Notes du 9 avril 2005

Les textes sur cette page -- Summary of this page :

-Theresa Marie Schindler (alias Terri Schiavo)
-Le décès de Jean-Paul II
-John F. Kennedy was wrong
-Le ministre Couillard plus populaire que son Chef ?
-L'Institut économique de Montréal (IEDM)
-Se suicider en sautant d'un pont ?

On April 19 is the 62nd anniversary of the Warsaw Ghetto Uprising in 1943. For a brief story, see my article «One Example, from History, of Necessary Armed Struggle». In 1939 Hitler said: «Who today remembers the extermination of the Armenians?» Many do remember. On April 24 each year, people around the world commemorate the massacre of 800 persons in Istanbul (then Constantinople). It was not the first and not the last massacre. Up to 1,5 million were killed. For a chronology of events from 1875 to 1923, see www.armenocide.am. And it was not the last genocide of the twentieth century.

Turkey, however, continues to deny there was a genocide. «No other nation in the modern age has engaged in such a massive cover-up campaign about such a heinous crime», writes James Waller in Becoming Evil--How Ordinary People Commit Genocide and Mass Killing (I will come back later on this excellent book from Oxford University Press, 2002).

To commemorate the 90th anniversary of the Armenian genocide, light a candle at www.candle.direct.am/


Le président de la France, Jacques Chirac, ne fait pas l'unanimité. Ainsi, voici ce qu'écrit à son sujet conscience-politique.org: «Quand Jacques Chirac est devenu président la France était au bord du gouffre. Depuis elle a fait un grand pas en avant.»


Theresa Marie Schindler (alias Terri Schiavo)

Comme plusieurs d'entre vous j'ai suivi cette affaire pendant deux semaines. Des juges ont acquiescé à la demande du mari (qui vit avec une autre, dont il a eu deux enfants) de la laisser mourir de faim. Les parents et frère et sœur s'y sont opposé, mais rien n'y fait. La loi c'est la loi... Le mari aura ainsi droit à l'héritage de la défunte, ou du moins ce qui en reste, soit 700 000 $ US (lui a déjà reçu 300 000 $ US d'une compensation pour erreur médicale sur Theresa Schindler). Le Congrès américain est intervenu pour remettre les parents entre les mains des juges (c'est exactement ce qui s'est produit). Les politiciens, même ceux de l'État de la Floride, se sont abrités derrière les juges qui sont chargés d'appliquer les lois votées par les politiciens. Cette situation ressemble à ce qui se passe souvent au Canada.

Évidemment les juges, comme ici au Canada, ont une certaine discrétion dans l'interprétation des lois. Selon leurs opinions les peines varient grandement. On peut même dire que les juges font la loi, quand il s'agit par exemple d'interpréter la Charte canadienne des droits.

Dans le cas de Theresa Schindler, alias Schiavo, il est bien évident qu'il y avait un doute raisonnable quant aux volontés qu'elle aurait exprimées, en cas d'incapacité. De plus, ces volontés peuvent-elles aller à ce qui équivaudrait à un suicide assisté car son incapacité n'était pas un état comateux total. Elle n'était pas dans le coma. Même en supposant qu'il n'y avait aucun espoir de réhabilitation, elle a été euthanasiée. Remarquons que c'est un acte criminel, du moins au Canada, de ne pas porter assistance à quelqu'un dans le besoin.

Les raisons invoquées pour la laisser mourir de faim tiennent du cynisme: le coût des soins prodigués (des donateurs s'étaient pourtant manifestés et où était donc rendu son 700 000 $US ?); le bien de la défunte (contradictoire: les mêmes personnes disaient qu'elle ne souffrait pas de mourir de faim); aucun espoir de réhabilitation, selon des médecins et spécialistes (nous avons combien de gens à l'état végétatif dans les hôpitaux et autres centres de soins, incluant les personnes atteintes d'Alzheimer et les élus aux divers niveaux de gouvernement?).

