
Partie B
B.
Maladie du coeur et guérison intérieure
Nous
sommes tous conscients des graves répercussions qu’a notre passé sur notre
présent. Nous allons maintenant parler des attitudes maladives de notre
personnalité et des relations que nous avons avec les autres et qui ont leurs
racines dans les douloureuses expériences de notre histoire. Combien de
traumatismes ont été causés par les blessures de notre passé. Des conséquences
négatives se produisent au plan physiologique, comme peuvent être par exemple
certaines maladies physiques causées par des blessures émotionnelles.
D’autres conséquences négatives se produisent au plan psychologique, comme
sont par exemple les complexes qui ont leur racine dans des blessures émotionnelles,
parfois même dans des blessures causées par les fautes de notre vie. On peut découvrir
que de nombreuses faiblesses dans notre vie chrétienne ont leur racine dans des
événements de notre vie qui nous ont profondément blessés, et ces blessures
peuvent devenir comme des fissures par où s’infiltre le péché. Ces maladies
émotionnelles de notre coeur, le Seigneur peut les guérir dans une prière
de guérison intérieure.
Dans
un centre psychiatrique de Montréal, il y avait un aveugle qui était un cas médical
étrange. il avait perdu la vue sans aucune cause apparente. Le nerf optique, la
pupille et la cornée étaient en parfaite condition. Il n’y avait aucune
cause de cécité.
Grâce à un traitement hypnotique, on découvrit que la cause remontait au
temps où il était très petit et dormait dans la même chambre que ses
parents. Une nuit, ils eurent des relations
sexuelles très intenses que le petit interpréta comme une agression de son père
contre sa mère. Cela lui causa un traumatisme si profond qu’il ferma les yeux
à cette agression et à toute réalité en devenant aveugle. En trouvant la
racine du problème on lui fit la thérapie adéquate et après quelques mois il
recouvra la vue.
C’est la même chose que fait le Seigneur Jésus dans la prière de guérison
intérieure, allant à la racine de nos conflits pour les guérir. L’avantage
est que lui ne se fait pas payer et qu’il agit beaucoup plus rapidement que
les psychologues et les psychiatres de ce monde. « Lui qui guérit les coeurs
brisés et qui bande leurs blessures. » (Ps. 147, 3).
Nous avons un Dieu merveilleux qui est capable d’aller au fond de nos
problèmes pour nous guérir et nous libérer. Avant, il existait une belle prière
dans la liturgie: «Libère-nous, Seigneur, de nos maux, passés, présents et
à venir. » Notre Dieu est capable de nous guérir car Lui n’est pas dans le
temps. Plutôt, il est dans tous les temps car Il est le même hier,
aujourd’hui et toujours.
Pour
ce faire, il faut d’abord que soit éclaircie la cause de notre blessure. Non
seulement en prendre conscience, mais l’exposer à la lumière de l’amour de
Dieu dans un total abandon, en Lui demandant de guérir dans son infinie miséricorde
nos blessures. La moitié de la guérison d’un problème émotionnel réside
dans la capacité d’écouter le patient avec amour et sans le juger.
Il y a des
maladies et des blessures physiques qui sont guéries par des bains de soleil.
La personne s’expose aux rayons de soleil qui la pénètrent et la guérissent.
De même, Jésus, soleil de justice, guérit-il les blessures du coeur. Si nous
exposons tout notre être et surtout les blessures aux rayons de son coeur miséricordieux,
sa chaleur nous pénètre et nous guérit: « Pour vous qui craignez mon Nom, le
soleil de justice brillera, avec la guérison dans ses rayons. »
(Malachie 3, 20).
L’incubation des souvenirs douloureux dans notre
mémoire produit des traumatismes et des complexes dans nos relations
avec les autres et même avec Dieu.
C’est
pour cela que le ministère de guérison intérieure commence d’abord dans le
champ de nos mémoires, car ce que nous avons archivé dans notre mémoire,
consciemment ou inconsciemment produit des réactions somaiques, organiques et
nerveuses.
Dans un climat de prière et de foi, nous essayons de faire retrouver à la
personne l’origine de ses souffrances (rejet familial, abandon, violence, échec,
accident, etc.).
Alors on prend chacun des incidents douloureux pour l’exposer à la lumière
du Seigneur avec l’autorité du Nom de Jésus. Lui qui est le médecin hier,
aujourd’hui et toujours, guérit les blessures de la mémoire comme le soleil
guérit les blessures de notre corps.
Nous commandons au Nom de Jésus, par le pouvoir de ses saintes plaies (ses
blessures qui ont guéri les nôtres) que soient guéries nos maladies. « Je te
libère au nom de Jésus des craintes, angoisses et complexes etc. causés par
ces événements.
a
)Racine du problème
Nous
ne devons pas confondre la guérison avec la suppression des symptômes. Nous ne
pouvons pas nous laisser abuser par les symptômes car ils jaillissent, se
transforment tandis que le problème demeure.
Il advient, par exemple, que quelques personnes renoncent au tabac par quelque méthode,
mais c’est pour, ensuite manger davantage. Un alcoolique peut cesser de boire
mais s’il n’est pas guéri à la base, il succombera à d’autres vices.
Dans ces cas, le problème n’est pas résolu
mais transféré. Il ressemble à un ballon gonflé: si on le presse d’un côté,
l’air va de l’autre.
En général, c’est une blessure de manque d’amour ou une perversion
de l’amour qui est à la base de toutes nos maladies. C’est pour cela
qu’on dit: « Guérison du coeur. » Une expérience négative d’amour par
manque ou perversion se guérit par des expériences positives véritables
d’amour. C’est pourquoi il ne suffit pas de découvrir le problème ou la
racine des conflits mais il est plus important de remplir ce vide avec l’amour
miséricordieux du coeur de Jésus.
L’essentiel est de faire nôtres les mérites de la mort du Christ pour jouir
des fruits de sa résurrection, dans la certitude de foi qu’il y a 2000 ans,
lui s’est chargé de la croix qui nous donne la paix.
Dans
la guérison, il ne s’agit pas de supprimer les symptômes (douleur) mais
d’aller à la racine des problèmes. Ils ne sont que des épiphénomènes,
nous devons nous efforcer de trouver cette cause.
La guérison de Jésus agit à fond. Elle défait le noeud principal qui est
l’origine de toutes les complications. Cette racine peut être découverte de
deux manières: soit en dialoguant avec la personne, en essayant de découvrir
quand et comment le problème est né, soit par le discernement charismatique.
Il y avait
une personne qui souffrait de crises d’asthme si violentes qu’elle étouffait
presque. En parlant avec Monseigneur Alfonso Uribe Jaramillo et en cherchant
comment et quand avait commencé sa maladie, elle se rendit compte qu’avant la
naissance de son second fils, il y avait une de ses voisines de mauvaise foi qui
prétendait que ce n’était pas le fils de son époux. Cela la blessa tant que
son asthme commença. Ce n’était pas une maladie mais le symptôme d’une
blessure émotionnelle qui disparut une fois qu’elle l’eut découverte et
demandé sa guérison.
Pour le discernement charismatique, en certaines occasions, le Seigneur donne
une lumière spéciale pour aller jusqu’à
la racine du problème. Le Seigneur vient à l’aide de notre impuissance pour
que, découvrant la cause de la maladie (ce qui est humainement impossible, ou
demanderait trop de temps et trop de méthodes psychologiques), celle-ci puisse
être guérie.
Le discernement charismatique n’est pas le fruit d’une technique
psychologique mais une grâce spéciale du Seigneur dans un cas particulier.
Une
enfant de 13 ans se réveilla un dimanche à minuit, très effrayée, avec des
cris et des sursauts car un homme s’était introduit dans sa chambre. Le
lendemain matin, elle était aveugle. Comme la famille était pauvre, on chercha
des remèdes «de bonne femme» pour faire ensuite appel au médecin, sans résultats.
Alors,
on l’amena à l’église. Comme je
n’entends rien à la médecine, je commençai par prier. Je le fis sans résultats.
Alors je commencai à prier en langues, et alors je compris très clairement que
cette enfant n’était pas aveugle mais qu’elle avait une blessure émotionnelle
à cause de l’impression qu’elle avait reçue en voyant
un homme entrer dans sa chambre.
Nous avons demandé au Seigneur de la guérir de ses blessures émotionnelles
et dix minutes après, elle commença à voir; elle avait complètement récupéré
la vue. Sa blessure émotionnelle était la racine du mal physique. Une fois la
cause soignée, la conséquence le fut aussi.
On doit prier pour que le Seigneur rompe les liens avec le passé qui se répercutent
sur le présent. Ensuite, on demanda au Seigneur de remplir d’amour, de
compréhension,
de paix ce moment ou ces circonstances douloureuses.
Dans
une retraite à Caracas, au Venezuela, une religieuse nous raconta que malgré
la satisfaction que lui donnaient sa vocation et son apostolat missionnaire,
elle était toujours plongée dans une tristesse dont elle ignorait la cause.
Nous avons prié pour sa guérison intérieure et pendant la prière en langues
une soeur eut l’image dans son esprit d’une enfant de 5 ans qui pleurait,
perdue dans un bois, entourée de sapins et de neige. On demanda à la
religieuse si cette image lui disait quelque chose et elle répondit avec les
larmes aux yeux:
Quand j’étais petite, un hiver, je sortis de chez moi, je perdis les traces
du chemin dans la neige et ne pus rentrer. Mes parents ne savaient plus où me
chercher. Je restai plusieurs heures seule et perdue, souffrant beaucoup,
pensant que je ne pourrais plus jamais voir mes parents.
