein sur notre vie, renonçant à nos plans et moyens de salut. C’est-à-dire que la foi nous fait fixer les yeux sur le Seigneur Jésus qui est mort pour nous et est ressuscité. Il y a des gens qui ont les yeux fixés sur eux et non sur le Seigneur. Ils pensent plus à leur guérison qu’à Celui qui guérit. Il s’agit d’avoir foi en Jésus, non pas foi dans notre foi. Cette dernière ne sert à rien. Le plus grand acte de foi est de croire que Dieu est plus grand que notre petite foi et qu’il ne peut dépendre de nous. Nous appelons « attente dans la foi » la certitude et la confiance que nous avons un Dieu qui agit selon ses promesses, sachant qu’il veut nous guérir. Quand nous croyons de la sorte, c’est comme si au lieu de tendre des cables fins nous en tendions d’énormes, afin que l’action de Dieu ait un voltage puissant. Moi, généralement je n’accepte pas de prier pour les malades sans avoir auparavant édifié leur foi par quelques témoignages pour qu’ils attendent et aient confiance dans le Seigneur qui veut les guérir. Un jour je concélébrais l’ Eucharistie avec un évêque. Son homélie fut un joyau, elle montrait brillamment la valeur de la croix et de la souffrance. Après la communion il me surprit car il me demanda de prier pour les malades et je lui répondis: Monseigneur votre homélie sur la croix a été si belle que plus personne ne veut maintenant guérir; maie si vous  me permettez de parler du pouvoir de la croix et de la guérison comme signe de l’amour de Dieu... Jésus nous a promis que noue obtiendrions ce que nous croirions avoir déjà reçu (Marc 11,24). L’évangile est plein de personnes qui demandent et reçoivent, cherchent et trouvent, appellent et on leur ouvre la porte. Dieu nous demande d’être simples dans notre foi. Cepen­dant il y a des gens qui prient ainsi: Seigneur si telle est ta volonté et si cela me convient pour ma sanctification et mon salut éternel, alors guéris-moi.

 

Il y en a qui mettent tant de conditions que celles-ci semblent excuser leur manque de foi. Nous devons être des pauvres qui dépendent complètement de leur père. Un enfant ne dit jamais à sa mère: « Maman, si cela me convient, si cela ne fait pas de mal à mon cholestérol, donne-moi un oeuf! » L’enfant demande simplement et la mère sait ce qui lui convient ou non. il nous faut être pauvres et humbles, pour demander avec la confiance de recevoir. D’autres limitent le pouvoir de Dieu et disent: « Seigneur, je suis malade du coeur, de la gorge et du genou, mais pourvu que tu guérisses mon coeur cela me suffirait ». Ceux-là aussi prient mal. Il faut demander le paquet plein sans mettre de limites à l’action de Dieu. Lui il est magnanime et donne en abondance. S’il possède et donne l’Esprit-Saint sans mesure, c’est sans mesure aussi qu’il concède ses dons. Quand le pape Léon XIII fêtait ses 50 ans d’épiscopat, un cardinal voulut le flatter: « Nous demandons à Dieu de vous donner encore 50 années semblables ». Et le pape de répliquer avec sagacité: « N’imposez pas de limites à la Providence divine! ». Le 13 juin 1975 je suis allé à la campagne pour célébrer la fête de saint Antoine. J’ai confessé, prêché, sortis rapidement de la Sacristie car j’avais encore quel­ques baptêmes à faire et beaucoup d’autres choses. Une jeune fille vint à ma rencontre, tenant sa mère  par la main et elle me dit très décidée: « Père priez pour que ma mère guérisse! ». Moi je lui répondis un peu fâché: « Mais nous venons de faire la prière pour tous les malades ». Alors elle avec la foi de la femme sirophénicienne de l’évangile dit: « C’est que ma mère est sourde et elle ne s’est pas rendu compte du moment où vous avez prié ». Je ressentis de la compassion pour ces gens si pauvres et si simples, je lui fis signe de s’asseoir vite et toute ma prière fut: « Seigneur, guéris-la mais vite car j’ai beaucoup de travail ». Aussitôt je me baissai et demandai à la mère: « Depuis quand êtes-vous sourde? » « Depuis 8 ans ». Je fus surpris de l’entendre car je pensais qu’elle ne devait pas avoir entendu ma question. Alors je lui parlai à voix plus basse et lui dis:        — « Vous semblez une bonne maman ».