La question qui se pose est celle de l'euthanasie et du suicide assisté. Il s'agit d'une boîte de Pandore. En principe, l'euthanasie pourrait être le destin de tous les handicapés, dont les malades mentaux, les enfants atteints de maladies incurables et les vieillards incapables de voir à leurs besoins. Pourquoi pas la stérilisation des Autochtones ? Le régime nazi invoquait les mêmes raisons de «coûts» et de «bien» pour la stérilisation et ensuite l'élimination des malades mentaux (environ 90 000 personnes, la plupart asphyxiées au monoxyde de carbone) à partir de 1939.

L'idéologie étatiste derrière le soi-disant «droit de mourir» est la même que celle justifiant l'avortement sur demande, la défense des criminels au lieu des victimes, le contrôle des armes à feu pour laisser place à un État de plus en plus policier, la santé publique qui non seulement laisse mourir en file d'attente mais qui justifie de tuer pour diminuer les dépenses, etc. etc. C'est ce que j'ai compris de l'éditorial vicieux du New York Times du 1er avril (le lendemain du décès) qui se terminait pas ces mots condescendants: «Rest in peace, Theresa Marie». Sans doute, maintenant qu'elle est morte. L'idéologie du New York Times s'inspire de l'eugénisme nazi. D'ailleurs, une opinion émise dans le National Post abonde dans le même sens: «We should be worried that what the Nazis did in the dark, many Americans now advocate in the full glare of public debate» (voir «Messy Business», par John O'Sullivan, dans le National Post du 23 mars; l'article discute de l'euthanasie sous le régime nazi).

Au National Post du 1er avril le Père Raymond J. Souza écrit: «A good rule of thumb is to ask: What will cause the patient's death?
If it will be dehydration or starvation, then ordinary care, including food and water, should be provided. Otherwise, death is not the result of disease or trauma, but from lack of ordinary care. That's the moral difference between allowing someone to die, and actively causing death. Mrs. Schiavo was not dying; her death was the result of her food supply being cut off».

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Le décès de Jean-Paul II (Karol Wojtyla, 18 mai 1920 - 2 avril 2005)

Pour en savoir plus sur mes convictions (ou absence de convictions) religieuses voir ce lien. Comme par hasard, le décès de Jean-Paul II, le 2 avril, a suivi de près celui de Theresa Schindler, pour laquelle il était intervenu. De son nom en italien Giovanni Paolo II, l'ancien archevêque de Cracovie a démontré que l'on peut avancer sans trahir des principes fondamentaux, sans être un libéral ou un soi-disant progressiste. Abstraction faite de la religion, il faut en effet saluer en Jean-Paul II un homme de principes (quoique sans nuances) et un ennemi du communisme. L'Église catholique est un exemple à suivre pour les musulmans; malgré les dogmes, pragmatisme oblige, elle a en effet réussi à sortir d'un Moyen Âge intolérant et inquisiteur, quoiqu'elle l'ait fait souvent à reculons.

Quel contraste entre Jean-Paul II et notre premier ministre Paul Martin qui en a profité cette journée-là pour déclarer qu'il est un «catholique pratiquant», alors que son gouvernement et son parti politique agissent continuellement contre les principes défendus par Jean-Paul II... Comme l'avortement par exemple: au Québec 30% des grossesses sont avortées, pendant que les libéraux subventionnent l'adoption à l'étranger, que les familles se désintègrent et que tous ces nouveaux curés de l'intervention étatique demandent que l'État se charge de tous les enfants. Après avoir incité au divorce chez les hétéros, l'homosexualité, qui n'était jusque-là qu'une relation entre personnes consentantes, a été sacralisée par les libéraux (appuyés par le Bloc québécois et autres socialistes) au rang des relations sexuelles normales [si l'homosexualité, la pédophilie, la pédérastie, l'inceste, la prostitution, la bestialité, la nécrophilie, le fétichisme, l'exhibitionnisme, etc. etc. ont existé de tous les temps, cela n'est pas une preuve qu'il s'agit de relations sexuelles normales]. Voilà ce que sont les valeurs libérales : l'égalité dans la médiocrité et l'érosion de la liberté pour tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux.