Alors nous avons prié Jésus, le Bon Pasteur, de guérir cette blessure émotionnelle
car Il était avec elle en ces moments douloureux et Il ne l’a jamais laissée
seule et n’a pas permis qu’elle s’égare sur les chemins de la vie. Elle
fut guérie et la joie revint dans sa vie et son travail. Pour notre Dieu tout
est présent, il nous guérit de nos maux même s’ils sont ensevelis dans le
passé.
La
guérison des souvenirs réside dans le fait que Jésus est le même hier,
aujourd’hui et toujours (Hébreux 13, 8) et que les mérites rédempteurs de
sa mort et de sa résurrection sont toujours présents et efficaces.
Dans le ministère de guérison, nous bénéficions des mérites de la mort du
Christ pour vivre les fruits de sa rédemption à un moment déterminé de notre
vie. Le point de départ est la certitude que Jésus, il y a 2000 ans s’est
chargé de nos douleurs et maladies. Par la foi, nous faisons nôtre la victoire
du Christ.
Par la guérison intérieure naît une espérance pour ceux qui s’étaient résignés
à vivre avec des habitudes et des traumatismes. Une porte est ouverte pour la
guérison de ceux qui ne pouvaient changer malgré tous les efforts humains
qu’ils déployaient et se brisent les amarres qui nous rendaient esclaves du
passé. Jésus est venu apporter la Vie et la Vie en abondance. Il nous veut
libres et nous rend capables d’être libres de tout lien qui nous enchaîne à
un triste passé ou à une expérience négative. Il y a des gens qui
s’approchent du sacrement de la réconciliation pour confesser toujours les mêmes
fautes et les mêmes péchés. De la sorte, il semble que ce sacrement ne nous
accorde que le pardon de Dieu et non la force d’être victorieux dans la lutte
contre le péché. La guérison intérieure est venue nous libérer de ces dépendances
qui nous rendent esclaves et ne nous laissent pas voler à la hauteur de
l’union avec Dieu et de la sanctification. Cela signifie-t-il alors que la
guérison intérieure soit plus efficace que le sacrement? En aucune manière
car c’est dans le sacrement de la Réconciliation que la guérison intérieure
peut être plus profonde. Si les prêtres étaient conscients du pouvoir de guérison
du sacrement de la Réconciliation, ils ne cesseraient de l’utiliser. Le prêtre
qui réduit le sacrement à l’absolution et ne prie pas pour la guérison intérieure,
réduit lamentablement le pouvoir du sacrement
.
Haut
Enseignement
Menu
Principal
Prière
pour la guérison des souvenirs
Comme
nous sommes tous malades des blessures de notre passé, voici une prière de guérison
intérieure pour que le Seigneur guérisse le coeur de ceux qui reconnaîtront
qu’ils en ont besoin.
Père de bonté, Père d’amour, je te bénis, te loue et te rends grâce,
parce que par amour tu nous a donné Jésus. Merci Père, à la lumière de ton
Esprit, nous comprenons que c’est Lui la lumière, la Vérité et le Bon
Pasteur qui est venu pour que nous ayons la vie et la vie en abondance.
Aujourd’hui, Père,
je veux te présenter ce(tte) fils (fille).
Tu
le (la) connais par son nom. Je te le (la) présente, Seigneur, pour que tu
jettes un regard de Père, sur sa vie.
Toi, tu connais son coeur et les blessures de son histoire.
Toi, tu sais tout ce qu’il (elle) a voulu faire et n’a pas fait.
Tu sais ce qu’il (elle) a fait et le mal qu’on lui a fait.
Tu connais ses limites, ses erreurs et son péché.
Tu connais les traumatismes et les complexes de sa vie.
Aujourd’hui,
Père, nous te demandons par l’Amour de ton fils
Jésus Christ, de répandre ton Esprit-Saint
sur ce frère, cette soeur pour que la chaleur de ton amour qui guérit pénètre
au plus intime de son coeur.
Toi qui guéris les coeurs brisés et panses leurs blessures,
Guéris
ce frère (cette soeur) Père,
Entre dans ce coeur, Seigneur, comme tu es entré dans la maison où étaient
tes disciples apeurés. Toi, tu es apparu au milieu d’eux et leur as dit: «
La paix soit avec vous. »
Entre dans ce coeur et donne-lui ta paix.
Remplis-le
d’amour.
Nous savons que l’amour expulse la peur. Passe dans sa vie et guéris son
coeur.
Nous savons,
Seigneur, que
tu le fais chaque fois que nous te le demandons
et
nous te le demandons avec Marie, notre Mère, elle qui était aux Noces de Cana,
quand il n’y avait plus de vin, et Tu répondis à son désir, transformant
l’eau en vin. Change son coeur, donne-lui un coeur généreux, affable, plein
de bonté, donne-lui un coeur nouveau.
Fais jaillir, Seigneur, dans ce frère (cette soeur), les fruits de ta présence.
Donne-lui les fruits de ton Esprit qui sont: amour, paix et joie.
Fais que descende sur lui l’Esprit des Béatitudes, pour qu’il puisse
savourer et chercher Dieu chaque jour, vivant sans complexes ni traumatismes
auprès de son époux (se), de sa famille et de ses frères.
Je te rends grâce, Père, pour ce que tu fais aujourd’hui dans sa vie.
Nous te rendons grâce de tout coeur car c’est Toi qui nous guéris. Toi qui
nous libères.
Toi qui brises nos chaînes et nous rends la liberté.
Merci, Seigneur, car nous sommes des temples de ton Esprit,
et ce temple ne peut être détruit car c’est la Maison de Dieu.
Nous
te rendons grâce, Seigneur, pour la foi, pour l’amour que tu as mis en nos
coeurs.
Comme tu es grand Seigneur!
Sois béni et loué, Seigneur.
b)
La prière
Je
crois que ce qui nous aide le plus à prier pour la guérison intérieure des
autres c’est d’avoir nous-mêmes auparavant eu cette expérience. C’est la
compassion que nous devons demander d’abord. C’est une caractéristique
essentielle du coeur miséricordieux du Christ Jésus. Lui, il avait compassion
des gens, c’est pour cela qu’il les guérissait et les nourrissait.
Sans compassion (souffrir avec) notre prière n’est que vocale et extérieure,
elle ne vient pas du coeur.
Pour la prière de guérison intérieure, il n’y a pas de modèle à suivre
toujours. Mais, on doit suivre Jésus qui enseigna et guérit sous l’impulsion
de l’Esprit. Je ne connais pas de méthode, Jésus n’en avait pas. Nous ne
voulons présenter qu’une expérience, comment Dieu nous a enseigné à
prier pour les malades. Voici quelques pistes qui peuvent servir à d’autres,
sans oublier que Dieu peut leur en montrer d’autres.
1)
Au nom de Jésus
Jésus
Christ est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes c’est pourquoi il
n’y a pas d’autre nom qui soit donné aux hommes pour leur salut. (I
Timothée 2,5 Actes 4,12).
Seul
Jésus guérit, libère et sauve. Tout ce que nous demandons en son Nom, le Père
nous l’accorde (Jean 16,23).
La prière au Nom de Jésus, ne se limite pas à la prononciation de ce Nom mais
fait appel avant tout à la confiance. Tandis qu’Il prie en nous, et nous en
lui, le Père écoute toujours nos prières.
Certains, pendant la prière de guérison et plus spécialement celle de libération,
répètent et chantent le Saint Nom de Jésus plusieurs fois. C’est vrai que
ce nom renferme santé et pouvoir puisqu’il signifie « Dieu sauve » et nous
savons bien que la parole de Dieu réalise ce qu’elle contient.
C’est
au nom de Jésus que les malades sont guéris (Matthieu 7,22; Actes 4,30).
2)
Par le sang de l’agneau
On
implore la valeur du précieux sang de Jésus, agneau de Dieu qui enlève le péché
du monde, pour qu’il nous délivre du pouvoir des ténèbres.
Nous invoquons le sang du Christ Jésus, car, parfois après une blessure émotionnelle,
une oppression, une obsession et même une maladie physique, on renferme en soi
un élément de péché.
Alors nous prions: Par le sang précieux du Christ Jésus, je te déclare libre
de toute attache et de tout mal, qui t’empêche de vivre en plénitude la vie
du Christ Jésus.
La lettre aux Éphésiens (1,7) affirme, que par le sang du Christ nous avons été
rachetés.
Voici un témoignage de cela dans une lettre qui nous vient du Guatemala:
Dans l’assemblée de prière pour les malades, j’étais
assise plus bas que vous, sans pouvoir vous voir. Je vous entendais seulement.
Au fur et à mesure que vous parliez, j’entrais dans ce monde merveilleux de
Dieu sans m’en rendre compte.
Soudain,
je commençais à m’apercevoir que quelque chose de spécial se produisait. Je
me sentais comme flotter dans l’air, je commençais à baigner dans la sueur
et je sentais le besoin de glorifier Dieu à
voix
haute. Mes larmes étaient abondantes.
Ensuite,
vint la prière pour les malades. Vous nous avez fait méditer sur la croix du
Seigneur. Je l’imaginais très clairement. Alors, je me sentie plongée dans
ce précieux sang. Alors j’avais des pleurs de tristesse à cause de mes pêchés.
Il me dit alors : « Je t’aime. Dans tous ces moments de manque de compréhension,
console-toi car je t’aimais. » (à présent je pleure à nouveau en l’écrivant).