 

Elle sourit, elle m’avait entendu! Mais c’est surtout le Seigneur qui avait entendu notre prière si originale. Elle sentit comme un souffle rapide qui entrait dans ses oreilles et les débouchait. Alors je pus vérifier la vérité de cette parole du Seigneur: Avant que vous m’appeliez Moi je vous répondrai, vous serez encore en train de parler que déjà je vous écouterai (Isaïe 65,24). Et la conviction du croyant qui affirme: La Parole n’est pas encore sur ma langue que déjà Toi Yahvé, tu la connais tout entière (Psaumes 139,4). La foi et la guérison sont intimement liées, comme le dit d’une si belle manière Maria Teresa G. de Baez, guérie par Dieu d’une arthrite rhumatoïde, ce qui fit que toute sa famille put se rapprocher du Seigneur: Je n’ai pas de mots car aujourd’hui je ne dois pas seulement remercier Dieu pour ma guérison physique mais aussi pour quelque chose de plus grand et de plus merveilleux qui est la foi, par laquelle Dieu est devenu la parole de mes chants, l’image de mes rêves et la lumière de mes yeux.

 Paraguay-Assomptjon 25/8/1981.

 

C. Repentir

 

Il favorise les guérisons physiques et intérieures. La maladie est en soi (non telle ou telle en particulier) le fruit du péché. Si nous nous repentons de notre péché et nous nous convertissons à Dieu, nécessairement les consé­quences du péché vont cesser. Il suffit de lire   I Cor. 11,30. J’avoue qu’il y a des personnes qui vivent dans le péché et sont guéries par le Seigneur, mais je suis aussi témoin de ce que le plus grand nombre de celles qui reçoivent la guérison sont amenées à un repentir. Ce­pendant le chemin normal est celui que nous trouvons dans l’Évangile. D’abord la guérison du péché. « Tes péchés te sont par­donnés ». Ensuite la guérison physique. « Lève-toi, prends ton grabat et marche » (Marc 2,5-11). Une jeune fille de 26 ans, Altagracia Rosario, était sourde depuis 2 ans et aveugle depuis plusieurs mois, et en plus une anémie la tenait alitée dans l’attente de la mort. Sa mère l’amena à la 5e  réunion de Pimentel en 1975. Il y avait tellement de monde partout qu’elle dut la coucher sur le sol. La pauvre malade sourde et aveugle souffrait beaucoup et ne se rendait pas compte de ce qui se passait. Le lendemain elle était complètement guérie: elle voyait et entendait parfaitement. Mais, le plus mer­veilleux, ce ne fut pas la guérison de ses yeux et de ses oreilles mais l’entrée du Seigneur dans son coeur et l’abandon du péché dans lequel elle était depuis long­temps. Ensuite elle devint catéchiste et témoigna à San Francisco de Macoris, sa ville natale. Des mois après tandis qu’elle vivait avec bonheur la nouvelle vie que Jésus lui avait donnée, elle tomba malade et eut beaucoup de fièvre. Le 18 novembre, elle dit joyeusement à sa mère: Maman j’ai entendu la voix du Seigneur dans mon coeur. Il me disait que dans deux jours, il viendrait me chercher pour m’emmener avec Lui! Sa mère lui répondit: Altagracia ne dis pas cela. C’est ta fièvre qui te fait délirer et penser que c’est la voix du Seigneur. Ne répète pas cela car on va se moquer de toi. Cependant elle 1e disait à toutes les catéchistes qui venaient lui rendre visite. Et effectivement le 20novembre elle mourut heureuse et en chantant comme un oiseau. Son enterrement fut très beau, au milieu des chants de joie et d’espérance. Elle avait été guérie complètement: il n’y eut ni deuil, ni larmes mais bonheur et joie car elle avait rejoint définitivement celui qu’elle aimait.

 

Une dame, Anette Giroux qui avait 28 ans, souffrait de la maladie de parkinson. Ses parents l’amenèrent à la messe de clôture du Congrès de Montréal à la Pentecôte de 1979. À l’heure de la communion, un prêtre monta les gradins et vint lui offrir la communion mais elle lui dit: Non, je ne peux pas communier car je vis dans le péché. Elle vivait depuis deux ans dans le concubinage. C’est là et à ce moment-là qu’elle décida de changer sa conduite. Elle se repentit, se confessa, communia et prit le risque de la foi. En rentrant chez elle, elle dit à l’homme avec lequel elle vivait: À partir d’aujourd’hui ne me considère plus comme ta femme, à moins que tu veuilles te marier avec moi à l’Église. Dans trois jours je retourne chez mes parents. Elle prit une chambre à part et deux jours après elle se réveilla avec une grande chaleur dans tout le corps. Elle se leva en disant qu’elle n’avait plus mal. Elle était complètement guérie. C’est ainsi que, guérie dans son âme et dans son corps elle retourna chez ses parents. Deux mois plus tard, son mariage était célébré en présence des groupes de prière qui avaient écouté son témoignage. Elle s’était d’abord repentie puis elle avait été guérie physiquement. Dans le cas dont nous allons parler, il advint tout à fait le contraire: Marino n’était pas entré depuis 10 ans dans une église, mais il fut guéri de son penchant pour l’alcool, et même de son ulcère, le jour où sa mère donna Sara livra le témoignage de sa merveilleuse guérison. Il revint tout heureux chez lui. Il voulait communier mais il ne le pouvait pas à cause de sa situation matri­moniale, car il vivait en adultère avec une femme dont il avait eu des enfants. Comme la séparation n’était pas possible, et moins encore l’union avec la première épouse, mais qu’il avait une grande faim de Dieu, il fit chambre à part et vécut avec sa femme, pendant quelques mois comme vivent les frères et soeurs. Il put communier le jour de la Pentecôte et le Seigneur le remplit de précieux charismes pour évangéliser. Il m’accompagnait dans de nombreuses retraites dans le pays, parlant aux couples pour qu’ils restent fidèles au Seigneur dans le mariage.