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John F. Kennedy was wrong

In a speech often cited as an example of the search for the common good (or whatever it means), former president Kennedy said the year he was assassinated, in 1963: «And so, my fellow Americans: ask not what your country can do for you - ask what you can do for your country.»

It is true that what governments give has been taken forcibly to somebody else; too many people think they can get a free lunch from governments and that what they receive does not cost anything (in fact, what they receive always costs a lot more). However, the second part of the sentence («ask what you can do for your country») can be interpreted in many ways. Governments are usually asking for higher taxes to pay for ever increasing expenses. Instead, JFK should have said, more correctly: «Ask not what your country can do for you but rather what you can do for yourself.»

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Le ministre Couillard plus populaire que son Chef ?

Le premier ministre Jean Charest n'en finit plus de descendre en popularité. Pour être positif, mieux vaudrait dire qu'il monte en impopularité... La recherche de la popularité est souvent la préoccupation première des politiciens. C'est peut-être là le principal vice du système. Les premiers ministres s'entourent aussi de conseillers qui ne sont que des courtisans. Quoi qu'il en soit le parti libéral du Québec a été élu en 2003 sous de fausses représentations (voir mon texte intitulé Le parti libéral veut réinventer l'État, écrit en 2002) et n'a pas pris les moyens, dès la première année, pour réaliser son programme. Depuis, la situation n'a fait que se détériorer. Lorsqu'il a pris le pouvoir la première chose qu'a faite Jean Charest c'est d'accuser les péquistes d'avoir laissé les finances du Québec dans un piteux état. Gageons que les péquistes vont dire la même chose des libéraux si jamais ils reprennent le pouvoir. Et quelle catastrophe!

Pour tourner encore plus le fer dans les plaies de Charest, les médias, grâce à leurs sondages parachutés truffés de questions biaisées, ont trouvé comme vedette le ministre de la Santé Philippe Couillard. Qu'a donc de spécial ce ministre ? Regardez-y de près, en réfléchissant... Il est dans son domaine, la santé. Lui-même est un spécialiste en chirurgie (neurochirurgie, SVP! Attention aux lobotomies). Il parle d'ailleurs comme un spécialiste, d'un air pontifiant. Il donne toujours l'impression de savoir ce qu'il dit et d'avoir réponse à tout. Il était fonctionnaire et parle toujours comme un fonctionnaire, c'est-à-dire avec l'assurance qu'il est le seul à avoir raison et qu'il travaille pour notre bien à tous. C'est en somme le Big Brother de la santé dite publique... qui a tout pour plaire à des médias qui veulent quelqu'un à leur image.

Qui plus est, son ministère jouit d'un budget élastique qui n'est pas l'objet de compressions. Ce n'est peut-être pas gentil de ma part mais je pense à un billet de loterie, un gratteux: le billet paraît bien avant de le gratter et il vous coûte en moyenne 100% plus cher que ce qu'il vaut.

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L'Institut économique de Montréal (IEDM)

L'Institut économique de Montréal (voir ce lien) a été créé officiellement en 1999. C'est donc un think tank récent. Ceci s'explique par le fait que la majorité des économistes au Québec ne sont pas indépendants de leur employeur qui est le plus souvent le gouvernement ou une de ses nombreuses tentacules. L'IEDM n'est pas subventionné et est donc LIBRE. Avec des moyens limités, il invite des conférenciers et produit des cahiers de recherche et de nombreux articles.

Sur Kyoto par exemple, le président de l'IEDM Michel Kelly-Gagnon a fait parvenir au ministre Stéphane Dion (le ministre fédéral des gaz à effet de serre...) une lettre ouverte dans laquelle il est demandé au ministre de répondre à plusieurs questions urgentes, dont celle-ci: «Can we explain the temperature variation by CO2 concentration in the atmosphere in the past 140 years?» (Financial Post, 12 novembre 2004). Même les plus fanatiques partisans, tels Greenpeace, doivent faire face à cette réalité qu'il nous est impossible de modifier l'évolution du climat de façon significative. Voir ma page sur le climat intitulée Mes notes sur le réchauffement...