Alors je sentis une pression dans mon estomac. Le Seigneur guérissait ma vessie
et mon urètre qui à la suite de mes accouchements avaient été déplacés et
obstrués.
Je
passai toute la nuit à louer le Seigneur sans pouvoir dormir. Ça fait de cela
un an et je n’ai plus eu aucune douleur. Mais le plus important c’est qu’à
partir du moment ou je
me suis
sentie inondée par le sang du Christ, des choses merveilleuses se sont
produites dans ma vie spirituelle.
Virginie
Diaz de Enriquez
3)
Par les plaies de Jésus
Par
les blessures de Jésus nous avons été guéris de nos blessures. Par ses
plaies nous avons été guéris. Lui, il a enduré le châtiment qui nous
apporte la paix et nous avons été guéris par sa flagellation. Le Serviteur de
Dieu s’est chargé de toutes nos douleurs et maladies pour que, libérés de
la peur, nous puissions servir en sainteté et justice tous les jours de notre
vie. C’est pour cette raison que nous avons l’habitude de prier ainsi: «
Par les 5 plaies du Christ Jésus, je te déclare libre avec la liberté d’un
fils de Dieu racheté par le Christ Jésus. Seigneur Jésus, par le pouvoir de
tes plaies, guéris les blessures des souvenirs. Guéris la racine de ce problème
qui cause tristesse, haine, peur, etc. »
4)
Prier
en langues
Nous
parlerons de ce sujet plus en long dans un autre chapitre. Cependant nous
voulons déjà affirmer que lorsque nous prions en langues notre esprit est
complètement à la disposition du Seigneur pour qu’il nous utilise comme des
canaux limpides de grâces
de guérison.
La
prière en langues est un instrument merveilleux capable de pénétrer jusqu’où
l’homme et la science ne peuvent parvenir.
Lors d’une retraite sacerdotale à Lyon, en France, il y avait des prêtres
ouverts au don des langues, mais il y en avait aussi qui s’y opposaient et même
se moquaient. Le pire de tous était un missionnaire qui donnait des cours
d’arabe dans une université d’Afrique. Le 2e
jour ce prêtre se mit debout devant tout le monde et écrivit des signes
très bizarres au tableau. Ensuite, très ému il nous expliqua:
« Pendant la prière en langues d’hier, vous disiez ceci en arabe: “Dieu
fait miséricorde.” »
En toute prière en langues: « Dieu nous fait miséricorde » car « nous ne
savons pas demander comme il faut, alors l’Esprit vient en aide de notre
faiblesse et intercède pour nous avec des gémissements ineffables. » (Romains
8,26).
5)
Intercession de Marie
Nous
reparlerons d’elle aussi, mais elle a sa place parmi les éléments
fondamentaux de la prière de guérison. Elle est la personne qui a le plus fort
charisme de guérison car elle porte Jésus, notre salut et elle est au pied de
la croix où l’agneau de Dieu fut blessé par nos révoltes.
L’intercession de la prière de Marie est constatée par
tous dans les sanctuaires mariaux.
C.
Maladie de l’esprit et réconciliation
Notre
âme aussi peut tomber malade et voilà qui est plus grave qu’un cancer ou un
traumatisme psychologique. Un samedi, Jésus arriva à la Piscine de Bethesda
« Maison de la Miséricorde ». Il vit un homme qui gisait
sur son lit et lui ordonna: —
« Lève-toi.
Prends ton grabat et marche.»
Cet
homme, paralysé depuis 38 ans, trouva grâce devant les yeux de Dieu, se leva
et commença à marcher.
Ensuite, le Maître le retrouva et lui dit: Te voilà guéri; ne pèche plus, de
peur qu’il ne t’arrive pire encore. (Jean 5,1-14).
Jésus n’affirma pas que s’il péchait il serait paralysé plus de 38
ans, mais que le fait de pécher serait plus grave que 38 ans de paralysie. De
plus, le péché n’est pas seulement une maladie, il produit nécessairement
la mort. Saint Paul affirme que: Le salaire du péché est la mort. (Romains
6,23). Le péché produit la mort car il nous prive de la vie de Dieu ou mieux
de Dieu qui est la vie.
Ils m’ont abandonné, moi la source d’eau vive, pour se creuser des
citernes, citernes lézardées qui ne tiennent pas l’eau. (Jérémie 2,13).
Le péché fondamentalement est un manque de foi en Dieu, provoqué généralement
par un excès de confiance en nous-mêmes. Nous croyons plus en nous (nos
valeurs, nos pensées, nos sécurités, etc.) qu’en Dieu. Le fruit interdit du
paradis est l’homme qui fait plus confiance à ses propres moyens pour obtenir
la réalisation de lui-même qu’au chemin proposé par Dieu.
Le péché nuit plus à l’homme qu’à Dieu même (Proverbes 8,36) (Jérémie
26,19).
Vos révoltes me nuiraient-elles? Non, c’est à vous qu’elles nuisent pour
votre confusion. (Jer 7,19).
Dieu nous aime tant que, sachant le mal que produit le péché en nous, il nous
interdit le péché car il ne veut pas que nous soyons esclaves. La guérison
complète consiste dans notre libération de la loi du péché qui nous porte à
faire le mal que nous ne voulons pas et nous empêche de faire du bien que nous
nous proposons de faire. Dieu donc non seulement nous pardonne nos péchés mais
de plus, nous fortifie pour que nous ne péchions plus. En outre, il change
notre coeur pour que nous voulions et fassions ce que Lui commande. Non qu’il
commande de l’extérieur mais c’est un impératif qui jaillit comme une
exigence de l’être même qui a été transformé par l’Esprit-Saint. Il
n’y a pas d’homme qui soit plus homme que celui qui a été libéré de
l’esclavage du péché. Dieu est le Dieu du pardon (Neh 9,17) qui pardonne
toujours et pour toujours. De son côté, Lui, il nous a déjà pardonné tous
nos péchés. Le sang précieux du Christ sur la croix est le remède qui nous
guérit de nos péchés.
Quel
Dieu est comme toi qui enlève l’iniquité? et efface la rébellion de son
peuple? Tu ne gardes pas ta colère pour toujours car tu es un Dieu dont la joie
est l’Amour. Toi, toujours tu as pitié de nous et tu foules aux pieds nos
iniquités. Tu précipites au fond de la mer tous nos péchés. (Michée
7,18-19).
Pour nous, nous devons prendre ce remède dans la foi, au moyen de la réconciliation.
Par la foi, nous faisons nôtres les mérites du Christ Jésus sur la croix. Par
la conversion nous mettons en jeu tout le potentiel des fruits de sa rédemption.
Il nous suffit de confesser que nous sommes pécheurs face à sa miséricorde
pour être pardonnés.
Si nous confessons nos péchés, lui, fidèle et juste, pardonnera nos péchés
et nous purifiera de toute iniquité. (I Jean, 1,9).
Dans
ce domaine, la Réconciliation joue un grand rôle car c’est le sacrement de
la rencontre de joie, le retour du fils prodigue à la maison de son père miséricordieux
qui lui met des souliers neufs (dignité) un vêtement fin (une vie nouvelle) et
l’anneau (de l’héritier); et il organise une fête, car le fils qu’on
croyait mort est revenu à la Vie (Luc 15, 11-24). Jésus a envoyé les apôtres
ressusciter les morts (Matthieu 10,8) et il n’y a pas plus mort que celui qui
a perdu la vie de Dieu par le péché. Cependant, beaucoup ne comprennent pas
encore ce beau sacrement, en ont peur et cherchent mille excuses pour ne pas se
confesser. Il y avait un prêtre qui travaillait dans un petit village du Pôle
Nord. Pour aller au village le plus proche où se trouvait un autre prêtre pour
se confesser, il n’y avait pas de route et il devait prendre une vieille
avionnette. C’est pourquoi il disait: Moi, je ne me confesse plus, car aller
me
confesser pour un péché véniel c’est vraiment trop cher payer le voyage en
avionnette. Et si j’ai fait un péché mortel, j’ai peur de monter dans le
vieil engin. Un jour, je rentrais à mon village en voiture. Sans m’en rendre
compte, je dépassais la limite de vitesse et un policier me rattrapa en moto.
Je m’arrêtai et le policier s’approcha de moi avec son pistolet. En colère,
parce qu’il me suivait depuis 10 minutes, il me demanda
tandis qu’il lisait mes papiers:
— «
C’est vous le fameux Père Tardif. »
—
« Oui, répondis-je,
désirez-vous vous confesser? » Il fut effrayé au point de me rendre immédiatement
mes papiers et me dit qu’il était pressé. Avec son pistolet et tout le
reste, il avait peur de se confesser. Il n’y eut ni amende ni confession à
cause de cette peur. Nous avons peur de la confession car nous ne comprenons pas
que c’est le sacrement de l’Amour de Dieu. Toutes les fois que nous
demandons pardon au Seigneur, quelque soit notre péché, Il nous pardonne. Il
ne se scandalise jamais de nos péchés. Il attend seulement que nous les
reconnaissions et que nous lui demandions pardon sans nous excuser, ni minimiser
la faute. Il n’y a qu’un péché que Dieu ne peut pardonner: celui pour
lequel nous ne lui demandons pas pardon, celui que nous ne reconnaissons pas
comme péché, celui que nous autojustifions.