Après quelques années de ce chemin difficile, l’arche­vêque étudiant à fond son premier mariage trouva une cause suffisante pour déclarer le mariage nul. Ainsi il put se marier à l’Église avec la femme avec laquelle il vivait. Ce fut une messe célébrée par l’archevêque lui-même. L’Église était pleine de couples auxquels il avait prêché la fidélité conjugale. L’important c’est que le Seigneur veut nous guérir complètement: corps, âmes et esprit. Parfois la guérison physique aide la conversion, parfois le repentir aide la guérison physique.  

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D. En pardonnant

 

Souvent nous avons été témoins de la manière dont le pardon donné à nos ennemis entraîne l’action de guérison de Dieu. La prière que le Seigneur nous a enseignée le dit clairement:   «Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu 6,12). D’autres textes le disent aussi. D’autre part, presque toujours quand Jésus promet l’efficacité de la prière et la réponse à nos demandes, celles-ci sont liées et dépendantes du pardon (Matthieu 18,21, Marc 11,25). Beaucoup de gens pensent que pardonner c’est perdre, et ne se rendent pas compte que c’est gagner car cela nous libère de nos haines et de nos ressentiments. Cela nous rend semblables à Jésus qui aima ses ennemis et leur pardonna et cela nous ouvre au pardon et à la grâce de Dieu. Le témoignage suivant le montre: « Une fois je sentis que le Seigneur me demandait de pardonner à une personne qui m’avait fait du mal. Comme je n’étais pas disposé à renoncer à la vengeance, je résistais et présentais l’excuse suivante: Seigneur pourquoi veux-tu que je prie pour elle, puisque de toute façon toi tu es si bon que tu la béniras même si je ne te le demande pas? Et une voix intérieure me répondit clairement: Nigaud, tu ne te rends pas compte que, en priant pour elle, le premier guéri c’est toi? Pardonner c’est ressusciter en nous la nouvelle vie apportée par Jésus. Pardonner et demander pardon est comme l’éclair qui annonce une pluie féconde. Le témoi­gnage d’Évaristo le montre bien: Depuis ma tendre enfance des problèmes sérieux avec mon père m’avaient obligé à quitter la maison. Moi, je pensais que le temps guérirait tous ces amers souvenirs de mon enfance, mais il n’en fut pas ainsi. Je vécus toujours avec le fardeau de mon histoire douloureuse. Dieu me fit la grâce de connaître le Renouveau Charis­matique qui me libéra de nombreux liens, donnant une grande impulsion à ma vie de foi. Cependant quelque chose me manquait. Je n’avais pas la joie spontanée et naturelle que je voyais chez tous les gens du Renouveau. Je me sentais amer et ennuyé de tout. Ainsi passèrent quelques années jusqu’à ce qu’en février 1977 mon père tomba gravement malade. Je savais que j’avais devant moi la dernière occasion de me réconcilier avec lui mais je n’avais ni la force ni le courage de le faire. Le 13 février, tandis qu’il agonisait, je luttais en moi-même car je sentais que je n’avais pas la force de lui pardonner. Je me mis en prière et dis au Seigneur: Tout seul je ne peux pas. Une voix intérieure me dit très clairement: Tout seul tu ne peux pas, mais en mon Nom tu peux. Tout est possible pour celui qui croit.