Voici quelques notes économiques, dans un vocabulaire compréhensible, produites par l'IEDM depuis le début de l'année:
-«Les effets pervers des dispositions anti-briseurs de grève»
-«Production laitière: les coûts de la gestion de l'offre au Canada»
-«Les coûts économiques de la taxe sur le capital»
-«Devrait-on interdire la cigarette dans les lieux publics?»

Vous pouvez vous abonner à un coût minime aux publications de l'IEDM et ainsi contribuer à la liberté de penser en matière de politique économique.

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Se suicider en sautant d'un pont ?

Tous le savent, il y a beaucoup de ponts au Québec. À une autre époque on disait même que s'il le fallait, on creuserait des rivières pour pouvoir y mettre un pont. Pourtant, se jeter en bas d'un pont n'est pas la méthode préférée de suicide. C'est la corde qui l'emporte, même chez les hommes, présumés violents, bien que tous ne savent pas comment s'en servir [entre autres, il est important que le nœud soit bien... coulant et qu'il y ait un choc suffisant à la chute pour éviter la simple strangulation (l'idéal: un cable d'acier); le nœud coulant (en technique de bourreau) doit être placé sous l'oreille gauche; et il ne faut pas que la corde casse! Et il faut surtout que la chute soit d'une hauteur plus haute que le corps (le double)].

Quoi qu'il en soit (je suis souvent en retard dans mes lectures obligatoires) le numéro de janvier de SAFARIR nous apprend que l'Association des suicidaires du Québec (faire une recherche sur Google) s'objecte à la pose de barrières préventives (garde-fous) le long du pont Jacques-Cartier reliant les nids-de-poule du maire Tremblay à la rive sud du fleuve St-Laurent (ou de ce qui reste du fleuve dans ce coin-là). Les suicidaires n'ont plus d'autre choix que de passer à pied sous le pont ou de marcher dans le sens contraire du trafic.

J'ai déjà discuté de cette problématique (pour utiliser un mot fourre-tout de la langue des fonctionnaires) dans un texte sur le permis d'armes à feu à ma page sur les gorilles... dont voici l'extrait pertinent:

«Le permis d'armes à feu ressemble à ceci: un coroner (Paul Dionne) dévoilait en janvier 2002 que 37% des personnes qui se suicident ou tentent de se suicider sur un pont au Québec le font sur le pont Jacques-Cartier, à Montréal. Or, si on suit la logique des partisans du contrôle des armes à feu (et comme disait Allan Rock: «la vie n'a pas de prix!») pourquoi ne pas imposer un permis à tous ceux qui doivent ou veulent traverser ce pont (et pourquoi pas tous les ponts?), après qu'ils aient rempli un long questionnaire leur demandant, entre autres choses, s'ils ont déjà été traités pour une dépression, s'ils ont subi une séparation, etc.? Évidemment, le passage sur le ou les ponts serait contrôlé à l'entrée et à la sortie, pour vérifier si quelqu'un manque à l'appel... Et si par hasard quelqu'un s'aventurait sans permis ce serait une infraction au Code criminel. Tant pis pour ceux qui n'obéissent pas à la loi!»

J'allais dire «ainsi soit-il», mais il n'en fut pas ainsi s'il faut croire SAFARIR. Les vendeurs de clôtures ont eu gain de cause sur les partisans des permis. Qui plus est, cette Association de suicidaires serait un attrape-nigauds du chef contrôleur de la santé publique: les membres postulants sont envoyés en psychiatrie, comme on faisait pour les opposants au régime en URSS.

Mais on est suicidaire ou on l'est pas. Les «vrais de vrais», on en parle au passé. Ce sont des suicidés. Ils sont pleurés et commémorés. On ne dit pas d'eux: «ils ont voulu bluffer, ils ont voulu qu'on s'occupe d'eux». Enfin, le mot de la fin: rien ne sert de désespérer car la vie ne vaut pas cette peine et il faut plutôt en rire, si possible. La vie, c'est comme tout le reste.

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