Le
prêtre est le ministre du pardon de Dieu. Il n’est pas juge, ni bourreau mais
canal à travers lequel passe la miséricorde divine. Il n’y a pas de mission
plus profonde et plus effective, que celle d’accueillir le pécheur enfoncé
dans la boue du péché et de le placer devant la porte du paradis.
Le prêtre est la seule personne de toute la paroisse qui ait le pouvoir de
pardonner les péchés et de présider l’Eucharistie. Personne ne peut le
remplacer. Chaque fois que le prêtre confesse c’est un prophète de Dieu qui
au nom du Seigneur, nous dit: « Je t’absous de tes péchés. » Il parle au
nom de Dieu. En outre, de même que l’ Eucharistie est le lieu privilégié
pour recevoir la guérison physique, la Réconciliation est le meilleur moment
pour prier pour la guérison intérieure.
Un
prêtre m’objectait très convaincu: « Je ne peux pas prier lentement pour
chaque personne en particulier parce qu’alors je n’ai plus le temps de
travailler. »
Moi,
je lui répondis: —
« Mais
quel autre travail as-tu sinon de libérer les opprimés et d’être ministre
de la réconciliation? »
Lui,
il pensait que repeindre la salle paroissiale était son travail, sacrifiant ce
que Lui seul pouvait faire, ce que personne d’autre que lui ne pouvait faire,
pour faire ce que les autres pouvaient faire. Il y en a d’autres qui préfèrent
compter l’argent de la collecte que de raconter aux gens les merveilles de
Dieu et de les libérer de leur esclavage.
D.
Convalescence
Pour
tous les cas de maladies que nous avons vus, l’étape de convalescence a une
importance capitale car d’elle dépend toute la guérison. Aussi bien dans la
guérison physique qu’intérieure. Quand le Seigneur est intervenu d’une
manière stupéfiante ou miraculeuse la personne a besoin d’une étape de
convalescence pour ne pas retomber. Voici quelques aspects de ce que nous entendons
par convalescence:
a)
Vie Sacramentelle
La
personne qui a été guérie par le Seigneur a besoin tout spécialement d’une
nourriture tonifiante que Dieu nous offre à travers les sacrements. Nous
parlons de vie sacramentelle car c’est la vie, la vie divine qui se communique
à travers eux. On ne peut pas s’en passer si on veut une guérison totale.
b) Prière
C’est
le contact direct avec la source de la santé. Le contact avec le Seigneur est
plus important que le sang ou l’oxygène pour le malade. Si
nous
brisons ce contact nous nous exposons à perdre quelque chose de plus précieux
que santé physique ou intérieure. La prière est une communion d’amour.
c)
Lecture de la Parole
La
Parole de Dieu purifie (Jean 15,3) et guérit « ce ne sont ni les plantes ni
les cataplasmes qui les ont guéris mais ta Parole qui guérit tout. » (Sagesse
16,12). L’ Écriture lue et priée avec foi est le remède le plus efficace
car c’est la Parole de la Vie éternelle. (Jean 6,69).
d)
La
communauté
Parfois
on perd le fruit d’une guérison intérieure car on s’isole et on ne s’intègre
pas à la communauté. Plus encore, nous pouvons affirmer que Dieu veut que soit
sain tout le corps de son Fils et non seulement les membres. La guérison complète
se donne dans la mesure où nous vivons le mystère d’être les corps du
Christ. Communauté de foi et d’amour dans l’espérance de la patrie définitive.
e) Le service
Nous cherchons
tous le bonheur, c’est pourquoi nous voulons la guérison. Cependant, la guérison
complète, nous la trouvons dans les béatitudes du Christ Jésus.
Jésus nous a donné une règle d’or pour être heureux:
« Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir
» (Actes 20,31). Dans
la mesure où nous sortirons de nous-mêmes pour nous donner aux autres, nous
atteindrons la parfaite guérison. Quand Jésus a libéré Marie-Madeleine de
ses 7 démons, il y eut une longue étape de convalescence pour la guérison
totale. Si nous y prenons garde, Marie-Madeleine est passée par les 5 points
que nous venons d’énumérer.
Haut
Enseignement
Menu
Principal
VI
LA LIBÉRATION
Il
existe un domaine aussi délicat que réel qui est celui de l’action du Démon
sur le monde et les personnes.
Jésus en parle souvent et fréquemment, nous le trouvons plongé dans la lutte
contre Satan et ses pouvoirs qui dominent le monde. De plus, l’une des preuves
que Jésus offre de son messianisme est l’expulsion des démons:
Si
par le doigt de Dieu, j’expulse les démons c’est que le Royaume de Dieu est
arrivé (Luc 11,20, Matthieu 8,16, Luc 7,21).
Jésus
a vaincu par sa mort le Prince des ténèbres, et par sa résurrection nous
avons été transportés dans le Règne de son amour.
Pierre (Acte 10,38) résume l’ oeuvre messianique de Jésus en 4 points:
— Oint de l’ Esprit Saint et de son pouvoir.
— Il fit le bien.
— Guérissant.
— Libérant ceux qui étaient opprimés par le diable.
C’est dans cette synthèse que nous pouvons saisir le ministère de libération.
Ce n’est pas un ministère isolé, il s’intègre dans le contexte de l’évangélisation.
Ce sont des personnes qui ont reçu de Dieu l’onction de l’Esprit Saint qui
le réalisent au nom de Jésus. Il ne s’agit pas seulement d’expulser les démons
mais de faire le bien, le maximum de bien: laisser agir le salut de la personne
et la communauté. Les apôtres aussi ont été envoyés pour évangéliser et
expulser les démons (Matthieu 10,7.8) et revinrent heureux car ils les
dominaient (Luc 10,17).
Cependant il y a des gens qui pensent que tirer de ces textes la conclusion de
l’existence et de l’action du Démon serait du fondamentalisme biblique ou
un retour à des idées médiévales.
Non que cela m’intéresse de proclamer et faire connaître l’existence de
Satan, mais il faut que le monde connaisse et aime Jésus. Or Satan est le grand
ennemi de Dieu qui met un obstacle à notre rencontre avec le Seigneur. Si nous
ignorons les sortes de mensonges dont il use toujours, nous ne pourrons être prévenus
contre ses attaques.
Le
Pape Paul VI dans son célèbre discours du 15 novembre 1972 disait:
« L’un des principaux besoins de l’ Église d’aujourd’hui est celui des
moyens de défense contre le malin qui s’appelle le Démon. Le mal n’est pas
une simple absence de quelque chose mais un agent effectif, un être vivant et
spirituel, perverti, pervers et qui pervertit. C’est aller contre les
enseignements de la Bible et de l’ Église que de se refuser à admettre une
telle réalité ».
Il faut dire que le Notre Père s’achève sur ces mots « Délivre-nous du
Malin ; pas seulement “du mal” » comme on le traduit généralement
(Matthieu 6,13).
« La grande victoire de Satan — commente
le Père Salvador Carrillo, docteur en Théologie, — est que nous ne croyons
plus en lui, ainsi lui permettons-nous d’agir en toute liberté. La Bible
parle peu du Démon. Dans l’ Ancien Testament il n’apparaît presque pas.
Après la venue de Jésus son influence diminue à nouveau, n’apparaissant
que dans très peu de textes. C’est dans les Évangiles, face à la présence
salvifique du Christ Jésus que se ravive son action et se révèle sa présence.
Qu’y a-t-il donc d’étrange à ce qu’au moment où nous vivons cette
manifestation puissante du Christ se déchaînent les forces du mal, comme cela
se produisit pendant le ministère de Jésus? »
Nous
insistons sur le fait que l’action diabolique ne doit pas être centre
d’attention. Elle est seulement symptomatique, le signe que Jésus est en
train d’agir puissamment parmi nous. Il est venu nous libérer du pouvoir du
prince de ce monde, et il a gagné la bataille sur la croix. Satan est vaincu,
c’est pourquoi il est enragé parfois, car il est enchaîné. Jésus a déjà
écrasé la tête de l’ennemi (Gen. 3,15).
Il
y en a qui proclament et même exagèrent le pouvoir et l’action de Satan, lui
attribuant tout ce qui est mauvais, la première difficulté ou maladie venue.
Ils voient des diables partout et veulent exorciser le premier rhume qu’ils
ont. Tel est l’autre extrême. On oublie que les ennemis de l’âme sont
aussi le monde et la chair. Satan aime deux choses: que nous l’ignorions ou
que nous lui donnions le plus grand rôle.
Son action se manifeste sous trois formes: l’oppression et l’obsession qui
sont les plus générales; et la possession qui est peu fréquente.
A.
L’oppression
C’est
l’action de Satan sur les corps ou les choses. Par exemple, des bruits la
nuit, des choses qui bougent, des lumières qui s’éteignent, des voix,
certaines maladies bizarres qui n’ont pas d’explication médicale, etc. Ce
sont des actions extérieures. Un évêque des Caraïbes m’envoya un jour sa
cousine qui souffrait d’une maladie très étrange. Nous avons prié et le
Seigneur la libéra. Ensuite elle me demanda de venir chez elle car il se
passait des choses bizarres. Je lui dis que je ne le voulais pas car son évêque
pouvait y aller et bénir sa maison. L’évêque s’y rendit et bénit la
maison. Alors le problème cessa. Tout fut très simple car pour Jésus tout est
très simple.