Avec la force du Seigneur je m’approchais de mon père, je l’embrassai lui pardonnant de tout coeur. Non seulement cela mais je lui demandai aussi pardon avec des larmes aux yeux. Le visage agonisant de mon père se transfigura ou peut-être était-ce moi qui le voyais avec d’autres yeux, car le Seigneur m’avait transformé. Je l’aimais avec le coeur du Christ Jésus et je l’embrassais avec les bras de Jésus. Depuis ce jour je commençai à entonner un chant nouveau à notre Dieu, une louange de joie qui n’a pas cessé en 7 ans. Le Seigneur m’a fait voir la gloire grâce à cette guérison intérieure à travers le pardon. Maintenant je suis heureux et je proclame joyeusement que le Seigneur a fait des merveilles en moi et je témoigne que je peux tout en Celui qui me fortifie. Un autre très beau témoignage est celui d’Olga G. de Cabrera au Guatemala. Pendant 10 ans j’ai souffert d’intenses douleurs dans les jambes et les bras, avec des déformations. Je vis 15 médecins pour ma guérison et l’un d’eux me dit qu’il fallait m’amputer la jambe gauche. Le 1er  mai 1976, j’étais complètement invalide. Je devais passer le reste de ma vie au lit et sur mon fauteuil roulant que je haïssais tant. Je savais qu’il y avait une messe pour les malades dans le gymnase. Je décidai d’y aller sur mon fauteuil roulant. On me plaça en avant. Quand entra le cardinal Casariego il s’arrêta devant moi, prit mes mains dans les siennes et me dit:  « Le Seigneur t’aime, aujourd’hui il va te guérir. » Quand la prière de guérison intérieure commença je pleurai beaucoup et pardonnai de tout coeur à ceux qui m’avaient fait tant de mal. Ensuite, quand le père Tardif pria pour la guérison corporelle je sentis que quelque chose me poussait et me disait: « Lève-toi et marche ! » Je sentis une forte chaleur et ensuite un frisson. Les yeux pleins de larmes, je me levai et commençai à marcher face à l’autel. Le Seigneur est tellement merveilleux qu’il m’a guérie physiquement, moralement, et intérieurement. Que son Nom soit béni et loué pour toujours! Gloire à Toi, Seigneur, Roi de l’Univers.

 

E. Prière en commun

 

Jésus a promis: Je vous assure que si deux d’entre vous se mettent d’accord sur cette terre pour demander quelque chose, n’importe quoi, ils l’obtiendront de mon Père qui est dans les cieux. Car là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis là au milieu d’eux (Matthieu, 18, 19-20). Dieu a donné un pouvoir spécial à la prière commu­nautaire. Et nous en avons largement fait l’expérience dans notre ministère. C’est pourquoi nous aimons tant prier en communauté. Là le discernement s’enrichit, car quelqu’un peut avoir une vision, un autre un message, celui-là une parole de science et tous nous prions en langues. Inutile de dire que le moment communautaire par excellence est celui de la célébration eucharistique. Là, les guérisons se multiplient. Malheureusement il y a des gens qui ont de mauvaises habitudes et après une prière communautaire, ils veulent qu on prie en privé pour eux. Nous nous y refusons généralement car cela signifierait que la prière que nous venons de faire n’a pas eu de valeur. En résumant mon ministère, je peux dire qu’il existe une énorme différence entre une prière communautaire et la prière personnelle pour chaque malade. Il est certain que pendant ces dix dernières années, dans chacune des retraites que j’ai prêchées, il y a eu des guérisons phy­siques, tandis que je ne vois pas le même résultat quand je prie individuellement pour la guérison physique. Au contraire quand il s’agit de guérison intérieure, je vois plus de résultat dans la prière de guérison faite pour une personne en particulier quand c’est une communauté qui dirige ensemble la prière pour cette personne. Car le Seigneur dirige souvent la prière de la communauté en donnant à l’un ou à l’autre membre de l’équipe une parole de science ou une connaissance particulière du problème pour lequel nous devons prier.

En conclusion, je pense que peu de personnes ont le don de guérison, mais que beaucoup de communautés ont ce charisme. D’une campagne voisine vinrent quinze personnes à l’une des deux réunions de prière de Pimentel. Elles venaient en chantant, louant Dieu et priant le chapelet. C’était un pèlerinage et leur prière se prolongea pendant tout le chemin. En retournant chez elles, elles partagèrent ce que le Seigneur avait fait et se rendirent compte que toutes les quinze avaient été guéries de quelque chose. Alors elles donnaient leur témoignage toutes ensemble. J’attends avec impatience le jour où l’on pourra affirmer comme dans l’Évangile: tous ont été guéris.

 

F. Prière du malade

 

Il faut aussi que le malade prie. Il est trop facile de demander la prière des autres sans se fatiguer, comme celui qui ferait laver son linge sale ailleurs sans s’en occuper personnellement. Ces personnes cherchent un soulagement rapide et commode, sans effort de leur part. La guérison profonde n’a lieu que dans la mesure où nous sommes en communion permanente avec le Dieu qui purifie et sanctifie. Que de merveilles nous voyons dans les personnes qui prient! Si nous croyions dans le pouvoir de la prière nous serions plus disposés à la faire et nous lui donnerions priorité sur toute autre activité. Beaucoup disent que l’on perd son tem