Nous avons distingué les problèmes faciles des problèmes difficiles mais
pour Jésus tous les problèmes sont faciles, sinon Il ne serait pas le
Seigneur. Je me souviens d’un autre cas très important. Un homme du nom de
Julio Nunez qui ne pouvait marcher qu’à quatre pattes comme un petit animal,
fut guéri par le Seigneur dans une assemblée de prière. Sa guérison eut un
tel impact qu’il témoignait partout. Une dame le rencontra un jour et lui
demanda:
— « N’est-ce pas toi le
paralysé? »
— « Oui, mais le Seigneur
m’a redressé.»
Nous l’avons même
invité plusieurs fois à nous accompagner et à témoigner lors de plusieurs
retraites de la merveilleuse guérison qu’il avait reçue.
Un an après, le Curé de San Francicso de Macoris nous demanda de prêcher une
retraite charismatique. J’invitai Julio Nunez, pensant que son témoignage
serait plus fort en tant que membre de la paroisse.
À mon arrivée,
tandis que je m’informais de lui, une dame s’approcha et me dit tristement:
— « Père,
Julio a fait une rechute. Si Père, il ne peut marcher qu’à quatre pattes ».
— « Depuis quand?
— « Depuis cinq jours».
Je l’envoyai chercher à cheval. Nous avons commencé à prier en demandant sa
guérison. Moi je disai au Seigneur:
Seigneur, tu ne vas pas nous faire ça, ici, dans la paroisse de Julio, que vont
penser les gens?
Mais le Seigneur ne le guérissait pas. Alors nous avons commencé à prier en
langues et me vint à l’esprit en un éclair le nom « esprit de maladie».
Alors je pris autorité, au nom de Jésus et je dis:
Esprit
de maladie, je t’ordonne au Nom de Jésus de sortir et de laisser en liberté
cet enfant de Dieu. Je te commande au Nom de Jésus d’aller te prosterner à
ses pieds pour qu’il dispose de toi et je t’interdis de recommencer à
molester cette personne qui est enfant de Dieu et rien en lui ne t’appartient.
Julio
sentit un frisson et en toute simplicité se leva et commença à marcher.
Satan l’opprimait pour qu’il ne puisse donner le témoignage de sa guérison.
Mais Dieu est plus intelligent et rétablit Julio. Son témoignage fut double:
celui de sa guérison et celui de sa libération de l’oppression.
Dans
la prière en langues le Seigneur vint en aide à notre faiblesse et nous donna
un discernement charismatique pour nous dire ce qui arrivait à Julio. Il
souffrait d’un esprit de maladie.
Ceci
peut paraître étrange à ceux qui n’ont pas lu l’Évangile, mais on y
rencontre un cas très semblable: Il y avait une femme qu’un esprit rendait
malade depuis 18 ana; elle était toute courbée et ne pouvait pas du tout se
redresser (Luc 13,11). Jésus fit une libération quand il lui dit « Femme tu
es libérée de ta maladie ». Dans les Actes des Apôtres, on constate que les
gens amenaient aux apôtres des malades et des personnes tourmentées par les
esprits (Actes 5,16).
B.
L’obsession
Nous
appelons obsession l’influence ou l’action de
l’ennemi sur l’esprit des personnes. L’oppression se manifeste sur le
plan extérieur ou matériel, l’obsession, elle se manifeste à l’intérieur.
Il y a des personnes tourmentées par d’épouvantables obsessions sexuelles,
des idées de suicide, un esprit de blasphème, d’autodestruction, de mépris
ou un esprit qui se fait sentir indigne du pardon de Dieu etc. Dans ces cas,
parfois la cause n’est pas seulement physique ou psychologique, mais on est
tourmenté par une obsession qui rend esclave et ôte les forces qui rendent
victorieux.
L’obsession est comme une tentation mais au lieu d’être passagère elle est
permanente, outre le fait qu’elle a une force et une intensité qui dépassent
nos capacités humaines de la vaincre.
Un jour à Mexico, on m’amena une femme qui avait depuis des années d’étranges
souffrances. Nous avons prié pour elle et lui avons demandé de dire avec nous
le Notre Père. Mais elle ne pouvait pas dire « Pardonne-nous comme nous
pardonnons à ceux qui nous ont offensés ». Elle avait une grande rancoeur car
un ennemi pour se venger de sa famille avait jeté un maléfice sur elle. Après
cela elle commença à souffrir beaucoup et à haïr cet homme. Ce n’était
pas un simple ressentiment mais un véritable esclavage.
Nous
avons prié pour sa libération sans résultat. Alors je me souvins de ce jeune
que les disciples n’avaient pu libérer du lien de Satan et qu’ils amenèrent
à Jésus. Donc nous nous sommes approchés du Saint Sacrement et nous avons
demandé à Jésus de la libérer par son sang précieux. Le Seigneur la libéra
immédiatement de l’esprit de sorcellerie et de la rancoeur. Pour la première
fois depuis longtemps elle put réciter le Notre Père.
En République Dominicaine, il y avait un homme marié à une femme avec deux
petits enfants. Mais lui n’arrivait pas à abandonner la prostitution. C’était
un désir supérieur à ses forces et qu’il ne pouvait dominer. Il s’efforçait
de le faire sans résultat. Alors nous avons fait une prière de libération
pour lui, sans résultat jusqu’à ce que nous comprenions que non seulement il
fallait chasser l’esprit impur mais inviter cet homme à se repentir et à
s’approcher du sacrement de la réconciliation et de l’Eucharistie. Alors
le Seigneur fit son oeuvre et il fut libéré de son obsession.
Au Québec il y avait une religieuse qui, quand elle allait communier avait dans
l’esprit comme une image pleine de blasphèmes. Elle pleurait et souffrait
beaucoup à cause de cela. Elle parla à son confesseur qui lui conseilla de
prier la Vierge Marie. Ni les pénitences, ni les jeûnes ne lui donnaient de résultats.
Un jour un prêtre charismatique de Québec alla au couvent, pria pour elle,
pour qu’elle soit libérée de cet esprit de blasphème. Elle fut rétablie
complètement grâce à cette prière.
Dans le Nouveau Testament, il y a différentes sortes d’esprits qu’il faut
connaître:
— Esprit immonde ou impur qui est
le plus fréquent (Matthieu 12,43, Marc 1,23,26,27; Marc 3,11; 5, 2,8,13; 7, 25)
(Luc 4,33-36; 6,18 8,29; 9, 25-42; 11,24)
— Esprit muet (Marc 9,17)
- Esprit sourd et muet (Marc 9,25 b)
- Mauvais esprits (Luc 7,21) (Actes 19,12)
-- Esprits malins (Luc 8,2)
— Esprits de divination (Actes 10,16)
— Esprit du mal (Éphésiens 6,12)
— Esprits trompeurs (1 TM 4,1).
a)
La prière de libération
Le
ministère de libération se réalise grâce au nom de Jésus Christ et son
pouvoir. C’est en son nom que nous prions le Père et résistons aux pièges
de l’Ennemi. C’est avec son pouvoir que nous libérons de toute oppression
et obsession.
Cette
libération a deux aspects:
— prier le Père au Nom de Jésus
pour qu’il libère la personne de tout ce qui la rend esclave. Cet aspect est
évident et ne demande pas d’acclamation.
— commander par le pouvoir du Christ qui a dit:
En mon Nom ils expulseront les démons (Marc 16,17).
Il ne s’agit pas d’une demande mais d’un ordre de laisser la personne
libre et en paix. Cette autorité s’exerce au Nom du Christ Jésus.
La prière la plus simple et efficace est dans Saint Paul: Au nom du Christ Jésus,
je t’ordonne de sortir de cette femme (Actes 16,18).
Certains
expulsent l’esprit mais ne lui interdisent pas de revenir, oubliant cette
parole de l’Évangile: L’esprit
erre par des lieux arides en quête de repos, et il peut revenir avec sept
autres plus forts que lui. (Matthieu
12,43-45). Il faut lui
donner l’ordre «Je t’interdis de
revenir » (Marc 1,25).
Pour
faire cette prière, il faut d’abord demander la protection du Seigneur.
Ainsi, de même que dans la nuit de Pâques, les linteaux des hébreux, protégés
par le sang de l’agneau pascal, étaient respectés par l’ange exterminateur,
de même le sang de l’ Agneau de Dieu nous couvre, protège et libère de
toute influence du mal.
Généralement je fais une prière comme celle-ci:
« Je réclame sur moi et sur ceux qui sont ici, le Sang de l’ Agneau de Dieu
qui enlève le péché du monde pour qu’il nous purifie de tout péché et
nous protège de toute influence du Malin».
Je me souviens de l’un des premiers cas de libération pour lequel nous avons
commis des erreurs mais qui nous apprit beaucoup.
Sans
demander une protection préalable nous avons fait une prière de libération
pour une personne dans un groupe de prière où il y avait plus de trente
personnes. Nous avons prié et commandé à l’esprit de sortir au nom de Jésus.
Cette personne se leva libérée mais aussitôt une autre personne manifesta les
mêmes symptômes. Nous avons prié de nouveau et le Seigneur la libéra mais le
problème s’était encore déplacé sur une autre personne. Outre le fait que
nous n’avions pas demandé la protection du Seigneur, nous avons appris une
chose pour la vie entière. -
— Il ne suffit pas d’expulser l’esprit mais il faut lui interdire de
revenir (Marc 9,25) et l’envoyer au pied de la croix pour que le Christ
dispose de lui.
— Cette prière doit se faire en
communauté réduite dans un lieu privé sans curieux ni enfants.
— Le groupe doit être formé de personnes mûres et prudentes qui ne voient
pas des diables partout mais qui sachent discerner son influence et sa présence.
— Nous prenons autorité sur tout lien et nous le brisons au Nom de Jésus,
par son Précieux Sang et ses plaies glorieuses.
Encore un aspect important: il ne suffit pas de chasser les ténèbres, il faut
allumer la lumière du Christ. Si nous évangélisons authentiquement, portant
le Christ aux autres, nous éviterons de nombreux cas de libération car quand
le Christ Jésus le plus fort entre, il expulse le plus faible (Luc 11,22). La
lumière repousse les ténèbres (Jean 1,5).
La libération efficace ne peut être menée à bien que dans une évangélisation
intégrale. Expulser les esprits pour les expulser n’a aucun sens. Jésus a
d’abord envoyé ses apôtres pour annoncer son Royaume et non pour expulser
les démons. L’expulsion est une conséquence de l’évangélisation
(Matthieu 10,7,8).
En général jé refuse de prier pour la libération de personnes qui ne sont
pas engagées dans un processus de conversion.
b)
Autolibération
Dans
les cas d’obsession et d’oppression nous pouvons faire une prière
d’autolibération en tenant compte de tout ce qui vient d’être dit.
Par la foi de notre baptême nous partageons la victoire du Christ et recevons
de son Nom l’autorité d’expulser les esprits qui nous inquiètent, gênent
et perturbent. Par le pouvoir du Christ, la personne se déclare libre grâce au
Sang de Jésus.
Selon le cas et le discernement charismatique, on peut faire la prière
suivante:
« Esprit de (suicide, mépris, impureté, rancoeur, peur, etc. je t’ordonne
au Nom de Jésus de t’éloigner de moi et de t’en aller aux pieds de Jésus
pour qu’il dispose de toi. Je t’interdis, au Nom de Jésus de revenir me
nuire »
C.
La possession
Elle
est très rare et nous ne devons y penser qu’en dernier lieu après avoir épuisé
les autres possibilités. Elle vient de ce que la personne a livré sa volonté
consciemment à Satan, vendant son âme, signant des pactes sataniques avec
son sang ou en appartenant à des personnes consacrées par leurs parents au
Diable, comme le font certains sorciers.
Cet
esclavage est si fort que la personne perd sa volonté et la possibilité de se
libérer de ses chaînes. Alors un pouvoir supérieur est nécessaire à travers
un exorcisme liturgique. Cet exorcisme formel est fait par l’évêque ou un prêtre
délégué par lui pour ce ministère qui se fait accompagné de beaucoup de prières
et de jeûnes.
Haut
Enseignement
Menu
Principal
VII
AIDES
POUR
LA
GUÉRISON
Certains
auteurs signalant des obstacles à la guérison font une liste des actes ou
attitudes qui bloquent l’action du Seigneur.
Cela paraît discutable car Jésus est le maître de l’impossible et rien ne
peut empêcher son action « salvifique ». Il est libre et puissant et peut
agir avec notre collaboration ou sans elle. Il agit d’une façon ou d’une
autre façon parfois. Il est certain qu’il nous guérit gratuitement.
Par exemple on affirme que l’absence de foi est une cause pour laquelle le
Seigneur ne nous guérit pas. Cependant je suis témoin de guérisons parmi les
musulmans et gens sans foi.
Dieu est beaucoup plus grand que notre manque de foi. Nous ne pouvons pas lui
imposer des règles de conduite. Ses voies ne sont pas les nôtres, elles sont
meilleures (Isaïe 55,8).
C’est pour cette raison que je préfère parler de moyens et d’aides qui
favorisent l’action de Dieu. La grâce de Dieu est efficace mais ai elle est
sur un terreau préparé, alors elle peut donner des fruits plus abondants.
A.
En évangélisant
Le
pire de tout serait de dissocier le ministère de guérison de son contexte d’évangélisation.
La guérison isolée et séparée de l’annonce explicite du salut dans le
Christ Jésus est facilement mal comprise.
La promesse de Jésus:
En mon Nom vous expulserez les démons, vous parlerez des langues nouvelles,
imposerez les mains aux malades et ils seront guéris vient immédiatement après
l’ordre Allez dans le monde entier et proclamez la Bonne Nouvelle à toutes
les nations (Marc 16,14-16).
Évangéliser est instaurer le salut intégral de l’homme par le Christ Jésus,
salut qui s’étend au corps, à l’âme et à l’esprit.
Guérir sans annoncer la Bonne Nouvelle du salut est oeuvre de rebouteux. La guérison
réalisée par Dieu est toujours dans un contexte d’évangélisation. Jésus a
envoyé ses Apôtres pour évangéliser et par ce moyen guérir les malades. Non
seulement guérir mais proclamer un message. Les deux choses vont toujours
ensemble. Le dernier mot de l’ Évangile de Marc est:
Ils partirent prêcher; partout le Seigneur collaborait et confirmait la
Parole par les signes qui l’accompagnaient.
C’est pourquoi je n’aime pas prier pour les malades si je ne peux pas
proclamer que Jésus est vivant et donner quelques témoignages qui démontrent
que l’Évangile est vrai et qu’il est vécu aujourd’hui.
Moi, je suis témoin de la multiplication des miracles et des guérisons quand
on annonce Jésus. Je ne comprends pas comment il peut y avoir encore des
personnes qui sont surprises et n’acceptent pas les miracles. Moi, ce qui me
surprendrait davantage c’est que Jésus ne tienne pas ses promesses de guérir
les malades quand nous annonçons son Nom.
Pendant le congrès de Québec en 1974 on me demanda une session sur les signes
qui accompagnaient l’évangélisation. La salle de conférence était
remplie de 2000 personnes. Comme il y avait beaucoup de bruit dans le couloir je
sortis moi-même fermer la porte pour que nous soyons tous plus recueillis.
Dans
le couloir il y avait une dame sur un fauteuil roulant qui ne marchait plus
depuis cinq ans et demi. Je l’invitai à entrer mais elle me répondit: « Je
voudrais bien mais on ne me laisse pas entrer, car la salle est pleine et je ne
peux marcher » . « Venez », lui dis-je et je poussai le fauteuil. Je fermai
la porte et commençai ma conférence, insistant sur l’importance d’annoncer
Jésus ressuscité qui guérit et sauve tout homme et tous les hommes.
Je donnai le témoignage de ma guérison et dis comment le Seigneur guérit par
son amour. Je soulignai l’importance du témoignage des merveilles du Seigneur
dans notre vie. Un homme se mit debout et dit: Je suis chrétien et je crois en
Dieu. Mais je suis médecin et je crois qu’avant d’affirmer que nous sommes
guéris nous devrions faire un examen médical qui le confirme comme à Lourdes.
En tant que médecin vous avez le droit de le faire, mais quand quelqu’un reçoit
une guérison comme ce fut mon cas, il ne peut attendre ce que les médecins
diront pour rendre grâce à Dieu.
Il répliqua en disant que nous devions être prudents etc. et utilisait des
mots que moi-même je ne comprenais pas. Ses propos étaient comme de la glace
qui tombait sur l’assemblée car moi je ne savais pas quoi lui répondre.
Tandis que ce médecin, dans sa sagesse et sa prudence, jetait le doute dans
l’assemblée, la dame du fauteuil roulant que j’avais introduite moi-même
dans la salle sentit une force l’envahir, se leva et commença à marcher
seule dans l’allée.
Ça faisait cinq ans et demi qu’à cause d’un accident de voiture elle ne
marchait plus. On lui avait enlevé les rotules dans une opération délicate.
Et donc médicalement elle ne pouvait plus marcher. Mais le Seigneur la fit se
lever devant les applaudissements et l’admiration de tous. Les uns pleuraient,
les autres la félicitaient. Son nom était Hélène Lacroix.
En arrivant au micro elle nous donna son témoignage. Quand elle acheva et que
les gens applaudissaient, je m’adressai au médecin et lui demandai s’il
croyait qu’il valait mieux attendre un examen médical ou si nous ne devions
pas déjà rendre grâce à Dieu. Il se jeta à genoux sur le sol. C’était le
plus ému de tous. Il se sentait peiné et honteux de s’être rendu ridicule.
Je lui dis: Ne vous inquiétez pas, Dieu voulait faire un grand miracle
aujourd’hui et s’est servi de vous pour manifester sa Gloire en disant «
Comme le père Émilien ne peut te répondre, Moi je te répondrai ». Telle fut
la première guérison physique que je vis de mes yeux, précisément en évangélisant.
B.
Dans la Foi de l’attente
La
foi est comme un canal puissant qui favorise l’eau vive du salut pour
qu’elle inonde nos vies. La foi nous fait entrer en communion avec Dieu Lui-même
et participer à son salut intégral avec guérison physique ou intérieure.
La foi c’est avoir confiance, dépendre de Dieu et se livrer sans conditions
à Lui, à son dessein sur notre vie, renonçant à nos plans et moyens de
salut. C’est-à-dire que la foi nous fait fixer les yeux sur le Seigneur Jésus
qui est mort pour nous et est ressuscité. Il y a des gens qui ont les yeux fixés
sur eux et non sur le Seigneur. Ils pensent
plus à
leur guérison qu’à Celui qui guérit.
Il s’agit d’avoir foi en Jésus, non pas foi dans notre foi. Cette dernière
ne sert à rien. Le plus grand acte de foi est de croire que Dieu est plus grand
que notre petite foi et qu’il ne peut dépendre de nous.
Nous appelons « attente dans la foi » la certitude et la confiance que nous
avons un Dieu qui agit selon ses promesses, sachant qu’il veut nous guérir.
Quand nous croyons de la sorte, c’est comme si au lieu de tendre des cables
fins nous en tendions d’énormes, afin que l’action de Dieu ait un voltage
puissant.
Moi, généralement je n’accepte pas de prier pour les malades sans avoir
auparavant édifié leur foi par quelques témoignages pour qu’ils attendent
et aient confiance dans le Seigneur qui veut les guérir.
Un
jour je concélébrais l’ Eucharistie avec un évêque. Son homélie fut un
joyau, elle montrait brillamment la valeur de la croix et de la souffrance. Après
la communion il me surprit car il me demanda de prier pour les malades et je lui
répondis: Monseigneur votre homélie sur la croix a été si belle que plus
personne ne veut maintenant guérir; maie si vous me
permettez de parler du pouvoir de la croix et de la guérison comme signe de
l’amour de Dieu...
Jésus nous a promis que noue obtiendrions ce que nous croirions avoir déjà reçu
(Marc 11,24). L’évangile
est
plein de personnes qui demandent et reçoivent, cherchent et trouvent, appellent
et on leur ouvre la porte. Dieu nous demande d’être simples dans notre foi.
Cependant il y a des gens qui prient ainsi: Seigneur si telle est ta volonté
et si cela me convient pour ma sanctification et mon salut éternel, alors guéris-moi.
Il
y en a qui mettent tant de conditions que celles-ci semblent excuser leur manque
de foi. Nous devons être des pauvres qui dépendent complètement de leur père.
Un enfant ne dit jamais à sa mère:
—
« Maman,
si cela me convient, si cela ne fait pas de mal à mon cholestérol, donne-moi
un oeuf! »
L’enfant
demande simplement et la mère sait ce qui lui convient ou non. il nous faut être
pauvres et humbles, pour demander avec la confiance de recevoir. D’autres
limitent le pouvoir de Dieu et disent:
—
«
Seigneur, je suis malade du coeur, de la gorge et du genou, mais pourvu que tu
guérisses
mon coeur cela me suffirait ».
Ceux-là
aussi prient mal. Il faut demander le paquet plein sans mettre de limites à
l’action de Dieu. Lui il est magnanime et donne en abondance. S’il possède
et donne l’Esprit-Saint sans mesure, c’est sans mesure aussi qu’il concède ses
dons.
Quand le pape Léon XIII fêtait ses 50 ans d’épiscopat, un cardinal voulut
le flatter:
—
« Nous
demandons à Dieu de vous donner encore 50 années semblables ».
Et
le pape de répliquer avec sagacité:
—
«
N’imposez pas de limites à la Providence divine! ».
Le
13 juin 1975 je suis allé à la campagne pour célébrer la fête de saint
Antoine. J’ai confessé, prêché, sortis rapidement de la Sacristie car
j’avais encore quelques baptêmes à faire et beaucoup d’autres choses.
Une jeune fille vint à ma rencontre, tenant sa mère
par la main et elle me dit très décidée:
—
« Père
priez pour que ma mère guérisse! ». Moi
je lui répondis
un peu fâché:
— «
Mais nous venons de faire la prière pour tous les malades ».
Alors
elle avec la foi de la femme sirophénicienne de l’évangile dit:
—
« C’est
que ma mère est sourde et
elle ne s’est pas rendu
compte du moment où vous avez prié ».
Je ressentis de
la compassion pour ces gens
si pauvres et
si simples, je lui fis signe de s’asseoir vite et toute ma prière fut: —
«
Seigneur, guéris-la mais vite car j’ai beaucoup de travail ». Aussitôt je
me baissai et demandai à la mère: —
« Depuis
quand êtes-vous sourde? »
— «
Depuis 8 ans ». Je fus surpris de l’entendre car je pensais qu’elle ne
devait pas avoir entendu ma question. Alors je lui parlai à voix plus basse et
lui dis:
— «
Vous semblez une bonne maman ».
Elle
sourit, elle m’avait entendu! Mais c’est surtout le Seigneur qui avait
entendu notre prière si originale. Elle sentit comme un souffle rapide qui
entrait dans ses oreilles et les débouchait.
Alors
je pus vérifier la vérité de cette parole du Seigneur: Avant que vous
m’appeliez Moi je vous répondrai, vous serez encore en train de
parler que
déjà je vous écouterai (Isaïe 65,24).
Et la conviction du croyant qui affirme: La Parole n’est
pas encore sur
ma langue que
déjà Toi Yahvé, tu la
connais tout
entière (Psaumes 139,4).
La
foi et la guérison sont intimement liées, comme le dit d’une si belle manière
Maria Teresa G. de Baez, guérie par Dieu d’une arthrite rhumatoïde, ce qui
fit que toute sa famille put se rapprocher du Seigneur:
Je n’ai pas de mots car aujourd’hui je ne dois pas seulement remercier Dieu
pour ma guérison physique mais aussi pour quelque chose de plus grand et de
plus merveilleux qui est la foi, par laquelle Dieu est devenu la parole de mes
chants, l’image de mes rêves et la lumière de mes yeux.
Paraguay-Assomptjon
25/8/1981.
C.
Repentir
Il
favorise les guérisons physiques et intérieures. La maladie est en soi (non
telle ou telle en particulier) le fruit du péché. Si nous nous repentons de
notre péché et nous nous convertissons à Dieu, nécessairement les conséquences
du péché vont cesser. Il suffit de lire
I Cor. 11,30.
J’avoue qu’il y a des personnes qui vivent dans le péché et sont guéries
par le Seigneur, mais je suis aussi témoin de ce que le plus grand nombre de
celles qui reçoivent la guérison sont amenées à un repentir. Cependant le
chemin normal est celui que nous trouvons dans l’Évangile.
D’abord la guérison du péché. « Tes péchés te sont pardonnés ».
Ensuite la guérison physique. « Lève-toi, prends ton grabat et marche »
(Marc 2,5-11).
Une jeune fille de 26 ans, Altagracia Rosario, était sourde depuis 2 ans et
aveugle depuis plusieurs mois, et en plus une anémie la tenait alitée dans
l’attente de la mort.
Sa
mère l’amena à la 5e réunion
de Pimentel en 1975. Il y avait tellement de monde partout qu’elle dut la
coucher sur le sol. La pauvre malade sourde et aveugle souffrait beaucoup et ne
se rendait pas compte de ce qui se passait.
Le lendemain elle était complètement guérie: elle voyait et entendait
parfaitement. Mais, le plus merveilleux, ce ne fut pas la guérison de ses yeux
et de ses oreilles
mais l’entrée du Seigneur dans son coeur et l’abandon du péché dans
lequel elle était depuis longtemps. Ensuite elle devint catéchiste et témoigna
à San
Francisco de Macoris, sa ville natale.
Des mois après tandis qu’elle vivait avec bonheur la nouvelle vie que Jésus
lui avait donnée, elle tomba malade et eut beaucoup de fièvre. Le
18 novembre, elle dit
joyeusement à sa mère: Maman j’ai entendu la voix du Seigneur dans mon
coeur. Il me disait que dans deux jours, il viendrait me chercher pour
m’emmener avec Lui!
Sa
mère lui répondit: Altagracia ne dis pas cela. C’est ta fièvre qui te fait
délirer et penser que c’est la voix du Seigneur. Ne répète pas cela car on
va se moquer de toi.
Cependant elle 1e disait à toutes les catéchistes qui venaient lui rendre
visite. Et effectivement le 20novembre elle mourut heureuse et en chantant comme
un oiseau. Son enterrement fut très beau, au milieu des chants de joie et
d’espérance.
Elle avait été guérie complètement: il n’y eut ni deuil, ni larmes mais
bonheur et joie car elle avait rejoint définitivement celui qu’elle aimait.
Une
dame, Anette Giroux qui avait 28 ans, souffrait de la maladie de parkinson. Ses
parents l’amenèrent à la messe de clôture du Congrès de Montréal à la
Pentecôte de 1979. À l’heure
de la communion, un prêtre monta les gradins et vint lui offrir la communion
mais elle lui dit:
Non,
je ne peux pas communier car je vis dans le péché.
Elle vivait depuis deux ans dans le concubinage. C’est là et à ce moment-là
qu’elle décida de changer sa conduite. Elle se repentit, se confessa,
communia et prit le risque de la foi.
En rentrant chez elle, elle dit à l’homme avec lequel elle vivait: À partir
d’aujourd’hui ne me considère plus comme ta femme, à moins que tu veuilles
te marier avec moi à l’Église. Dans trois jours je retourne chez mes
parents.
Elle prit une chambre à part et deux jours après elle se réveilla avec une
grande chaleur dans tout le corps. Elle se leva en disant qu’elle n’avait
plus mal. Elle était complètement guérie.
C’est
ainsi que, guérie dans son âme et dans son corps elle retourna chez
ses parents. Deux mois plus
tard, son
mariage était célébré en présence des groupes de prière qui avaient écouté
son témoignage. Elle s’était d’abord repentie puis elle avait été guérie
physiquement.
Dans
le cas dont nous allons parler, il advint tout à fait le contraire: Marino n’était
pas entré depuis 10 ans dans une église, mais il fut guéri de son penchant
pour l’alcool, et même de son ulcère, le jour où sa mère donna Sara livra
le témoignage de sa merveilleuse guérison.
Il revint tout heureux chez lui. Il voulait communier mais il ne le pouvait pas
à cause de sa situation matrimoniale, car il vivait en adultère avec une
femme dont il avait eu des enfants. Comme la séparation n’était pas
possible, et moins encore l’union avec la première épouse, mais qu’il
avait une grande faim de Dieu, il fit chambre à part et vécut avec sa femme,
pendant quelques mois comme vivent les frères et soeurs. Il put communier le
jour de la Pentecôte et le Seigneur le remplit de précieux charismes pour évangéliser.
Il m’accompagnait dans de nombreuses retraites dans le pays, parlant aux
couples pour qu’ils restent fidèles au Seigneur dans le mariage.
Après
quelques années de ce chemin difficile, l’archevêque étudiant à fond son
premier mariage trouva une cause suffisante pour déclarer le mariage nul. Ainsi
il put se marier à l’Église avec la femme avec laquelle il vivait. Ce fut
une messe célébrée par l’archevêque lui-même. L’Église était pleine
de couples auxquels il avait prêché la fidélité conjugale.
L’important c’est que le Seigneur veut nous guérir complètement: corps, âmes
et esprit. Parfois la guérison physique aide la conversion, parfois le repentir
aide la guérison physique.
Haut
Enseignement
Menu
Principal
D.
En pardonnant
Souvent
nous avons été témoins de la manière dont le pardon donné à nos ennemis
entraîne l’action de guérison de Dieu. La prière que le Seigneur nous a
enseignée le dit clairement: — «Pardonne-nous
nos
offenses comme nous
pardonnons à ceux qui nous ont
offensés » (Matthieu 6,12). D’autres textes le disent
aussi.
D’autre
part, presque toujours quand Jésus promet l’efficacité de la prière et la réponse
à nos demandes, celles-ci sont liées et dépendantes du pardon (Matthieu
18,21, Marc 11,25).
Beaucoup
de gens pensent que pardonner c’est perdre, et ne se rendent pas compte que
c’est gagner car cela nous libère de nos haines et de nos ressentiments. Cela
nous rend semblables à Jésus qui aima ses ennemis et leur pardonna et cela
nous ouvre au pardon et à la grâce de Dieu. Le témoignage suivant le montre:
« Une fois je sentis que le Seigneur me demandait de pardonner à une personne
qui m’avait fait du mal. Comme je n’étais pas disposé à renoncer à la
vengeance, je résistais et présentais l’excuse suivante: Seigneur pourquoi
veux-tu que je prie pour elle, puisque de toute façon toi tu es si bon que tu
la béniras même si je ne te le demande pas?
Et une voix intérieure me répondit clairement: Nigaud, tu ne te rends pas
compte que, en priant pour elle, le premier guéri c’est toi?
Pardonner c’est ressusciter en nous la nouvelle vie apportée par Jésus.
Pardonner et demander pardon est comme l’éclair qui annonce une pluie féconde.
Le témoignage d’Évaristo le montre bien:
Depuis ma tendre enfance des problèmes sérieux avec mon père m’avaient
obligé à quitter la maison. Moi, je pensais que le temps guérirait tous ces
amers souvenirs de mon enfance, mais il n’en fut pas ainsi. Je vécus toujours
avec le fardeau de mon histoire douloureuse. Dieu me fit la grâce de connaître
le Renouveau Charismatique qui me libéra de nombreux liens, donnant une
grande impulsion à ma vie de foi. Cependant quelque chose me manquait. Je
n’avais pas la joie spontanée et naturelle que je voyais chez tous les gens
du Renouveau. Je me sentais amer et ennuyé de tout.
Ainsi passèrent quelques années jusqu’à ce qu’en février 1977 mon père
tomba gravement malade. Je savais que j’avais devant moi la dernière occasion
de me réconcilier avec lui mais je n’avais ni la force ni le courage de le
faire. Le 13 février, tandis qu’il agonisait, je luttais en moi-même car je
sentais que je n’avais pas la force de lui pardonner. Je me mis en prière et
dis au Seigneur: Tout seul je ne peux pas. Une voix intérieure me dit très
clairement:
Tout seul tu ne peux pas, mais en mon Nom tu peux. Tout est possible pour celui
qui croit.
Avec
la force du Seigneur je m’approchais de mon père, je l’embrassai lui
pardonnant de tout coeur. Non seulement cela mais je lui demandai aussi pardon
avec des larmes aux yeux.
Le visage agonisant de mon père se transfigura ou peut-être était-ce moi qui
le voyais avec d’autres yeux, car le Seigneur m’avait transformé. Je
l’aimais avec le coeur du Christ Jésus et je l’embrassais avec les bras de
Jésus. Depuis ce jour je commençai à entonner un chant nouveau à notre Dieu,
une louange de joie qui n’a pas cessé en 7 ans. Le Seigneur m’a fait voir
la gloire grâce à cette guérison intérieure à travers le pardon. Maintenant
je suis heureux et je proclame joyeusement que le Seigneur a fait des merveilles
en moi et je témoigne que je peux tout en Celui qui me fortifie.
Un autre très beau témoignage est celui d’Olga G. de Cabrera au Guatemala.
Pendant 10 ans j’ai souffert d’intenses douleurs dans les jambes et les
bras, avec des déformations. Je vis 15 médecins pour ma guérison et l’un
d’eux me dit qu’il fallait m’amputer la jambe gauche.
Le
1er mai
1976, j’étais complètement invalide. Je devais passer le reste de ma vie au
lit et sur mon fauteuil roulant que je haïssais tant. Je savais qu’il y avait
une messe pour les
malades dans le gymnase.
Je décidai d’y aller sur mon fauteuil roulant. On me plaça en avant. Quand
entra le cardinal Casariego il s’arrêta devant moi, prit mes mains dans les
siennes et me dit:
— «
Le
Seigneur t’aime, aujourd’hui il va te guérir. » Quand la prière de guérison
intérieure commença je pleurai beaucoup et pardonnai de tout coeur à ceux qui
m’avaient fait tant de mal. Ensuite, quand le père Tardif pria pour la guérison
corporelle je sentis que quelque chose me poussait et me disait: «
Lève-toi
et marche ! » Je sentis une forte chaleur et ensuite un frisson. Les yeux
pleins de larmes, je me levai et commençai à marcher face à l’autel.
Le
Seigneur est tellement merveilleux qu’il m’a guérie physiquement,
moralement, et intérieurement. Que son Nom soit béni et loué pour toujours!
Gloire à Toi, Seigneur, Roi de l’Univers.
E.
Prière en commun
Jésus
a promis:
Je vous
assure que si deux d’entre vous se mettent
d’accord
sur cette terre pour
demander quelque chose, n’importe
quoi, ils l’obtiendront
de mon Père
qui est dans les cieux. Car là où deux ou
trois sont
réunis en mon Nom, je suis là au milieu d’eux (Matthieu, 18, 19-20).
Dieu
a donné un pouvoir spécial à la prière communautaire. Et nous en avons
largement fait l’expérience dans notre ministère. C’est pourquoi nous
aimons tant prier en communauté. Là le discernement s’enrichit, car
quelqu’un peut avoir une vision, un autre un message, celui-là une parole de
science et tous nous prions en langues. Inutile de dire que le moment
communautaire par excellence est celui de la célébration eucharistique. Là,
les guérisons se multiplient. Malheureusement il y a des gens qui ont de
mauvaises habitudes et après une prière communautaire, ils veulent qu on prie
en privé pour eux. Nous nous y refusons généralement car cela signifierait
que la prière que nous venons de faire n’a pas eu de valeur.
En résumant mon ministère, je peux dire qu’il existe une énorme différence
entre une prière communautaire et la prière personnelle pour chaque malade. Il
est certain que pendant ces dix dernières années, dans chacune des retraites
que j’ai prêchées, il y a eu des guérisons physiques, tandis que je ne
vois pas le même résultat quand je prie individuellement pour la guérison
physique. Au contraire quand il s’agit de guérison intérieure, je vois plus
de résultat dans la prière de guérison faite pour une personne en particulier
quand c’est une communauté qui dirige ensemble la prière pour cette
personne. Car le Seigneur dirige souvent la prière de la communauté en donnant
à l’un ou à l’autre membre de l’équipe une parole de science ou une
connaissance particulière du problème pour lequel nous devons prier.
En
conclusion, je pense que peu de personnes ont le don de guérison, mais que
beaucoup de communautés ont ce charisme. D’une campagne voisine vinrent
quinze personnes à l’une des deux réunions de prière de Pimentel. Elles
venaient en chantant, louant Dieu et priant le chapelet. C’était un pèlerinage
et leur prière se prolongea pendant tout le chemin. En retournant chez elles,
elles partagèrent ce que le Seigneur avait fait et se rendirent compte que
toutes les quinze avaient été guéries de quelque chose. Alors elles donnaient
leur témoignage toutes ensemble. J’attends avec impatience le jour où l’on
pourra affirmer comme dans l’Évangile: tous ont été guéris.
F.
Prière du malade
Il
faut aussi que le malade prie. Il est trop facile de demander la prière des
autres sans se fatiguer, comme celui qui ferait laver son linge sale ailleurs
sans s’en occuper personnellement. Ces personnes cherchent un soulagement
rapide et commode, sans effort de leur part. La guérison profonde n’a lieu
que dans la mesure où nous sommes en communion permanente avec le Dieu qui
purifie et sanctifie.
Que de merveilles nous voyons dans les personnes qui prient! Si nous croyions
dans le pouvoir de la prière nous serions plus disposés à la faire et nous
lui donnerions priorité sur toute autre activité. Beaucoup disent que l’on
perd son tem